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    L'immeuble des femmes qui ont renoncé aux hommes – Karine Lambert

    Karine Lambert, L'immeuble des femmes qui ont renoncé aux hommesCinq femmes d’âges et d’univers différents unies par un point commun fort : elles ne veulent plus entendre parler des hommes et ont inventé une autre manière de vivre…  Jusqu’au jour où une nouvelle locataire vient bouleverser leur quotidien.

    C'est en compagnie de Juliette que nous explorons ce nouveau monde exclusivement féminin, régit par un code de conduite très strict. Entre franches rigolades, souvenirs partagés et coups de gueule, ces cinq femmes nous parlent d'amour et d'hommes. Thèmes universels par excellence, on a l'impression de se retrouver entre bonnes copines, à refaire le monde et échanger expériences et avis sur les hommes et leur comportement. Car, si La Reine interdit à tout homme d'entrer dans l'immeuble, les filles, elles, ne parlent que de ça! Entre Juliette qui est à la recherche de l'Amour et les autres femmes de l'immeuble qui ne veulent plus souffrir, ce sont deux points de vue qui s'affrontent.

    On n'est pas du tout dans un roman de type chick-lit. Avec humour et clairvoyance, Karine Lambert nous invite à une réflexion sur le bonheur et le chemin que chacun prend pour y parvenir. Ses petites phrases font souvent mouche et nous touchent par leur justesse.

    Un roman agréable à lire, léger et qui fait sourire. Les femmes sont au cœur de cette histoire, elles sont attachantes, généreuses, intelligentes et pleines d'une joie de vivre communicative. L'immeuble des femmes qui ont renoncé aux hommes est le premier roman de Karine Lambert mais l'écriture est déjà bien maîtrisée, elle a d'ailleurs obtenu le Prix Saga Café qui récompense un premier roman belge francophone. Une plume à suivre... Je vous invite à déguster un petit extrait ici.

    L'immeuble des femmes qui ont renoncé aux hommes – Karine Lambert – Editions Michel Lafon – 2014

    Du même auteur :

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    Ohan – Chiyo Uno

    Cover Ohan.jpegOhan est la confession d’un bon à rien, d’un homme qui a le diable au corps, prisonnier de ses attachements, hors d’état de choisir entre son amour pour sa femme et sa passion pour une geisha. Un homme au cœur indéchiffrable, qui s’abandonne à ses désirs comme si sa vie n’avait pas plus de consistance qu’un rêve. 

    Sur le thème du triangle amoureux, Chiyo Uno nous conte l’histoire d’un homme dont le cœur balance sans cesse entre son épouse légitime et sa maitresse geisha. Mais le talent de l’auteure japonaise tient davantage dans l’écriture de ce texte empli de gravité et de poésie que dans l’histoire en elle-même. En effet, la simplicité du récit met en exergue la complexité des tourments qui habitent le narrateur. En quelques mots et comme seuls les auteurs japonais savent le faire, Chiyo Uno nous plonge dans le cœur de Kanô que l’on a tantôt envie de plaindre tantôt envie de secouer tant il peut nous irriter par son manque de courage et son indécision.

    Ohan est le récit à la première personne de Kanô, qui nous raconte les évènements qui ont bouleversé sa vie, n’hésitant pas à interpeler directement le lecteur « Oui, vous pouvez vous moquer de moi, ne vous gênez pas ! » et à le prendre à témoin de son embarras. Se justifiant sans cesse de sa lâcheté et de son manque de courage, cet homme se laisse porter par les décisions d’autres personnes et nous prouve, si cela était encore nécessaire, son égoïsme à travers ce monologue.

    Peu d’informations nous permettent de situer le récit dans le temps et dans l’espace bien que l’on y fasse référence au quartier des geishas, Gion, déjà découvert dans le roman d’Arthur Golden. L’histoire se déroule sur une année et c’est au rythme des fêtes traditionnelles japonaises que les saisons se déploient devant nos yeux.

     

    Je souligne également le travail des traducteurs qui ont réussi le pari de nous transmettre toutes les subtilités du texte original et qui nous permettent de lire ce très beau texte, considéré comme le chef d’œuvre de Chiyo Uno et initialement paru en 1957, après dix longues années d’écriture. Découvrez en les premières pages.

    Ohan – Chiyo Uno – Editions Philippe Picquier – 2014

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    Lolita – Vladimir Nabokov

    Cover Lolita.pngPeu de temps avant son procès pour meurtre, Humbert Humbert confie son intérêt pour les jeunes filles pré-pubères et raconte sa passion dévorante pour sa belle-fille Lolita.

    A la lecture de ce roman, deux mots me viennent à l’esprit : malaise et longueur.

    Le récit nous plonge au cœur des pensées de ce pédophile puisque c’est Humbert Humbert lui-même qui nous narre son intérêt croissant pour les petites filles. Il consigne ses impressions dans un journal intime et nous fait part des fantasmes que lui inspire la vue de ces jeunes corps à peine formés. Si les scènes sexuelles sont plus ou moins explicites selon les chapitres, elles ne laissent cependant aucune place à l’interprétation et provoquent un malaise grandissant.

    À la découverte de ce penchant, il se sent d’abord coupable, montrant ainsi qu’il a bien intégré le tabou de la société sur ce sujet. Comme la plupart des pédophiles, il se défend en affirmant que ce sont ces « nymphettes » qui l’aguichent et en faisant référence aux usages d’autres pays ou de personnages historiques. Mais il va peu à peu accepter ses pulsions et tenter de les satisfaire par tous les moyens (manipulation, mariage blanc, projets de meurtre…).

    Le malaise provoqué par cette histoire tient également du fait qu’Humbert Humbert prend le lecteur à parti (« Cher lecteur »), ce qui nous implique dans le récit, nous donnant le rôle désagréable de voyeur.

    Et si le sujet provoque un malaise, l’aspect très descriptif du récit n’aide pas à entrer dans le texte. Les phrases sont très longues, marquées par de nombreuses digressions. J’avoue m’être ennuyée…

    Lolita est considéré comme un chef-d’œuvre de la littérature moderne et c’est à ce titre que sa lecture me paraissait intéressante. Bien que je pressente une lecture difficile, je n’en attendais rien de particulier. Malheureusement, ce fut une réelle déception et je n’ai qu’une envie, me lancer dans une lecture plus réjouissante pour oublier bien vite les images malsaines que ce roman a suscitées.

    Logo Challenge ABC2013.jpgVoyez aussi les avis de AmaniteBibliophile et Dareel sur ce roman.

     

    Lolita – Vladimir Nabokov – Editions Gallimard – 1959