bourgeoisie

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    Au plaisir d'aimer – Janine Boissard

    au plaisir d'aimer, janine boissard, gilles paris, flammarionA sa mort, Aymar de Fortjoie laisse à ses filles un château délabré. Pour pouvoir continuer à y soutenir la création d’artistes désargentés et renflouer les comptes du château, elles vont devoir faire preuve d’imagination. La solution : proposer aux riches dames de la région de poser pour leurs protégés contre rémunération. Mais l’action, si elle est efficace, va être à l’origine d’un scandale qui va éclabousser plus d’un notable. 

    Janine Boissard est une auteure prolifique au parcours jalonné de nombreux romans. Et pourtant, c’est grâce à ce roman que je la découvre. J’ai aimé son écriture franche et directe, qui nous immerge dans cette bourgeoisie française qu’elle écorche sans vergogne. Sous nos yeux, les pratiques douteuses et les secrets des notables se dévoilent, bouleversant la vie bien rangée des Poitevins.

    Des femmes qui ont sacrifié leurs rêves pour un mariage économique, des épouses délaissées par leurs maris et qui se sont consacrées à leur famille, allant jusqu’à s’oublier elles-mêmes, vont reprendre confiance en elles grâce aux artistes de Fortjoie. C’est à l’éclosion de ces papillons que nous assistons en lisant Au plaisir d’aimer. Des femmes dont on se prend d’amitié et que l’on admire dans leur volonté de reprendre leur vie en main et qui osent s’affirmer alors qu’elles se sont toujours effacées face à leurs époux.

    Un roman frais et positif, dont se dégagent une joie de vivre, une légèreté et un enthousiasme contagieux. Car à Fortjoie, toutes les occasions sont bonnes pour fêter le succès et l’amour. Un roman contemporain qui me donne envie de me plonger dans les publications précédentes de l’auteure française.

    Remerciement à Gilles Paris pour cette lecture. 

    Au plaisir d’aimer – Janine Boissard – Editions Flammarion – 2015

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    Une saison à Longbourn – Jo Baker

    Cover Une saison à Longbourn.jpgSur le domaine de Longbourn, le couple Bennet vit avec ses filles, en âge de convoler. La préoccupation principale du moment est donc de leur trouver un bon parti à coups de robes, de sorties et de diners. Et pendant que les jeunes filles de la maison rêvent au prince charmant, l’amour rôde aussi à l’étage des domestiques, pourtant bien occupés par tous ces préparatifs.

    Je ne sais si cela a déjà été réalisé auparavant mais je trouve que l’idée de revoir un classique de la littérature en mettant les personnages secondaires au premier plan est intéressante et originale. Dans ce cas, Jo Baker a choisi de réécrire le roman de Jane Austen Orgueil et préjugés selon le point de vue des domestiques, de leur donner une vie bien réelle alors qu’ils n’apparaissent que de façon épisodiques dans le roman original. Le tout sans dénaturer complètement l’histoire authentique puisque les deux récits se chevauchent en permanence, un évènement dans le monde de la bourgeoisie correspondant à une situation donnée pour les domestiques de la maisonnée.

    Grâce à cette auteure qui met en avant des personnages habituellement cachés, on entrevoit le dévouement dont les domestiques font preuve, la difficulté de leur quotidien, entre la cuisine, le blanchissage des vêtements, le raccommodage et les corvées diverses. Les loisirs sont quasi inexistants mais quel plaisir lorsque l’une des jeunes maitresses offre une de ses robes à sa femme de chambre ! Car si les temps sont durs, n’oublions pas que la guerre d’Espagne bat son plein et réquisitionne les jeunes hommes du pays, le sentiment général qui se dégage de ce roman est un sentiment d’humanité, on perçoit l’attachement profond qui unit ces personnes, qui les fait se comporter comme une famille, celle qu’ils n’ont jamais connus par ailleurs.

    C’est en un dimanche gris et venteux que j’ai lu Une saison à Longbourn, j’ai été emportée par cette histoire d’un autre temps, qui nous fait découvrir les coulisses d’un roman mythique et qui m’a donné envie de lire Orgueil et préjugés, présent dans ma PAL depuis trop longtemps. Une vraie lecture-plaisir.

    Remerciement à Libfly et aux Editions Stock pour cette lecture.

    Une saison à Longbourn – Jo Baker – Editions Stock – 2014

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    Le rouge et le noir – Stendhal

    Cover Le rouge et le noir Thélème.jpgFermez les yeux, installez-vous confortablement et laissez-vous bercer par la voix envoutante de Michel Vuillermoz. Cet acteur prête sa voix à la lecture de ce chef d’œuvre de la littérature classique, publié pour la première fois en 1830 et écrit par Stendhal. Calme et douce, sa voix change cependant d’intonation selon la personne qui s’exprime, ce qui rend l’écoute vraiment agréable et garde l’ennui à distance.

    Julien Sorel est un jeune homme malingre qui ne fait rien de bon dans la fabrique de bois de son père. Ayant fait le séminaire, Julien connait le latin et se fait engager par le Maire de Verrieres comme précepteur des enfants. Pour ce fils de paysan qui méprise la bourgeoisie, il s’agit uniquement de gagner un peu d’argent. Mais, rapidement, il va s’intéresser à l’épouse du Maire, Madame Rénal, encore fort jolie. L’intérêt étant réciproque, Mme Rénal et Julien deviendront rapidement amants. Mais Julien est tiraillé entre son aversion pour la bourgeoisie et les idées capitalistes qu’elle véhicule et ses sentiments naissants pour sa maitresse. Oscillant sans cesse entre héroïsme et sentimentalisme, il sera contraint de quitter la maison des Rénal et s’exilera à Paris, où il deviendra le secrétaire du Marquis de La Mole. Mais, là aussi, sa passion pour une belle demoiselle de la bourgeoisie va avoir raison de lui.

    Le rouge et le noir est un roman historique. Il nous présente la révolution française de 1830, les relations politiques qui unissent les différents protagonistes ainsi que la structure sociale de l’époque et, notamment, la différence entre le quotidien de la bourgeoisie et celui du peuple.

    Stendhal, dans un vocabulaire châtié qui garde tout son charme, nous livre une histoire très descriptive. Qu’il s’agisse de nous dépeindre la ville et ses habitants ou les sentiments amoureux de Julien et de ses amantes, l’auteur nous immerge dans les réflexions des uns et des autres. Et leurs actes, qui pourraient paraitre complètement absurdes vus de l’extérieur, prennent alors tout leur sens.

    Si j’ai bien aimé ce roman, j’avoue que j’ai trouvé les descriptions assez longues. Je pense que si j’avais lu cette histoire sur un support papier, j’aurais probablement sauté certains passages trop descriptifs, ce qui n’est pas possible avec un livre audio.

    Je remercie encore les Editions Thélème pour m’avoir fait découvrir ce classique de la littérature française.

    Le rouge et le noir – Stendhal – Editions Thélème – 2008