bibliothérapie

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    Aux petits mots les grands remèdes – Michaël Uras

     Aux petits mots les grands remèdes, Michaël Uras, Editions Préludes, livre, roman, blog littéraire, littérature, carnet de lecture, avis lecture, rentrée littéraire 2016, bibliothérapie, développement personnel, thérapieAlex a choisi d'exercer un métier peu commun : bibliothérapeute. Il tente de soulager les maux de ses patients grâce à la littérature. Mais si Alex se montre doué dans sa profession, il doit bien reconnaître que sa vie privée laisse à désirer... La littérature pourra-t-elle aider le bibliothérapeute lui-même ? La clef du bonheur se trouve-t-elle entre les lignes des ouvrages qu'il a tant aimés ?

    Depuis quelques temps, la bibliothérapie est sur toutes les lèvres. Le terme, qui ne fait pas encore consensus, désigne à la fois les livres de développement personnel et la thérapie par la lecture d’œuvres de fiction. Aux petits mots les grands remèdes aborde cette seconde approche. Si le livre ne permet pas réellement de soigner les patients d'Alex, il les pousse à adopter un autre point de vue sur leur problème. En s'identifiant à un personnage de roman, ils peuvent établir un parallèle avec leur propre situation et trouver une solution originale.

    L'idée de départ est plutôt innovante. Malheureusement, la thématique ne fait pas tout et, dans ce cas, le style d'écriture manquait un peu d'énergie à mon goût. Entre les séances avec ses patients, ses états d'âme et le quotidien banal d'Alex, on tombe rapidement dans un rythme linéaire et lent.

    Le personnage lui-même est difficile à cerner. Son addiction à la lecture l’isole à un point tel que ses relations sociales deviennent très limitées. La littérature est toute sa vie et il lie chaque élément de son existence à un texte. Pourtant, les extraits qu'il lit ne l'aident ni à accepter sa situation ni à entamer un changement. Les cordonniers sont les plus mal chaussés dit-on, ce doit être pareil pour les bibliothérapeutes... Je n'ai pas du tout réussi à m'identifier à lui, que ce soit en tant qu'être humain ou dans son rôle de thérapeute aux pratiques peu professionnelles.

    Dans un premier temps, j'ai apprécié les nombreuses références littéraires et j'ai eu envie de découvrir les auteurs cités. Puis, à un moment donné, je me suis sentie dépassée par toutes ces notes de bas de pages qui alourdissent le texte et par ces extraits qui coupent le rythme du roman sans forcément apporter de supplément d'information.

    Rendons à Michaël Uras ce qui lui appartient, il a une culture littéraire absolument phénoménale. Bien que je m'interroge sur le choix des livres prescrits. Pourquoi Alex propose-t-il presque toujours les grands noms de la littérature classique (Cocteau, Salinger, Homère...) et peu d'auteurs contemporains ? N'y a-t-il que les classiques pour véhiculer des messages pertinents ?

    Un bel hommage à la littérature mais un style d'écriture auquel je n'ai pas accroché. Dommage.

    Remerciement aux Editions Préludes pour cette lecture.

    Aux petits mots les grands remèdes – Michaël Uras – Editions Préludes – 2016 

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    Les livres prennent soin de nous – Régine Detambel

     Les livres prennent soin de nous, Régine Detambel, Editions Actes Sud, livre, roman, blog littéraire, littérature, carnet de lecture, avis lecture, essai, bibliothérapieDans cet essai, Régine Detambel explore cette nouvelle manière de soigner les maux de l'âme qu'est la bibliothérapie. Fréquemment utilisée dans les pays anglo-saxons, cette pratique tend à s'implanter dans nos pays, raison pour laquelle j'ai voulu en savoir plus sur cette nouvelle forme de thérapie.

    Pour commencer, rappelons la définition de la bibliothérapie, datant de 1961 : « La bibliothérapie est l'utilisation d'un ensemble de lectures sélectionnées en tant qu'outils thérapeutiques en médecine et en psychiatrie. Et un moyen de résoudre des problèmes personnels par l'intermédiaire d'une lecture dirigée. »

    Concrètement, il existe deux façons d'utiliser la bibliothérapie. L'une qui consiste à lire des ouvrages de développement personnel tandis que l'autre privilégie la lecture d'oeuvres de fiction. Dans cet essai, l'auteur met l'accent sur cette deuxième méthode, qualifiée de bibliothérapie littéraire.

    Le principe de base est de considérer le livre comme un objet transitionnel entre la souffrance intérieure et le monde extérieur. Dans ce cadre, la lecture permettra à la personne souffrante de s'identifier aux personnages, de prendre conscience qu'elle n'est pas la seule à vivre des moments difficiles et de mener à une réflexion sur soi. Régine Detambel ajoute que pour être efficace, le livre doit nécessairement être fort et provoquer un choc chez le lecteur. Le choix des lectures est donc très important pour que la bibliothérapie soit efficace. Or, il est difficile de prévoir les effets qu'un texte pourrait provoquer chez une personne donnée.

    Outre la lecture, l'écriture est un autre outil utilisé en bibliothérapie dans la mesure où elle permet d'assimiler un événement douloureux. L'auteure évoque notamment les périodes de guerres où les soldats se plongeaient dans la lecture ou l'écriture pour préserver un espace de rêve et de liberté, indispensable pour supporter leur réalité quotidienne. Selon elle, la poésie peut jouer un rôle non négligeable dans la régulation de l'angoisse et de l'anxiété, par son rythme et ses sonorités.

    Les livres prennent soin de nous retrace l'histoire de la bibliothérapie à travers une revue de la littérature très complète. Régine Detambel fait de nombreuses références à des disciplines telles que la psychologie, la philosophie, l'anthropologie ou la psychanalyse. Cet essai est le résultat d'un gros travail de recherche documentaire, intéressant mais légèrement indigeste tant les références sont nombreuses et impossibles à retenir. Contrairement à certains essais qui se lisent comme des romans, j'ai eu l'impression de lire un mémoire de fin d'études. Là où j'attendais des exemples concrets de bibliothérapies réussies, j'ai été déçue par l'approche très théorique, qui ne donne aucune piste concrète permettant de s'aider ou d'aider autrui avec les livres.

    Les chapitres qui m'ont parus les plus vivants sont ceux où Régine Detambel parle de sa propre expérience du livre et de la lecture mais ils sont malheureusement noyés dans la masse de noms et de dates en tout genre.

    Le livre comme un médicament? Personnellement, je ne suis pas convaincue. Je pense que cela peut être un moyen parmi d'autres d'amener la personne à prendre du recul et à réfléchir différemment à sa situation mais tout miser sur la bibliothérapie me semble un leurre, un effet de mode.

    Les livres prennent soin de nous – Régine Detambel – Editions Actes Sud – 2015

     

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