guerre

  • 2 commentaires

    Plume fantôme - Isabel Wolff

    livre, roman, blog littéraire, littérature, carnet de lecture, avis lecture, Isabel Wolff, plume fantôme, famille, guerreNègre littéraire, Jenni écrit les autobiographies de ses clients, satisfaite par ce travail de l'ombre qui l'empêche de se confronter à ses propres blessures. Lorsqu'elle rencontre Klara, survivante d'un camp d'internement à Java durant la Seconde Guerre mondiale, l'écriture de ses mémoires prend l'allure d'un échange, et les deux femmes s'aident mutuellement à trouver l'apaisement.

    Je suis tombée sur ce roman totalement par hasard, en parcourant les allées de ma bibliothèque préférée à la recherche d'une perle. Et quelle surprise!

    On y découvre l'histoire de Klara Tregear, 79 ans, qui désire écrire ses mémoires à l'attention de ses enfants. Elle raconte son enfance heureuse dans les Indes néerlandaises, où travaillaient ses parents, jusqu'à l'invasion japonaise et les déportations dans des camps de prisonniers. Très rapidement, on s'identifie à la petite fille qu'elle était et on est touché par ce qu'elle vit. Car Isabel Wolff ne nous épargne aucun détail : la faim, la soif, la maladie, les privations, les coups, le travail forcé et les massacres des japonais. Klara raconte aussi le choix difficile qui fut le sien et qui a mené à la mort de son petit frère, quelque jour avant la libération des camps.

    Au fil des confidences de Klara, le personnage de Jenni se dévoile également, laissant apparaître une importante fêlure. L'histoire de l'une faisant écho à celle de l'autre, elles se rejoignent dans la peine qui les habite au quotidien.

    J'ai été touchée par cette histoire poignante et particulièrement émouvante, servie par une très belle écriture. Isabel Wolff nous permet aussi de découvrir un aspect peu connu de la Seconde Guerre mondiale, ce qui est un plus non négligeable. Une très bonne expérience de lecture. 

    Plume fantôme - Isabel Wolff - Editions JC Lattès - 2015

  • 2 commentaires

    Un irlandais à New York – Florian Chassot

    Un irlandais à New York, Florian Chassot, Chemin Vert Editions, livre, roman, blog littéraire, littérature, carnet de lecture, New York, mafia, guerre, gangJohn O'Ryan, un jeune irlandais, voit ses parents assassinés sous ses yeux pendant des vacances aux Etats-Unis. Il est alors recueilli par le gouvernement américain et intègre le projet « Ghost ». Le plan ? Former des orphelins, leur faire infiltrer les mafias les plus dangereuses du globe, et enfin détruire la criminalité mondiale. Nageant dans un brouillard peuplé de meurtres, de criminels, de mensonges et de complots, John va se débattre pour garder la tête hors de l'eau.

    Le moins que l’on puisse dire, c’est que Florian Chassot est un jeune auteur prometteur. Son écriture, très visuelle, donne l’impression de regarder un film. C’est donc sans peine que l'on s’immerge dans le quotidien de John le Fantôme, en mission d’infiltration au sein de la mafia irlandaise pour le compte du gouvernement américain.

    Dès les premières pages, le lecteur se trouve au cœur de l’action, assistant à la guerre que se livrent les mafias irlandaise et anglaise pour le contrôle du territoire de la ville de New York. Et suivre John n’est pas de tout repos ! Entre les filatures, les intimidations, les braquages et les séances de torture à faire avouer les plus récalcitrants, on n’a pas le temps de s’ennuyer.

    Si j’ai rapidement été séduite par l’écriture de Florian Chassot et par ses personnages dont la personnalité est bien dessinée, je dois bien avouer que les histoires de gangs et de mafia m’intéressent peu et que, malheureusement, je n’ai pas réussi à me passionner pour leurs aventures.

    Un auteur que je tiens donc à l’œil, en espérant que son prochain roman m’emportera complètement dans son univers.

    un irlandais à new york,florian chassot,chemin vert editions,livre,roman,blog littéraire,littérature,carnet de lecture,new york,mafia,guerre,gangRemerciement à Chemin Vert Editions pour cette lecture.

    Un irlandais à New York Florian Chassot – Chemin Vert Editions – 2014

     

  • 0 commentaire

    Georges et les dragons – Jean-Pol Hecq

    Georges et les dragons, Jean-Pol Hecq, Luce Wilquin, livre, roman, blog littéraire, littérature, carnet de lecture, Mons, Mons2015, Saint-Georges, dragon, guerre, bataille, ange, enquête, Borinage, Stefan Zweig, Joris Ivens, journaliste, RTBFMaximilien Jelgersma arrive à Mons en1927. Ce journaliste néerlandais prétend faire des reportages sur le Borinage, la reconstruction de l’après-guerre et la réalité sociale de la région montoise.
    Sa motivation est toutefois plus personnelle : il recherche Georges, un de ses cousins disparu pendant la guerre. Au cours de son enquête, Max croise quelques personnalités et découvre les légendes qui circulent sur la bataille d'aout 1914. Qu’ont réellement vu les soldats ce soir-là ? Et pourquoi les chevaux sont-ils omniprésents dans cette affaire ?

    Georges et les dragons nous offre l'expérience unique de remonter dans le temps et de découvrir la région montoise pendant et après la guerre ainsi que les personnages influents de l’époque.

    Jean-Pol Hecq revient sur la légende des "Anges de Mons", selon laquelle Saint-Georges et des anges guerriers seraient apparus aux soldats la nuit du 23 au 24 aout 1914, pendant la bataille qui opposait les Allemands aux Britanniques, et permettant à ces derniers de sortir vainqueurs. Alors que cette légende a déjà fait couler beaucoup d’encre, j’ai apprécié le fait que l'auteur lui donne une signification complètement différente de ce qui a déjà été dit et écrit à ce sujet.

    Georges et les dragons est un roman historique grâce auquel le lecteur apprend énormément de choses sur la ville de Mons et les pratiques de l’époque. Par exemple, Maximilien rencontre des personnages influents : le cinéaste Joris Ivens en repérage dans le Borinage pour son prochain film, l'écrivain autrichien Stefan Zweig qui l'emmène sur le lieu où a vécu le poète Emile Verhaeren. A travers ce personnage, nous partons à la rencontre des habitants et découvrons l'histoire de la région, ses traditions et son folklore.

    Etant montoise, les événements et lieux cités me sont évidemment familiers mais ce roman m'a permis de les appréhender sous un jour nouveau et de poser un autre regard sur cette belle ville de Mons. L'enthousiasme que dégage l'auteur en parlant de sa ville est contagieux et donne envie de poursuivre les investigations.

    Un premier roman très réussi, qui mêle Histoire et enquête à rebondissements, et qui témoigne déjà d’une belle maîtrise de l’écriture. Assurément un auteur à suivre.

    Remerciement aux Editions Luce Wilquin pour cette lecture.

    Georges et les dragons – Jean-Pol Hecq – Editions Luce Wilquin – 2015

  • 0 commentaire

    Petit Mao – Jacques Baudouin

    Petit Mao, Jacques Baudouin, JC Lattès, livre, roman, blog littéraire, littérature, carnet de lecture, Mao Zedong, enfant, guerre, communisme, le silence des vivants, Chine, Staline, histoire, familleMao Xiao vit une enfance paisible dans le sud de la Chine, au sein d'une famille adoptive qui cultive les fleurs. Mais Mao Xiao, aussi appelé Petit Mao, n'est pas un enfant comme les autres. Il est en réalité le fils de He Zizhen et de Mao Zedong, élu Président de la première République Soviétique Chinoise en 1931. Abandonné par ses parents qui lui ont préféré la lutte armée, il ne cessera de s’interroger sur ses origines et tentera de retrouver ses parents pour donner un sens à son existence.

    C'est un pan de l'Histoire qui m'était inconnu que Jacques Baudouin a choisi de développer dans ce roman. Evidemment, on s'interroge sans cesse sur la part accordée à la vérité par rapport à la fiction mais là n'est pas l'essentiel. Par ses connaissances approfondies et son sens de la pédagogie, l'auteur nous raconte la montée au pouvoir de Mao Zedong et du parti communiste de façon très claire. C'est en compagnie de Petit Mao que nous avançons petit à petit dans la compréhension des événements de cette époque, sur une période allant de sa petite enfance à l'âge adulte.

    Dans ce roman, le décorum occupe une place capitale. Jacques Baudouin nous plonge dans la Chine des années 1930, marquée par la pauvreté et les guerres successives qui obligent la population à se déplacer en masse pour échapper aux conflits. Nous assistons à la montée au pouvoir de Mao Zedong, initialement chef du parti communiste mais qui, notamment grâce à l’appui de Staline, va devenir le personnage incontournable de la Chine, faisant régner la terreur sur son pays.

    En tant que lecteur, nous vivons ces différents événements avec les yeux de Petit Mao, qui tente de comprendre le monde dans lequel il vit. Enfant solitaire et réservé, il évolue au milieu des livres grâce à son père adoptif, lettré et enseignant. Devenu adulte, c'est avec beaucoup d'intelligence et de réalisme qu'il critique les décisions politiques de son père et qu'il observe leurs conséquences sur la population chinoise. C'est aussi un homme profondément blessé que l'on côtoie tout au long du roman, constamment tiraillé entre l’envie de connaitre ses véritables parents et celle de rester auprès de son père adoptif dont il est très proche. Qu'il s'agisse de ses traits de caractère ou de l'évolution de sa personnalité au fil de ses expériences, c'est avec beaucoup de justesse que Jacques Baudouin nous dresse le portrait de cet homme habité par un sentiment de rejet permanent, provoquant un grand élan d'empathie pour Petit Mao.

    Un récit captivant qui témoigne d'une grande maîtrise de l'écriture ainsi que d'une connaissance approfondie de la Chine. Un roman dont on sort grandi.

    Petit Mao – Jacques Baudouin – Editions JC Lattès – 2010

    Du même auteur: 

  • 0 commentaire

    Le soir, Lilith – Philippe Pratx

    le soir lilith, pratx, l'harmattantAlors qu'il met en ordre les éléments épars d'une future biographie d'une star du cinéma muet qu'il a fréquentée dans sa jeunesse, un écrivain reçoit la visite d'une étrange journaliste qui le presse de lui en dévoiler davantage sur la fameuse Eve Whiteland, plus connue sous le nom de Lilith Hevesi. Dès lors, filmographie, notes manuscrites, souvenirs brumeux se mêlent pour tisser un canevas qui ne parvient pourtant pas à dresser un portrait fidèle d'un personnage hors du commun, jusqu'à ce que la journaliste dévoile à l'auteur une facette inconnue de l'actrice...

    Ce roman nous plonge dans le monde du cinéma muet hollywoodien des années 1920. Sa construction, originale, mêle extraits de lettres et de films, scénarii refusés et brouillons de biographie dans un passage constant du présent au passé. Cette lecture, dont l'abord n'est pas facile, brouille nos repères chronologiques habituels et nécessite donc une certaine concentration.

    Je n'ai malheureusement pas réussi à m'accrocher au personnage de Lilith ni à celui du narrateur et je pense que ce manque d'intérêt est en partie lié à la structure alambiquée du roman qui ne me permettait pas de savoir où l'auteur souhaitait m'emmener et dans quel but.

    Au terme de ma lecture, Le soir, Lilith me laisse l'impression générale d'être passée à côté de quelque chose, sans véritablement réussir à saisir ce qui m'a échappé. Je pense que ce livre n'est tout simplement pas arrivé au bon moment. En plein « passage à vide littéraire », j'avais besoin d'une lecture légère et probablement plus simple à appréhender. C'est donc un roman que je relirai plus tard, dans un état d'esprit plus approprié à ce type de récit.

    Je remercie néanmoins Philippe Pratx pour cette lecture.

     

    Le soir, Lilith – Philippe Pratx – Editions L'Harmattan – 2014