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    Les oreilles de Buster – Maria Ernestam

    les oreilles de buster,maria ernestam,gaïa editions,livre,roman,blog littéraire,littérature,carnet de lecture,suède,journal intime,souvenir,famille,enfants,rose,fleur« J'avais sept ans quand j'ai décidé de tuer ma mère. Et dix-sept ans quand j'ai finalement mis mon projet à exécution. » C'est ainsi que commence le journal intime d'Eva, qui mène une vie bien réglée entre Sven, quelques amies, des enfants et petits-enfants, une vieille dame acariâtre dont elle s'occupe, et ses rosiers qu'elle choie.

    Tout commence par un récit gentillet sur le quotidien d’une vieille dame et on se demande où l’auteure suédoise nous emmène. Mais, petit à petit, le lecteur découvre qu’Eva fut une fillette machiavélique, qui se venge méthodiquement de tous ceux qui l’ont un jour humiliée. J’ai d'ailleurs été étonnée par l’alternance entre les moments très calmes, voire banals, que nous décrit Maria Ernestam et les soudaines accélérations, allant toujours plus loin dans l’horreur.

    Maria Ernestam réussit par sa belle écriture et son style original à nous faire apprécier son personnage principal, pour lequel j’ai pu ressentir une certaine empathie mais qui avait aussi tendance à me crisper par ses agissements extrêmes. Je pense que si le but de l'auteure était de mettre le lecteur mal à l'aise, l'objectif est largement atteint.

    Mes seuls reproches concernent les quelques longueurs et nombreuses tergiversations inutiles qui émaillent Les oreilles de Buster et qui m’ont ennuyées.

    Au final, je dirais que l’histoire ne m’a que très moyennement plu tant elle me laisse une impression dérangeante de malaise. Mais le style de Maria Ernestam et les surprises disséminées dans le récit en font un roman étonnant et marquant. Je vous invite à découvrir les premières pages (pdf).

    Les oreilles de Buster – Maria Ernestam – Gaïa Editions - 2011

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    Le caveau de famille – Katarina Mazetti

    Cover Le caveau de famille.jpgLe mec de la tombe d’à côté, vous vous souvenez ? Retrouvons-en les héros où nous les avions laissées… Désirée et son désir d’enfant qui lui fait faire n’importe quoi, jusqu’à demander à Benny de jouer le rôle de père, sans pour autant vivre avec elle. Mais Benny vit avec Anita… Attention, scènes de ménage en vue !

    Lire la suite d’un livre que l’on a beaucoup aimé est toujours délicat. On ne peut s’empêcher de s’interroger : et si l’auteur ne réussissait pas à recréer la magie ?

    J’avais adoré les échanges truculents entre Désirée et Benny et même si ces deux-là ne se comprennent toujours pas, les répliques cocasses sont moins présentes. Le fait de perdre un peu de la légèreté du Mec de la tombe d’à côté a permis à ce second roman de s’enrichir d’une plus grande profondeur.

    La vie de famille prend le pas sur l’élan fougueux des débuts et même si les soucis quotidiens fragilisent le lien amoureux, l’amour parental renforce les sentiments des personnages principaux, les incitants à s’adapter à leur nouvelle condition de parents. Ce roman met également le doigt sur la situation particulière de la femme dans la société rurale ainsi que sur les conditions de travail des agriculteurs et éleveurs (couts élevés, rentrées financières aléatoires...). Le charme du premier roman s’est certes envolé avec ces contingences matérielles mais il s’ancre davantage dans la réalité.

    La structure est également un peu différente puisque le précédent tome détaillait le vécu de Benny et Désirée sur une courte période tandis qu’ici, l’histoire s’étale sur sept années dont nous ne connaitrons que quelques épisodes choisis. Avec un narrateur qui s’ajoute au duo initial en la personne d’Anita.

    Un roman différent du premier mais qui a gagné en maturité, à l’instar de ses personnages principaux et dans lequel beaucoup de femmes se reconnaîtront.

    Le caveau de famille – Katarina Mazetti – Gaïa Editions – 2011 

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    Le mec de la tombe d'à coté – Katarina Mazetti ♥♥♥♥

    Cover Le mec de la tombe d'à côté.jpgLe mec de la tombe d’à côté, c’est la rencontre de deux êtres que tout oppose. Alors qu’elle se rend sur la tombe de son mari décédé cinq mois plus tôt, Désirée croise Benny, qui vient également fleurir la sépulture de ses parents. Tout d’abord méfiants l’un vis-à-vis de l’autre, ils vont peu à peu apprendre à se connaitre et à s’aimer malgré leurs différences. Mais rien n’est jamais simple dans une histoire d’amour…

    Entre Désirée et Benny, on assiste à un véritable choc culturel. Elle est bibliothécaire, passionnée de littérature et férue de débats et d’art moderne. Citadine invétérée, elle est végétarienne, ne sait pas cuisiner et la tombe de son mari est à l’image de son intérieur, sobre et dépouillé.

    Lui est éleveur de vaches laitières et consacre tout son temps à maintenir l’exploitation familiale à flot. Un peu bourru, il aime les produits du terroir, n’a que peu de loisirs et, depuis la mort de sa mère, n’a pas touché à la décoration, saturée de fioritures et de rideaux brodés au point de croix.

    Elle représente la femme moderne et indépendante pour qui l’homme est davantage un pourvoyeur de câlins qu’un portefeuille ambulant. Alors qu’il est l’image traditionnelle du paysan qui cherche une femme qui soit son troisième bras, lui prépare de bons petits plats et reprise ses chaussettes. On ne pouvait imaginer pire association !

    C’est le premier roman que je lis de Katarina Mazetti et, d’emblée, j’ai été séduite par son ton humoristique et vif. Même s’ils sont parfois un peu caricaturaux, les personnages sont sympathiques et attachants, avec des personnalités complexes mais bien dessinées. Et plus d’une fois, en voyant venir les bourdes de l’un ou de l’autre, j’ai eu envie d’intervenir en disant « Non, ne fais/dis pas ça ! ».

    Ce roman est aussi une vraie déclaration d’amour. On sent que les sentiments qu’ils éprouvent l’un pour l’autre sont teintés d’une grande tendresse mais on perçoit également toute la difficulté qu’ils ont à se comprendre, la peur de mal faire et de ne pas être conforme à l’image que l’autre a d’eux.

    La narration est également intéressante puisque chaque chapitre donne successivement la parole à Désirée et Benny, qui donnent leur avis sur les évènements qui viennent de se dérouler et nous emmènent plus loin dans l’histoire. C’est aussi l’occasion de se rendre compte à quel point un même évènement peut être compris différemment si l’on est un homme ou une femme.

    Sachant qu’il existe une suite à ce roman, Le caveau de famille (encore une histoire de cimetière !), je n’ai qu’une envie : me le procurer et dévorer la suite des aventures de Désirée et Benny.

    Vous l’aurez compris, j’ai a-do-ré ce roman ! Découvrez-en le premier chapitre et n’hésitez pas à me dire ce que vous en pensez! 

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    Le mec de la tombe d’à coté – Katarina Mazetti – Gaïa Editions – 1999 

     

     

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