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    L’arbre au poison – Erin Kelly

    Cover L'arbre au poison.jpgAlors qu’elle étudie les langues vivantes au Queen Charlotte’s College, Karen Clarke rencontre Biba Capel, une jeune comédienne qui recherche un professeur d’allemand pour préparer son prochain spectacle. Très vite, une amitié se tisse entre les deux jeunes filles, qui va les conduire à ce qu’on peut imaginer de pire. Mais l’histoire n’est qu’un éternel recommencement et va bientôt rattraper Karen…

    Dès les premiers chapitres, on se sent entrer dans un monde envahi de mystères et de secrets. Le fait d’osciller en permanence entre le présent et les évènements qui se sont déroulés dix ans plus tôt entretient cette opacité.

    Sous couvert de vie insouciante, le climat est lourd et l’atmosphère étrange. Dans les relations qui unissent les différents personnages, il est souvent question d’amour-haine mais on frôle, à certains moments, la relation incestueuse ou homosexuelle. Les choses ne sont pas dites clairement, mais elles sont suggérées, ce qui ajoute à l’ambiance pesante de ce roman, sans parler de la mort qui est omniprésente.

    Je n’ai pas réussi à m’identifier à Karen, cette jeune fille BCBG attirée par le mode de vie bohème et sans contrainte, qui se prend d’amitié pour une fille excentrique et son étrange frère mais qui ne maitrise pas les codes de cette vie-là. En recherche d’identité, elle tente de s’intégrer au clan Capel alors même que celui-ci se délite peu à peu, fragilisé par les attaques successives.

    Et si mettre à jour les secrets des Capel m’a intéressé, j’ai trouvé que le développement était plutôt long, ce qui a provoqué un certain essoufflement.

    Logo Challenge Thrillers et polars.jpgA noter que, dans ce roman, l’arbre au poison est le nom commun donné à l’if, un arbuste toxique pour l’homme et considéré comme un symbole de mort chez les Celtes.

     

    L’arbre au poison – Erin Kelly – Editions Jean-Claude Lattès – 2011 

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    Geisha – Arthur Golden

    Cover Geisha.jpgGeisha est un roman magnifique.

    Tel un papillon qui s’épanouit, nous assistons à l’éclosion d’une des plus grandes geishas qu’à connu Gion (quartier de Kyoto réputé pour ses maisons de plaisirs). Tout commence par l’apprentissage du métier et de ses subtilités, jusqu’à l’adoption d’un nouveau prénom, qui marque leur entrée dans le monde très fermé des geishas. Considérées comme des artistes, elles ont pour mission de divertir les hommes qui requièrent leur présence et pratiquent les arts traditionnels japonais que sont la danse, la musique, le chant et la cérémonie du thé.

    Nous découvrons un monde sans pitié, marqué par les rivalités entre geishas et les coups bas. L’argent occupe également une place importante. Entre les dettes que la geisha doit rembourser à sa « mère », la pratique du mizuage (mise aux enchères de la chasteté d’une apprentie geisha) et la recherche d’un danna (homme riche qui assurera les dépenses de la geisha), il est sans cesse question de finances.

    Ce roman permet aussi de mieux comprendre la vie quotidienne des geishas, empreinte de traditions séculaires et de superstitions. Pour les amateurs de beaux vêtements, c’est l’occasion de se plonger dans l’art du kimono, où la soie dispute la vedette à toute sorte de tissus somptueux. De la manière de porter cet habit mythique à la signification des couleurs et des modèles, vous saurez tout de ce vêtement magnifique.

    Une des particularités du métier de geisha est qu’elles ne peuvent tomber amoureuse et se consacrer à un seul homme. Tout leur être est au service du divertissement et elles ne peuvent connaitre l’amour tel que nous l’entendons, ce qui sera source d’une grande souffrance pour l’héroïne de ce roman.

    Geisha nous emmène dans le Japon des années 1930 et l’histoire de ce pays nous est contée à travers les épisodes de la vie des personnages. Le quartier de Gion connaitra des périodes fastes marquées par le luxe, mais aussi les restrictions qu’impose la guerre. Et même si les personnalités que côtoient les geishas (artistes, politiciens, militaires) leur obtiennent protection et faveurs (thé, chocolat…), la vie en temps de guerre est difficile pour tout le monde.

    Enfin, ce roman ne serait pas ce qu’il est sans la très belle écriture d’Arthur Golden. L’auteur réussit à recréer l’ambiance de Kyoto, nous emportant sur son passage. Les belles phrases sont légion et m’ont plus d’une fois évoqué les haïkus japonais par leur poésie. Raconté à la première personne, par Sayuri elle-même, on ne peut que s’identifier à cette enfant devenue geisha car elle reste quelqu’un de profondément humain malgré le milieu privilégié dans lequel elle évolue.

    Un livre qui m’a trotté dans la tête longtemps après ma lecture, qui m’a immergé dans le monde mystérieux des geishas, sans détours mais avec beaucoup de poésie. Un vrai coup de cœur !

     

    Logo Livra'deux pour pal'addict.pngGeisha – Arthur Golden – Editions Jean-Claude Lattès - 1999 

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    La tulipe du mal – Jorg Kastner

    Cover La tulipe du mal.jpg8 mai 1671 à Amsterdam. Balthasar De Koning, un banquier notoire, se fait tuer alors qu’il sort de sa réunion hebdomadaire au café Les Trois Tulipes. Rapidement, d’autres meurtres de personnalités publiques ébranlent la ville et il apparait que toutes font partie d’un groupuscule appelé les Vénérateurs de la tulipe. C’est l’Inspecteur Katoen qui est chargé de l’enquête, secondé par ses deux lieutenants Kampen et Dekkert. Le fait que les victimes sont retrouvées avec un pétale de tulipe rare dans la main va pousser les enquêteurs à s’intéresser de plus près à l’histoire de la tulipe et aux nombreux spécialistes qu’abrite Amsterdam en la matière.

    Plongée dans la ville d’Amsterdam au 17e siècle avec ce polar historique qui m’a emportée dans son sillage sans que je m’en aperçoive !

    Au niveau historique, La tulipe du mal est un roman qui permet d’apprendre énormément de choses. On découvre la tulipe sous un autre jour puisque l’auteur nous dévoile son histoire, son arrivée aux Pays-Bas et la spéculation dont elle a été l’objet au 17e siècle, mettant pas mal de familles sur la paille et provoquant La fièvre de la tulipe. Nous découvrons des mœurs d’un autre temps, notamment marqué par l’absence de règles en matière de droits humains (en témoigne la fameuse cave aux fouets, qui permettait de faire avouer les détenus les plus difficiles). Mais ce polar est aussi l’occasion de mieux comprendre l’origine de la guerre politique fomentée par les rois Louis (France) et Charles (Angleterre) contre les Pays-Bas dans l’unique objectif d’étendre leur zone d’influence.

    C’est dans ce contexte que la ville d’Amsterdam est confrontée à une série de meurtres. Et alors que la liste des suspects s’allonge, les petits secrets des uns et des autres sont dévoilés, une lutte de pouvoir est mise à jour et les masques tombent. Un très bon roman policier qui combine rebondissements, suspense, trahison et manipulation. Pas facile pour notre Inspecteur Katoen de démêler le vrai du faux, surtout si l’amour s’en mêle…

    Petit bonus offert par Jorg Kastner en fin d’ouvrage, il explique d’où lui vient son inspiration et distingue les personnages et évènements qui ont réellement existés de ceux qui sont issus de son imagination.

    Alors que je ne suis pas la plus grande fan des romans historiques, je dois avouer que La tulipe du mal m’a emportée dans son élan et j’ai vraiment apprécié cette balade dans le temps. Il ne fait aucun doute que les autres romans de cet auteur vont être ajoutés à ma wish-list !

    Logo Prix des lecteurs.pngLogo Challenge Thrillers et polars Liliba.jpgPrix des Lecteurs du Livre de poche 2013 - Catégorie Polar.

    Challenge thrillers et Polars de Liliba

    La tulipe du mal – Jorg Kastner – Editions Jean-Claude Lattès – 2011