deuil

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    Ta façon d’être au monde – Camille Anseaume

    Ta façon d’être au monde, Camille Anseaume, Kero, livre, roman, blog littéraire, littérature, carnet de lecture, amitié, amour, deuil, un tout petit rien, extrait, premier chapitreElles sont amies d’enfance. L’une est inquiète, rêveuse, introvertie ; l’autre est souriante, joyeuse, lumineuse. Ensemble, elles grandissent, découvrent la vie, l’amour. Jusqu’à ce qu’un drame bouleverse le monde qu’elles se sont bâti...

    J’avais lu tant de bien sur le premier roman de Camille Anseaume, Un tout petit rien, que j’ai sauté sur ce second livre, emballée par le pitch.

    Ta façon d’être au monde est l’histoire d’une amitié entre deux jeunes filles que tout oppose et dont le lecteur suit l’évolution. De l’enfance à la vie adulte au cœur de Paris, la découverte de l’indépendance, les soirées entre amis et les premiers amours jusqu’à la première véritable expérience du deuil.

    Dès le départ, j’ai été frappée par la narration très particulière. Choisissant de ne citer les prénoms des principales protagonistes qu’à la toute fin du roman, l’auteure les désigne continuellement par des pronoms (« elle », « tu », « je »). Ce procédé singulier nécessite une grande concentration pour continuellement savoir qui s’exprime et, à mon sens, complique la compréhension du roman. Outre le fait que je ne saisis pas l’intérêt de ce choix narratif, j’ai trouvé qu’il instaurait une certaine distance entre les personnages et le lecteur, qui se sent automatiquement un peu étranger à l’histoire.

    La première partie, qui se déroule dans une certaine lenteur, m’a parue longuette. Et je dois bien avouer que j’ai eu quelques difficultés à m’intéresser au quotidien somme toute banal de ces jeunes gens. Par contre, la seconde partie m’a davantage intéressée car elle suppose un secret, que l’on démasque rapidement, mais qui provoque une émotion et l’attente de sa révélation.

    L’accent est clairement mis sur les deux héroïnes, les personnages secondaires étant nettement moins développés au niveau de la psychologie. Personnellement, j’ai trouvé qu’il manquait des informations qui me paraissent importantes pour situer un personnage. Ces gens vivent et s’activent, on traverse toutes les périodes de leur jeune vie sans que l’on sache quelles études ils ont réalisés ni quel métier ils exercent. J’ai trouvé ça étrange et hors de la réalité tout comme l’amitié qui lie ce groupe inséparable depuis l’enfance, qui m’a semblé idéalisée.

    Mon bilan est donc plutôt mitigé pour Ta façon d’être au monde. Si l’accent est mis sur les émotions et les sentiments, ils n’arrivent pas forcément jusqu’au lecteur, notamment en raison du choix narratif.

    Remerciement aux Editions Kero pour cette lecture.

    Ta façon d’être au monde – Camille Anseaume – Editions Kero – 2016

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    Le mec de la tombe d'à coté – Katarina Mazetti ♥♥♥♥

    Cover Le mec de la tombe d'à côté.jpgLe mec de la tombe d’à côté, c’est la rencontre de deux êtres que tout oppose. Alors qu’elle se rend sur la tombe de son mari décédé cinq mois plus tôt, Désirée croise Benny, qui vient également fleurir la sépulture de ses parents. Tout d’abord méfiants l’un vis-à-vis de l’autre, ils vont peu à peu apprendre à se connaitre et à s’aimer malgré leurs différences. Mais rien n’est jamais simple dans une histoire d’amour…

    Entre Désirée et Benny, on assiste à un véritable choc culturel. Elle est bibliothécaire, passionnée de littérature et férue de débats et d’art moderne. Citadine invétérée, elle est végétarienne, ne sait pas cuisiner et la tombe de son mari est à l’image de son intérieur, sobre et dépouillé.

    Lui est éleveur de vaches laitières et consacre tout son temps à maintenir l’exploitation familiale à flot. Un peu bourru, il aime les produits du terroir, n’a que peu de loisirs et, depuis la mort de sa mère, n’a pas touché à la décoration, saturée de fioritures et de rideaux brodés au point de croix.

    Elle représente la femme moderne et indépendante pour qui l’homme est davantage un pourvoyeur de câlins qu’un portefeuille ambulant. Alors qu’il est l’image traditionnelle du paysan qui cherche une femme qui soit son troisième bras, lui prépare de bons petits plats et reprise ses chaussettes. On ne pouvait imaginer pire association !

    C’est le premier roman que je lis de Katarina Mazetti et, d’emblée, j’ai été séduite par son ton humoristique et vif. Même s’ils sont parfois un peu caricaturaux, les personnages sont sympathiques et attachants, avec des personnalités complexes mais bien dessinées. Et plus d’une fois, en voyant venir les bourdes de l’un ou de l’autre, j’ai eu envie d’intervenir en disant « Non, ne fais/dis pas ça ! ».

    Ce roman est aussi une vraie déclaration d’amour. On sent que les sentiments qu’ils éprouvent l’un pour l’autre sont teintés d’une grande tendresse mais on perçoit également toute la difficulté qu’ils ont à se comprendre, la peur de mal faire et de ne pas être conforme à l’image que l’autre a d’eux.

    La narration est également intéressante puisque chaque chapitre donne successivement la parole à Désirée et Benny, qui donnent leur avis sur les évènements qui viennent de se dérouler et nous emmènent plus loin dans l’histoire. C’est aussi l’occasion de se rendre compte à quel point un même évènement peut être compris différemment si l’on est un homme ou une femme.

    Sachant qu’il existe une suite à ce roman, Le caveau de famille (encore une histoire de cimetière !), je n’ai qu’une envie : me le procurer et dévorer la suite des aventures de Désirée et Benny.

    Vous l’aurez compris, j’ai a-do-ré ce roman ! 

     

    Le mec de la tombe d’à coté – Katarina Mazetti – Gaïa Editions – 1999 le mec de la tombe d’à coté,katarina mazetti,gaïa editions,babel,critique,carnet de lecture,livre,littérature,blog littéraire,extrait,premier chapitre,amour,choc culturel,cimetière,deuil,sexe

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