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    Relire – Enquête sur une passion littéraire – Laure Murat

    Relire, Laure Murat, Flammarion, livre, roman, blog littéraire, littérature, carnet de lecture, Enquête sur une passion littéraire, essai, lecture, relecture, lire, relireVoici une singulière enquête sur une passion littéraire aussi dévorante aujourd’hui qu’hier : la relecture. Elle se fonde sur des entretiens avec nos grands auteurs contemporains, de Christine Angot à Jean Echenoz, d’Annie Ernaux à Patrick Chamoiseau. Leurs réponses convoquent les différentes facettes d’une expérience intime et le plus souvent secrète.

    En réalisant cette étude, Laure Murat, professe ur de littérature à l’Université de Californie-Los Angeles, a voulu répondre à plusieurs questions. Pour quelle raison les enfants veulent-ils entendre chaque soir la même histoire ? Que nous apprend une deuxième lecture que la première n’avait pas révélée ? Au fond, pourquoi relit-on ?

    Après un examen de la littérature scientifique, Laure Murat livre une analyse qualitative des réponses données par 200 grands lecteurs sur leur pratique de la relecture. On y apprend par exemple que la relecture est envisagée par beaucoup comme un refuge, devenant ainsi une lecture-doudou réconfortante. Mais relire peut aussi être un moyen de se retrouver soi-même et de se souvenir du lecteur que nous étions alors.

    Les éditeurs et libraires conçoivent plutôt la relecture comme un retour aux sources face à la déferlante de nouveautés qui les assaille chaque année. Certains prévoyant d’ailleurs des plages horaires précises dédiées aux relectures même si, pour la plupart, la lecture de nouveautés occupe la plus grande part de leur temps « lecture ».

    Parmi les livres les plus souvent relus, on retrouve surtout des classiques dont la lecture a été imposée à l’école mais que l’on relit par plaisir à l’âge adulte, avec une autre vision de l’histoire et une meilleure compréhension du contexte historique. L’auteur le plus souvent cité est Proust et son roman A la recherche du temps perdu, qui fait d’ailleurs l’objet d’un chapitre entier de l’analyse de Laure Murat. Personnellement, j’ai été étonnée de découvrir ce livre en première position. Avec ses sept tomes, ce n’est pas une petite affaire que de le relire !

    La seconde partie de Relire consiste en une retranscription de certains entretiens réalisés par l’auteure, présentés bruts, sans analyse.

    La structure et le style de l’ouvrage ont tout du mémoire universitaire, ce qui est un peu dommage car cela rend la lecture rébarbative et lourde là où il aurait été possible de rendre cette enquête plus vivante. Néanmoins, il s’agit d’un livre intéressant pour qui s’intéresse aux mœurs en matière de relecture. Si vous avez envie de connaitre le détail des relectures des personnalités interrogées, je vous invite à consultez la très complète présentation du site Chroniques de la rentrée littéraire.

     

    Evidemment, cet essai est l’occasion de m’interroger sur ma propre pratique de la relecture.

    Avec une centaine de livres lus chaque année (sans compter les lectures professionnelles), il reste peu de place dans mon emploi du temps pour la relecture. Néanmoins, je prends toujours plaisir à relire certains romans qui m’ont particulièrement touchée : Les cerfs-volants de Kaboul (qui me fait systématiquement pleurer mais que je trouve magnifique), Ne le dis à personne (pour ses personnages et l’histoire à rebondissements) et Neige (un tout petit livre plein de douceur et de poésie).

    Par contre, si certains livres lus dans le cadre scolaire me tentent souvent (La mort est mon métier, Germinal), je retarde toujours le moment d’ouvrir ces romans particulièrement durs. Pour ce qui est des classiques, je me suis lancée dans la relecture systématique des Agatha Christie mais je traîne toujours un peu la patte quand il s’agit de lire les « grands » auteurs, Stendhal m’ayant laissé un souvenir très moyen.

    Et puis, relire un livre, c’est prendre le risque d’être déçu. Le cas s’est produit avec l’excellent Oscar et la dame rose d’Eric-Emmanuel Schmitt, que j’avais adoré à ma première lecture mais qui m’a beaucoup moins ému ensuite.

     

    Et vous, quels sont les livres que vous relisez régulièrement ? Que vous apporte cette relecture ? Avez-vous déjà été déçu à la seconde lecture ?

    Relire – Enquête sur une passion littéraire – Laure Murat – Editions Flammarion - 2015

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    Au plaisir d'aimer – Janine Boissard

    au plaisir d'aimer, janine boissard, gilles paris, flammarionA sa mort, Aymar de Fortjoie laisse à ses filles un château délabré. Pour pouvoir continuer à y soutenir la création d’artistes désargentés et renflouer les comptes du château, elles vont devoir faire preuve d’imagination. La solution : proposer aux riches dames de la région de poser pour leurs protégés contre rémunération. Mais l’action, si elle est efficace, va être à l’origine d’un scandale qui va éclabousser plus d’un notable. 

    Janine Boissard est une auteure prolifique au parcours jalonné de nombreux romans. Et pourtant, c’est grâce à ce roman que je la découvre. J’ai aimé son écriture franche et directe, qui nous immerge dans cette bourgeoisie française qu’elle écorche sans vergogne. Sous nos yeux, les pratiques douteuses et les secrets des notables se dévoilent, bouleversant la vie bien rangée des Poitevins.

    Des femmes qui ont sacrifié leurs rêves pour un mariage économique, des épouses délaissées par leurs maris et qui se sont consacrées à leur famille, allant jusqu’à s’oublier elles-mêmes, vont reprendre confiance en elles grâce aux artistes de Fortjoie. C’est à l’éclosion de ces papillons que nous assistons en lisant Au plaisir d’aimer. Des femmes dont on se prend d’amitié et que l’on admire dans leur volonté de reprendre leur vie en main et qui osent s’affirmer alors qu’elles se sont toujours effacées face à leurs époux.

    Un roman frais et positif, dont se dégagent une joie de vivre, une légèreté et un enthousiasme contagieux. Car à Fortjoie, toutes les occasions sont bonnes pour fêter le succès et l’amour. Un roman contemporain qui me donne envie de me plonger dans les publications précédentes de l’auteure française.

    Remerciement à Gilles Paris pour cette lecture. 

    Au plaisir d’aimer – Janine Boissard – Editions Flammarion – 2015

    Du même auteur:

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    Prière d'achever – John Connolly

    Prière d’achever, John Connolly, Flammarion, critique, carnet de lecture, livre, littérature, blog littéraire, interview, bibliothèque, enquête, personnage, écriture, réécriture, suicide, Anna Karénine, TolstoïM. Berger est un homme tranquille et solitaire. A 35 ans, il quitte son emploi de fonctionnaire et se retire à la campagne pour écrire un roman. Un jour qu’il se promène le long de la voie ferrée, il est témoin de la chute d'une femme sous un train. Quelques jours plus tard, la même personne se jette à nouveau sur les rails. Déstabilisé, il décide de la suivre jusqu’à une étrange bibliothèque.

    Tout comme M. Berger, les passionnés de livres et d’histoires vont adorer ce roman qui immerge le lecteur dans un monde fantastique où les romans sont considérés comme des objets précieux et dont l’histoire peut encore évoluer. Nous faisons la connaissance d'une Anna Karénine plus vraie que nature ainsi que d’autres personnages emblématiques de la littérature.

    John Connolly fait de nombreuses références à de grands auteurs de la littérature classique et contemporaine et c’est toute sa passion des livres qu’il nous transmet à travers ce roman. Un livre sur les livres donc, mais aussi sur les lecteurs, dont on découvre l’importance capitale au sein de la chaine du livre (même si ce n’est pas celle que l’on imagine au premier abord).

    Prière d’achever, très court livre qui se lit en quelques heures, m’a permis de sortir d’une sorte de panne de lecture qui a duré un peu plus d’une semaine et pendant laquelle il m’était impossible d’ouvrir un livre. Je remercie donc l’auteur qui a réveillé mon plaisir de lecture. Son interview, en fin de roman, permet d’ailleurs de mieux connaitre John Connolly, son rapport aux livres et la genèse de ce roman.

     

    Prière d’achever – John Connolly – Editions Flammarion – 2014

    Du même auteur:

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    L’amour sans le faire – Serge Joncour

    Cover L'amour sans le faire.jpgAprès dix ans d’absence, Franck décide de retourner voir ses parents dans la ferme familiale. Mais lorsqu’il les appelle pour prévenir de son arrivée, c’est un petit garçon nommé Alexandre qui lui répond. Alexandre, comme son frère mort des années auparavant… Louise, quant à elle, a prévu de passer quelques jours à la campagne avec son fils. Elle y rencontrera Franck, le frère ainé de son défunt époux.

    J’ai bien aimé l’écriture de Serge Joncour. Fluide, elle nous immerge dans le vécu des personnages en nous faisant ressentir leurs émotions. Il y a beaucoup de douceur dans les propos de l’auteur, qui arrive à nous faire accepter des choses difficiles. L’amour sans le faire est aussi truffé de belles phrases qui peuvent faire écho à notre propre vécu, mettent des mots sur de ce que l’on ressent.

    A leur façon, tous les personnages sont attachants, cachant leurs blessures secrètes pour se protéger, en feignant l’indifférence. J’ai eu un élan particulier pour le petit Alexandre, cet enfant  plein de vie et d’allant et qui, par ses pitreries, désamorce toute une série de discussions délicates.

    Mais malgré ces qualités d’écriture, j’ai été déçue par ce roman.

    Car, dans le fond, c’est l’histoire très banale de deux personnes qui ont quitté la campagne pour échapper à des souvenirs douloureux, et qui, une fois revenus, se rendent comptent qu’ils se sont trompés et que leur place est dans la ferme familiale. Des milliers de films et de romans ont déjà traités de ce sujet, était-il nécessaire d’en écrire un de plus ?

    J’ai trouvé que les transitions temporelles n’étaient pas très claires. On passe de chapitres où il est question du présent à des chapitres où on est projeté 10 ans en arrière. Pourquoi, à ce moment précis du récit, revenir sur les évènements qui ont provoqués la mort du frère cadet si ce n’est pas pour nous dire ce qu’il s’est réellement passé ? L’auteur provoque une tension à laquelle il ne donne pas de réponse…et je suis restée sur ma faim.

    Point final de ma chronique et du roman, j’ai deviné la chute avant même qu’elle n’arrive. Et il est toujours décevant de voir que l’auteur n’a pas su nous étonner…

    Ma note, puisqu’il faut en mettre une, sera donc à la mesure de ma déception : 9/20. Je remercie néanmoins Priceminister qui m’a fait découvrir ce roman, par le biais de son Match de la rentrée littéraire.


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    L’amour sans le faire – Serge Joncour – Flammarion – 2012 
    Retrouvez le bilan du match de la rentrée littéraire 2012 ici!
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    La carte et le territoire - Michel Houellebecq

    michel houellebecq,la carte et le territoireVoici un roman très attendu ! Outre le battage médiatique dont il a bénéficié, ce livre a reçu le très convoité Prix Goncourt et son sujet, quelque peu original, avait de quoi intriguer les lecteurs amateurs de nouveautés.

    L’histoire annoncée semblait sympathique : un artiste se retrouve au centre d’une affaire judiciaire qu’il va aider à résoudre. La particularité étant que Michel Houellebecq y met en scène sa propre mort... Intéressant et inédit.

    Malheureusement, j’ai été fortement déçue par ce roman, qui était ma première expérience avec Houellebecq. A la 120e page (sur 420), il ne s’était toujours rien passé. Le quotidien du personnage principal y est raconté dans ses détails les plus insignifiants et l’intrigue tant attendue n’a toujours pas commencé… Résultat : je n’ai pas pu aller plus loin tant ce roman m’ennuyait et me donnait l’impression de perdre mon temps.

    Une analyse s’impose donc. Le problème vient peut-être de moi… Ma boulimie des thrillers, active depuis plus de 10 ans, m’empêche-t-elle d’apprécier ce que certains* considèrent comme le summum de la littérature française ? Il est certain que ces romans policiers sont d’une efficacité redoutable : les dix premières pages vous plantent le décor, le problème à résoudre, les personnages principaux et les phrases courtes donnent un rythme qu’il est difficile de lâcher. Au contraire, Houellebecq est partisan des phrases de 20 lignes, agrémentées d’une quantité incroyable de digressions qui transforment la lecture en un exercice de logique.

    Si vous comptiez lire ce livre pour vous détendre après une journée difficile, je vous conseillerai de faire un autre choix disons plus « léger ». Mais je ne voudrais pas vous influencer… 

    Vous avez lu ce livre ? Qu’en avez-vous pensé ? Je suis curieuse de connaitre votre avis…

    * les personnes qui décernent les prix

    La carte et le territoire - Michel Houellebecq - Flammarion - 2010