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    L'enfant qui venait d'un livre – Didier Van Cauwelaert

    l'enfant qui venait d'un livre, didier van cauwelaert, carnet de lecture, livreAlors qu'elle travaille comme hôtesse d'accueil au Salon de la littérature jeunesse, Louise se trouve confrontée à un enfant perdu. Resté seul tandis que le salon ferme ses portes, la jeune femme va remuer ciel et terre pour retrouver ses parents, découvrant par là un monde inconnu, entre réalité et fiction.

    En ouvrant ce livre, ma première réaction a été l'étonnement. Car le livre que je tiens entre les mains n'est pas ordinaire. A mi-chemin entre l'objet littéraire et le roman, il a été baptisé «  romanga  ». Concrètement, une fois la couverture ouverte, on découvre un roman sur la gauche tandis que la partie droite comporte un manga dont la lecture s'effectue de droite à gauche. Les deux supports, dont les histoires se complètent, peuvent se lire séparément ou en parallèle, bien que la manipulation de l'objet ne soit pas vraiment pratique.

    Didier Van Cauwelaert aime mettre ses personnages dans des situations invraisemblables. Ce roman ne déroge pas à la règle puisqu'il nous plonge dans un monde où l'imaginaire prend vie par l'entremise d'un enfant qui se prend pour un personnage de manga. Un roman qui pourra s'adresser tant aux adultes qu'aux plus jeunes, qui y trouveront une histoire fantastique fondée sur des éléments réels.

    Le texte est enrichi des peintures de l'artiste Soÿ et du dessinateur Patrice Serres, qui illustrent parfaitement l'histoire et nous immergent dans ce monde magique, où les vœux se réalisent.

    L'enfant qui venait d'un livre est une histoire pleine d'espoir mais également un moyen original de récolte de fonds pour l'aide aux enfants atteints de dystonie musculaire déformante. Cette maladie, qui empêche les enfants de marcher et de parler, provoque de fortes douleurs en raison des messages aberrants que le cerveau envoie aux muscles, qui s'agitent de façon désordonnée. L'opération qui permet de sauver ces enfants étant très onéreuse, les fruits de la vente de ce livre permettront d'aider financièrement les familles pour qui l'intervention n'était pas envisageable.

    Un projet original et une alliance parfaite de plusieurs talents pour soutenir une bonne cause.

     

    L'enfant qui venait d'un livre – Didier Van Cauwelaert – Editions Prisma – 2011

    L'enfant qui venait d'un livre.JPG 

    (clic sur la photo pour agrandir)

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    L’arbre à songes – Aurélia Jane Lee

    Cover L'arbre à songes.jpgL’arbre à songes est un vieil hêtre rouge dressé au milieu d’une vaste propriété retournée à l’état sauvage. Dans ce domaine vivent Abel, écrivain misanthrope, et sa compagne Sauvane, au sujet de laquelle les rumeurs les plus extravagantes courent dans le village voisin. On y croise aussi des visiteurs clandestins : Thomas, jeune garçon passionné par la nature, et Madelon,  adolescente férue de lecture.

    Les premiers mots qui me viennent à l’esprit en refermant ce roman d’Aurélia Jane Lee sont : douceur, tendresse et poésie. Une ode à la nature, à la féminité et à l’amour pour un livre qui donne envie d’observer davantage la nature pour s’en imprégner et s’inspirer de sa sagesse.

    La beauté du texte tient aussi au grand nombre de jolies phrases qui l’émaillent et que l’on voudrait garder en mémoire ou recopier dans un carnet. Par le biais de la plume d’Abel, Aurélia Jane Lee suscite la réflexion sur des sujets universels tels que les sentiments, l’absence, la solitude, le rapport à la différence.

    Un texte lent, qui se livre petit à petit, tout comme les personnages qui ne sont pas décrits froidement comme dans d’autres romans mais que l’on découvre en s’immisçant dans leur quotidien. J’ai pris beaucoup de plaisir à évoluer avec les personnages dans cet univers luxuriant et poétique qu’est le jardin.

    L’arbre à songes est une invitation à stopper pour un temps nos vies mouvementées pour se poser les questions fondamentales. Un livre que j’ai envie de relire, plus tard, pour en saisir pleinement l’essence, comme si une seule lecture ne permettait pas d’en cerner tous les aspects.

    L’arbre à songes – Aurélia Jane Lee – Editions Luce Wilquin – 2013

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    Où on va papa ? – Jean-Louis Fournier

    Où on va papa ?, Jean-Louis Fournier, Editions Stock, critique, carnet de lecture, livre, littérature, blog littéraire, enfant, handicap, roman, maman, controverseOù on va papa ? est un livre très particulier. Il nous raconte le quotidien de Jean-Louis Fournier avec ses deux enfants handicapés moteurs et mentaux. L’humoriste et réalisateur de télévision nous dit toute la culpabilité qu’il ressent d’avoir donné cette vie-là à ses enfants, une vie de souffrance physique et morale : « Quand je pense que je suis l’auteur de ses jours, des jours terribles qu’il a passé sur Terre, que c’est moi qui l’ai fait venir, j’ai envie de lui demander pardon ».

    Pour l’auteur, la naissance de Thomas et Mathieu est « la fin du monde », le début d’un long calvaire. Parce qu’il s’agit bien d’un calvaire. Tout le livre n’est que plainte : jamais il ne pourra leur faire découvrir la littérature ou la musique classique, partager avec eux la beauté de la nature, les emmener visiter des musées. Thomas et Mathieu n’évolueront pas (ou si peu) que l’auteur en est désespéré d’avance. A aucun moment, il ne parle de ses tentatives pour les élever et les éveiller au monde qui les entoure.

    Ce qui peut aussi étonner, c’est le ton employé par Jean-Louis Fournier pour parler de son vécu. Cet auteur, qui revendique la liberté de rire de tout, emploie l’humour noir et la dérision à profusion. Mais, en filigrane, on sent bien qu’il s’agit là d’une protection qui lui permet de faire face à la situation, de surmonter la douleur, le sentiment de culpabilité et le regard des autres. Parfois, n’y tenant plus, il a des envies de meurtre : « J’ai pensé que, quand ils seraient grands, j’allais leur offrir à chacun un grand rasoir coupe-chou. On les enfermerait dans la salle de bains et on les laisserait se débrouiller avec leur rasoir. Quand on entendrait plus rien, on irait avec une serpillière nettoyer la salle de bains ». Ce type de discours, qui traverse tout le récit, rend celui-ci dérangeant et a provoqué un profond malaise chez moi.

    Ce qui fait aussi la particularité de ce livre, c’est la controverse qui l’a entouré. Présenté par les médias comme le témoignage d’un père, il s’agirait en fait d’une œuvre de fiction, d’une réalité largement romancée, comme en témoigne la maman, qui s’est autorisée un droit de réponse public. Par le biais de son blog, elle entend ainsi ramener la vérité à propos de ses enfants. Non, ils ne sont pas des désastres, des êtres inutiles avec qui aucune relation ne peut être établie. Elle nous prouve, par mille exemples, que ses enfants ont été heureux, qu’ils ont fait le bonheur de leur entourage et qu’ils étaient beaucoup plus autonomes que ce que le livre ne laisse penser.

    Même s’il s’agit d’un roman, Où on va papa ? est un livre qui dérange. Non pas parce qu’il pose des questions essentielles mais par le malaise qu’il provoque. Bien au-delà de la caricature, il fait passer les enfants handicapés pour des moins que rien et des inutiles, là où le vécu des personnes qui les côtoient est bien différent. Car ces « petits oiseaux cabossés », par leur innocence, font généralement preuve d’une grande clairvoyance et nous ramènent bien souvent aux valeurs essentielles.

    Où on va papa ? – Jean-Louis Fournier – Editions Stock – 2008 

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    Non nobis domine – Christine Brunet

    Cover Non nobis domine.jpgUne chasse au trésor qui ne devait être qu’un divertissement se transforme en jeu de la mort et c’est  Axelle de Montfermy, commissaire à la SPIE qui s’y colle. D’autant que l’expert en informatique de la cellule a disparu et que certains éléments le relient à ce jeu. Après E16, nous retrouvons donc notre enquêtrice de choc, qui doit maintenant se déplacer en chaise roulante, obligée de collaborer avec son ex-petit ami Sean Sheridan.

    Avec Non nobis domine, Christine Brunet nous emmène sur les traces de personnages célèbres et de lieux mythiques, à la recherche d’un trésor de légende. Mais point de longues descriptions historiques dans ce roman puisque c’est l’action qui prime. Le rythme est effréné, les disparitions et les meurtres se succèdent, le lecteur est pris dans le tourbillon des découvertes et déconvenues de nos héros sans jamais s’ennuyer ni voir le temps passer. N’est-ce pas ce que l’on recherche en ouvrant un roman policier ?

    J’avais adoré le précédent roman de l’auteure et j’attendais beaucoup de celui-ci. Le fait que la quatrième de couverture dévoile un des thèmes majeurs du roman a un peu gâché ma surprise, d’autant que le sujet a déjà fait l’objet d’un nombre incalculable de romans ces dernières années et qu’il a perdu de son originalité et de son intérêt. Et si j’ai trouvé l’histoire moins crédible, Christine Brunet reste une auteure à suivre pour son style caractérisé par l’action et les rebondissements inattendus, avec juste ce qu’il faut d’histoire d’amour pour nous émouvoir, et qui nous emporte dans son imaginaire sans que l’on puisse lâcher son livre.

    Le fait que l’héroïne de ce roman souffre d’un handicap m’a particulièrement interpellé. C’est la première fois que je lis un livre dont le personnage principal est chaisard et cette rareté témoigne d’une ouverture d’esprit que l’on retrouve peu en littérature.

    La fin de Non nobis domine augurant de nouvelles aventures pour la commissaire Axelle de Montfermy, on risque fort de la recroiser sur ce blog d’ici peu Clin d'œil

    Logo Challenge Thrillers et polars.jpgJe remercie Christine Brunet pour m’avoir fait découvrir son roman.

     

    Non nobis domine – Christine Brunet – Editions Gascogne – 2013 

     

     

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