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    A l'ombre des cerisiers – Dörte Hansen

     A l'ombre des cerisiers, Dörte Hansen, Editions Kero, livre, roman, blog littéraire, littérature, carnet de lecture, avis lecture, littérature étrangère, Allemagne, cerisier, familleC'est au printemps 1945 que la petite Vera voit pour la première fois la vieille ferme perdue au cœur d'un immense verger. Sa mère et elles viennent de traverser à pied une Allemagne en ruines. Soixante-dix ans plus tard, Vera, qui occupe toujours la maison, voit débarquer à son tour sa nièce, Anne, en pleine rupture amoureuse, et son jeune fils Leon. Les deux femmes, fortes têtes et solitaires, vont affronter ensemble une histoire familiale traversée de secrets et de non-dits. Sauront-elles redonner vie à ces murs hantés par les chimères du passé? Pour cela, il faudra d'abord apprivoiser les habitants du village qui ne manquent ni de caractère ni d'originalité...

    Premier roman de l’auteure allemande Dörte Hansen, A l'ombre des cerisiers immerge le lecteur dans la rudesse de la vie à la campagne.

    Ce n’est pas un roman à intrigue, où il faudrait trouver une solution à un problème. Il s’agit plutôt de suivre le quotidien de plusieurs générations de femmes au sein d’une même famille. Les dialogues ne sont pas nombreux et tout passe par le ressenti des personnages.

    En donnant la parole à ces personnages tourmentés, l'auteure nous permet de comprendre les circonstances dans lesquelles certaines décisions ont été prises, qui pourraient paraitre étranges vu de l’extérieur. En levant le voile sur ces femmes et leur histoire, on s’y attache et on entre en empathie avec elles.

    Le petit village d’agriculteurs où tout le monde se connait, s’épie et colporte des ragots rend l’ambiance générale du roman légèrement oppressante. Pourtant, à l'abri de leur ferme délabrée, Vera et Anne vont apprendre à se connaitre, à s'apprécier et vont construire un nouveau pan de l'histoire familiale.

    Remerciement aux Editions Kero pour ce beau roman, humain et sensible.

    A l'ombre des cerisiers – Dörte Hansen – Editions Kero – 2016

     

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    Charlotte – David Foenkinos

    Cover Charlotte.jpgDans ce texte, David Foenkinos nous convie à un voyage personnel puisqu'il partage sa passion pour l'artiste-peintre allemande Charlotte Salomon, tuée dans un camp de concentration à l'âge de 26 ans.

    Entre le document et la fiction, ce texte retrace la vie de Charlotte Salomon, de ses origines à sa mort tragique. Sur le ton de la confidence, l'auteur évoque pour nous son obsession pour cette artiste, qui l'a fait voyager sur les lieux qu'elle a fréquentés, à la recherche du plus petit élément lui permettant de se rapprocher d'elle. C'est donc un aspect méconnu de l'auteur que nous découvrons ici même si le procédé évoque par moments Lennon, qui romançait également la vie du mythique chanteur des Beatles.

    Exilée en France et sentant la fin proche, Charlotte réalise dans l'urgence sa plus grande œuvre, Vie? Ou Théâtre?, retraçant son histoire personnelle. Ce sont ces dessins qui ont marqués David Foenkinos au point de le pousser à écrire sur l'artiste-peintre. Il revient d'ailleurs sur la difficulté d'écrire un tel livre et sur la façon d'aborder cette histoire.

    David Foenkinos est un auteur que j'apprécie. Et on retrouve, dans Charlotte, ce qui caractérise son écriture, fluide, claire, au mot toujours juste pour exprimer les émotions et les sentiments. Ce qui m'a dérangé, c'est que je ne m'attendais pas à une biographie. Si j'avais connu le sujet du livre avant d'entamer ma lecture et sans le tapage médiatique qui a entouré sa sortie, je ne l'aurais probablement jamais ouvert. C'est dire mon intérêt...

    Charlotte a reçu le Prix Renaudot ainsi que le Goncourt des lycéens et a fait couler beaucoup d'encre, entre ceux qui crient au chef d’œuvre et ceux qui le descendent en flèche. Ne vous reste plus qu'à vous faire votre propre opinion. Voyez déjà l'extrait...

    Charlotte – David Foenkinos – Editions Gallimard – 2014

    Du même auteur:

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    Schroder – Amity Gaige

    Cover Schroder.jpgEric Kennedy écrit à son ex-femme Laura. Lui qui s’est toujours présenté sous ce faux nom dévoile enfin sa véritable identité à quelques semaines du procès qui lui enlèvera définitivement la garde de sa fille. Ce qu’il veut dire à Laura, c’est qu’il est un bon père pour la petite Meadow, que leur petit voyage n’avait pour objectif que de passer plus de temps avec son enfant et non de l’enlever.

    Le roman est centré sur la psychologie du personnage principal d’Eric Kennedy, alors qu’il est en pleine crise identitaire. Comment expliquer à quelqu’un que l’on a profondément aimé qu’on lui a menti pendant des années sur quelque chose d’aussi fondamental que son origine et son nom ? Dans une tentative désespérée de retrouver la confiance de son ex-femme (et la garde de sa fille), il va tenter de lui expliquer les raisons de ce changement d’identité, les tentatives d’aveux toujours repoussées et la confiance en soi que lui procurait ce nom prestigieux.

    Schroder est un roman qui met en exergue l’amour paternel dans ce qu’il a de plus fort. Mais le père, déjà fragilisé, se laisse submerger par les émotions et tente de retarder la séparation d’avec son enfant, quitte à les mettre tous deux en danger. Et on se prend d’affection pour ce père qui sait la fin proche mais qui cherche les dernières étincelles de magie dans le regard de son enfant. Mais, dans un même temps, on a pitié de cet homme qui met ses dernières maigres forces dans une bataille qu’il sait perdue d’avance et qui s’enfonce de plus en plus, allant jusqu’au bout de son erreur.

    Le récit de ce road-trip à travers les Etats-Unis se lit sans difficulté, le rythme est rapide et relativement constant bien qu’entrecoupé de notes de bas de page que l’on ne s’attend pas à trouver dans un roman. Car l’auteur (sous la plume d’Eric) y philosophe sur les diverses significations d’un mot ou de son absence, sans que l’on saisisse vraiment en quoi ces digressions alimentent le roman.

    J’ai également trouvé un peu trop opportun le fait que la petite Meadow, âgée de 6 ans, soit considérée comme surdouée car cela justifie un discours et des tournures de phrases qu’aucun adulte n’utiliserait avec un enfant de cet âge.

    En bref, un roman dont le fond ne m’a pas vraiment captivé mais intéressant sur la question de la construction de l’identité et de la part d’imaginaire qu’elle suppose.

    Remerciement à Babelio et aux Editions Belfond pour cette lecture.

    Schroder – Amity Gaige – Editions Belfond – 2014

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    Thérapie – Sebastian Fitzek

    Thérapie, Sebastian Fitzek, L’archipel, livre de poche, critique, carnet de lecture, livre, littérature, blog littéraire, thriller, policier, Allemagne, folieJosy avait 12 ans lorsqu’elle a disparu. Atteinte d’une maladie qu’aucun médecin n’arrivait à diagnostiquer, elle multipliait les consultations médicales en compagnie de son père, le psychiatre Viktor Larenz. Et alors qu’il tente une énième fois de tourner la page, une femme se présente à lui avec des informations troublantes. Elle est écrivain et affirme que les personnages qu’elle imagine dans ses romans prennent vie. Or, son dernier ouvrage porte sur une jeune fille atteinte d’une maladie étrange, qui s’évanouit dans la nature sans laisser de trace. Le psychiatre n’a plus qu’une idée en tête : connaitre la suite du roman d’Anna Spiegel.

    Après Ne les crois pas et Le briseur d’âmes, que j’avais dévoré, je poursuis mon exploration de l’œuvre de Sebastian Fitzek avec son premier roman publié : Thérapie.

    L’auteur aborde une nouvelle fois le thème de la folie, en se centrant cette fois sur la schizophrénie. Mais, tout comme dans la réalité, la maladie est tellement nuancée que nous en arrivons à nous interroger : qui est vraiment fou ? Anna est-elle réellement malade ou est-ce le docteur Larenz qui perd la tête ? L’auteur met en place une sorte de jeu du chat et de la souris avec le lecteur, en nous incitant à prêter attention aux moindres détails et en démolissant systématiquement toutes nos hypothèses.

    Le texte dégage une certaine tension qui augmente au fil de la lecture et dont on ne se rend réellement compte qu’en refermant le livre. Et si la fin m’a étonnée, j’ai été déçue par le fait que j’avais deviné certains éléments, ce qui a quelque peu gâché ma lecture.

    thérapie,sebastian fitzek,l’archipel,livre de poche,critique,carnet de lecture,livre,littérature,blog littéraire,thriller,policier,allemagne,folieLecture commune avec Bouchon des bois et une lecture de plus pour le challenge thrillers et polars de Liliba

    Thérapie – Sebastian Fitzek – L’archipel – 2008 

     

     

     

    Du même auteur:

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    S’il s'en sort vivant ! – Michel Gérard

    Cover S'il s'en sort vivant.jpgPlongée dans la France occupée, entre 1943 et 1944. Deux personnages sont au centre de l’action : Yves Berger, lycéen de 16 ans comme les autres, et Anton Steinmann, aviateur allemand décoré de la Croix de Fer par le Führer. Ces deux-là n’auraient jamais dû se croiser. Mais le hasard les a mis sur le chemin l’un de l’autre et, au départ de cours d’allemand, une amitié est née entre les deux hommes. Mais, à cette époque, il ne fait pas bon fricoter avec l’ennemi et, les nouvelles circulant très vite, cette relation est rapidement démasquée. Et utilisée par les résistants pour atteindre Steinmann. Des résistants prêts à tout, au point de manipuler un jeune garçon et de lui imposer une mission odieuse. Au nom de la France. Mais au prix de sa vie…

    S’il s’en sort vivant ! est le premier roman de Michel Gérard et on peut dire qu’il commence fort ! L’auteur arrive à nous immerger dans le quotidien de l’occupation allemande, rythmé par les tickets d’alimentation, les rafles et les bombardements. Mais aussi au cœur de la résistance, auprès de toutes ces personnes menant une double vie : homme respectable en public et organisateur d’actes de rébellion en privé.

    S’il s’en sort vivant ! est aussi une histoire d’amour entre Yves et Françoise. Premier amour né en pleine guerre, il va se poursuivre bien au-delà mais devra faire face au secret d’Yves : cette mission humiliante qu’il a été obligé de mener dans son adolescence et dont il n’a jamais osé parler à Françoise.

    L’intrigue est très bien construite et si les évènements se mettent en place doucement, la tension monte petit à petit, ce qui rend ce roman vraiment prenant. L’histoire se déploie sous nos yeux, au rythme des jours et des évènements qui se produisent.

    J’ai lu ce livre d’une traite, je l’ai dévoré en une journée ensoleillée. Moi, qui ai tendance à reculer devant tout ce qui traite de la seconde guerre mondiale, j’ai été emportée par cette histoire qui nous renvoie à nous-mêmes et à ce que nous serions capables de faire pour défendre notre pays.

    Remerciement particulier aux Editions du Panthéon pour cette découverte.

    S’il s’en sort vivant ! – Michel Gérard – Editions du Panthéon – 2012