drogue

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    Poker menteur – Christine Brunet

    Cover Poker menteur.jpgUn réseau mafieux tentaculaire, des opérations de police éventées, des exécutions sommaires de policiers infiltrés... Trahisons ? Corruption ? Collusion? Une enquête sous couverture qui propulse Axelle de Montfermy au cœur d’une lutte impitoyable pour le contrôle de la cité phocéenne. Un thriller qui mêle jeux de pouvoir, conflits familiaux, complot politique et appât du gain.

    Christine Brunet est de ces auteures que je prends toujours plaisir à retrouver. Dans Poker menteur, nous retrouvons toute la joyeuse bande de la SPIE, dirigée par Axelle de Montfermy, déjà croisée dans les précédents romans de l’auteure.

    Il est certain qu’en voyant le pavé de 500 pages, on se dit « Fichtre, c’est du costaud ! » mais connaissant l’auteure, on sait aussi que l’on passera un bon moment de lecture. Et de fait, entre les meurtres, les flics ripoux et les histoires de drogue, le lecteur n’a pas le temps de s’ennuyer ! Comme à chaque fois, le plaisir est au rendez-vous et Christine Brunet réussit un véritable coup de maître avec ce page turner réussi.

    Elle nous livre ici un récit compliqué dont les ramifications nous plongent dans l’Histoire, en référence à la Bande à Bonnot, ce groupe d’anarchistes auteurs de multiples braquages et meurtres dans les années 1911 et 1912. Une enquête policière à haut risque qui nous fait voyager entre Paris et Marseille et qui n’épargne pas la relation entre Axelle et Sean, malmenée par cette mission d’infiltration.

    Et si je me suis sentie un peu perdue par moment, c’est que le nombre de personnages est assez important, certains étant déjà apparus dans les romans précédents de l’auteure et dont je ne me souvenais pas forcément dans le détail.

    En tant que tel, Poker menteur se suffit à lui-même et peut se lire indépendamment des autres romans de l’auteure mais les renvois au passé des protagonistes sont tellement présents que je pense qu’il serait préférable de lire cette série dans l’ordre pour en comprendre toutes les implications.

    poker menteur,christine brunet,editions gascogne,critique,carnet de lecture,livre,littérature,blog littéraire,meurtre,enquête,amour,drogue,organisation,police,ripoux,marseille,paris,couple,maladieUn très bon policier comme on aimerait en lire plus souvent. Je remercie l’auteure pour cette lecture.

    Poker menteur – Christine Brunet – Editions Gascogne – 2014

     

    Du même auteur :

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    Je ne renie rien – Françoise Sagan

    Cover Je ne renie rien.jpgFrançoise Sagan est devenue un mythe. Ce livre d’entretiens nous dévoile l’auteure sous un autre jour, dépassant la légende pour nous faire découvrir la femme et ses opinions. Il compile les interviews de l’auteure de 1954 à 1992.

    Tout commence en 1954. Françoise Sagan a 19 ans lorsqu’elle connait un succès fulgurant avec son premier roman, Bonjour tristesse. C’est aussi à cette période que commence Je ne renie rien. La jeune fille revient sur cette réussite qu’elle peine à expliquer, elle qui a connu une scolarité chaotique, émaillée de nombreux échecs. Propulsée du jour au lendemain à la tête d’une fortune colossale qu’elle dépense sans compter, elle s’autorise tous les excès, défrayant régulièrement la chronique. Sur ce sujet, les propos de l’auteur sont quelques peu contradictoires, estimant d’une part que le "phénomène Sagan" a été construit par les journalistes sans qu’elle se reconnaisse dans cette réputation mais avouant, d’autre part, aimer la vitesse, la fête et l’alcool.

    Ses propos dénotent d’une vie libre, sans contraintes, que l’on retrouve dans tous les aspects de sa vie. L’auteur refusait les attaches matérielles, privilégiant l’insouciance et la spontanéité à la sécurité et à la routine. J’ai été étonnée de découvrir chez elle un penchant poussé pour la solitude, alors qu’on la disait plutôt noceuse.

    Un livre où Françoise Sagan parle sans tabou de la sexualité, de sa fortune, de son addiction au jeu et à l’alcool mais aussi de ses opinions politiques et de son engagement pour certaines causes.

    J’ai été particulièrement touchée de découvrir avec quelle passion Françoise Sagan parle des auteurs qui l’ont marquée (Camus, Sartre…) mais aussi étonnée de l’étendue de ses connaissances en matière de littérature classique (elle cite à plusieurs reprises les œuvres de Proust et Balzac). Cet amour des belles lettres est contagieux et donne envie de lire encore plus. D’ailleurs, je la rejoins lorsqu’elle dit que "la seule chose qui me donne des regrets, c’est que je n’aurai pas le temps de lire tous les livres que j’ai envie de lire". Ce livre est aussi l’occasion pour elle de revenir sur son travail d’écriture et ses nombreuses publications tout en livrant ses réflexions sur la littérature contemporaine et le monde de l’édition.

    Loin du mythe qui a été construit autour de Françoise Sagan, Je ne renie rien nous fait découvrir une femme ouverte, d’une sensibilité à fleur de peau, amoureuse de la vie et de l’humain, passionnée de littérature et de musique. Une belle personne trop souvent réduite à ses frasques.

    Remerciement aux Editions Stock pour cette lecture.

    Je ne renie rien – Françoise Sagan – Editions Stock – 2014

    Du même auteur:

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    Un père en colère – Jean-Sébastien Hongre

    Cover Un pere en colere.jpegCe roman est la révolte d’un homme dépassé par le comportement de ses enfants. Sa lutte pour reconstruire sa famille et renouer avec sa femme. Son cri pour raviver la tendresse dans le cœur de ses deux adolescents à la dérive.

    Un père en colère nous immerge dans le quotidien d’une famille en perdition. Dans un style bref et minimaliste, l’auteur nous propose un roman qui s’inscrit dans la réalité sociale de certains quartiers difficiles.

    Un roman très dur, qui nous laisse avec une boule dans la gorge. Par son écriture, l’auteur nous fait vivre de l’intérieur les émotions ressenties par ces parents, entre désespoir, incompréhension, colère et impuissance. Comment réagir face à ces adolescents indifférents à leur entourage, qui manquent de respect à leurs parents et ont rompu tout dialogue ?  

    Mais, au-delà de l’histoire, l’intérêt de ce roman tient dans le fait qu’il bouscule nos aprioris. Non, les jeunes ne sont pas foncièrement cupides et mauvais, comme certains médias voudraient nous le faire croire. Si on en est arrivé à un tel niveau de violence, les raisons sont multiples : les parents et autres éducateurs qui ont désertés leur rôle d’autorité, la téléréalité comme modèle de réussite, la réalité des quartiers difficiles qui impose aux jeunes de devenir bourreaux s’ils ne veulent pas être victimes… Les faits sont à nuancer et les responsabilités sont partagées.

    Si Un père en colère véhicule une vision plutôt pessimiste de notre société et caricature un peu les ados d’aujourd’hui, il porte en même temps une note d’espoir (mais à quel prix !) en montrant que l’on peut sortir du cercle vicieux de la violence, si on a le petit coup de pouce qu’il faut.

    Un livre que j’ai dévoré en une soirée, qui ne laisse pas une minute de répit et qui m’a trotté dans la tête pendant plusieurs jours… Une lecture dont on ne sort pas indemne.

    Je remercie les Editions Max Milo pour cette lecture.

     

    Un père en colère – Jean-Sébastien Hongre – Editions Max Milo – 2013 

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    Cool – Don Winslow

    Cover Cool.jpg« Cool raconte les débuts des héros déchirants rencontrés dans Savages. Ben le biochimiste pacifique, Chon le mercenaire des guerres au Moyen-Orient, et Ophélia, la bimbo blonde. Le cerveau, les muscles et la beauté. Inséparables, irrésistibles. En lançant leur fort lucrative entreprise de production/commercialisation d’un précieux cannabis cultivé hors sol, ils n’anticipent ni la violence de dealers qui tiennent la Californie du Sud ni le cynisme impitoyable de agents corrompus de la DEA. L’affrontement va les éclairer sur leurs origines : 20 ans plus tôt, leurs parents eux aussi ont vécu de la drogue, et l’héritage est sanglant. »

    Soyons clairs, le sujet du roman (cartels de la drogue, guerres de territoire…) ne m’a pas intéressé. Par contre, et c’est ce qui m’a fait lire le roman jusqu’au bout, j’ai bien aimé le style de l’auteur.

    S’il fallait définir Cool par un seul mot, je dirais : vivant. Tout simplement parce l’auteur nous fait des clins d’œil et qu’il crée une sorte de connivence entre le lecteur et les personnages, qui nous parlent directement. Cette façon de raconter l’histoire de ces trois comparses m’a donné le sentiment de faire partie de leur groupe et permet s’insuffler au roman un rythme, une impression de vitesse qui nous emmène dans son sillage.

    C’est la première fois que je lis un roman dont l’écrit est aussi particulier. Les  chapitres de quelques mots côtoient des paragraphes de plusieurs pages, avec de nombreuses phrases coupées de façon étrange. Cela m’a fait penser à la poésie où, pour respecter un certain nombre de syllabes, l’auteur coupe ses phrases en plusieurs vers. Sauf qu’ici, je n’ai pas compris la logique qui se cachait derrière ses coupures ni leur utilité.

    Un roman bourré de références américaines (musique, politique, cinéma…), qui sont toujours mises en perspective par le traducteur, de l’humour et un grand nombre d’histoires personnelles qui se déroulent sous nos yeux, pour ne nous livrer le lien qui les unit qu’à la dernière minute, provoquant un vrai étonnement.

    En bref, un bon roman pour qui souhaite connaitre tous les détails techniques de la culture du cannabis hors sol, l’enrôlement de jeunes dans la vente de la drogue ou le blanchissement d’argent, la corruption de flics… le tout dans un style très particulier qui vaut la peine d’être lu au moins une fois, même s’il ne m’a pas donné envie d’explorer plus loin l’univers de l’auteur.

    Logo Challenge Thrillers et polars Liliba.jpgMerci à Babelio et aux Editions du Seuil pour cette découverte.

    Ne manquez pas le premier chapitre de Cool.

    Lu dans le cadre du challenge Polars et Thrillers de Liliba

     

    Cool – Don Winslow – Editions du Seuil – 2012