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    Ce qu'elle ne m'a pas dit – Isabelle Bary

    Ce qu'elle ne m'a pas dit, Isabelle Bary, Luce Wilquin, livre, roman, blog littéraire, littérature, carnet de lecture, avis lecture, Belgique, Canada, Amérindiens, histoire, origines, Le cadeau de Léa, Zebraska, rentrée littéraire 2016, littérature belgeTandis que ses parents sont décédés dans un accident de voiture, Marie a été élevée par sa grand-mère. À la mort de celle-ci, Marie reçoit un dossier bleu mais refuse de l'ouvrir, de peur d'être confrontée à la réalité de son histoire familiale, que Mamysusy a toujours refusé de lui raconter. Sa fille Nola l'incitera pourtant à faire la lumière sur ses origines, pour le meilleur ou pour le pire...

    Ce qu'elle ne m'a pas dit est un roman très agréable à lire. Il nous plonge dans l'histoire de Marie qui découvre ses véritables origines par la lecture d'un dossier apparu à la mort de sa grand-mère. Un roman intéressant sur les secrets de famille que l'on choisi de ne pas divulguer pour ne pas faire souffrir et sur l'importance de connaitre son ascendance pour se construire.

    Chaque chapitre donne la parole à un protagoniste, ce qui permet au lecteur de faire connaissance avec chacun d'eux individuellement et de l'apprécier. Les personnages sont sympathiques et on ne peut que se retrouver dans la vie de famille moderne de Marie, d'Alex et de leur fille adolescente Nola, entre engueulades et réconciliations.

    Sur la trace des parents de Marie, Isabelle Bary nous entraîne au cœur des forêts canadiennes, au plus proche des loups sauvages. On découvre avec ravissement les coutumes et légendes innues tandis que le génocide culturel dont ont été victimes les amérindiens nous incite à poser un regard différent sur ce beau pays.

    J'aime l'écriture d'Isabelle Bary, que j'avais déja découverte dans Le cadeau de Léa. Délicate et sans artifice, elle nous emporte sans difficulté dans l'histoire de Marie. Mais que l'on ne s'y trompe pas : l'auteure belge sait aussi manier le suspense avec efficacité pour garder le lecteur en attente.

    Ce qu'elle ne m'a pas dit est un très beau roman qui interroge les secrets de famille et leurs incidences sur la vie de ses membres. Beaucoup de délicatesse et un peu d'humour en font une lecture que je n'oublierai pas.

    Remerciement aux Editions Luce Wilquin pour cette lecture.

    Ce qu'elle ne m'a pas dit – Isabelle Bary – Editions Luce Wilquin – 2016

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    Petit Mao – Jacques Baudouin

    Petit Mao, Jacques Baudouin, JC Lattès, livre, roman, blog littéraire, littérature, carnet de lecture, Mao Zedong, enfant, guerre, communisme, le silence des vivants, Chine, Staline, histoire, familleMao Xiao vit une enfance paisible dans le sud de la Chine, au sein d'une famille adoptive qui cultive les fleurs. Mais Mao Xiao, aussi appelé Petit Mao, n'est pas un enfant comme les autres. Il est en réalité le fils de He Zizhen et de Mao Zedong, élu Président de la première République Soviétique Chinoise en 1931. Abandonné par ses parents qui lui ont préféré la lutte armée, il ne cessera de s’interroger sur ses origines et tentera de retrouver ses parents pour donner un sens à son existence.

    C'est un pan de l'Histoire qui m'était inconnu que Jacques Baudouin a choisi de développer dans ce roman. Evidemment, on s'interroge sans cesse sur la part accordée à la vérité par rapport à la fiction mais là n'est pas l'essentiel. Par ses connaissances approfondies et son sens de la pédagogie, l'auteur nous raconte la montée au pouvoir de Mao Zedong et du parti communiste de façon très claire. C'est en compagnie de Petit Mao que nous avançons petit à petit dans la compréhension des événements de cette époque, sur une période allant de sa petite enfance à l'âge adulte.

    Dans ce roman, le décorum occupe une place capitale. Jacques Baudouin nous plonge dans la Chine des années 1930, marquée par la pauvreté et les guerres successives qui obligent la population à se déplacer en masse pour échapper aux conflits. Nous assistons à la montée au pouvoir de Mao Zedong, initialement chef du parti communiste mais qui, notamment grâce à l’appui de Staline, va devenir le personnage incontournable de la Chine, faisant régner la terreur sur son pays.

    En tant que lecteur, nous vivons ces différents événements avec les yeux de Petit Mao, qui tente de comprendre le monde dans lequel il vit. Enfant solitaire et réservé, il évolue au milieu des livres grâce à son père adoptif, lettré et enseignant. Devenu adulte, c'est avec beaucoup d'intelligence et de réalisme qu'il critique les décisions politiques de son père et qu'il observe leurs conséquences sur la population chinoise. C'est aussi un homme profondément blessé que l'on côtoie tout au long du roman, constamment tiraillé entre l’envie de connaitre ses véritables parents et celle de rester auprès de son père adoptif dont il est très proche. Qu'il s'agisse de ses traits de caractère ou de l'évolution de sa personnalité au fil de ses expériences, c'est avec beaucoup de justesse que Jacques Baudouin nous dresse le portrait de cet homme habité par un sentiment de rejet permanent, provoquant un grand élan d'empathie pour Petit Mao.

    Un récit captivant qui témoigne d'une grande maîtrise de l'écriture ainsi que d'une connaissance approfondie de la Chine. Un roman dont on sort grandi.

    Petit Mao – Jacques Baudouin – Editions JC Lattès – 2010

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    Une très très vilaine chose – Eric Pessan

    Une très très vilaine chose, Eric Pessan, Robert Laffont, livre, roman, blog littéraire, littérature, carnet de lecture, famille, enfant, père, histoire, muette, secret, mystère, femme, épouse, mèreUn homme écrit ses pensées, rêves et désirs sur des bouts de papier qu'il détruit ensuite, une façon de faire sortir les mots qu'il n'arrive pas à exprimer autrement. Il est son époux, à "Elle", absente sans que l'on sache pourquoi, si ce n'est qu'elle a réalisé quelque chose d'abject. Tous évitent de parler d'elle alors même que son ombre omniprésente plane sur toute l'histoire, polluant la vie de chacun.

    Eric Pessan nous fait entrevoir le quotidien d’une famille marquée par un évènement important mais dont nous ignorons tout. Tout au long du roman, il nous maintient dans un état d'attente, entretenant le mystère autour de cette femme, laissant la tension monter entre les protagonistes mais aussi chez le lecteur.

    Par cette façon d’amener l’histoire, l’auteur nous invite à participer d’une certaine façon au roman. Notre imagination fonctionne à plein régime, nous cherchons les indices, explorons différentes hypothèses mais l’auteur se joue de nous jusqu’au bout, nous laissant pantelants à la fin du récit, sans réponses à nos questions. Une lecture rapide tant le rythme est soutenu et notre envie de savoir grande.

    Une très très vilaine chose – Eric Pessan – Editions Robert Laffont – 2006

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    Apologie du livre – Robert Darnton

    Cover Apologie du livre.jpgCommençons par une petite présentation de l’auteur : Robert Darnton est historien du livre et directeur de la bibliothèque universitaire de Harvard (Etats-Unis). À travers cet essai, il interroge la place du livre imprimé dans l’environnement numérique dans lequel nous évoluons aujourd’hui.

    Grand défenseur du livre papier et des bibliothèques, l’auteur nous immerge dans le passé pour mieux appréhender le présent et le futur. 

    L’exposé de Robert Darnton porte en grande partie sur le projet de numérisation des ouvrages imprimés, initié par le géant Google pour son application Google Book Search.

    D’une part, il minimise l’impact qu’aura Google Book Search en pointant ses défauts : impossibilité de numériser l’ensemble des livres existants et publiés chaque année, problème lié à la conservation des données sous format numérique, perte de qualité, absence de résistance des données au temps et à l’évolution des technologies, critères de recherche faussés, etc.

    D’autre part, il s’enflamme lorsqu’il parle du monopole que Google est en train de créer autour de lui en raison des accords qu’il a signé avec les éditeurs et auteurs américains (l’accès aux livres sous copyright sera soumis à la souscription d’une licence payante, l’absence de concurrent sérieux ayant la puissance technologique et financière suffisante pour contrer le géant…), tendant ainsi à dire que le monde entier n’aura bientôt plus le choix et se trouvera face au fait accompli.

    Il est vrai qu’imaginer le fait qu’une seule entité, en l’occurrence une entreprise commerciale, contrôlera à elle seule l’accès à l’information pose question et ouvre la porte à toutes les dérives possibles…

    Pour l’auteur, qui considère les bibliothèques comme des centres du savoir et des diffuseurs d’information au grand public, ces institutions pourraient tout à fait servir d’intermédiaires entre les modes de communication imprimés et numériques. Les bibliothèques l’ont d’ailleurs bien compris puisqu’elles sont de plus en plus nombreuses à proposer des livres numériques et audio à leurs lecteurs, manifestant ainsi leur volonté de pérenniser leurs actions dans la durée et de s’inscrire dans les nouvelles habitudes de lecture.

    Si l’essai de Robert Darnton se centre principalement sur les bibliothèques universitaires (son domaine de compétence), son discours peut tout à fait être extrapolé aux bibliothèques provinciales et communales que nous fréquentons plus régulièrement. Car elles aussi renferment une partie du savoir et ont pour objectif de le rendre accessible au plus grand nombre.

    Un essai intéressant car il nous confronte à notre quotidien de lecteur, en faisant référence aux pratiques passées, tout en ouvrant les possibilités que laisse présager le livre numérique. Très critique envers le projet de numérisation de Google, il nous confronte également à notre impuissance face à des décisions prises en hauts lieux (où les enjeux économiques ont plus de poids que les recommandations des spécialistes du livre). J’ai trouvé cette lecture intéressante sur bien des points même si je déplore l’aspect « mémoire de fin d’études » qui s’en dégage, le style étant très académique et lourd, avec un pan théorique légèrement soporifique.

    « […] je dis : consolidez les bibliothèques, approvisionnez-les en imprimés, renforcez leurs salles de lecture, mais ne les considérez pas comme de simples entrepôts ou des musées. »

     

    Apologie du livre – Robert Darnton – Editions Gallimard – 2012 

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    Le livre de Johannes – Jorgen Brekke

    Cover Le livre de Johannes.jpgAout 2010. Le cadavre écorché et décapité d’Efrahim Bond est retrouvé au musée Edgar Allan Poe de Richmond. Chose étrange : l’assassin a emporté la peau de sa victime. Peu avant sa mort, l’homme avait envoyé à un laboratoire un bout de la reliure d’un livre. Lorsqu’elle découvre les résultats de l’analyse, l’enquêtrice Felicia Stone ne doute plus du lien entre cette dernière démarche de Bond et le meurtre. Car le mystérieux ouvrage se révèle être relié… en peau humaine. Felicia s’intéresse alors de près au Livre de Johannes, recueil d’observations rédigé par le premier médecin de l’histoire à avoir pratiqué des autopsies, au XVIe siècle.

    Dès les premières pages, on est projeté dans l’horreur. Un enfant voit sa mère se faire tuer tandis que lui-même tente d’échapper au tueur, en vain. Et l’ombre de ces deux victimes va nous poursuivre tout au long de ce roman macabre, marqué par de nombreuses morts, toutes plus horribles les unes que les autres.

    J’avoue que, pour moi, le démarrage a été un peu difficile. Le fait de suivre plusieurs histoires en parallèle à des époques et dans des lieux différents, ajouté aux noms compliqués des personnages (norvégiens pour la plupart), a créé une certaine confusion dans mon esprit. Par contre, j’ai trouvé la deuxième partie beaucoup plus prenante car elle est davantage axée sur l’enquête criminelle actuelle et marquée par des rebondissements et révélations inattendues.

    Un récit labyrinthique qui nous emmène aux confins de la folie avec, en toile de fond, la recherche du livre de Johannes, ouvrage rédigé au 16e siècle par un moine franciscain, considéré comme le premier livre détaillé sur l’anatomie, la connaissance des maladies et des opérations chirurgicales.

    Un roman intéressant qui mêle l’Histoire avec un grand H aux histoires personnelles de chacun des protagonistes et qui nous emmène dans le monde très fermé des livres précieux jusqu’au final, que rien ne supposait. Malgré un début un peu fouillis, Le livre de Johannes est un très bon premier roman pour cet auteur norvégien que je ne connaissais pas et que je suivrai sans aucun doute dans ses prochaines publications.

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    Le livre de Johannes – Jorgen Brekke – Balland Editeur – 2011