caroline boidé

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    Les impurs – Caroline Boidé

    Les Impurs, Caroline Boidé, Serge Safran Editeur, nouvelle, critique, carnet de lecture, livre, littérature, blog littéraire, partenariat, amour, Algérie, guerreAlgérie, fin des années ’50. David est juif et s’installe à Alger pour travailler en tant qu’ébéniste. Dès son arrivée, il tombe amoureux de Malek. Musulmane, elle a pourtant un mode de vie particulier. Alors que les femmes du pays sont soumissent à la loi du silence et confinées aux rôles de mères et d’épouses, Malek travaille et choisit de vivre sa vie en dehors de tout carcan imposé par la société.

    Entre ces deux-là, c’est le coup de foudre immédiat. Leur amour et le désir qu’ils ont l’un pour l’autre ne fait que grandir au gré de leurs retrouvailles. Mais, si les juifs et les arabes d’Algérie se fréquentent sans problème, la relation qu’ils entretiennent est considérée comme illégitime et impure. Ils sont donc contraints à vivre leur amour clandestinement. Mais, très rapidement, la famille de David  ainsi que les instances religieuses font pression sur le jeune homme pour qu’il cesse de voir Malek et qu’il officialise un mariage avec une juive. David, plus perméable que sa bienaimée à la pression extérieure, ne sait quelle décision prendre et souffre de cet écartèlement : il aime Malek et refuse de s’en séparer mais il est pratiquant et respecte les traditions juives. Jusqu’au jour où un malheur s’abat sur leur amour… David est anéanti et vivra désormais dans le souvenir de Malek, espérant son retour improbable.

    J’ai adoré les deux premiers chapitres de ce roman ! Cette histoire d’amour est fabuleusement racontée par Caroline Boidé, qui trouve les mots justes pour nous émouvoir, avec un texte rempli de poésie.

    Par contre, le troisième chapitre m’a beaucoup moins intéressé. Il aborde la vie de David après la disparition de Malek, son mariage arrangé avec Léa et la naissance de leur fille Esther. Et si David donne l’impression d’avoir repris sa vie en main, en son for intérieur, il ne fait que ressasser ses idées noires, inconsolable d’avoir perdu sa musulmane adorée. On se rend alors compte que c’était le caractère bien trempé de Malek et sa recherche d’absolu qui faisait tout le charme de ce roman. Ce personnage absent, c’est tout le récit qui perd de l’intérêt. Et David, sans véritable personnalité et amorphe, n’arrive pas à redresser la barre.

    D’autant que le troisième chapitre fait la part belle à un autre protagoniste, à peine évoqué auparavant : la guerre d’Algérie. S’en suit un descriptif des tensions qui apparaissent entre les juifs et les arabes d’Algérie ainsi que l’influence de l’Etat français dans le conflit… Vraiment pas réjouissant et très loin de la folle histoire d’amour qui nous a fait ouvrir ce livre.

    Curiosité de ce roman : au milieu du récit, des extraits du journal tenu par David sont publiés. On y découvre de petites anecdotes sur la vie en Algérie (les nouvelles du front, les progrès d’Esther en lecture ou le quotidien de la vie familiale), qui mettent la lecture en suspens.

    En bref, si je devais relire ce roman, je me concentrerais sur les deux premiers chapitres qui décrivent une très belle histoire d’amour impossible et je zapperais la dernière partie.

     

    Lecture réalisée en partenariat avec Babelio et Serge Safran Editeur.les impurs,caroline boidé,serge safran editeur,nouvelle,critique,carnet de lecture,livre,littérature,blog littéraire,partenariat,amour,algérie,guerre,premier chapitre,extrait

    Les Impurs – Caroline Boidé – Serge Safran Editeur – 2011