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    Lontano – Jean-Christophe Grangé

    Lontano, Jean-Christophe Grangé, Editions Albin Michel, livre, roman, blog littéraire, littérature, carnet de lecture, polar, policier, avis lecture, coltan, Afrique, congo requiem, meurtre, enquête, tueur en sérieErwan Morvan est envoyé à Brest pour enquêter sur un bizutage militaire qui a mal tourné. Ce sera le début d’une longue liste de meurtres, en lien avec l'affaire de L'Homme-Clou, pourtant résolue par Morvan Père 40 ans plus tôt au Katanga. Alors que le clan Morvan est attaqué de toutes parts et que le passé familial ressurgit, se serrer les coudes est la seule solution pour s’en sortir vivant.

    Dès les premières pages, le lecteur retrouve tout le talent de Jean-Christophe Grangé. Ce roman de plus de 700 pages m’a happée et complètement clouée sur place, incapable de fermer le livre. C’est rapide, efficace et bourré d’action, l’auteur ne nous laisse pas le temps de souffler qu’il nous emporte déjà vers d’autres surprises et rebondissements, jusqu’à la toute fin du roman.

    Lontano est un roman qui peut paraitre compliqué par moments, au regard du grand nombre de personnages, de la multiplication des sigles utilisés dans la police française et des éléments à prendre en compte. Malgré cela, j’ai trouvé cette lecture agréable et structurée, en grande partie grâce à la capacité de l’auteur à aller droit à l’essentiel, sans nous perdre dans des détails inutiles.

    Très rapidement, on est pris dans cette enquête aux ramifications multiples et inattendues sur fond de mines de coltan et de rituels africains et qui nous emmène toujours plus loin dans l'horreur. On reconnait bien là la patte Grangé qui aime explorer les tréfonds les plus noirs de l'être humain, poussant ses personnages dans leurs derniers retranchements.

    Les personnages sont complexes et tourmentés, oscillant en permanence entre justice et corruption. Des policiers qui ne sont pas toujours du bon côté de la barrière, jouant sans complexe les défenseurs de la Patrie au moyen de manigances, deals d'informations secrètes, jeux de pouvoir et autres combines.

    En terminant Lontano, une seule question est restée en suspens : pourquoi ai-je attendu si longtemps pour lire Jean-Christophe Grangé ? Ses enquêtes sont toujours complexes et précises, mettant en scène des tueurs complètement dérangés, et nous projettent dans un monde que l'on soupçonne à peine.

    Pour notre plus grand plaisir, l’auteur donne une suite aux aventures de la famille Morvan dans un second tome qui vient de sortir et qui s’intitule Congo requiem.

    Lontano – Jean-Christophe Grangé – Editions Albin Michel – 2015

    Du même auteur :

    Lontano, Jean-Christophe Grangé, Editions Albin Michel, livre, roman, blog littéraire, littérature, carnet de lecture, polar, policier, avis lecture, coltan, Afrique, congo requiem, meurtre, enquête, tueur en série

     

     

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    L’herbier des fées – Benjamin Lacombe & Sébastien Perez

    Cover L'herbier des fées.jpgL’herbier des fées est le journal de bord d’Aleksandr Bogdanovich, un grand scientifique russe du siècle dernier. Chargé par Raspoutine de créer un élixir d’immortalité, il se rend dans la forêt de Brocéliande pour y étudier les plantes médicinales et percer les mystères de cette forêt légendaire.

    Ce précieux carnet comprend les notes quotidiennes du scientifique, ce qui permet au lecteur de suivre l’avancement de ses recherches et de connaître le résultat de ses expériences. Agrémenté de nombreuses illustrations et croquis, l’auteur nous immerge au cœur de la forêt de Brocéliande, à la rencontre des plantes inconnues qu’Aleksandr découvre.

    Je trouve que le titre est vraiment bien choisi car ce livre constitue réellement un herbier, avec ses plantes séchées et collées, ses dessins en coupe sur papier calque, ses fiches classées par familles de plantes, etc. La seule différence avec l’herbier de notre enfance étant que les découvertes botaniques d’Aleksandr recèlent de nombreux secrets, dont celui d’abriter de minuscules petites fées, qui se cachent ci et là derrière de très jolis découpages en forme de feuillages.

    Outre son coté féerique, ce livre s’ancre également dans la réalité du moment (1914), que nous découvrons par le biais de la correspondance qu’entretien le scientifique avec son épouse restée en Russie pendant la guerre.

    L’herbier des fées est donc un livre étonnant à plus d’un titre. Le texte (de Benjamin Lacombe et Sébastien Pérez) fait voyager le lecteur en réveillant son âme d’aventurier et les très belles illustrations de Benjamin Lacombe terminent de nous plonger dans le monde merveilleux de la botanique et des légendes séculaires. Un livre graphique qui sort des sentiers battus et qui plaira autant aux enfants qu’aux adultes, aux premiers pour son histoire fantastique et aux seconds qui seront charmés par le soin donné à la réalisation de ce très bel objet.

    L’herbier des fées – Benjamin Lacombe et Sébastien Perez – Editions Albin Michel – 2011

    Du même auteur:

     

    (Clic sur l'image pour l'afficher en grand) 

    Extrait L'herbier des fées 2.jpg

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    Le poison d'amour – Eric-Emmanuel Schmitt

    Le poison d’amour, Eric-Emmanuel Schmitt, Editions Albin Michel, critique, carnet de lecture, livre, littérature, blog littéraire, amour, journal, mail, amitié, poison, mort, Shakespeare, Roméo et Juliette, élixir, adolescence, sexualité, théâtreA travers leurs journaux intimes, nous entrons dans la vie de quatre adolescentes qui voient leurs corps changer, qui découvrent la sexualité et la complexité des sentiments. Sérieuses et passionnées comme on peut l’être à cet âge, elles partagent leurs réflexions sur l’amour et l’amitié mais aussi sur le couple, dans un monde où les repères familiaux ont éclatés.

    Eric-Emmanuel Schmitt a cette capacité incroyable de se fondre dans ses personnages, aussi éloignés de lui fussent-ils. Je l’avais déjà remarqué dans Oscar et la dame rose (où il s’exprime comme un enfant de dix ans) et il le confirme dans Le poison d’amour. Le langage est frais et direct, propre aux adolescents d’aujourd’hui, mais sans vulgarité ni mièvrerie. J’ai aimé le ton et l’intelligence de ces jeunes filles qui s’interrogent sur le sentiment amoureux. L’amour prive-t-il de liberté ? Est-ce un poison qui peut détruire ?

    Le poison d’amour constitue le second volet d'un diptyque sur la passion, dont le premier tome est L’élixir d’amour. Dans les deux cas, cette exploration du sentiment amoureux s’effectue par l’intermédiaire de l’écrit (le courrier électronique dans le premier tome, les journaux intimes dans ce cas-ci) ; on retrouve également une couverture identique même si la couleur et l’orientation graphique diffère un peu.

    J’ai trouvé Le poison d’amour plus abordable, moins philosophique et j’ai pris beaucoup plus de plaisir à le lire, d’autant que les personnages sont réellement attachants. Le parallèle entre la vie des quatre adolescentes et la célèbre pièce Roméo et Juliette de Shakespeare est vraiment intéressant et, si on ne voit pas le lien au premier abord, il prend tout son sens à la fin du livre. Le final est d’ailleurs étonnant, presque choquant, tellement on s’y attend peu mais c’est là aussi tout le talent de l’auteur que de nous faire passer de la légèreté au drame en quelques pages.

    Un roman vraiment plaisant à lire, que j’ai préféré au premier tome, où Eric-Emmanuel Schmitt renoue avec le théâtre à travers de nombreuses références et citations issues des grandes œuvres classiques.

    Je remercie Gilles Paris pour cette lecture. 

    Le poison d’amour – Eric-Emmanuel Schmitt – Editions Albin Michel – 2014

    Du même auteur :

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    L’élixir d'amour – Eric-Emmanuel Schmitt

    Cover L'élixir d'amour.jpg

    Il y a peu, Adam et Louise étaient encore amants mais l’infidélité d’Adam a conduit la jeune femme à la séparation. Tandis que lui vit toujours à Paris et qu’elle s’est expatriée à Montréal, c’est par courriers électroniques interposés qu’ils tentent de transformer leur passion en amitié, dénuée de tout désir charnel. A travers ces mails, ils s’interrogent sur l’origine de la passion et l’existence éventuelle d’un philtre qui pourrait déclencher l’amour.

    Voilà un roman qui me laisse perplexe. Les critiques parues dans les journaux et magazines divers sont toutes plus élogieuses les unes que les autres, présentant L’élixir d’amour comme LE roman de l’année.

    Eh bien, moi, j’ai été déçue.

    Le seul intérêt que je trouve à ce roman épistolaire se trouve dans le renvoi de balle permanent entre Adam et Louise, qui donne un certain dynamisme au récit. Mais, malheureusement, la forme ne fait pas tout et l’absence de réelle histoire m’a ennuyé au plus haut point.

    Je n’ai pas réussi à m’attacher aux personnages, que l’on prend finalement peu le temps de connaître et dont le portrait est dressé à grands traits peu flatteurs. Adam et Louise ne sont d’ailleurs que des prétextes tant le texte est centré sur la réflexion quasi philosophique sur l’amour et non sur leurs histoires personnelles.

    Eric-Emmanuel Schmitt explore le mystère qui poussent certaines personnes à être attirées l’une vers l’autre et à développer des sentiments amoureux. A travers les réflexions des personnages principaux, l’auteur nous pousse à nous interroger sur l’amour, la jalousie et le désir mais le final, qui dévoile un plan machiavélique, détruit en quelques mots toute la poésie que revêt le sentiment amoureux.

    Plus proche de la nouvelle que du roman, L’élixir d’amour aura été vite lu mais je n’en garderai aucun souvenir agréable.

    Lecture réalisée avec Florence, qui est aussi mitigée. Découvrez son avis ici.

    L’élixir d’amour – Eric-Emmanuel Schmitt – Editions Albin Michel – 2014

    Du même auteur :

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    Et te voici permise à tout homme – Eliette Abécassis

    Cover Et te voici permise à tout homme.jpgAlors qu’elle est civilement divorcée de Simon depuis plusieurs années, Anna se voit malgré tout encore liée à lui par le mariage religieux. Selon le judaïsme, Anna est "agouna", c’est-à-dire enchainée à son mari tant qu’il ne lui accorde pas le guet, qui lui permettrait de s’affranchir définitivement. En conséquence, Anna ne peut espérer se remarier et avoir un enfant reconnu par la communauté.

    Et te voici permise à tout homme est le combat d’une femme pour la reconquête de sa liberté. À travers son regard, nous découvrons des aspects peu connus du judaïsme. J’ai été étonnée de constater à quel point la Torah préconise le respect mutuel dans la vie conjugale tout en plaçant dans un même temps la femme sous l’emprise totale de son mari.

    En tant que femme, je me suis sentie révoltée par la situation d’Anna dont le seul tort a été d’épouser un homme qui n’avait aucun sentiment pour elle. Le fait que toute la narration repose sur ses émotions ajoute à ce sentiment identification car, en tant que lecteur, on partage sa colère, son impuissance et son incompréhension face au chantage de son ex-mari et au manque de soutien des autorités religieuses.

    Un livre fort, émouvant, poignant mais triste, qui se lit d’une traite. Hymne à la vie et à l’amour, il pose aussi question et nous pousse à nous interroger sur la domination qu’exerce le monde religieux sur les individus. Car Anna, pratiquante depuis son enfance, n’envisage pas un seul instant de tourner le dos au judaïsme pour vivre pleinement son amour.

    Malheureusement, ce n’est pas un roman qui se termine bien, l’auteur laissant une porte grande ouverte, permettant à Anna de recommencer une nouvelle vie sans nous en dire davantage. Pour moi, cette chute a été une surprise et on reconnait bien là le talent d’un grand auteur, qui arrive à nous étonner jusqu’à la dernière ligne.

    Très bien écrit, Et te voici permise à tout homme est le premier roman que je lis d’Eliette Abecassis. Véritable coup de cœur malgré le sujet difficile, il sera sans aucun doute suivi d’autres romans de l’auteure.

     

    Et te voici permise à tout homme – Eliette Abecassis – Editions Albin Michel – 2011

    Du même auteur: