danse

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    Deux cigarettes dans le noir - Julien Dufresne Lamy

    Deux cigarettes dans le noir, julien dufresne lamy, Belfond, livre, roman, blog littéraire, littérature, carnet de lecture, avis lecture,Gilles Paris, danse, Pina BauschClémentine attend un enfant. Au volant de sa voiture en direction de la maternité, elle percute quelqu'un sans pouvoir s'arrêter. De retour à la maison, elle apprend la mort à Paris, deux jours plus tôt, de la chorégraphe Pina Bausch. Clémentine se souvient : une silhouette maigre, de longs cheveux gris – c'est Pina qu'elle a fauchée. Elle a tué un génie en mettant au monde son enfant. 

    Julien Dufesne Lamy plonge le lecteur dans le quotidien de Clémentine. Pas tout à fait prête à accueillir le petit Barnabé, elle fait pourtant tout son possible pour l'élever dans des conditions difficiles. Tiraillée entre l'envie de se dénoncer et celle de protéger son fils, la détresse de Clémentine va progressivement se muer en obsession pour Pina Bausch. D'ailleurs, Pina s'invite de plus en plus souvent entre les pages de ce roman, les chapitres qui lui sont consacrés augmentant au fil du texte. C'est donc en même temps que la jeune femme que le lecteur s'imprègne de la danse de Pina Bausch.

    J'ai été étonnée par la tension que dégage Deux cigarettes dans le noir. Le rythme est martelé par des phrases courtes, mettant l'accent sur les émotions et interrogations de Clémentine. Le contraste entre la grandeur et l'élégance de Pina Bausch et la vie modeste de Clémentine est saisissant.

    Un roman intense et complexe sur la vie, la mort et la danse.

    Remerciement à Gilles Paris pour cette lecture.

    Deux cigarettes dans le noir - Julien Dufresne Lamy - Editions Belfond - 2017

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    Pina Bausch

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    La Reine du tango – Akli Tadjer

    La reine du tango, Akli Tadjer, JC Lattès, livre, roman, blog littéraire, littérature, carnet de lecture, tango, danse, Argentine, Buenos Aires, famille, mère, tangero, tangueraSuzanne a grandi seule avec sa mère, La Reine du tango, une danseuse magnifique qui a connu tous les succès, toutes les gloires. Disparue trop jeune, elle a laissé à sa fille sa passion de la danse, des souvenirs éblouissants et une peur immense de l’abandon. De cette enfance, Suzanne n’a gardé que le tango qu’elle enseigne sans oser le danser, et un vieil ami de sa mère, qui s’éteint à l’hôpital. Pour vivre pleinement et enfin danser comme la Reine du tango, Suzanne doit retrouver les clés de cette enfance, comprendre qui était sa mère et apaiser ses peurs.

    Ce roman s’articule autour de deux thématiques. La première concerne évidemment le tango, que l’auteur approche de façon originale et actuelle, nous faisant découvrir les codes et particularités de cette danse en la mettant en scène dans le Paris d’aujourd’hui. Le second fil rouge a trait à la question des origines. Toute la vie de Suzanne s’articule autour du secret qui entoure la mort de sa mère ainsi que sur l'identité de son père. De son enfance, elle garde la peur d'être rejetée et de perdre les personnes auxquelles elle tient, ce qui ne l’incite pas à s’investir dans des relations durables. Akli Tadjer nous présente la jeune femme dans toute sa complexité. Forte et fragile à la fois, déterminée et tellement perdue par moments, oscillant sans cesse entre la volonté de trouver le tangero qui partagera sa vie et la peur de s’attacher.

    Evidemment, puisque j'aime beaucoup la danse et le tango en particulier, je suis la lectrice toute désignée pour ce type de roman. Néanmoins, je pense que La Reine du tango pourrait plaire à un grand nombre de lecteur tant l’auteur nous emporte dans l’univers du tango par des mots bien choisis. L’écriture d’Akli Tadjer suit le rythme des pas de danse, à la fois sensuels, vibrants et cadencés. Il réussit à transmettre l'essence de la danse et à faire ressentir le tango-passion. Ne manquait que la musique pour parfaire cette découverte, manquement que j'ai contourné en écoutant Astor Piazzolla pendant ma lecture.

    Remerciement aux Editions JC Lattès pour cette lecture.

    La reine du tango – Akli Tadjer – Editions JC Lattès – 2016

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    Le tango de la valseuse – Emmanuelle Florquin

    Cover Le tango de la valseuse.jpgSerge Billard préside une troupe de théâtre amateur, la Confrérie des amateurs, mais il s’ennuie. Tandis que son épouse Félicia rêve de devenir une grande comédienne, lui choisit de faire valser Valentine, la jeune assistante.

    J’ai éprouvé beaucoup de difficultés à entrer dans ce roman. Je ne saurais dire si cela est lié à l’aspect descriptif du texte et au peu de dialogues ou à mon absence d’empathie vis-à-vis des personnages mais ma lecture de ce titre a été plutôt laborieuse.

    Ma déception provient notamment du fait que j’attendais un roman sur le thème de la danse, comme le laisse supposer le titre, alors qu’elle n’apparait que très occasionnellement. L’accent étant mis sur les relations entre les protagonistes, loin d’être au beau fixe.

    Les personnages de ce roman sont tellement passionnés par leur art qu’ils en deviennent autistes au monde qui les entoure. N’écoutant que leur amour du théâtre ou de la danse, ils négligent la communication avec leur entourage, ce qui provoque tensions et ambiance délétère. Le couple que forment Félicia et Serge, s’il a un jour été fougueux et en harmonie, se perd dans le quotidien et la routine, chacun d’eux vit dans son monde, laissant peu de place aux projets communs et les éloignant inexorablement l’un de l’autre.

    Un roman sur l’amour de l’art et sur la passion qui fait vibrer. Un moyen de se dépasser et de s’ouvrir au monde mais aussi un repli sur soi, dans une sphère dont l’entourage peut être exclu. Un roman intéressant mais qui n’a pas réussi à me surprendre ni à m’emmener dans son sillage.

    Remerciement aux Chemin Vert Editions pour cette lecture.

     

    Le tango de la valseuse – Emmanuelle Florquin – Chemin Vert Editions – 2014

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    Geisha – Arthur Golden

    Cover Geisha.jpgGeisha est un roman magnifique.

    Tel un papillon qui s’épanouit, nous assistons à l’éclosion d’une des plus grandes geishas qu’à connu Gion (quartier de Kyoto réputé pour ses maisons de plaisirs). Tout commence par l’apprentissage du métier et de ses subtilités, jusqu’à l’adoption d’un nouveau prénom, qui marque leur entrée dans le monde très fermé des geishas. Considérées comme des artistes, elles ont pour mission de divertir les hommes qui requièrent leur présence et pratiquent les arts traditionnels japonais que sont la danse, la musique, le chant et la cérémonie du thé.

    Nous découvrons un monde sans pitié, marqué par les rivalités entre geishas et les coups bas. L’argent occupe également une place importante. Entre les dettes que la geisha doit rembourser à sa « mère », la pratique du mizuage (mise aux enchères de la chasteté d’une apprentie geisha) et la recherche d’un danna (homme riche qui assurera les dépenses de la geisha), il est sans cesse question de finances.

    Ce roman permet aussi de mieux comprendre la vie quotidienne des geishas, empreinte de traditions séculaires et de superstitions. Pour les amateurs de beaux vêtements, c’est l’occasion de se plonger dans l’art du kimono, où la soie dispute la vedette à toute sorte de tissus somptueux. De la manière de porter cet habit mythique à la signification des couleurs et des modèles, vous saurez tout de ce vêtement magnifique.

    Une des particularités du métier de geisha est qu’elles ne peuvent tomber amoureuse et se consacrer à un seul homme. Tout leur être est au service du divertissement et elles ne peuvent connaitre l’amour tel que nous l’entendons, ce qui sera source d’une grande souffrance pour l’héroïne de ce roman.

    Geisha nous emmène dans le Japon des années 1930 et l’histoire de ce pays nous est contée à travers les épisodes de la vie des personnages. Le quartier de Gion connaitra des périodes fastes marquées par le luxe, mais aussi les restrictions qu’impose la guerre. Et même si les personnalités que côtoient les geishas (artistes, politiciens, militaires) leur obtiennent protection et faveurs (thé, chocolat…), la vie en temps de guerre est difficile pour tout le monde.

    Enfin, ce roman ne serait pas ce qu’il est sans la très belle écriture d’Arthur Golden. L’auteur réussit à recréer l’ambiance de Kyoto, nous emportant sur son passage. Les belles phrases sont légion et m’ont plus d’une fois évoqué les haïkus japonais par leur poésie. Raconté à la première personne, par Sayuri elle-même, on ne peut que s’identifier à cette enfant devenue geisha car elle reste quelqu’un de profondément humain malgré le milieu privilégié dans lequel elle évolue.

    Un livre qui m’a trotté dans la tête longtemps après ma lecture, qui m’a immergé dans le monde mystérieux des geishas, sans détours mais avec beaucoup de poésie. Un vrai coup de cœur !

     

    Logo Livra'deux pour pal'addict.pngGeisha – Arthur Golden – Editions Jean-Claude Lattès - 1999