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    Une fille et un flingue – Ollivier Pourriol

     Une fille et un flingue, Olivier Pourriol, Editions Stock, livre, roman, blog littéraire, littérature, carnet de lecture, avis lecture, cinéma, film, acteur, Catherine Deneuve, Gérard Depardieu, rentrée littéraire 2016, #rl2016Aliocha, Dimitri, deux frères, un désir : faire un film.  Étudiants en cinéma, très fauchés, un peu voyous, ils sortent de nulle part et ne comptent pas y retourner. Armés d’un  téléphone portable et de leur seul culot, ils racontent leur  coup de poker, joué en plein festival de Cannes, avec la complicité  involontaire de deux stars internationales, Catherine  D. et Gérard D. et du mythique Jean-Luc G. Imposteurs ou petits génies ? L’histoire jugera...

    Aliocha et Dimitri Koulechov sont passionnés de cinéma. Sans moyens, ils décident pourtant de faire un film avec la complicité de grands acteurs français et avec un téléphone portable.

    Une fille et un flingue est un récit qui file à toute vitesse et nous emporte dans son sillage. Cette impression est accentuée par les nombreux dialogues, les phrases courtes et percutantes et un rythme rapide. Ce roman est émaillé de références dans le domaine du cinéma ou de la littérature, Ollivier Pourriol ayant à cœur de partager avec ses lecteurs des extraits de poèmes et des citations d’écrivains ou de réalisateurs.

    Les personnages, tous issus du milieu du cinéma, sont très bien rendus. Gérard Depardieu affiche l'exubérance qu'on lui connait, Catherine Deneuve a envie de nouveauté et accepte de jouer pour les frères Koulechov alors qu'ils n'ont pas l'ombre d'un scénario. On assiste à un diner où l'on découvre les dessous de l'industrie du cinéma, le pouvoir de l'argent au détriment de la qualité des films, les salaires exorbitants des stars, les petits arrangements et grosses faillites. Finalement, le lecteur découvre les ficelles du monde du cinéma en même temps que ces jeunes cinéastes plein d'ambition et plutôt futés. Parce que, l'air de rien, ils vont tout de même embarquer les plus grands acteurs dans une aventure dont on ne sait pas vraiment s'il s'agit d'un jeu ou d'un véritable braquage.

    A la lecture de la quatrième de couverture, je ne m'attendais pas du tout à ce roman, qui m’a étonné autant sur le fond que sur la forme. Mais l’expérience, si elle est déconcertante, n’en est pas moins divertissante et intéressante. Une fille et un flingue est un roman étonnant, qui sort véritablement des sentiers battus.

    Remerciement aux Editions Stock pour cette lecture.

    Une fille et un flingue – Ollivier Pourriol – Editions Stock – 2016

     

     

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    Parmi les dix milliers de choses – Julia Pierpont

    Parmi les dix milliers de choses, Julia Pierpont, Editions Stock, livre, roman, blog littéraire, littérature, carnet de lecture, Etats-Unis, extrait, premier chapitre, famille, adultère, artiste, la cosmopoliteJack, charmeur impénitent, est un artiste reconnu ; Deb a renoncé quant à elle à une carrière de danseuse de ballet pour élever leurs deux enfants. Un appartement à Manhattan, une famille presque heureuse tant Deb s’applique à fermer les yeux sur les infidélités de son mari. Jusqu’au jour où un paquet anonyme ébranle le foyer : une simple boîte en carton, remplie d’emails chroniquant sans pudeur la vie secrète de Jack. Le paquet, adressé à Deb, tombe malencontreusement entre les mains des enfants. Rien ne sera plus comme avant…

    S’il débute par une histoire couramment rencontrée dans la littérature (la découverte d’une infidélité dans un couple), ce roman aborde la situation sous l’angle psychologique.

    Pour les enfants, c’est la confrontation brutale avec la réalité du monde des adultes où règne le mensonge et les conséquences se manifesteront de façon indirecte par de la violence ou des écrits interpellants. Alors qu’ils rejettent entièrement leur père, leur mère Déborah va plutôt tenter de minimiser la situation, ne sachant comment réagir ni comment extérioriser toute la colère qu’elle garde en elle depuis si longtemps.

    Ce roman est l’histoire d’un couple qui paraissait heureux mais qui s’est bâti sur des non-dits et dont la surface lisse se craquelle brusquement à la découverte de l’adultère du père par les enfants. Impuissant, le lecteur assiste à la déliquescence de ce couple et à l’écroulement de la vie de chacun de ses membres.

    Alors que le pitch m’avait donné envie de découvrir le premier roman de Julia Pierpont, la magie n’a malheureusement pas opéré. J’ai eu beaucoup de mal à entrer dans ce livre qui commence par une première partie très lente pour ensuite alterner avec des passages ultra rapides où l’on traverse plusieurs années en quelques pages. Le fait que le narrateur changeait à chaque chapitre, donnant la parole à chaque membre de la famille, a nécessité un travail d’adaptation constant qui a plus d’une fois cassé mon rythme de lecture.

    Je vous invite néanmoins à vous faire votre propre opinion en lisant un extrait.

    Remerciement aux Editions Stock pour cette lecture.

    Parmi les dix milliers de choses – Julia Pierpont – Editions Stock – 2016

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    Je ne renie rien – Françoise Sagan

    Cover Je ne renie rien.jpgFrançoise Sagan est devenue un mythe. Ce livre d’entretiens nous dévoile l’auteure sous un autre jour, dépassant la légende pour nous faire découvrir la femme et ses opinions. Il compile les interviews de l’auteure de 1954 à 1992.

    Tout commence en 1954. Françoise Sagan a 19 ans lorsqu’elle connait un succès fulgurant avec son premier roman, Bonjour tristesse. C’est aussi à cette période que commence Je ne renie rien. La jeune fille revient sur cette réussite qu’elle peine à expliquer, elle qui a connu une scolarité chaotique, émaillée de nombreux échecs. Propulsée du jour au lendemain à la tête d’une fortune colossale qu’elle dépense sans compter, elle s’autorise tous les excès, défrayant régulièrement la chronique. Sur ce sujet, les propos de l’auteur sont quelques peu contradictoires, estimant d’une part que le "phénomène Sagan" a été construit par les journalistes sans qu’elle se reconnaisse dans cette réputation mais avouant, d’autre part, aimer la vitesse, la fête et l’alcool.

    Ses propos dénotent d’une vie libre, sans contraintes, que l’on retrouve dans tous les aspects de sa vie. L’auteur refusait les attaches matérielles, privilégiant l’insouciance et la spontanéité à la sécurité et à la routine. J’ai été étonnée de découvrir chez elle un penchant poussé pour la solitude, alors qu’on la disait plutôt noceuse.

    Un livre où Françoise Sagan parle sans tabou de la sexualité, de sa fortune, de son addiction au jeu et à l’alcool mais aussi de ses opinions politiques et de son engagement pour certaines causes.

    J’ai été particulièrement touchée de découvrir avec quelle passion Françoise Sagan parle des auteurs qui l’ont marquée (Camus, Sartre…) mais aussi étonnée de l’étendue de ses connaissances en matière de littérature classique (elle cite à plusieurs reprises les œuvres de Proust et Balzac). Cet amour des belles lettres est contagieux et donne envie de lire encore plus. D’ailleurs, je la rejoins lorsqu’elle dit que "la seule chose qui me donne des regrets, c’est que je n’aurai pas le temps de lire tous les livres que j’ai envie de lire". Ce livre est aussi l’occasion pour elle de revenir sur son travail d’écriture et ses nombreuses publications tout en livrant ses réflexions sur la littérature contemporaine et le monde de l’édition.

    Loin du mythe qui a été construit autour de Françoise Sagan, Je ne renie rien nous fait découvrir une femme ouverte, d’une sensibilité à fleur de peau, amoureuse de la vie et de l’humain, passionnée de littérature et de musique. Une belle personne trop souvent réduite à ses frasques.

    Remerciement aux Editions Stock pour cette lecture.

    Je ne renie rien – Françoise Sagan – Editions Stock – 2014

    Du même auteur:

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    Une saison à Longbourn – Jo Baker

    Cover Une saison à Longbourn.jpgSur le domaine de Longbourn, le couple Bennet vit avec ses filles, en âge de convoler. La préoccupation principale du moment est donc de leur trouver un bon parti à coups de robes, de sorties et de diners. Et pendant que les jeunes filles de la maison rêvent au prince charmant, l’amour rôde aussi à l’étage des domestiques, pourtant bien occupés par tous ces préparatifs.

    Je ne sais si cela a déjà été réalisé auparavant mais je trouve que l’idée de revoir un classique de la littérature en mettant les personnages secondaires au premier plan est intéressante et originale. Dans ce cas, Jo Baker a choisi de réécrire le roman de Jane Austen Orgueil et préjugés selon le point de vue des domestiques, de leur donner une vie bien réelle alors qu’ils n’apparaissent que de façon épisodiques dans le roman original. Le tout sans dénaturer complètement l’histoire authentique puisque les deux récits se chevauchent en permanence, un évènement dans le monde de la bourgeoisie correspondant à une situation donnée pour les domestiques de la maisonnée.

    Grâce à cette auteure qui met en avant des personnages habituellement cachés, on entrevoit le dévouement dont les domestiques font preuve, la difficulté de leur quotidien, entre la cuisine, le blanchissage des vêtements, le raccommodage et les corvées diverses. Les loisirs sont quasi inexistants mais quel plaisir lorsque l’une des jeunes maitresses offre une de ses robes à sa femme de chambre ! Car si les temps sont durs, n’oublions pas que la guerre d’Espagne bat son plein et réquisitionne les jeunes hommes du pays, le sentiment général qui se dégage de ce roman est un sentiment d’humanité, on perçoit l’attachement profond qui unit ces personnes, qui les fait se comporter comme une famille, celle qu’ils n’ont jamais connus par ailleurs.

    C’est en un dimanche gris et venteux que j’ai lu Une saison à Longbourn, j’ai été emportée par cette histoire d’un autre temps, qui nous fait découvrir les coulisses d’un roman mythique et qui m’a donné envie de lire Orgueil et préjugés, présent dans ma PAL depuis trop longtemps. Une vraie lecture-plaisir.

    Remerciement à Libfly et aux Editions Stock pour cette lecture.

    Une saison à Longbourn – Jo Baker – Editions Stock – 2014

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    Le fusil de chasse – Yasushi Inoue

    Cover le fusil de chasse.jpgAprès que le narrateur ait écrit un poème sur le thème de la chasse pour une revue spécialisée, il reçoit un courrier d’un chasseur qui s’est reconnu dans la description et lui propose de lire les trois lettres qu’il a reçues, provenant de trois femmes différentes.

    Ce très court roman nous raconte l’éternelle histoire du couple maudit, mêlant amour et passion mais aussi adultère, secrets et vengeance.

    Pour avoir déjà lu d’autres auteurs japonais, j’ai retrouvé ce style d’écriture typique fait de textes simples et clairs, une économie de mots qui abouti à un ensemble d’une grande poésie. J’ai particulièrement apprécié les références à la nature qui permettent à Yasushi Inoué d’exprimer les émotions ou le lien qu’il fait entre l’amour et les champs de fleurs.

    Et si j’ai apprécié le style épuré du récit, je n’ai par contre pas été touchée par ce roman qui m’a semblé froid et détaché.

    Le fusil de chasse – Yasushi Inoué – Editions Stock – 1990