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    Au plaisir d'aimer – Janine Boissard

    au plaisir d'aimer, janine boissard, gilles paris, flammarionA sa mort, Aymar de Fortjoie laisse à ses filles un château délabré. Pour pouvoir continuer à y soutenir la création d’artistes désargentés et renflouer les comptes du château, elles vont devoir faire preuve d’imagination. La solution : proposer aux riches dames de la région de poser pour leurs protégés contre rémunération. Mais l’action, si elle est efficace, va être à l’origine d’un scandale qui va éclabousser plus d’un notable. 

    Janine Boissard est une auteure prolifique au parcours jalonné de nombreux romans. Et pourtant, c’est grâce à ce roman que je la découvre. J’ai aimé son écriture franche et directe, qui nous immerge dans cette bourgeoisie française qu’elle écorche sans vergogne. Sous nos yeux, les pratiques douteuses et les secrets des notables se dévoilent, bouleversant la vie bien rangée des Poitevins.

    Des femmes qui ont sacrifié leurs rêves pour un mariage économique, des épouses délaissées par leurs maris et qui se sont consacrées à leur famille, allant jusqu’à s’oublier elles-mêmes, vont reprendre confiance en elles grâce aux artistes de Fortjoie. C’est à l’éclosion de ces papillons que nous assistons en lisant Au plaisir d’aimer. Des femmes dont on se prend d’amitié et que l’on admire dans leur volonté de reprendre leur vie en main et qui osent s’affirmer alors qu’elles se sont toujours effacées face à leurs époux.

    Un roman frais et positif, dont se dégagent une joie de vivre, une légèreté et un enthousiasme contagieux. Car à Fortjoie, toutes les occasions sont bonnes pour fêter le succès et l’amour. Un roman contemporain qui me donne envie de me plonger dans les publications précédentes de l’auteure française.

    Remerciement à Gilles Paris pour cette lecture. 

    Au plaisir d’aimer – Janine Boissard – Editions Flammarion – 2015

    Du même auteur:

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    Geisha – Arthur Golden

    Cover Geisha.jpgGeisha est un roman magnifique.

    Tel un papillon qui s’épanouit, nous assistons à l’éclosion d’une des plus grandes geishas qu’à connu Gion (quartier de Kyoto réputé pour ses maisons de plaisirs). Tout commence par l’apprentissage du métier et de ses subtilités, jusqu’à l’adoption d’un nouveau prénom, qui marque leur entrée dans le monde très fermé des geishas. Considérées comme des artistes, elles ont pour mission de divertir les hommes qui requièrent leur présence et pratiquent les arts traditionnels japonais que sont la danse, la musique, le chant et la cérémonie du thé.

    Nous découvrons un monde sans pitié, marqué par les rivalités entre geishas et les coups bas. L’argent occupe également une place importante. Entre les dettes que la geisha doit rembourser à sa « mère », la pratique du mizuage (mise aux enchères de la chasteté d’une apprentie geisha) et la recherche d’un danna (homme riche qui assurera les dépenses de la geisha), il est sans cesse question de finances.

    Ce roman permet aussi de mieux comprendre la vie quotidienne des geishas, empreinte de traditions séculaires et de superstitions. Pour les amateurs de beaux vêtements, c’est l’occasion de se plonger dans l’art du kimono, où la soie dispute la vedette à toute sorte de tissus somptueux. De la manière de porter cet habit mythique à la signification des couleurs et des modèles, vous saurez tout de ce vêtement magnifique.

    Une des particularités du métier de geisha est qu’elles ne peuvent tomber amoureuse et se consacrer à un seul homme. Tout leur être est au service du divertissement et elles ne peuvent connaitre l’amour tel que nous l’entendons, ce qui sera source d’une grande souffrance pour l’héroïne de ce roman.

    Geisha nous emmène dans le Japon des années 1930 et l’histoire de ce pays nous est contée à travers les épisodes de la vie des personnages. Le quartier de Gion connaitra des périodes fastes marquées par le luxe, mais aussi les restrictions qu’impose la guerre. Et même si les personnalités que côtoient les geishas (artistes, politiciens, militaires) leur obtiennent protection et faveurs (thé, chocolat…), la vie en temps de guerre est difficile pour tout le monde.

    Enfin, ce roman ne serait pas ce qu’il est sans la très belle écriture d’Arthur Golden. L’auteur réussit à recréer l’ambiance de Kyoto, nous emportant sur son passage. Les belles phrases sont légion et m’ont plus d’une fois évoqué les haïkus japonais par leur poésie. Raconté à la première personne, par Sayuri elle-même, on ne peut que s’identifier à cette enfant devenue geisha car elle reste quelqu’un de profondément humain malgré le milieu privilégié dans lequel elle évolue.

    Un livre qui m’a trotté dans la tête longtemps après ma lecture, qui m’a immergé dans le monde mystérieux des geishas, sans détours mais avec beaucoup de poésie. Un vrai coup de cœur !

     

    Logo Livra'deux pour pal'addict.pngGeisha – Arthur Golden – Editions Jean-Claude Lattès - 1999