biographie

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    Ce n'est pas toi que j'attendais – Fabien Toulmé

    Ce n'est pas toi que j'attendais, Fabien Toulmé, Delcourt, livre, roman, blog littéraire, littérature, carnet de lecture, famille, enfant, trisomie, trisomique, bande dessinée, biographie, livre graphique, BDDéjà parents d’une petite Louise, Fabien et Patricia attendent un second enfant. Pour le couple, c’est l’euphorie, ils s’interrogent sur le choix du prénom, font des projets. Mais Fabien est inquiet : la grossesse a commencé au Brésil, où les examens prénataux sont moins poussés qu’en France. Quand sa petite fille naît porteuse d'une trisomie non dépistée, sa vie bascule. Cet album est son histoire, celle de la découverte de la différence.

    Étant lui-même père d’une petite fille trisomique, l’auteur s’est fortement inspiré de sa vie familiale pour partager son vécu de père. De la joie de la naissance à la violence des mots (malformation cardiaque, trisomie 21, retards dans les apprentissages…), les parents font un saut vertigineux dans l’inconnu, avec toutes les idées préconçues que la maladie véhicule.

    Sans tabou, l’auteur nous fait vivre les différentes étapes par lesquelles il est passé pour en arriver à accepter la différence de son enfant. Car, face à la peur et à la méconnaissance, la première réaction est le rejet, un profond sentiment d'injustice qui pousse à chercher un coupable au malheur que vit la famille. Et puis, il ne faut pas seulement apprendre à apprivoiser cet enfant, il faut aussi faire face au regard des autres et à l’intolérance de la société vis-à-vis des personnes handicapées.

    Une histoire poignante, racontée avec beaucoup de tendresse et de douceur, qui témoigne du difficile travail d’acceptation d’un enfant différent mais aussi et surtout du bonheur quotidien qu’il procure à son entourage.

    Ce n'est pas toi que j'attendais – Fabien Toulmé – Editions Delcourt – 2014

     (Clic sur l'image pour agrandir)

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    Le soir, Lilith – Philippe Pratx

    le soir lilith, pratx, l'harmattantAlors qu'il met en ordre les éléments épars d'une future biographie d'une star du cinéma muet qu'il a fréquentée dans sa jeunesse, un écrivain reçoit la visite d'une étrange journaliste qui le presse de lui en dévoiler davantage sur la fameuse Eve Whiteland, plus connue sous le nom de Lilith Hevesi. Dès lors, filmographie, notes manuscrites, souvenirs brumeux se mêlent pour tisser un canevas qui ne parvient pourtant pas à dresser un portrait fidèle d'un personnage hors du commun, jusqu'à ce que la journaliste dévoile à l'auteur une facette inconnue de l'actrice...

    Ce roman nous plonge dans le monde du cinéma muet hollywoodien des années 1920. Sa construction, originale, mêle extraits de lettres et de films, scénarii refusés et brouillons de biographie dans un passage constant du présent au passé. Cette lecture, dont l'abord n'est pas facile, brouille nos repères chronologiques habituels et nécessite donc une certaine concentration.

    Je n'ai malheureusement pas réussi à m'accrocher au personnage de Lilith ni à celui du narrateur et je pense que ce manque d'intérêt est en partie lié à la structure alambiquée du roman qui ne me permettait pas de savoir où l'auteur souhaitait m'emmener et dans quel but.

    Au terme de ma lecture, Le soir, Lilith me laisse l'impression générale d'être passée à côté de quelque chose, sans véritablement réussir à saisir ce qui m'a échappé. Je pense que ce livre n'est tout simplement pas arrivé au bon moment. En plein « passage à vide littéraire », j'avais besoin d'une lecture légère et probablement plus simple à appréhender. C'est donc un roman que je relirai plus tard, dans un état d'esprit plus approprié à ce type de récit.

    Je remercie néanmoins Philippe Pratx pour cette lecture.

     

    Le soir, Lilith – Philippe Pratx – Editions L'Harmattan – 2014

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    Quelque chose dans la nuit – Mikaël Ollivier

    Cover Quelque chose dans la nuit.gifTrois accords en boucle, un riff de guitare, un refrain… Something In The Night.
    Ils sont des dizaines de milliers à avoir entendu cette chanson. Six d’entre eux en mourront. Quatre hommes et deux femmes dont le seul lien est leur passion déraisonnable pour une star, Bruce Springsteen, le Boss. Six fans traqués par la mort de concert en concert, de Madrid à Hambourg, à Londres, Paris et Anvers. Suicides ? Accidents ? Une loi des séries à laquelle Damien, gendarme passionné de musique, ne peut croire.

    Immersion dans le monde des fans, qui suivent leur groupe ou chanteur favori dans ses tournées à travers le monde. Les personnages que nous décrit Mikaël Ollivier sont de véritables passionnés (ils fréquentent les forums dédiés au chanteur, organisent leurs vacances en fonction des dates de concert de la star, s’endettent pour pouvoir le suivre…), leur vie quotidienne n’étant plus qu’une sorte d’intermède obligatoire entre deux concerts. Ce sont les personnages de Guillaume Le Guen et de  son frère Damien, tous deux policiers, qui m’ont le plus touchés par leur sensibilité et leur esprit aiguisé.

    Quelque chose dans la nuit nous fait partager les moments d’effervescence que connaissent les fans lorsqu’ils partent en concert mais aussi les doutes et les peurs qui s’éveillent au fil des meurtres qui se succèdent. En parallèle à l’histoire principale, le récit horrible et poignant d’une jeune fille agressée par un groupe de garçons prend aux tripes, sans que l’on comprenne tout de suite la signification de ces digressions. Malheureusement, ce roman comporte aussi quelques longueurs lorsque l’auteur développe la vie quotidienne de chacun des personnages, faisant retomber la tension et nous coupant ainsi dans notre élan. Les dernières pages laissent, quant à elles, une impression positive, marquée par une accélération de l’histoire, jusqu’au final où l’auteur nous livre le fin mot de cette tournée meutrière.

    Ce roman policier, certes un peu inégal au niveau du rythme, a par ailleurs le mérite de nous plonger dans un monde peu connu, celui des travellers fans. Mikaël Ollivier, lui-même passionné par Bruce Springsteen (il a d’ailleurs écrit une biographie du chanteur), arrive à nous transmettre son intérêt pour la musique rock. Les informations sont complètes et font référence à des événements réels, le Magic Tour s’étant effectivement arrêté dans plusieurs villes européennes entre 2007 et 2008.

    A lire avec Bruce Springsteen en fond sonore évidemment ! 

     

    Quelque chose dans la nuit – Mikaël Ollivier – Editions Le Passage – 2011

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    Art nègre – Bruno Tessarech

    Cover Art nègre.jpgEn panne d’inspiration, Louis n’arrive plus à écrire. Sa compagne l’a quitté et il se retrouve seul, errant sans but dans l’appartement. Lorsque son éditeur lui propose d’écrire la biographie d’une  personnalité connue, il n’a d’autre choix que d’accepter. Commence alors une nouvelle vie où Louis mettra sa plume au service des autres, avant, peut-être, de se consacrer à son propre roman.

    Sous le prétexte du roman, Art nègre constitue une formidable réflexion sur le travail de nègre. Peu connus mais pourtant omniprésents dans les vitrines des librairies, ces auteurs qui écrivent les confidences et autobiographies de célébrités sont souvent dévalorisés. Le terme « nègre », a lui seul, est lourd de sous-entendus puisqu’il fait référence à l’exploitation des populations noires d’Afrique, tout comme le talent de l’écrivain est exploité lorsqu’il travaille sur commande. Louis le dit d’ailleurs très bien lorsque, après avoir travaillé des mois sur la biographie d’un médecin, celui-ci annule la parution du livre : « Et moi, dans toute cette histoire, j’avais servi à qui, à quoi ? ».

    Et si l’écriture de ces récits reste un travail alimentaire pour Louis, lui permettant ensuite de se consacrer à ses propres écrits, il n’empêche qu’« écrire, c’est écrire. L’histoire d’un homme, vraie ou fausse, reste l’histoire d’un homme. On ne plaisante pas avec ces choses-là ». Parce que, tout écrivain fantôme qu’il est, il lui est impossible de ne pas s’impliquer dans l’écriture, de ne pas être à l’écoute de ces vies qui se racontent à lui. Mais, évidemment, l’éditeur n’est pas toujours de cet avis. Pour lui qui a des objectifs de ventes à atteindre, tous les moyens sont bons, y compris celui qui consiste à introduire un peu de romanesque dans la biographie de personnalités dont la vie est trop lisse.

    J’ai aimé ce roman où le narrateur écrit à la première personne, comme s’il nous parlait. En tant que lecteur, on est alors le témoin de ses doutes. Louis n’arrive plus à écrire ses propres romans, évoquant le manque de liberté d’esprit qu’entrainent les difficultés financières : « J’étais condamné à courir […] d’un texte à l’autre, incapable de savoir s’il me fallait d’abord gagner de quoi vivre pour pouvoir écrire, ou si écrire n’était pas ma vie elle-même, ma seule raison d’être, le reste n’ayant aucune importance ».

    Un thème qui a maintes fois été abordé dans la littérature ou le cinéma (souvenez-vous de Ghost writer de Roman Polanski - 2010) mais qui est ici vu de l’intérieur par un auteur qui, lui-même a été nègre… Un roman que j’ai pris beaucoup de plaisir à lire.

    Je remercie les Editions Buchet-Chastel et Babelio pour cette découverte.

    Art nègre – Bruno Tessarech – Editions Buchet-Chastel– 2013

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