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    Petit essai assassin sur la vie conjugale – Kyra Dupont Troubetzkoy

    Cover Petit essai assassin sur la vie conjugale.jpgMarie, 35 ans, mariée à Paul pour le meilleur et pour le pire, s’apprête à accoucher de son premier enfant. Et c’est avec un sens aigu de la dérision qu’elle nous livre ses pensées sur le couple, la maternité et la famille.

    Sans complaisance, la narratrice décortique la vie de couple de la rencontre au mariage en passant par les enfants, sans oublier les réflexions de la belle-famille et les diktats d’une société qui impose une uniformisation qui fait bondir notre trentenaire.

    Avec humour et un ton direct appréciable, elle met en évidence les (nombreux) travers de la gent masculine tout en dénonçant les manies féminines et autres contradictions qui sont notre quotidien.

    Un livre écrit par une femme pour les femmes mais qui, a l’instar de la série Mars et Vénus, permettrait peut-être aux hommes de mieux comprendre le mode de pensée de leurs compagnes. Une lecture rapide et légère, idéale pour l’été, qui ne manque pas de piquant et dans laquelle pas mal de femmes se reconnaîtront.

     

    Logo Challenge été 2014.jpgPetit essai assassin sur la vie conjugale – Kyra Dupont Troubetzkoy – Editions Luce Wilquin – 2011

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    L’arbre à songes – Aurélia Jane Lee

    Cover L'arbre à songes.jpgL’arbre à songes est un vieil hêtre rouge dressé au milieu d’une vaste propriété retournée à l’état sauvage. Dans ce domaine vivent Abel, écrivain misanthrope, et sa compagne Sauvane, au sujet de laquelle les rumeurs les plus extravagantes courent dans le village voisin. On y croise aussi des visiteurs clandestins : Thomas, jeune garçon passionné par la nature, et Madelon,  adolescente férue de lecture.

    Les premiers mots qui me viennent à l’esprit en refermant ce roman d’Aurélia Jane Lee sont : douceur, tendresse et poésie. Une ode à la nature, à la féminité et à l’amour pour un livre qui donne envie d’observer davantage la nature pour s’en imprégner et s’inspirer de sa sagesse.

    La beauté du texte tient aussi au grand nombre de jolies phrases qui l’émaillent et que l’on voudrait garder en mémoire ou recopier dans un carnet. Par le biais de la plume d’Abel, Aurélia Jane Lee suscite la réflexion sur des sujets universels tels que les sentiments, l’absence, la solitude, le rapport à la différence.

    Un texte lent, qui se livre petit à petit, tout comme les personnages qui ne sont pas décrits froidement comme dans d’autres romans mais que l’on découvre en s’immisçant dans leur quotidien. J’ai pris beaucoup de plaisir à évoluer avec les personnages dans cet univers luxuriant et poétique qu’est le jardin.

    L’arbre à songes est une invitation à stopper pour un temps nos vies mouvementées pour se poser les questions fondamentales. Un livre que j’ai envie de relire, plus tard, pour en saisir pleinement l’essence, comme si une seule lecture ne permettait pas d’en cerner tous les aspects.

    L’arbre à songes – Aurélia Jane Lee – Editions Luce Wilquin – 2013

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    Dix jours en février – Marc Uyttendaele

    Cover Dix jours en février.jpgAlors que Simon a rejoint son ex-compagne dans le désert tunisien, Nathalie se morfond. Elle compte les jours qui la séparent des bras de son amant. Dix jours… Une éternité pour elle qui ne peut se passer de son corps. Alors elle écrit à cet homme qu’elle aime.

    Jour après jour, nous accompagnons Nathalie dans son quotidien d’avocate. Mais le travail n’est plus sa priorité et les journées se diluent dans le brouillard, son esprit n’étant clair que lorsqu’elle pense à Simon. Elle convoque alors ses souvenirs et s’enivre de cette musique classique qu’il lui a fait découvrir, pour tenter de se rapprocher de lui. Mais la distance est bien là et les questions l’assaillent.

    Après Un lendemain matin, Marc Uyttendaele nous plonge dans les méandres de l’amour. Celui qui fait souffrir en raison de son éloignement, de son manque d’expression et de sa perte, toujours possible. Il montre l’amour dans ce qu’il a de passionnant, de violent mais aussi de douloureux.

    J’ai été étonnée de constater à quel point l’auteur a réussi à se mettre dans la peau d’une femme et je pense qu’un grand nombre d’entre elles se reconnaitra dans ce roman tant les questions et doutes de Nathalie sont universels. Et même si l’histoire se termine sur une note positive, mon sentiment général, en refermant ce livre, est proche de la tristesse. La bataille de Nathalie est loin d’être gagnée. Combien de temps cette situation va-t-elle durer ? Combien de temps tiendra-t-elle encore avant de s’effondrer pour de bon ? De nombreuses questions restent en suspens, nous laissant imaginer la suite.

    Et si cette histoire d’amour est la base du roman de Marc Uyttendaele, le contexte dans lequel elle se déroule n’est pas sans importance. En effet, l’auteur étant lui-même avocat, il lui tient visiblement à cœur que son roman soit en lien avec le milieu judiciaire belge, tout comme l’était son précédent titre. En effet, il place son roman à la fin des années ’90, période où la Belgique a connu quelques turpitudes lorsque des scandales politiques et bancaires ont été mis au jour. La profession du personnage principal la lie automatiquement à cette actualité et aux questions juridiques d’autant que Simon est le personnage-clé de ce démantèlement.

    Dix jours en février est donc un agréable roman qui nous plonge dans les affres de l’amour, entre euphorie et abattement, espoir et manque mais empli d’amour et de tendresse. À lire avec quelques grands noms de la musique classique en fond sonore.

    Dix jours en février – Marc Uyttendaele – Editions Luce Wilquin – 2007

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    Les mots de Maud – Jean Jauniaux

    Cover Les mots de Maud.jpgPendant des années, Jean-Baptiste a exercé les métiers d’écrivain public et de nègre, recueillant les confidences d’hommes politiques ou de clochards, sur la base desquelles il rédigeait discours et romans. Jusqu’au jour où Maud lui demande de l’aider à écrire un livre… Aujourd’hui, de sa retraite à Saint-Idesbald, Jean-Baptiste remet de l’ordre dans tous ces mots éparpillés.

    Dès les premières lignes, l’auteur m’a ferrée par ses phrases simples, fortes et poétiques. J’ai été touchée par la solitude de Jean-Baptiste et par ses souvenirs. Cet homme nostalgique, toujours hanté par la mort de sa mère dont il n’a pas fait le deuil, et seul. Si seul. Alors il se souvient… De son enfance en compagnie de son père muet « l’homme-livre », de son travail d’écriture, de ses errances nocturnes au cœur de Bruxelles mais surtout, il se souvient de Maud...

    Avec l’odeur du café chaud ou du thé infusé en fond olfactif, nous assistons à cette rencontre épistolaire, cet amour de papier que l’imagination nourrit. Est-il possible d’aimer une personne sans avoir jamais entendu le son de sa voix ni même avoir vu son visage ?

    Et si je me suis longtemps demandé quel était l’objectif de ce roman, le dernier tiers m’en a donné la réponse avec émotion. De la lecture des Mots de Maud, on sort chamboulé, les yeux humides, avec l’envie que la magie se poursuive et que le récit ne s’arrête jamais… Un texte comme je les aime.

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    Une très belle découverte que je dois à Mina Clin d'œil et qui va sans doute se poursuivre par d’autres lectures de Jean Jauniaux.

     

     

    Les mots de Maud – Jean Jauniaux – Editions Luce Wilquin – 2008 

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    Colombe – Eric Brucher

    Cover Colombe.jpgPaola est une adolescente anorexique. Non pas qu’elle refuse de manger pour tester les limites de son entourage ou pour ressembler aux mannequins mais, simplement parce qu’elle, c’est son âme qu’elle veut nourrir. Paola rêve d’absolu, de rejoindre l’immensité du ciel et de ressentir la liberté totale que connaissent les oiseaux.

    La première partie de ce texte est moins un roman qu’une réflexion philosophique sur le sens de l’existence, l’envie d’absolu, la mort et la recherche de spiritualité. Par la narration à la première personne, Paola nous prend à témoin du mal-être qu’elle vit. Elle ressent son corps comme une prison, un tombeau dont la mort la libèrera et elle trouve, dans la philosophie et les légendes, des outils qui nourrissent sa réflexion.

    Son refus de s’alimenter malgré les injonctions du médecin et les tentatives de chantage de sa mère la conduisent à l’hospitalisation forcée. Puis, c’est la mise au vert, le lien familial qui se rétablit, la découverte d’autres modes de vie, l’ouverture à la nature et au chant. Et, peu à peu, la vie qui reprend ses droits, les barrières que Paola avait érigées en elle tombent les unes après les autres, libérant la belle colombe…

    Plus émotionnelle, c’est cette deuxième partie qui m’a le plus touchée. La retraite campagnarde de la jeune fille l’amène à faire des rencontres et de nouvelles expériences, elle découvre l’amitié et la bienveillance. Sur ce point, je trouve que la narration est proche de celle de Barbara Constantine, douce, emprunte de beaucoup de respect et émouvante.

    Le thème de l’anorexie est développé de façon subtile, sans jugement ni complaisance mais avec justesse. Et nous fait voir à quel point les non-dits peuvent avoir une influence néfaste sur les enfants.

    Un beau roman qui émeut et touche pour qui saura dépasser les premiers chapitres plus philosophiques.

    L’auteur présentera son roman à la Bibliothèque communale de Boussu (Belgique) le 14 juin 2013 à 19h30. L’entrée est gratuite ;-)

     

    Colombe – Eric Brucher – Editions Luce Wilquin – 2011 

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