coup de cœur

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    Trois petites histoires de jouets – Philippe Claudel

    Cover Trois petites histoires de jouets.jpgA travers ce recueil de trois nouvelles, Philippe Claudel nous invite dans le monde des jouets. En ouvrant ce livre, je m'attendais à des histoires joyeuses d'enfants et de fêtes. Mais ces petites histoires mettent en fait en scène des adultes dans leur relation aux jouets en bois.

    L’auteur nous incite à poser un autre regard sur le jouet qui, sous sa plume, n'est pas uniquement objet d'amusement mais devient aussi un symbole, un souvenir ou un rêve. J'ai été particulièrement touchée par les deux dernières nouvelles Mains et merveilles et Pierrot lunaire qui font référence à des événements douloureux dans la vie des personnages principaux. En période difficile, les toupies et autres pantins réveillent le souvenir d’une vie paisible ou deviennent les révélateurs d’une enfance oubliée. Les histoires sont fortes, empreintes de tristesse lorsqu’elles font référence aux ravages de la guerre, mais marquées par une grande humanité, qui touche au cœur.

    Au-delà du jouet, ces nouvelles ont pour élément récurrent le travail et le façonnage du bois. Secondaire dans la première nouvelle, il prend toute son importance dans Mains et merveilles où la passion de Firmin pour son métier est palpable, le poursuivant jusque dans les tranchées de la guerre de 1914.

    Trois petites histoires de jouets est le premier livre que je lis de Philippe Claudel et je découvre une très belle plume, toute en nuances et pleine de tendresse, qui me donne envie de poursuivre par la lecture d'autres romans. Un petit livre qui se lit en quelques heures mais qui reste en tête longtemps après avoir été refermé. Un coup de cœur !

     

    Trois petites histoires de jouets – Philippe Claudel – Editions Virgile et Daniel Legrand – 2004

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    Neige – Maxence Fermine ♥♥♥♥

    Cover Neige.jpg1884, au nord du Japon. Yuko vit avec son père, prêtre shintoïste, sur l’ile d’Hokkaido. Le jeune homme vient d’avoir 17 ans et il est temps pour lui de choisir son futur métier. Lorsqu’il annonce son souhait de devenir poète, d’apprendre à regarder passer le temps, son père ne cache pas sa déception. Pour lui, la poésie n’est pas un métier et Yuko, dans le respect de la tradition familiale,  doit choisir entre devenir prêtre ou guerrier. Mais, fasciné par la neige, Yuko décide d’aller contre la volonté de son père et de n’écrire que pour célébrer la beauté du flocon de neige. Sur le conseil d’un poète de la Cour impériale, il se rendra auprès de Soseki pour y recevoir un enseignement aux couleurs. Pour Yuko, ce voyage sera aussi la découverte de l’amour absolu et du funambulisme.

    Premier roman de Maxence Fermine, c’est aussi le second ouvrage que je lis de cet auteur. Et quel éblouissement ! Je pense pouvoir dire que c’est la première fois que je lis un roman qui dégage autant de grâce, de douceur et de beauté. La poésie du récit associée à la finesse de l’écriture nous transporte littéralement dans le Japon du 19e siècle.

    Neige m’a aussi fait découvrir l’art du haïku, ce petit poème japonais composé de trois vers et de 17 syllabes, et qui fait référence à la nature. Qu’il s’agisse des créations de Yuko ou des poèmes d’introduction, ces petites pépites de beauté, passerelle vers la lumière blanche des anges, m’ont émerveillée.

    Deux petits extraits, juste pour le plaisir :

    "En vérité, le poète, le vrai poète, possède l’art du funambule. Ecrire, c’est avancer mot à mot sur un fil de beauté, le fil d’un poème, d’une œuvre, d’une histoire couchée sur un papier de soie. Ecrire, c’est avancer pas à pas, page après page, sur le chemin du livre. Le plus difficile, ce n’est pas de s’élever du sol et de tenir en équilibre, aidé du balancier de sa plume, sur le fil du langage. […] Non, le plus difficile, pour le poète, c’est de rester continuellement sur le fil qu’est l’écriture, de vivre chaque heure de sa vie à hauteur du rêve, de ne jamais redescendre, ne serait-ce qu’un instant, de la corde de son imaginaire. En vérité, le plus difficile, c’est de devenir un funambule du verbe."

    "Car l'amour est bien le plus difficile des arts. Et écrire, danser, peindre, c'est la même chose qu'aimer. C'est du funambulisme. Le plus difficile, c'est d'avancer sans tomber."

    Véritable coup de cœur pour ce petit roman qui a tout d’un grand. A lire et relire… pour le plaisir des belles phrases, pour la douceur qu’il dégage et la sérénité qu’il procure. Une vraie parenthèse dans nos vies mouvementées.

    Neige, Maxence Fermine, Editions Arléa, Editions Points, critique, carnet de lecture, livre, littérature, blog littéraire, poésie, haïku, Japon, coup de cœur, funambuleLu dans le cadre du challenge ABC

     

    Neige – Maxence Fermine – Editions Arléa – 1999 

     

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