chronique littéraire

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    La femme fantôme – Michel Degalat

    La femme fantôme, Michel Degalat, Mon petit éditeur, livre, roman, blog littéraire, littérature, carnet de lecture, chronique littéraire, policier, thriller, FranceAlors que la Cellule de Recherches et d'Enquêtes Spéciales (CRES) vient d’être créée, elle se trouve confrontée à deux cas de disparitions inquiétantes en lien avec la Sécurité nationale française. Entre doubles vies et chantages divers, l’existence de simples citoyens peut parfois cacher bien des énigmes.

    Sur le thème de l’espionnage industriel, Michel Degalat nous emporte dans un roman mené tambour battant, où chaque minute compte pour protéger le pays et ses secrets. Couverte par sa hiérarchie, l’équipe d’ex-militaires a carte blanche pour mettre un terme à un trafic d’informations classées Secret-Défense et c’est avec courtoisie mais efficacité qu’elle mène sa tâche à bien.

    Le roman comporte parfois quelques longueurs mais celles-ci sont rapidement balayées par de nouvelles informations qui provoquent notre curiosité et donnent envie de poursuivre la lecture. L’auteur ne se ménage d’ailleurs pas pour nous surprendre par de nombreux rebondissements, des informations qui bouleversent le cours de l’enquête et des recoupements insoupçonnés entre les deux disparitions.

    Au cours de ma lecture, j’ai plus d’une fois été déstabilisée par l’écriture de Michel Degalat (place de la ponctuation ou des majuscules, abréviations ou « … » placés à des endroits surprenants) mais cela n’a pas perturbé ma lecture outre mesure. La femme fantôme comporte une bonne intrigue, réfléchie et bien construite qui nous plonge au cœur d'un trafic de données sensibles et que j’ai pris beaucoup de plaisir à découvrir.

    La femme fantôme, Michel Degalat, Mon petit éditeur, livre, roman, blog littéraire, littérature, carnet de lecture, chronique littéraire, policier, thriller, FranceRemerciement à Mon petit éditeur pour cette lecture.

    La femme fantôme – Michel Degalat – Mon petit éditeur – 2013

     

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    Le poids du papillon – Erri de Luca

    Le poids du papillon, Erri de Luca, Gallimard, livre, roman, blog littéraire, littérature, carnet de lecture, chronique littéraire, chasse, chasseur, chamois, montagne, village, fusil, papillon, alpesQuelque part dans les Alpes italiennes, un chamois domine sa harde depuis des années. D’une taille et d’une puissance exceptionnelles, l’animal pressent pourtant que sa dernière saison en tant que roi est arrivée, sa suprématie est désormais menacée par les plus jeunes. En face de lui, un braconnier revenu vivre en haute montagne sait lui aussi que le temps joue contre lui. À soixante ans passés, sa dernière ambition de chasseur sera d’abattre le seul animal qui lui ait toujours échappé malgré son extrême agilité d’alpiniste, ce chamois à l’allure majestueuse.

    Erri de Luca nous convie à un duel silencieux entre l’homme et l’animal. Et si les descriptions sont nombreuses, leur caractère poétique nous permet de les apprécier, nous faisant vivre au plus près la rudesse de la vie dans les montagnes italiennes tant pour les animaux que pour les hommes. Ce roman nous fait partager le mode de vie de ces animaux majestueux et nous en apprend beaucoup sur leur comportement ou les règles qui régissent la harde.

    Peu à peu, à travers leurs pensées et souvenirs, les protagonistes se dévoilent et nous découvrons des êtres d'une grande sensibilité, heurtés par la vie et qui ont choisi de suivre leurs propres règles. La justesse de leur regard sur le monde et sur leur propre vie nous les rend proches tant leurs préoccupations sont universelles.

    Un beau roman dont je vous invite à lire les premières pages.

    Le poids du papillon – Erri de Luca – Editions Gallimard – 2011

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    Bruxelles noir – Collectif

    Bruxelles noir, Collectif, Asphalte, livre, roman, blog littéraire, littérature, carnet de lecture, chronique littéraire, belge, nouvelle, recueil, polar, policier, thriller, belgicisme, Bruxelles, Belgique, Michel Dufranne, Barbara Abel, Ayerdhal, Emilie de Béco, Paul Colize, Jean-Luc Cornette, Patrick Delperdange, Sara Doke, Kenan Gorgun, Edgar Kosma, Katia Lanero, Zamora, Nadine Monfils, Alfredo Noriega, Bob van LaerhovenCe recueil de nouvelles met en scène la ville de Bruxelles sous son jour le plus sombre. À l'initiative de Michel Dufranne, treize auteurs belges se sont prêtés au jeu et nous font voyager dans différents quartiers de la capitale belge à travers leurs histoires.

    La lecture de ce recueil me laisse sur une impression très mitigée.

    D'une part parce que les nouvelles imaginées par ces auteurs ne m'ont pas passionnées. Les personnages sont vils, malsains, à l'esprit dérangé ou animé par la vengeance donc peu attachants. Certains auteurs citent un tas de noms de rues sans s'imaginer que le lecteur ne connait pas forcément le quartier dont il est question et que ces informations ne lui sont donc d'aucune utilité. Et ce n'est pas la carte hyper simplifiée de la ville, fournie en première page, qui va être d'une grande utilité.

    D'autre part, alors que certaines nouvelles nous projettent dans un avenir peu engageant (Dédales), la plupart d'entre elles s'ancrent dans la vie actuelle, s'inspirant même de faits réels, et témoignent ainsi des sujets qui ont marqué les belges ces dernières années : les tueries du Brabant, l'affaire Dutroux, la mort de Semira Adamu en sont quelques exemples. Cet aspect est intéressant car, en ouvrant ce recueil, je n'imaginais pas lire des histoires en lien avec cette actualité brulante, qui fait encore couler beaucoup d'encre aujourd'hui.

    Mes nouvelles préférées sont celles d'Edgar Cosma (L'idiot du village) et de Barbara Abel (la perruche), qui m'ont donné l'envie de me (re)plonger dans leurs précédentes publications.

    Un recueil très inégal au niveau du style et de la qualité des nouvelles, qui a le mérite de faire découvrir quelques plumes inconnues, de permettre au lecteur de se faire son opinion et de choisir (ou non) de poursuivre la lecture de ces auteurs.

    Bruxelles noir, Collectif, Asphalte, livre, roman, blog littéraire, littérature, carnet de lecture, chronique littéraire, belge, nouvelle, recueil, polar, policier, thriller, belgicisme, Bruxelles, Belgique, Michel Dufranne, Barbara Abel, Ayerdhal, Emilie de Béco, Paul Colize, Jean-Luc Cornette, Patrick Delperdange, Sara Doke, Kenan Gorgun, Edgar Kosma, Katia Lanero, Zamora, Nadine Monfils, Alfredo Noriega, Bob van LaerhovenRemerciement à Libfly et aux Editions Asphalte pour cette lecture.

    Bruxelles noir – Collectif – Asphalte Editions – 2015

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    Quand les ânes de la colline sont devenus barbus – John Henry

    cvt_Quand-les-anes-de-la-colline-sont-devenus-barbus_5514.jpegQuand les ânes de la colline sont devenus barbus se déroule à Kaboul, entre la ville et les montagnes isolées. Nous y suivons le jeune Jack, obligé de travailler pour nourrir sa famille alors qu'il rêve d'école et de découvertes. Mais sa condition de bacha posh, alors qu'elle devait lui offrir la liberté, le place en opposition par rapport à l'ordre établi. Arrive alors la cavale forcée, le voyage jusqu'en Occident, Bruxelles et le centre de réfugiés de Steenokkerzeel.

    Un roman d'une grande violence et très dur tant Jack va vivre dans la peur pour lui-même et sa famille. L'écriture à la première personne nous fait ressentir au plus près les émotions qu'il vit. Un roman qui ne peut laisser indifférent, j'ai d'ailleurs terminé ma lecture la vue brouillée tant ce livre m'a touché.

    Quand les ânes de la colline sont devenus barbus est le premier roman de cet auteur belge publié aux Editions Diagonale et témoigne d'une grande maitrise du sujet traité tout autant que de l'art de conter les histoires. Un romancier à tenir à l'oeil, assurément.

    Tous mes remerciements vont à l'auteur pour cette lecture et mes encouragements aux Editions Diagonale, une jeune maison d’édition namuroise (Belgique) qui a choisi de se consacrer aux premiers romans.

    Quand les ânes de la colline sont devenus barbus – John Henry – Editions Diagonale – 2015