au diable vauvert

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    Manuel de survie à l'usage des incapables – Thomas Gunzig

    Cover Manuel de survie à l'usage des incapables.jpgEntre réalisme et fantastique, ce roman nous fait entrer dans un univers pour le moins étrange. Dans un futur qui ne semble pas très lointain, il nous plonge dans un monde où les travers de notre époque sont exacerbés.

    La société de consommation étend ses tentacules dans tous les domaines de la vie quotidienne, où les règles de la grande distribution s’érigent en mode de vie. Tout est considéré comme une marchandise, aussi bien les êtres humains, interchangeables à souhait, que les animaux, affublés de code à barres et propriétés de marques commerciales.

    L’être humain est génétiquement modifié et doté des qualités de certains animaux (endurance, combativité…). On assiste alors à des situations irréelles : une femme donne naissance à des loups, une autre a les caractéristiques physiologiques d’un serpent venimeux…

    Un roman qui intrigue et qui pose de nombreuses questions quant à l’évolution du monde dans lequel nous vivons. Tout comme George Orwell l’avait fait avec 1984, Thomas Gunzig imagine ce que sera la vie sur terre dans les années à venir si le monde s’obstine sur la voie actuelle. Ce Manuel de survie à l’usage des incapables est en fait une mise en garde, sous forme de dystopie, pour les générations futures tout autant que pour nous.

    J’ai été agréablement surprise par ce premier roman que je lis de Thomas Gunzig. Si le démarrage se fait sur des chapeaux de roues, la suite est plus posée mais nous réserve quelques beaux rebondissements auxquels on ne s’attend pas. Agrémenté de répliques de films d’Arnold Schwarzenegger et de références à Léon Tolstoï, ce manuel de survie n’est malgré tout pas à suivre au pied de la lettre si vous voulez rester en vie. Conseil d’ami Clin d'œil

    Découvrez les premières pages de ce roman ici!

    Logo On vous lit tout!.jpegLecture réalisée dans le cadre de l’opération On vous lit tout organisée par Libfly et Furet du Nord.

     

    Manuel de survie à l’usage des incapables – Thomas Gunzig – Au diable vauvert – 2013 

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    Le libraire – Régis de Sa Moreira

    Cover Le libraire.jpgLes libraires constituent un peuple un peu particulier. Passionnés de livres, ils vivent en dehors de la réalité, dans leur monde. C’est aussi ainsi que vit Le libraire de Régis de Sa Moreira. Être solitaire, il tient une boutique dans une grande ville qui compte déjà nombre de librairies. Mais le libraire (ainsi nommé dans le roman, il n’a pas de nom) n’est pas un commerçant ordinaire car il a choisit un créneau particulier : il « refusait de vendre de la merde ». En conséquence, notre ami lit tous les livres qu’il vend. D’ailleurs, certains rayons sont moins fournis que d’autres, comme celui des guides de voyages par exemple. Il faut dire que le libraire ne voyage pas beaucoup, tout occupé à garder sa librairie ouverte jour et nuit (vous imaginez si un client désespéré trouvait porte close en pleine nuit ? Quelle catastrophe !). En parlant de clientèle, on peut dire que la boutique attire une faune un peu particulière, notre libraire n’hésitant d’ailleurs pas à fuir les clients qu’il ne veut pas voir ou à les expulser volontairement.

    Voilà posé le cadre de ce roman original. Sans véritable histoire, chacun des chapitres aborde un aspect de la personnalité du libraire ou s’attarde sur une catégorie de clients. En fait, ce roman me fait penser à une série télévisée où chaque épisode, s’il met en scène les mêmes protagonistes, n’en est pas moins différent et sans lien avec le précédent.

    L’auteur nous immerge dans un monde magique où les livres ont une vie propre : ils dorment, se nourrissent et réagissent aux comportements des clients. Mais il semble que les rêveries du libraire ne sont qu’un prétexte pour parler de sujets qui nous touchent tous : Dieu, la religion, l’amour, l’amitié, la solitude ou la place de la littérature dans notre vie. Le libraire, sans véritable attache, s’est construit un monde dans lequel les étagères de livres sont des remparts contre la solitude, où les devises et règles le rassurent et lui permettent de faire face à un monde qui lui est étranger.

    J’attendais beaucoup de ce livre, je pensais que l’on y parlerait littérature et que je me retrouverais dans ce libraire passionné de livres. Pas du tout. Les quelques titres cités n’ont aucun intérêt et il est surtout question du rapport entre le libraire et sa clientèle extravagante. De plus, je n’ai pas réussi à sortir de la lecture au premier degré et le coté décalé/irréel de ce roman n’a pas réussi à me toucher. Cette lecture m’a placée dans une certaine tension, une attente qui n’a finalement pas été comblée par manque d’action.

    Par contre, j’ai un vrai coup de cœur pour la couverture de la version de poche. Je ne connais pas de meilleur moyen de savourer un bon livre qu’en l’accompagnant d’une boisson chaude (chocolat ou thé), au coin du feu.

    le libraire,régis de sa moreira,au diable vauvert,critique,carnet de lecture,livre,littérature,blog littéraire,livres,tisane,bibliothèque,lire,librairie,lecture,livre de pocheLe premier chapitre du roman vous permettra de vous faire une idée personnelle…

    Le libraire – Régis de Sa Moreira – Au diable vauvert – 2004 

     

    Du même auteur :