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    Police - Hugo Boris

    livre, roman, blog littéraire, littérature, carnet de lecture, avis lecture, Police, Hugo Boris, Grasset, rentrée littéraire 2016Virginie, Aristide et Erik sont policiers. En cet été caniculaire, une mission inhabituelle leur est confiée : escorter un Tadjik à l'aéroport Charles-de-Gaulle pour un retour forcé dans son pays. Mais, pour avoir dénoncé le système en place dans son pays, l'homme est assuré d'être tué dès sa descente d'avion. La petite équipe est alors confrontée à un dilemme : obéir aux ordres ou tenter de le sauver?

    A travers le personnage central de Virginie, Police nous offre une immersion dans le quotidien des policiers français. On prend alors conscience de toutes les horreurs auxquelles ils sont confrontés chaque jour mais aussi de l'urgence permanente, des insultes, des coups, du stress... Un métier difficile, qui leur fait voir le pire. 

    Dans ce roman, chacun des personnages est à un moment charnière de sa vie. Virginie se prépare à avorter suite à une aventure avec son collègue Aristide; celui-ci, même s'il joue le mariole de service, se rend compte que sa vie est vide de sens et Erik, le plus âgé et le plus gradé de l'équipage, est usé par son métier et rêve d'enfin pouvoir s'arrêter. Tous ces éléments, que l'on pourrait croire inutiles, vont en réalité conditionner la suite de l'histoire.

    Le temps d'un trajet, on assiste donc à un huis clos particulièrement prenant dans cette voiture de police qui se dirige vers Charles-de-Gaulle. Peu à peu, les personnalités se dessinent, la tension monte et les policiers se mettent à douter, se demandant comment sauver la vie de cet homme, qui espérait trouver refuge en France. Mais son comportement, résigné et craintif, les déstabilise.

    J'ai aimé l'écriture et l'approche d'Hugo Boris, qui place le lecteur au cœur de l'action. Grâce à lui, j'ai vraiment eu l'impression d'être la cinquième personne assise dans cette voiture et, jusqu'à la dernière minute, je me suis sentie prise au piège de ce cas de conscience. Que faire? 

    Un titre qui se lit à l'envers, comme dans un rétroviseur ou un miroir, celui où nous nous reflétons, seuls face à notre conscience. Un roman pour ne pas banaliser ce qui se joue derrière les reconduites à la frontière.  

    Remerciement aux Editions Grasset pour cette lecture.

    Police - Hugo Boris - Editions Grasset - 2016

     

     

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    Cet été-là – Véronique Olmi

    Cet été-là, Véronique Olmi, Grasset, livre, roman, blog littéraire, littérature, carnet de lecture, été, vacances, mer, plage, France, fête nationale, amis, famille, #romansété, premier amour, livre de pocheComme chaque année, Delphine et Denis accueillent deux couples d'amis pour le weekend du 14 juillet dans leur maison en bord de mer. Mais ce qui s'annonçait comme un agréable moment de détente va tourner au vinaigre suite à l'arrivée d'une personne inattendue, qui va bouleverser un équilibre déjà précaire.

    Ces retrouvailles sont l'occasion d'évoquer des souvenirs de jeunesse mais aussi, pour certains, de remises en question et de grandes décisions. L'auteur évoque sans complaisance ces quadras pas très bien dans leur peau qui s'interrogent sur leur futur et font le bilan de leur vie passée. Un test de maturité en quelque sorte. Une prise de conscience que la vie qu'ils ont menée n'a pas été à la hauteur de leurs espérances, qu'ils se sont fourvoyés et ont poursuivis les mauvais objectifs.

    Comme dans Le premier amour, Véronique Olmi met l'accent sur l'ambiance, les relations entre les protagonistes et leurs sentiments plutôt que sur les dialogues, peu nombreux. La tension est palpable, ce qui provoque un certain malaise chez le lecteur.

    Malheureusement, ce roman très linéaire manque de vie, comme si la chaleur accablante de cet été-là avait anesthésié jusqu’à l’auteure. J'ai longtemps attendu quelque chose qui n'est jamais arrivé et, alors que j'avais beaucoup aimé Le premier amour, je suis déçue de ce récit qui retombe comme un soufflé.

    Cet été-là – Véronique Olmi – Editions Grasset – 2011

    Du même auteur: 

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    Quand souffle le vent du nord - Daniel Glattauer

    Cover quand-souffle-le-vent-du-nord.jpgEmma souhaite résilier un abonnement mais se trompe d’adresse mail. Le courriel arrive chez Léo qui lui fait remarquer son erreur. À partir de là, une correspondance va se mettre en place. En quête d’un confident ou d’une aventure qui mette un peu de piment à une vie bien rangée, chacun trouve son compte dans cet échange où se mêlent bientôt les sentiments. Bien vite, ils en arrivent à vouloir se rencontrer. Mais comment ne pas gâcher la magie créée par le monde virtuel ? Chacun a idéalisé et fantasmé l’autre, lui prêtant des traits et une personnalité qu’il n’a peut-être pas. S’ils ne se plaisaient pas, pourront-ils poursuivre cette relation virtuelle ?

    Quand souffle le vent du nord est un roman très inégal. Il contient de nombreuses promesses qu’il ne tient pas.

    En effet, l’idée de base est intéressante et actuelle. À l’heure des rencontres par Internet, un échange de mails entre inconnus ne peut que titiller l’imagination du lecteur, qui se prête au jeu des devinettes : vont-ils se rencontrer dans la « vraie » vie ? Vont-ils se plaire ? L’autre intérêt de ce roman est son rythme. Bien que la correspondance entre les protagonistes s’étale sur une année entière, les discussions sont piquantes et les répliques bien senties, ce qui laisse peu de place à l’ennui. Le lecteur perd complètement la notion du temps et passe rapidement d’un chapitre à l’autre.

    Par contre, d’autres aspects sont plus déplaisants. Le roman met le lecteur dans une position d’attente et d’interrogation parfois difficile à tenir. On a l’impression que les choses n’avancent pas assez vite. Emma et Léo ne cessent de parler de leur prochaine rencontre mais rien ne se concrétise. Le lecteur est le spectateur d’une danse qu’il est obligé de subir : un pas en avant deux pas en arrière,  ce qui le laisse sur sa fin. Enfin et c’est le plus dommage selon moi, Quand souffle le vent du nord n’apporte rien au lecteur. Ce roman permet de passer un peu de temps hors du quotidien mais il ne laisse aucune marque permanente. Au final, là où le lecteur s’attend à trouver une histoire du type comédie romantique, il se trouve face à un roman banal avec beaucoup de discussions pour rien puisque chacun continuera à vivre sa vie comme si l’autre n’en avait jamais fait partie.

    Quand souffle le vent du nord - Daniel Glattauer - Grasset - 2010