editions grasset & fasquelle

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    Journal d'un écrivain en pyjama – Dany Laferrière

    Cover Journal d'un ecrivain en pyjama.jpgFort de sa propre expérience d’écriture, Dany Laferrière s’adresse aux écrivains en devenir, espérant leur donner quelques conseils et leur éviter certaines erreurs. En fait, ce texte est surtout une base de réflexion pour les personnes qui souhaiteraient se lancer dans l’écriture. Sans donner de recette miracle, il aborde la question de la temporalité dans le roman, du juste dosage des digressions, du public auquel on s’adresse, de l’angoisse de la page blanche… Jamais condescendant, l’auteur explique ses propos en les illustrant d’exemples, d’images et autres métaphores tirés de son propre vécu.

    Les références aux grands auteurs classiques et contemporains sont constantes car l’auteur conseille de prendre exemple sur leur travail pour comprendre la construction du roman ou les procédés utilisés pour transmettre des émotions, ce que Dany Lafferière appelle le « lire en écrivain ». A ceux qui n’ont pas de velléités d’écriture, ce journal fournira une foule d’anecdotes sur ces romanciers mais aussi quantité de titres commentés par l’auteur, ce qui ne manquera pas d’alimenter leurs listes de lecture.

    Un texte qui peut se lire d’un seul trait ou se picorer au gré des intérêts et qui nous interroge sur le travail d’écriture, qui n’en reste pas moins un travail, effectué en pyjama ou non. J’ai apprécié les prises de position de Dany Laferrière, parfois virulentes, notamment lorsqu’il s’insurge contre Pennac qui conseille au lecteur d’abandonner un livre qui l’ennuie (Comme un roman). Malheureusement, l’auteur traite aussi de sujets très éloignés de l’écriture, ce qui provoque une sensation de dispersion et empêche d’avoir une vision d’ensemble de cet essai.

    Journal d’un écrivain en pyjama – Dany Laferrière – Editions Grasset & Fasquelle – 2013

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    Tout ce que nous aurions pu être toi et moi si nous n'étions pas toi et moi – Albert Espinosa

    Cover Tout ce que nous aurions pu être.jpgUn titre à rallonge qui interpelle, une couverture ornée d’un oreiller qui invite à la rêverie, il n’en fallait pas plus pour que je m’empare de ce roman. Comme quoi, le choix d’un livre tient parfois à peu de choses…

    Dans un futur qui ne semble pas si lointain, nous suivons Marcos dont la mère vient de décéder. Très proche d’elle, il décide d’opérer un tournant dans sa vie et fait le choix de mettre fin à son sommeil, de rester éveillé en permanence. Parallèlement à cette décision, la police demande à Marcos d’examiner « l’étranger » et de découvrir, grâce à son don, s’il est bien ce qu’il prétend être. Car Marcos a la faculté de pouvoir « lire » les gens, de pénétrer leurs souvenirs pour mieux les connaitre.

    Premier roman d’Albert Espinosa, Tout ce que nous aurions pu être… a, comme c’est souvent le cas, le défaut d’être un peu brouillon. Plusieurs thèmes sont abordés sans que l’on comprenne le lien qui les unit. Comme une suite d’objets que l’on aurait posé les uns à coté des autres sans logique.

    La relation à la mère est le fil conducteur de ce roman étonnant. Une mère absente physiquement mais qui occupe sans cesse les pensées de Marcos. Marqué par le raisonnement original d’une mère artiste, il la cite à tout bout de champs, comme l’enseignement d’un sage.

    Le sommeil et son absence occupe également une place importante en début de récit mais il sera pratiquement balayé à l’arrivée de cet étranger qui est l’occasion d’aborder la question du don que détient Marcos.

    Un roman qui parle de la vie, des vies… mais qui m’a laissé un gout de peu. Le récit se s'éparpille en tous sens, sans jamais approfondir un sujet, ce qui laisse un sentiment de dispersion. Dommage.

     

    Logo Challenge ABC2013.jpgTout ce que nous aurions pu être toi et moi si nous n’étions pas toi et moi – Albert Espinosa – Editions Grasset & Fasquelle – 2012 

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    Dernier inventaire avant liquidation – Frédéric Beigbeder

    Cover Dernier inventaire avant liquidation.jpgEn 1999, la Fnac et Le Monde ont demandé à 6000 français de citer les 50 livres les plus marquants du XXe siècle. Dernier inventaire avant liquidation analyse ces grandes œuvres à la manière d’un top 50 musical, en partant du dernier pour en arriver au n°1, le préféré des français.

    Premier constat : pas de discrimination dans ce classement. On y retrouve aussi bien des romans français et étrangers que des essais, de la bande dessinée et même un conte.

    L’approche de Beigbeder est vraiment intéressante puisque chaque œuvre est analysée dans le détail. En trois pages, il propose un petit résumé de l’histoire, revient sur le courant littéraire dans lequel s’inscrit le roman, la vision que l’auteur a de l’écriture sans oublier le contexte de l’époque (guerres, révolutions…). À la lecture de cet inventaire, on se sent plus proche des auteurs dont on apprend beaucoup de choses (leur vie, leurs habitudes et leurs travers).

    Et, rendons à Frédéric ce qui lui appartient, sa grande culture littéraire et artistique (il fait de multiples références au cinéma et à la chanson) apporte un petit plus non négligeable à cet inventaire. Ajoutez une petite dose d’humour et des questions pertinentes auxquelles Beigbeder nous propose de réfléchir, et on se trouve face à un recueil très instructif.

    Par contre, j’ai trouvé déplacé le fait qu’il descende certains auteurs en flèche et qu’il fasse parfois preuve d’une vulgarité dont on se passerait bien. Et, tout critique littéraire qu’il est, Beigbeder ne cache pas sa frustration de ne pas apparaitre dans ce classement…

    En bref, un inventaire que j’ai pris plaisir à lire car j’y ai appris énormément de choses. Et si je n’ai pas lu la plupart des livres présentés, il m’a donné envie de lire ou de relire certains auteurs que j’avais un peu mis de coté.

    Logo Challenge ABC2013.jpgDernier inventaire avant liquidation – Frédéric Beigbeder – Editions Grasset & Fasquelle – 2001 

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