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    Moco – Jean-Claude Roullier

    Moco, Jean-Claude Roullier, Editions Thot, critique, carnet de lecture, livre, littérature, blog littéraire, les jardins d’Eurysmée, guerre, marine, militaire, armée, combat, amour, amitié, béret vert, France, Indochine, Algérie, Etats-UnisC’est à 16 ans que Pierrot entre à l’école des mousses de Loctudy, espérant ensuite devenir béret vert, l’élite de la marine militaire. Il participera à deux guerres coloniales, en Indochine et en Algérie, connaîtra deux flamboyantes histoires d’amour et devra faire face à quelques lourds secrets de famille…

    En pleine époque du colonialisme, Moco nous plonge au cœur du quotidien des bérets verts, partis défendre les terres françaises à travers le monde. Pour ces jeunes recrues, l’éloignement familial, les affrontements permanents, la mort des compagnons et la maladie rendent le quotidien difficile mais ils vont aussi vivre de belles expériences et rencontrer des personnes qui changeront leur vie. La force de ce roman est sa grande humanité, nous plaçant au plus près de ces troupes d’élite et en particulier des attachants Pierrot et Roger.

    Malheureusement, malgré les nombreux assauts militaires décris, je n’ai pas ressenti l’action et l’adrénaline qu’ils supposent. Les très longues phrases et les nombreuses descriptions ont eu raison de moi et ont émoussé mon intérêt au fil de la lecture. C’est vraiment dommage parce que l’on imagine aisément la quantité de travail qu’a demandé ce livre en termes de recherches documentaires (détails des paysages, descriptions des mouvements de troupes et des manœuvres militaires, vie sur les camps…).

    Un roman qui plaira aux passionnés d’histoires militaires mais qui n’a malheureusement pas réussi à me retenir.

    Remerciement à l’auteur et aux Editions Thot pour cette lecture.

    Moco – Jean-Claude Roullier – Editions Thot – 2013

    Du même auteur :

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    Les impurs – Caroline Boidé

    Les Impurs, Caroline Boidé, Serge Safran Editeur, nouvelle, critique, carnet de lecture, livre, littérature, blog littéraire, partenariat, amour, Algérie, guerreAlgérie, fin des années ’50. David est juif et s’installe à Alger pour travailler en tant qu’ébéniste. Dès son arrivée, il tombe amoureux de Malek. Musulmane, elle a pourtant un mode de vie particulier. Alors que les femmes du pays sont soumissent à la loi du silence et confinées aux rôles de mères et d’épouses, Malek travaille et choisit de vivre sa vie en dehors de tout carcan imposé par la société.

    Entre ces deux-là, c’est le coup de foudre immédiat. Leur amour et le désir qu’ils ont l’un pour l’autre ne fait que grandir au gré de leurs retrouvailles. Mais, si les juifs et les arabes d’Algérie se fréquentent sans problème, la relation qu’ils entretiennent est considérée comme illégitime et impure. Ils sont donc contraints à vivre leur amour clandestinement. Mais, très rapidement, la famille de David  ainsi que les instances religieuses font pression sur le jeune homme pour qu’il cesse de voir Malek et qu’il officialise un mariage avec une juive. David, plus perméable que sa bienaimée à la pression extérieure, ne sait quelle décision prendre et souffre de cet écartèlement : il aime Malek et refuse de s’en séparer mais il est pratiquant et respecte les traditions juives. Jusqu’au jour où un malheur s’abat sur leur amour… David est anéanti et vivra désormais dans le souvenir de Malek, espérant son retour improbable.

    J’ai adoré les deux premiers chapitres de ce roman ! Cette histoire d’amour est fabuleusement racontée par Caroline Boidé, qui trouve les mots justes pour nous émouvoir, avec un texte rempli de poésie.

    Par contre, le troisième chapitre m’a beaucoup moins intéressé. Il aborde la vie de David après la disparition de Malek, son mariage arrangé avec Léa et la naissance de leur fille Esther. Et si David donne l’impression d’avoir repris sa vie en main, en son for intérieur, il ne fait que ressasser ses idées noires, inconsolable d’avoir perdu sa musulmane adorée. On se rend alors compte que c’était le caractère bien trempé de Malek et sa recherche d’absolu qui faisait tout le charme de ce roman. Ce personnage absent, c’est tout le récit qui perd de l’intérêt. Et David, sans véritable personnalité et amorphe, n’arrive pas à redresser la barre.

    D’autant que le troisième chapitre fait la part belle à un autre protagoniste, à peine évoqué auparavant : la guerre d’Algérie. S’en suit un descriptif des tensions qui apparaissent entre les juifs et les arabes d’Algérie ainsi que l’influence de l’Etat français dans le conflit… Vraiment pas réjouissant et très loin de la folle histoire d’amour qui nous a fait ouvrir ce livre.

    Curiosité de ce roman : au milieu du récit, des extraits du journal tenu par David sont publiés. On y découvre de petites anecdotes sur la vie en Algérie (les nouvelles du front, les progrès d’Esther en lecture ou le quotidien de la vie familiale), qui mettent la lecture en suspens.

    En bref, si je devais relire ce roman, je me concentrerais sur les deux premiers chapitres qui décrivent une très belle histoire d’amour impossible et je zapperais la dernière partie.

    Découvrez un extrait de ce roman ici!

    Lecture réalisée en partenariat avec Babelio et Serge Safran Editeur.

    Les Impurs – Caroline Boidé – Serge Safran Editeur – 2011

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    Nos silences – Wahiba Khiari

    Cover Nos silences.jpgEn 1991, l’Algérie connait une des pires périodes de son histoire. Le pays est plongé dans une guerre civile qui n’épargne personne. Les citoyens sont rapidement pris pour cible et massacrés avec toute leur famille. Seules les jeunes filles échappent à ce traitement. Pour elles, un autre sort est prévu : enlevées, séquestrées, elles sont mariées de force à leurs geôliers et deviennent leurs esclaves sexuelles. Evidemment, sans protection, ces jeunes filles tombent rapidement enceintes et n’ont d’autre choix que de mettre au monde l’enfant du viol. L’avortement ne peut être pratiqué que dans des conditions bien précises, que très peu d’entres elles sont en mesure de remplir. Mais, alors qu’elles pensaient avoir passé le pire, le gouvernement algérien les humilie une dernière fois en leur demandant de pardonner à ces hommes « égarés », qui ne savaient pas ce qu’ils faisaient.

    Nos silences est le premier roman de Wahiba Khiari. Très personnel et inspiré de sa propre vie, il nous raconte le quotidien de deux jeunes algériennes pendant la guerre civile.

    D’un coté, une jeune professeur d’anglais, qui tente de faire passer les valeurs de tolérance et d’ouverture à ses élèves mais qui baisse les bras face à la violence qui l’entoure. Elle choisit alors de quitter l’Algérie et de s’installer en Tunisie, où l’attend une vie meilleure. De l’autre coté, une jeune fille à peine pubère nous raconte l’assassinat de sa famille et le calvaire qu’elle subit dans un cachot humide. Sur le mode de la confidence, elle nous parle de sa peur, de sa colère et de la résignation qui l’envahit.

    L’auteure, qui a échappé au mal qui touchait son pays pendant la décennie noire, conçoit ce livre comme un témoignage, une parole donnée à toutes ces belles silencieuses, qui se sont tues, honteuses de ce qu’elles avaient vécu. Pour Wahiba Khiari, Nos silences est aussi un témoignage de solidarité envers ces femmes, elle qui se sent maintenant coupable d’avoir fui ces atrocités.

    De son premier texte, Wahiba Khiari dit : « Il me fallait parler, parler pour toutes celles qui ont choisi de se taire. Celles qui ont vécu l’horreur mais aussi celles qui, comme moi, ont quitté le pays.Avec un sentiment de culpabilité. On a voulu tourner la page, faire comme si… Malgré ce qui a été dit, déjà écrit sur cette tragédie, l’oubli nous guette. Je ne peux et ne veux oublier ce que nous avons traversé. Mes mots contre l'amnésie collective complice et coupable, des mots pour nous libérer. »

    Un livre poignant, qui ne tombe pas dans le pathos, mais qui interpelle. L’écriture d’une femme qui s’exprime pour toutes celles qui n’ont pas pu le faire.

    Lecture réalisée en partenariat avec Libfly et les Editions Elyzad.

    Nos Silences – Wahiba Khiari – Editions Elyzad – 2009