femme

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    Une très très vilaine chose – Eric Pessan

    Une très très vilaine chose, Eric Pessan, Robert Laffont, livre, roman, blog littéraire, littérature, carnet de lecture, famille, enfant, père, histoire, muette, secret, mystère, femme, épouse, mèreUn homme écrit ses pensées, rêves et désirs sur des bouts de papier qu'il détruit ensuite, une façon de faire sortir les mots qu'il n'arrive pas à exprimer autrement. Il est son époux, à "Elle", absente sans que l'on sache pourquoi, si ce n'est qu'elle a réalisé quelque chose d'abject. Tous évitent de parler d'elle alors même que son ombre omniprésente plane sur toute l'histoire, polluant la vie de chacun.

    Eric Pessan nous fait entrevoir le quotidien d’une famille marquée par un évènement important mais dont nous ignorons tout. Tout au long du roman, il nous maintient dans un état d'attente, entretenant le mystère autour de cette femme, laissant la tension monter entre les protagonistes mais aussi chez le lecteur.

    Par cette façon d’amener l’histoire, l’auteur nous invite à participer d’une certaine façon au roman. Notre imagination fonctionne à plein régime, nous cherchons les indices, explorons différentes hypothèses mais l’auteur se joue de nous jusqu’au bout, nous laissant pantelants à la fin du récit, sans réponses à nos questions. Une lecture rapide tant le rythme est soutenu et notre envie de savoir grande.

    Une très très vilaine chose – Eric Pessan – Editions Robert Laffont – 2006

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    L'immeuble des femmes qui ont renoncé aux hommes – Karine Lambert

    Karine Lambert, L'immeuble des femmes qui ont renoncé aux hommesCinq femmes d’âges et d’univers différents unies par un point commun fort : elles ne veulent plus entendre parler des hommes et ont inventé une autre manière de vivre…  Jusqu’au jour où une nouvelle locataire vient bouleverser leur quotidien.

    C'est en compagnie de Juliette que nous explorons ce nouveau monde exclusivement féminin, régit par un code de conduite très strict. Entre franches rigolades, souvenirs partagés et coups de gueule, ces cinq femmes nous parlent d'amour et d'hommes. Thèmes universels par excellence, on a l'impression de se retrouver entre bonnes copines, à refaire le monde et échanger expériences et avis sur les hommes et leur comportement. Car, si La Reine interdit à tout homme d'entrer dans l'immeuble, les filles, elles, ne parlent que de ça! Entre Juliette qui est à la recherche de l'Amour et les autres femmes de l'immeuble qui ne veulent plus souffrir, ce sont deux points de vue qui s'affrontent.

    On n'est pas du tout dans un roman de type chick-lit. Avec humour et clairvoyance, Karine Lambert nous invite à une réflexion sur le bonheur et le chemin que chacun prend pour y parvenir. Ses petites phrases font souvent mouche et nous touchent par leur justesse.

    Un roman agréable à lire, léger et qui fait sourire. Les femmes sont au cœur de cette histoire, elles sont attachantes, généreuses, intelligentes et pleines d'une joie de vivre communicative. L'immeuble des femmes qui ont renoncé aux hommes est le premier roman de Karine Lambert mais l'écriture est déjà bien maîtrisée, elle a d'ailleurs obtenu le Prix Saga Café qui récompense un premier roman belge francophone. Une plume à suivre... Je vous invite à déguster un petit extrait ici.

    L'immeuble des femmes qui ont renoncé aux hommes – Karine Lambert – Editions Michel Lafon – 2014

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    Et te voici permise à tout homme – Eliette Abécassis

    Cover Et te voici permise à tout homme.jpgAlors qu’elle est civilement divorcée de Simon depuis plusieurs années, Anna se voit malgré tout encore liée à lui par le mariage religieux. Selon le judaïsme, Anna est "agouna", c’est-à-dire enchainée à son mari tant qu’il ne lui accorde pas le guet, qui lui permettrait de s’affranchir définitivement. En conséquence, Anna ne peut espérer se remarier et avoir un enfant reconnu par la communauté.

    Et te voici permise à tout homme est le combat d’une femme pour la reconquête de sa liberté. À travers son regard, nous découvrons des aspects peu connus du judaïsme. J’ai été étonnée de constater à quel point la Torah préconise le respect mutuel dans la vie conjugale tout en plaçant dans un même temps la femme sous l’emprise totale de son mari.

    En tant que femme, je me suis sentie révoltée par la situation d’Anna dont le seul tort a été d’épouser un homme qui n’avait aucun sentiment pour elle. Le fait que toute la narration repose sur ses émotions ajoute à ce sentiment identification car, en tant que lecteur, on partage sa colère, son impuissance et son incompréhension face au chantage de son ex-mari et au manque de soutien des autorités religieuses.

    Un livre fort, émouvant, poignant mais triste, qui se lit d’une traite. Hymne à la vie et à l’amour, il pose aussi question et nous pousse à nous interroger sur la domination qu’exerce le monde religieux sur les individus. Car Anna, pratiquante depuis son enfance, n’envisage pas un seul instant de tourner le dos au judaïsme pour vivre pleinement son amour.

    Malheureusement, ce n’est pas un roman qui se termine bien, l’auteur laissant une porte grande ouverte, permettant à Anna de recommencer une nouvelle vie sans nous en dire davantage. Pour moi, cette chute a été une surprise et on reconnait bien là le talent d’un grand auteur, qui arrive à nous étonner jusqu’à la dernière ligne.

    Très bien écrit, Et te voici permise à tout homme est le premier roman que je lis d’Eliette Abecassis. Véritable coup de cœur malgré le sujet difficile, il sera sans aucun doute suivi d’autres romans de l’auteure.

     

    Et te voici permise à tout homme – Eliette Abecassis – Editions Albin Michel – 2011

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    L’arbre à songes – Aurélia Jane Lee

    Cover L'arbre à songes.jpgL’arbre à songes est un vieil hêtre rouge dressé au milieu d’une vaste propriété retournée à l’état sauvage. Dans ce domaine vivent Abel, écrivain misanthrope, et sa compagne Sauvane, au sujet de laquelle les rumeurs les plus extravagantes courent dans le village voisin. On y croise aussi des visiteurs clandestins : Thomas, jeune garçon passionné par la nature, et Madelon,  adolescente férue de lecture.

    Les premiers mots qui me viennent à l’esprit en refermant ce roman d’Aurélia Jane Lee sont : douceur, tendresse et poésie. Une ode à la nature, à la féminité et à l’amour pour un livre qui donne envie d’observer davantage la nature pour s’en imprégner et s’inspirer de sa sagesse.

    La beauté du texte tient aussi au grand nombre de jolies phrases qui l’émaillent et que l’on voudrait garder en mémoire ou recopier dans un carnet. Par le biais de la plume d’Abel, Aurélia Jane Lee suscite la réflexion sur des sujets universels tels que les sentiments, l’absence, la solitude, le rapport à la différence.

    Un texte lent, qui se livre petit à petit, tout comme les personnages qui ne sont pas décrits froidement comme dans d’autres romans mais que l’on découvre en s’immisçant dans leur quotidien. J’ai pris beaucoup de plaisir à évoluer avec les personnages dans cet univers luxuriant et poétique qu’est le jardin.

    L’arbre à songes est une invitation à stopper pour un temps nos vies mouvementées pour se poser les questions fondamentales. Un livre que j’ai envie de relire, plus tard, pour en saisir pleinement l’essence, comme si une seule lecture ne permettait pas d’en cerner tous les aspects.

    L’arbre à songes – Aurélia Jane Lee – Editions Luce Wilquin – 2013

    Du même auteur : 

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    Le coeur d'une autre – Tatiana de Rosnay

    Cover Le coeur d'une autre.jpgLorsque l’on annonce à Bruce Boutard qu’il souffre d’une maladie cardiaque incurable et que seule une greffe pourra le sauver, son monde s’écroule. Mais lorsque cet homme misogyne au caractère d’ours se rend compte qu’on lui a greffé le cœur d’une femme, c’est la fin du monde ! Sauf qu’il va tout mettre en œuvre pour savoir qui était sa généreuse donatrice et comprendre pourquoi son nouveau cœur s’emballe à la vue de certaines œuvres d’art.

    Les romans de Tatiana de Rosnay ont cette particularité d’aborder des thèmes originaux, rarement abordés dans la littérature, ou questionnés de façon différente de ce que l’on a l’habitude de lire. Et c’est toujours avec beaucoup de curiosité que j’ouvre ses livres, me demandant comment elle va traiter le sujet. Mais comme pour mes lectures précédentes, j’ai une nouvelle fois été déçue par cette histoire banale et sans surprise.

    Qu’une greffe de cœur change la personne qui la reçoit, c’est indéniable. Mais qu’un homme détestable en tout point se transforme en un être doté d’humanité, d’ouverture d’esprit et de sensibilité artistique après une opération cardiaque, c’est un peu gros. Le problème, c’est que tout le roman est dans cette veine, les ficelles sont tellement grossières et connues que l’intrigue en devient prévisible et ennuyante.

    Une lecture facile mais qui ne provoque aucune émotion. Un roman de vacances que l’on oubliera bien vite et qui constituera probablement ma dernière expérience de lecture avec cette auteure.

    Le cœur d’une autre – Tatiana de Rosnay – Plon – 1999 

    Du même auteur: