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    Boomerang – Tatiana de Rosnay

    Boomerang, Tatiana de Rosnay, Editions Héloïse d’Ormesson, livre, roman, blog littéraire, littérature, carnet de lecture, Le cœur d’une autre, Le voisin, Rose, Son carnet rouge, livre de poche, cinéma, film, souvenir, enfance, accident, mémoire, étéPour les 40 ans de Mélanie, Antoine Rey emmène sa sœur à Noirmoustier, une station balnéaire où ils ont passé le dernier été de leur mère Clarisse, en 1972. Au retour, alors que Mélanie s’apprêtait à lui révéler un secret familial, c’est l’accident de voiture. Mélanie a perdu la mémoire et ne se souvient plus de ce qu’elle voulait dire de si important à son frère.

    Le moment privilégié que Mélanie et Antoine vont passer ensemble va faire surgir des souvenirs de vacances en famille. Le regard adulte qu’ils posent sur leur enfance leur fait prendre conscience d’éléments qu’ils n’avaient pas vus étant enfants et surtout de non-dits et de secrets qui dégradent les relations familiales.

    L’écriture de Tatiana de Rosnay est fluide, claire et les pages se tournent facilement. Malheureusement, si on a envie de connaitre le secret que Mélanie s’apprêtait à révéler, l’intérêt s’émousse au fil du roman. Je pense que la raison vient de l’accumulation d’informations qui ne font pas avancer l’histoire ainsi que du quotidien banal à mourir d’Antoine, que l’auteure nous détaille pourtant par le menu. Alors qu’Antoine se lance dans une « enquête » pour découvrir les secrets de famille et mieux comprendre qui était sa mère, le lecteur ne ressent aucun suspense. Tatiana de Rosnay ne semble pas ressentir le besoin d’entretenir le mystère chez ses lecteurs et nous livre donc un roman linéaire et sans accroc.

    Une lecture qui fait passer le temps, pour qui ne veut pas se prendre la tête mais qui reste plutôt décevante dans l’ensemble. Dommage parce que le pitch donnait envie…

    Boomerang a été adapté au cinéma en 2015 par François Favrat, avec Laurent Lafitte et Mélanie Laurent.

    Boomerang Tatiana de Rosnay – Editions Héloïse d’Ormesson – 2009

    Du même auteur :

     



     

     

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    La fille de Debussy – Damien Luce

    Cover La fille de Debussy.jpgUn trentenaire présente le journal intime de Claude-Emma Debussy, dite Chouchou, qu’il avait trouvé lorsqu’il était enfant. Tout commence en mars 1918, à la mort du célèbre compositeur Claude Debussy, alors que Chouchou a 12 ans. Dans ses notes, la jeune fille raconte la vie quotidienne dans cette famille d’artistes, entourée des plus grands musiciens de l’époque.

    La fille de Debussy immerge le lecteur dans la vie intime du grand compositeur mais permet également (re)découvrir son répertoire, ce qui donne envie de se plonger davantage dans ces compositions pour piano. Chaque morceau joué par Chouchou étant l’occasion de parler du compositeur et d’évoquer ses souvenirs avec lui.

    Si Internet nous permet de trouver des traces de l’existence des personnes citées dans ce récit, les nombreuses zones d’ombre laissent place à l’imagination et, en tant que lecteur, on s’interroge sur la part de vérité et de fiction de ce qui nous est raconté. Mais, au fond, peu importe car Damien Luce nous transporte sans effort dans le monde de Chouchou. Le style est fluide et l’auteur a réussi à trouver le ton juste pour exprimer les préoccupations de l’adolescente, ni trop enfantin ni trop adulte, ce qui est tout à son honneur quand on connait la difficulté de l’exercice.

    Ce roman m’a fait voir un Debussy triste, amoureux de la nature et profondément attaché à sa famille bien que discret dans l’expression de ses sentiments. Un grand compositeur qui était surtout un papa comme les autres pour sa petite fille.

    Le seul bémol, selon moi, est l’absence de musique pour accompagner la lecture. J’aurais aimé, un peu comme Eric-Emmanuel Schmitt l’avait fait pour Quand je pense que Beethoven est mort…, que le livre soit fourni avec un CD d’extraits musicaux, ce qui aurait permis de se plonger réellement dans l’univers du compositeur.

    Remerciement aux Editions Héloïse d’Ormesson pour cette découverte musicale, dont vous pouvez lire le premier chapitre ici.

    La fille de Debussy – Damien Luce – Editions Héloïse d’Ormesson – 2014

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    L’été des lucioles – Gilles Paris

    Cover L'été des lucioles.jpgGilles Paris a probablement encore un cœur d’enfant pour si bien arriver à nous mettre dans la peau de ce petit garçon de 9 ans, curieux de tout. Pour lui, cet été à la résidence sera celui de toutes les nouveautés. Entre les premiers émois amoureux, l’exploration de la région avec d’étranges jumeaux et la découverte de son passé familial, Victor va vivre un été inoubliable. Sans oublier les lucioles, qui illuminent la nuit et enchantent ces vacances particulières.

    Avec tendresse, l’enfant porte un regard critique sur la vie de son entourage. Sa mère, toujours plongée dans un livre, séparée du père immature de Victor, et qui a retrouvé le sourire auprès de Pilar, nostalgique de son pays natal, sans oublier la grande sœur, à la recherche de celui qui la fera vibrer pour de bon.

    Dans ce tourbillon d’histoires d’adultes compliquées, Victor essaie d’y voir clair avec ses yeux d’enfant et sa réflexion, loin d’être simpliste, pose au contraire de vraies questions sur l’amour, la famille et la fratrie.

    Avec humour et poésie, Gilles Paris nous fait entrevoir le monde des adultes à hauteur d’enfant. Et si le vocabulaire utilisé ne correspond pas toujours à celui d’un enfant de cette âge, il est pardonné tellement cette histoire d’amours est belle.

    Une belle lecture au parfum de vacances et de magie.

    Remerciement aux Editions Héloïse d’Ormesson pour cette lecture.

    L’été des lucioles – Gilles Paris – Editions Héloïse d’Ormesson – 2014

    Du même auteur:

    - Le vertige des falaises

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    Le voisin - Tatiana de Rosnay

    cover le voisin tatiana de rosnay .jpgColombe, son mari et ses deux enfants viennent d’emménager dans un nouvel appartement. Ayant toujours eu une vie bien rangée et sans surprise, elle imagine déjà les fêtes de famille et les gouters d’anniversaire des jumeaux. Une vie sereine et heureuse, dans la lignée de ce qu’elle a connu. Mais, dans ses projets, Colombe a oublié de prendre en compte un élément : son voisin du dessus. En effet, M. Faucleroy, que d’aucuns décrivent comme un médecin sans problème, gentil et beau garçon, lui fait vivre un enfer. Chaque nuit, il décline toutes les variantes du tapage nocturne : musique, aspirateur, déplacement de meubles… il se permet même des visites nocturnes. Toutes les nuits, sauf celles où le mari de Colombe, qui voyage beaucoup, est présent. Les nuits d’insomnie qui s’ensuivent ont des conséquences à tous les niveaux. Colombe se laisse aller, elle délaisse les tâches ménagères, elle ne suit plus la scolarité des garçons, elle n’est plus efficace au travail… et elle passe pour une folle auprès de son entourage. Face à ce voisin indélicat, Colombe n’a que deux possibilités : subir ou se battre. Mais si la colère intérieure est bien présente, il est plus difficile d’affronter son ennemi et de lui faire entendre raison.

    Malgré un démarrage assez lent, Le voisin est un livre qui se lit d’une traite. Difficile de le lâcher avant de l’avoir terminé, le lecteur est pris dans la spirale qui aspire Colombe.

    Pourtant, on ne peut pas réellement parler de tension psychologique. Personnellement, je ne me suis absolument pas sentie concernée par ce qui arrive à Colombe. D’autant que le personnage n’est pas vraiment attachant. La personnalité extrêmement rigide et effacée de Colombe l’empêche de se confronter à ce voisin bruyant et, lorsqu’elle le fait, c’est sur la pointe des pieds, pour ne pas déranger.

    Le voisin a malgré tout le mérite de nous faire réagir face à l’histoire et nous pousse à nous mettre en situation. Comment aurais-je réagi à sa place, face à un voisin aussi bruyant ? Je serais sortie de mes gongs à coup sûr !

    « Après avoir lu ce livre, vous ne regarderez plus votre voisin de la même façon » annonçait le bandeau. N’exagérons rien. On se dit juste que l’on a de la chance d’avoir un voisin discret.

    Le voisin – Tatiana de Rosnay – Editions Héloïse d’Ormesson - 2010

    Du même auteur:

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    Fille de rouge – Isabelle Alonso

    Cover Fille de rouge.jpgAnna Alcala a 11 ans et s’apprête à entrer au lycée. Passage important s’il en est, l’entrée chez « les grands » va la faire sortir de son cocon d’enfant et va la confronter au monde des adultes. Elle va faire l’expérience de l’amitié, découvrir son corps d’adolescente qui change, s’interroger sur l’amour et s’offusquer des différences sociales.

    Mon avis sur ce roman est plutôt mitigé.

    À la lecture, c’est un roman qui amuse parce que l’on suit les pseudos aventures d’une adolescente, fille d’immigrés espagnols, avec sa maitrise approximative du français, ses soucis face à un corps qui change… Le monde léger d’une jeune fille sans problème mais dont le passé et l’ascendance a toute son importance dans la vie quotidienne. L’écriture est assez crue mais je trouve qu’elle respecte bien le franc parlé des jeunes de cet âge-là.

    Il y a aussi des références historiques puisque l’on aborde la guerre d’Espagne et la vie quotidienne de la population pendant la dictature de Franco. Le titre renvoie d’ailleurs directement à cette période, « Les rouges » étant le nom donné aux révolutionnaires espagnols pendant la guerre, dont le père d’Anna a fait partie. Anna elle-même est une jeune fille en révolution. Elle déclare la guerre à son corps qui change, aux conventions et aux inégalités sociales, au rôle réservé à la femme dans la société.

    Enfin, le rouge est la couleur du sang et, notamment, du sang féminin. Celui-là même qui relie Anna aux autres femmes de sa famille (sa mère Libertad, sa grand-mère Virtudes) et permet de mettre en perspective la vie de trois générations de femmes fortes et rebelles.

    Malheureusement, une fois le livre refermé, le bilan est plutôt maigre. Ce roman ne laissera pas de trace durable dans ma mémoire parce qu’il manque de consistance.

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    Fille  de rouge – Isabelle Alonso – Editions Héloïse d’Ormesson – 2009