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    Le nez de Rocheteau – Christophe Martin

    Le nez de Rocheteau, Christophe Martin, Editions Saint Martin, foot, métro, nouvelles, recueil, critique, carnet de lecture, livre, littérature, blog littéraire, partenariat, interview, histoires courtesChristophe Martin nous plonge dans des situations que chacun d’entre nous pourrait vivre (ou presque…) et qui sont l’occasion d’une plongée dans le passé, un détail faisant surgir des souvenirs enfuis dans notre mémoire.

    En compagnie de l’auteur, les trajets en métro deviennent l’occasion d’observer la jeunesse d’aujourd’hui. Et de s’étonner de ses comportements de type autistique, de son manque de maturité ou de ses codes qui nous sont inconnus. Le nez de Rocheteau est aussi une immersion dans le monde de l’enfance. On se met alors à hauteur des plus jeunes (surtout des petits garçons…) pour partager leur bonheur de la découverte, de la rencontre et de la nouveauté mais aussi leurs déceptions et peines.

    Ce recueil de nouvelles est frais et original. Il nous permet de revenir à notre propre passé en référence aux souvenirs évoqués par l’auteur.

    Petite originalité de ce recueil : je trouve très intéressante l’idée du K, un concept que je n’avais jamais vu ailleurs. Le K est une personne qui a fait partie de notre vie à un moment donné, que l’on a perdu de vue (et oublié) mais que l’on retrouve au hasard d’une réunion d’anciens, dans un magasin… et qui se rappelle alors à notre bon souvenir. Toujours dans l’idée d’un retour vers le passé, Christophe Martin nous raconte quelques unes de ces rencontres fortuites avec des ex-connus et les souvenirs qu’elles évoquent. Tout cela sans jamais citer le nom de cette personne, qu’il appelle K (parce qu’il a oublié son prénom ?).

    Par contre je trouve dommage que le titre ne reflète pas davantage ce recueil, qui est beaucoup plus riche que ce que le titre évoque, Le nez de Rocheteau étant l’intitulé de la première nouvelle.

    Enfin, la sobriété de la couverture est rehaussée par une calligraphie de l’auteur, qui semble nous dédicacer ce recueil et nous donner la clé pour mieux comprendre ses écrits : Il y a dans toute vie les choses telles qu’on les a vécues, les rencontres telles qu’elles ont eu lieu. Puis il y a la mémoire de ces choses et de ces rencontres, qui intervient après et continue de travailler. Là, une dimension narrative est à l’œuvre. J’essaie de dire ce moment où les différentes strates se rejoignent.

    Découvrez l’interview de Christophe Martin !

    Remerciement aux Editions Saint Martin pour cette lecture.

    Le nez de Rocheteau – Christophe Martin – Editions Saint Martin – 2011

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    Le carnet de lecture de... Christophe Martin

    Les carnets de lecture de... propose à un auteur de nous parler de sa bibliothèque, des livres qui l'ont marqué et de son rapport à la lecture et à l’écriture.

    le nez de rocheteau,christophe martin,editions saint martin,foot,métro,nouvelles,recueil,critique,carnet de lecture,livre,littérature,blog littéraire,partenariat,interview,histoires courtesAujourd'hui, découvrez le carnet de lecture de Christophe Martin, qui a publié Le nez de Rocheteau, aux Editions Saint Martin.

    Combien de livres compte votre bibliothèque ?

    A vrai dire, je ne les ai jamais comptés. Approximativement, je dirais plusieurs centaines, peut-être un millier. Je précise que le nombre de mes livres diminue depuis quelques années car j'ai pris l'habitude d'en donner à une librairie lilloise spécialisée dans la vente de livres d'occasion, et qui pour ce faire a besoin de dons. Je donne régulièrement des livres dont je sais que je ne les consulterai plus et qu'ils ne me manqueront pas.

    Si vous ne pouviez sauver qu’un livre, quel serait-il ?

    Cette question est difficile. Il y a tant de livres qui ont compté pour moi, pas seulement parce qu'ils m'ont accompagné dans mes travaux d'écriture, mais aussi tout simplement dans la vie ! Je pourrais néanmoins citer le roman de l'écrivain suisse allemand Paul Nizon intitulé « Das Jahr der Liebe » paru en 1981 (disponible en français sous le titre « L'année de l'amour »).

    Y a-t-il des livres qui vous ont particulièrement ému, qui ont déclenché des émotions (qui vous ont fait rire, pleurer, qui ont accompagné un tournant de votre vie) ?

    « L'année de l'amour », justement. C'est un livre extraordinaire qui décrit une plongée dans la littérature, assimilée à l'expérience de la grande ville (Paris) et où l'on voit, à travers le roman en train de s'écrire, la renaissance d'un écrivain.

    Selon vous, quels ingrédients font un « bon » roman ?

    Je n'en sais rien car il faudrait d'abord définir ce qu'est un bon roman. Personnellement, j'ai besoin, entre les lignes, de sentir la vie même de la personne qui écrit, de recevoir une expérience de vie forte, ou du moins susceptible de me faire avancer.

    Quel est votre genre littéraire préféré ?

    Sans hésitation : l'autofiction, ce genre littéraire qui, de par l'enchevêtrement de la vie et de l'écriture qu'il implique, serre au plus près la problématique de l'existence, dont la dimension narrative me paraît de plus en plus évidente avec les années, même si l'on n'écrit pas.

    Comment choisissez-vous les livres que vous lisez ?

    Je me tiens régulièrement informé des parutions en lisant les pages littéraires de certains quotidiens. J'écoute aussi une émission littéraire chaque dimanche soir à la radio. Il m'arrive, plus rarement, d'entrer dans une librairie à l'aveugle, essentiellement par manque de temps.

    Quel est votre livre de chevet actuel ?

    Je relis « Effi Briest » de l'écrivain allemand Theodor Fontane. Ce livre passe pour être une sorte de « Madame Bovary » à l'allemande, mais il a été écrit une cinquantaine d'années après le chef d'oeuvre de Flaubert.

    À l’heure où les liseuses et les bibliothèques se côtoient, que représente le livre numérique pour vous ?

    Je n'ai pas vraiment d'idée sur la question car je connais assez mal cet objet. A priori, comme je pratique souvent une lecture active (avec des annotations, des relevés de citations, etc.), j'ai tendance à penser que le livre numérique n'est pas trop fait pour moi. Et puis, je suis attaché au contact physique avec le livre, au bruissement des pages que l'on tourne...

    Qu’est-ce qui vous a amené à écrire et à laisser vous-même une trace dans la bibliothèque des autres ?

    Je n'ai pas gardé de souvenir précis d'un réel commencement. Du plus loin que je me souvienne, j'ai toujours aimé garder une trace de mes émotions, des choses qui me paraissaient essentielles. Il m'importait beaucoup de pouvoir leur donner une forme. Cela est d'abord passé par la poésie, dont j'aimais (et aime toujours) la capacité qu'a ce genre à dire l'intériorité (à l'inverse du genre théâtral par exemple, qui pour moi est entièrement tourné vers l'extérieur et ne me correspond pas du tout – je ne vais d'ailleurs que très rarement au théâtre). Depuis quelques années, j'ai un penchant pour les textes narratifs brefs.

    Quelle place occupe l’écriture dans votre vie ?

    Une place assez ténue si l'on considère que l'écriture commence au moment où l'on se met à écrire. Mais avant, il y a ce que Paul Nizon appelle joliment la « salle d'attente », cette phase d'incubation où l'on se laisse approcher par les choses et dont on sent qu'elles vont donner lieu à une transformation. En ce sens, le passage à l'écriture n'est que la dernière étape d'un travail d'attention qui a commencé bien plus tôt.

    Vous avez publié Le nez de Rocheteau  aux Editions Saint Martin, pourquoi avoir choisi le format de la nouvelle ?

    Essentiellement pour des raisons de temps. Ma vie professionnelle et familiale ne me permet pas de m'asseoir des heures durant à mon bureau et de fournir une grande quantité de travail. Mais cela ne me dérange pas du tout car, comme je vous l'ai dit plus haut, le travail d'écriture commence déjà dans la tête, où que je me trouve : dans le métro, sur une petite route, au café... Il y a tant de choses à voir ! Puis quand je sens que les choses vues commencent à entrer en résonance avec mon moi profond, alors je passe à l'écriture. J'ai lu un jour qu'Annie Ernaux, mais aussi l'écrivain américain Ray Carver, avaient tous deux fait la même réponse à cette question. Cela touche donc plus de monde que l'on croit.

    Pouvez-vous nous en dire plus sur ce recueil d’histoires courtes, quel message souhaitez-vous faire passer aux lecteurs ?

    Il s'agit de courts textes narratifs qui, souvent, partent d'une scène vécue ou observée, laquelle provoque une réminiscence plus lointaine. Ensuite cela vient se greffer au présent, dans une sorte d'interaction permanente entre la vie 'extérieure' et les pensées. D'ailleurs, n'est-ce pas un peu comme cela que nous vivons tous ? 

    Un petit mot pour les lecteurs du blog ?

    Je leur souhaite du plaisir à lire Le Nez de Rocheteau s'ils le lisent, et plus généralement je les encourage à garder le goût de la lecture, qui est une activité si enrichissante à l'ère de la communication et de la vitesse dans laquelle nous sommes entrés. Le moment de la lecture, c'est aussi un temps privilégié qui permet d'échapper à cette frénésie.

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    Des nouvelles du jardin et autres histoires locales – Carmelo Virone

    Cover Des nouvelles du jardin.jpgDes nouvelles du jardin est un recueil de 14 nouvelles abordant largement le thème de la nature. L’auteur y parle avec humour de ces plantes qui vivent leur vie sans se soucier de ce que l’on a prévu pour elles (Ma clématite) ou de cet oisillon tombé du nid et que notre héros tente de nourrir et de protéger (Le grand écart). Mais il ne s’agit pas uniquement de contes sur les plantes ! Carmelo Virone aborde aussi l’histoire de ces hommes et de ces femmes qui ont eu une vie difficile faite d’expulsions et d’arrestations mais qui croient en leur rêve et qui mettent tout en œuvre pour le concrétiser.

    On se trouve donc face à un recueil tout en contraste. Où l’on aborde des thèmes légers liés à la nature mais dans lequel il est aussi question, l’air de rien, d’immigration, de lutte des classes, d’homosexualité, de  vieillesse…

    L’irruption dans le monde des plantes s’accompagne de références, sous forme de clins d’œil, aux fables de La Fontaine, à des comptines pour enfants ou à des chansons paillardes… L’auteur nous fait découvrir la Belgique (Liège, Seraing, les bords de Meuse…) et nous fait voyager jusqu’en Sicile, dans l’un de ces voyages interminables qu’effectuaient les anciens pour passer leurs vacances au pays (Statue de la Liberté).

    À la lecture de ce recueil, à cette façon de parler des gens et des plantes, on ressent toute l’humanité qui habite l’auteur. La douceur avec laquelle il décrit les situations les plus difficiles, sans jamais juger, mais en mettant en avant les rires et la joie d’être ensemble est touchante.

    Décrit comme étant « une des plumes les plus souples, les plus éclectiques et les plus vivaces de la littérature liégeoise contemporaine », on sent que Carmelo Virone est un homme autant attaché à sa région qu’aux gens.

    Lecture réalisée en partenariat avec les Editions du Cerisier.

    Des nouvelles du jardin et autres histoires locales – Carmelo Virone – Editions du Cerisier – 2010 

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    Prisme – Thierry Prat

    Cover Prisme.jpgAlors que beaucoup de recueils de nouvelles se résument à une accumulation d’histoires courtes, on sent que la présentation des textes a été réfléchie. Thierry Prat nous entraine dans son monde mais en y insérant des balises, une certaine structure.

    Par exemple, la première nouvelle « La page blanche » parle de la difficulté pour l’écrivain de trouver un sujet, de le développer et de trouver les mots justes. Il établit un parallèle entre l’écriture et le travail artistique où chaque coup de pinceau compte.

    Dans le même ordre d’idée, dans la dernière nouvelle « Autobiographie », Thierry Prat s’adresse directement au lecteur et met un point final à ce recueil : « Tu en arrives à la dernière page. Tu crois me connaitre ou t’être reconnu. Nous nous sommes croisés. J’en suis sûr. Tu es une partie de moi. C’est pour toi que j’écris. »

    Plusieurs nouvelles traitent de la nature. En suivant l’auteur, on sent l’odeur de l’herbe comme si on l’accompagnait dans ses promenades. Mais les histoires, comme la vie, ne sont pas toujours joyeuses. On y parle aussi de rencontres avortées ou de ruptures sentimentales. Et puis, certaines nouvelles étonnent ! Comme « Derrière la porte verte » où il est question de pratiques sexuelles inavouables.

    Les textes de Thierry Prat, s’ils sont parfois très courts, arrivent néanmoins toujours à nous immerger dans un monde différent et plein de surprises.

    Deux gros coups de cœur dans ce recueil de nouvelles.

    Le premier est purement sentimental et concerne le texte intitulé « Pépite d’amour ». C’est une véritable déclaration d’amour d’un père à sa fille atteinte de troubles du comportement. Alors que la société tente de normaliser l’enfant et de la faire entrer dans des cases, le père prend la différence de sa fille avec philosophie et cherche ce qui pourrait la rendre heureuse. Chaque geste d’amour, chaque éclat de rire est une victoire et un cheminement vers le bonheur.

    Mon second coup de cœur concerne « Lisez-moi ce soir ». Ici, Thierry Prat dresse avec humour un portrait du monde de l’édition : livres mal distribués, pas disponibles, littérature business qui privilégie les auteurs bankables, textes prémâchés pour que le lecteur n’ait pas à réfléchir… Et un constat : « Aujourd’hui est écrivain celui dont les textes sont édités. Logique. La qualité de l’écriture, quelle importance ? ». Tout cela me donne encore plus envie de vous faire découvrir quelques-uns de ces auteurs bien cachés au fond des étagères et ces livres que l’on ne verra pas en tête de gondoles des grandes librairies. Et de souligner le travail des Agents littéraires dont l’objectif est de faire la promotion des livres peu médiatisés.

    Merci à eux pour cette lecture ainsi qu’aux Editions du Panthéon.

    Prisme – Thierry Prat – Editions du Panthéon – 2011