enfance

  • 0 commentaire

    Je m'appelle Léon - Kit de Waal

    livre,roman,blog littéraire,littérature,carnet de lecture,avis lecture,je m'appelle léon,kit de waal,kero,enfanceLeon, 9 ans, est un garçon courageux. Quand un jour sa mère n’arrive plus à se lever le matin, il s’occupe de son demi-frère Jake. Quand l’assistante sociale emmène les deux garçons chez Maureen, c’est lui qui sait de quoi le bébé a besoin. Mais quand on lui enlève son frère et qu’on lui dit que chez ses nouveaux parents il n’y a pas de place pour un grand garçon à la peau sombre, c’en est trop. Heureusement Leon rencontre Tufty, qui est grand et fort, qui fait du vélo comme lui et qui, dans son jardin, lui apprend comment prendre soin d’une petite plante fragile. Mais Leon n’oublie pas sa promesse de retrouver Jake et de réunir les siens comme avant. 

    Quel beau livre que ce roman de Kit de Waal!

    Léon est un petit garçon attachant et intelligent. Et sa tristesse n'a d'égale que la distance qui le sépare de son petit frère adoré et de sa maman. Livré à lui-même, ballotté entre plusieurs foyers, il tente d'appréhender le monde qui l'entoure avec sa compréhension d'enfant. Et le regard qu'il porte sur le monde des adultes est sans appel. Il n'a connu que des adultes insensibles, menteurs, prêts à inventer n'importe quoi pour le rendre docile et qui l'ont tous abandonné. Pourtant, l'enfant n'a pas un mauvais fond et s'efforce de respecter les règles, mais il se sent seul et mal aimé. Il n'aura évidemment qu'une envie, celle de s'enfuir, de retrouver son frère et sa mère pour former à nouveau une vraie famille.

    Je m'appelle Léon est un roman tendre et émouvant qui m'a profondément touchée. Il témoigne de la grandeur de l'attachement qui unit un enfant à ses parents et à sa fratrie mais aussi de son propre besoin d'affection et d'attention. Ce roman souligne également le travail formidable des familles d'accueil, qui n'ont pas toujours la vie facile mais qui donnent tout leur amour et leur temps pour aider ces enfants déracinés à grandir. Pour Léon, la base solide d'amour sur laquelle il pourra se reposer s'appelle Maureen.

    Un très beau roman. 

    Remerciement aux Editions Kero pour cette belle découverte.

    Je m'appelle Léon - Kit de Waal - Editions Kero - 2016

  • 0 commentaire

    Boomerang – Tatiana de Rosnay

    Boomerang, Tatiana de Rosnay, Editions Héloïse d’Ormesson, livre, roman, blog littéraire, littérature, carnet de lecture, Le cœur d’une autre, Le voisin, Rose, Son carnet rouge, livre de poche, cinéma, film, souvenir, enfance, accident, mémoire, étéPour les 40 ans de Mélanie, Antoine Rey emmène sa sœur à Noirmoustier, une station balnéaire où ils ont passé le dernier été de leur mère Clarisse, en 1972. Au retour, alors que Mélanie s’apprêtait à lui révéler un secret familial, c’est l’accident de voiture. Mélanie a perdu la mémoire et ne se souvient plus de ce qu’elle voulait dire de si important à son frère.

    Le moment privilégié que Mélanie et Antoine vont passer ensemble va faire surgir des souvenirs de vacances en famille. Le regard adulte qu’ils posent sur leur enfance leur fait prendre conscience d’éléments qu’ils n’avaient pas vus étant enfants et surtout de non-dits et de secrets qui dégradent les relations familiales.

    L’écriture de Tatiana de Rosnay est fluide, claire et les pages se tournent facilement. Malheureusement, si on a envie de connaitre le secret que Mélanie s’apprêtait à révéler, l’intérêt s’émousse au fil du roman. Je pense que la raison vient de l’accumulation d’informations qui ne font pas avancer l’histoire ainsi que du quotidien banal à mourir d’Antoine, que l’auteure nous détaille pourtant par le menu. Alors qu’Antoine se lance dans une « enquête » pour découvrir les secrets de famille et mieux comprendre qui était sa mère, le lecteur ne ressent aucun suspense. Tatiana de Rosnay ne semble pas ressentir le besoin d’entretenir le mystère chez ses lecteurs et nous livre donc un roman linéaire et sans accroc.

    Une lecture qui fait passer le temps, pour qui ne veut pas se prendre la tête mais qui reste plutôt décevante dans l’ensemble. Dommage parce que le pitch donnait envie…

    Boomerang a été adapté au cinéma en 2015 par François Favrat, avec Laurent Lafitte et Mélanie Laurent.

    Boomerang Tatiana de Rosnay – Editions Héloïse d’Ormesson – 2009

    Du même auteur :

     



     

     

  • 0 commentaire

    Je ne renie rien – Françoise Sagan

    Cover Je ne renie rien.jpgFrançoise Sagan est devenue un mythe. Ce livre d’entretiens nous dévoile l’auteure sous un autre jour, dépassant la légende pour nous faire découvrir la femme et ses opinions. Il compile les interviews de l’auteure de 1954 à 1992.

    Tout commence en 1954. Françoise Sagan a 19 ans lorsqu’elle connait un succès fulgurant avec son premier roman, Bonjour tristesse. C’est aussi à cette période que commence Je ne renie rien. La jeune fille revient sur cette réussite qu’elle peine à expliquer, elle qui a connu une scolarité chaotique, émaillée de nombreux échecs. Propulsée du jour au lendemain à la tête d’une fortune colossale qu’elle dépense sans compter, elle s’autorise tous les excès, défrayant régulièrement la chronique. Sur ce sujet, les propos de l’auteur sont quelques peu contradictoires, estimant d’une part que le "phénomène Sagan" a été construit par les journalistes sans qu’elle se reconnaisse dans cette réputation mais avouant, d’autre part, aimer la vitesse, la fête et l’alcool.

    Ses propos dénotent d’une vie libre, sans contraintes, que l’on retrouve dans tous les aspects de sa vie. L’auteur refusait les attaches matérielles, privilégiant l’insouciance et la spontanéité à la sécurité et à la routine. J’ai été étonnée de découvrir chez elle un penchant poussé pour la solitude, alors qu’on la disait plutôt noceuse.

    Un livre où Françoise Sagan parle sans tabou de la sexualité, de sa fortune, de son addiction au jeu et à l’alcool mais aussi de ses opinions politiques et de son engagement pour certaines causes.

    J’ai été particulièrement touchée de découvrir avec quelle passion Françoise Sagan parle des auteurs qui l’ont marquée (Camus, Sartre…) mais aussi étonnée de l’étendue de ses connaissances en matière de littérature classique (elle cite à plusieurs reprises les œuvres de Proust et Balzac). Cet amour des belles lettres est contagieux et donne envie de lire encore plus. D’ailleurs, je la rejoins lorsqu’elle dit que "la seule chose qui me donne des regrets, c’est que je n’aurai pas le temps de lire tous les livres que j’ai envie de lire". Ce livre est aussi l’occasion pour elle de revenir sur son travail d’écriture et ses nombreuses publications tout en livrant ses réflexions sur la littérature contemporaine et le monde de l’édition.

    Loin du mythe qui a été construit autour de Françoise Sagan, Je ne renie rien nous fait découvrir une femme ouverte, d’une sensibilité à fleur de peau, amoureuse de la vie et de l’humain, passionnée de littérature et de musique. Une belle personne trop souvent réduite à ses frasques.

    Remerciement aux Editions Stock pour cette lecture.

    Je ne renie rien – Françoise Sagan – Editions Stock – 2014

    Du même auteur: