adolescence

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    Antéchrista - Amélie Nothomb

    livre,roman,blog littéraire,littérature,carnet de lecture,avis lecture,antéchrista,amélie nothomb,adolescence,albin michel, livre de pocheAvoir pour amie la fille la plus admirée de la fac, belle, séduisante, brillante, enjouée, audacieuse? Lorsque Christa se tourne vers elle, la timide et solitaire Blanche n'en revient pas de ce bonheur presque écrasant. Elle n'hésite pas à tout lui donner, et elle commence par l'installer chez elle pour lui épargner de longs trajets en train. Blanche va très vite comprendre dans quel piège redoutable elle est tombée. Car sa nouvelle amie se révèle une inquiétante manipulatrice qui a besoin de s'affirmer en torturant une victime. Au point que Blanche sera amenée à choisir : se laisser anéantir ou se défendre.

    Après quelques lectures décevantes et suite à de nombreux avis positifs sur ce roman, je renoue avec Amélie Nothomb à l'occasion du mois belge et de la lecture d'Antéchrista.

    Et mon bilan est plutôt positif tant j'ai été étonnée par cette lecture.

    L'auteure belge met en scène une adolescente mal dans sa peau et solitaire qui pense trouver une véritable amie en la personne de Christa. Mais cette situation, vécue par de nombreux jeunes et par Amélie Nothomb elle-même, n'est qu'un leurre.

    Très rapidement, c'est une relation malsaine qui se met en place entre les deux jeunes filles. Et c'est tout le talent de l'écrivain qui se manifeste à cet instant, laissant le lecteur complètement abasourdi face à la déferlante de haine qui s'abat sur Blanche.

    Antéchrista est de ces romans qui ne laissent pas indifférent. Parce que l'on a tous connu quelqu'un comme Blanche ou qu'on l'a été soi-même, parce que l'on a tous été témoins de scènes d'humiliation ou de tentatives de manipulation et que cela nous choque.

    C'est un roman très dur sur l'identité en construction, la période difficile de l'adolescence mais aussi sur les relations humaines en général et sur le besoin qu'ont certains d’asseoir leur domination pour se sentir exister.

    On retrouve le style d'écriture propre à Amélie Nothomb dans un roman qui restera pour moi probablement parmi les plus marquants, comme l'avait été Acide sulfurique.

     

    Antéchrista - Amélie Nothomb - Albin Michel - 2003 

    Du même auteur: 

     

     

     

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    Tout ce qu’on ne s’est jamais dit – Celeste Ng

     Tout ce qu’on ne s’est jamais dit, Celeste Ng, Sonatine, livre, roman, blog littéraire, littérature, carnet de lecture, Etats-Unis, suicide, famille, psychologie, adolescenceLe 3 mai 1977, Lydia, âgée de 16 ans, disparaît de la maison familiale. Elle sera retrouvée quelques jours plus tard, noyée dans un lac des environs. A partir de cet événement tragique, la famille se délite complètement.

    Dans ce roman psychologique, l’auteure déroule l’histoire des Lee et nous permet ainsi de mieux comprendre ce qui a pu mener à la mort de la jeune Lydia. C'est à travers le regard de ses parents et de sa fratrie que la personnalité de l'adolescente va émerger aux yeux du lecteur.

    Je souligne particulièrement le travail de Celeste Ng sur ses personnages. Chacun d'entre eux a une personnalité fouillée et complexe qui les rend humains et réalistes. En tant que lecteur, on ressent très fort le ressenti de la famille (la crispation des parents, l'unité de la fratrie, la souffrance des enfants). Le père James pousse ses enfants à s’intégrer, tant lui-même a souffert de son origine chinoise au sein d’une société américaine raciste. La mère Marilyn, qui a abandonné son rêve de devenir médecin à la naissance de Lydia et qui vit dans cette frustration permanente.

    Les enfants sont particulièrement touchants et j'ai ressenti une grande empathie à leur égard. Sans que l'on s'en rende compte, la trop grande pression que subit Lydia et le désintérêt dont sont victimes son frère et sa soeur, associés au comportement des parents, vont fissurer la belle façade et mener à la catastrophe.

    Un livre coup de poing qui met à jour une souffrance qui peut rester longtemps invisible pour qui ne sait pas où regarder. Le titre est parfaitement bien choisi tant les secrets sont nombreux dans cette famille et mèneront à un cataclysme qui va toucher chacun de ses membres.

    Remerciement aux Editions Sonatine pour cette lecture.

    Tout ce qu’on ne s’est jamais dit Celeste NgEditions Sonatine – 2016

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    Lignes brisées – Harold Cobert

    Cover Lignes brisées Harold Cobert.jpegGabriel vient de recevoir un prix pour son nouveau roman. Sa promotion le conduit à Bruxelles où il espère revoir son amour de jeunesse, Salomé, désormais parlementaire européenne. Depuis leur rupture, Gabriel n'a de cesse de vouloir la reconquérir, son roman racontant d'ailleurs leur histoire passionnée et avortée, depuis le lycée jusqu'à l'inéluctable rupture.

    Le nom d’Harold Cobert ne m’est pas inconnu puisque j’ai déjà repéré plusieurs de ses romans, aux titres intriguants, dont Un hiver avec Baudelaire qui me tente beaucoup. C’est finalement avec ce roman d’amour que je le découvre réellement. Et on peut dire que la rencontre a eu lieu.

    L’auteur évoque les rendez-vous manqués et les rencontres avortées, le poids des silences et des non-dits. Un amour trop longtemps tu qui laisse un goût d’inachevé à Gabriel et Salomé, jusqu’à leur rencontre dans un parc bruxellois et les carapaces qui se fissurent.

    Passant constamment du passé au présent et du roman écrit par Gabriel à son vécu actuel, l'auteur nous offre un livre triste mais rempli d'espoir, avec des personnages attachants et quelques clins d’œil à ses précédents romans.

    Une histoire vieille comme le monde, qui nous réserve peu de surprises, mais que l’écriture délicate d’Harold Cobert, sans effets inutiles, rend plus belle et touchante. Les sentiments des personnages sont tellement bien rendus que l’on sort de cette lecture avec le cœur gros et la larme à l’œil.

    Remerciement aux Editions Héloïse d’Ormesson pour cette très agréable lecture. Découvrez le premier chapitre.

     Lignes brisées – Harold Cobert – Editions Héloïse d’Ormesson – 2015

    Du même auteur:

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    Un petit gout de noisette – Vanyda

    Un petit gout de noisette, Vanyda, Dargaud, critique, carnet de lecture, livre, littérature, blog littéraire, bande dessinée, bd, adolescence, couleur, amour, amitié, dessin, aquarelle, Tournai, Belgique, France, Laos, noisette, écureuilEn quelques dessins, Vanyda nous met dans une ambiance de détente grâce à ces histoires légères qui fleurent bon les vacances. En mettant davantage l’accent sur les atmosphères et les paysages plutôt que sur les dialogues, l’album dégage un sentiment de douceur et une poésie que l’on trouve rarement en bande dessinée.

    Les images sont très belles, mêlant le dessin à l’aquarelle, la couleur au noir et blanc, chaque personnage étant associé à une couleur.

    Dans ces courtes histoires d’amour et d’amitié, Vanyda capte ces instants de la vie où quelque chose de noue et où les regards se croisent. Mais ce que l’on pourrait prendre de premier abord comme une succession d’histoires courtes nous surprend lorsque l’on se rend compte que les histoires se répondent et que les personnages se croisent, donnant à notre lecture un fil rouge indispensable.

    Une auteure franco-laotienne, qui a étudié la bande dessinée à Tournai (Belgique), à tenir à l’œil !

     

    Un petit gout de noisette – Vanyda – Editions Dargaud – 2014

    (clic sur l'image pour agrandir)

     Un petit gout de noisette, Vanyda, Dargaud, critique, carnet de lecture, livre, littérature, blog littéraire, bande dessinée, bd, adolescence, couleur, amour, amitié, dessin, aquarelle, Tournai, Belgique, France, Laos, noisette, écureuilUn petit gout de noisette, Vanyda, Dargaud, critique, carnet de lecture, livre, littérature, blog littéraire, bande dessinée, bd, adolescence, couleur, amour, amitié, dessin, aquarelle, Tournai, Belgique, France, Laos, noisette, écureuil

     

     Un petit gout de noisette, Vanyda, Dargaud, critique, carnet de lecture, livre, littérature, blog littéraire, bande dessinée, bd, adolescence, couleur, amour, amitié, dessin, aquarelle, Tournai, Belgique, France, Laos, noisette, écureuil

     

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    Le poison d'amour – Eric-Emmanuel Schmitt

    Le poison d’amour, Eric-Emmanuel Schmitt, Editions Albin Michel, critique, carnet de lecture, livre, littérature, blog littéraire, amour, journal, mail, amitié, poison, mort, Shakespeare, Roméo et Juliette, élixir, adolescence, sexualité, théâtreA travers leurs journaux intimes, nous entrons dans la vie de quatre adolescentes qui voient leurs corps changer, qui découvrent la sexualité et la complexité des sentiments. Sérieuses et passionnées comme on peut l’être à cet âge, elles partagent leurs réflexions sur l’amour et l’amitié mais aussi sur le couple, dans un monde où les repères familiaux ont éclatés.

    Eric-Emmanuel Schmitt a cette capacité incroyable de se fondre dans ses personnages, aussi éloignés de lui fussent-ils. Je l’avais déjà remarqué dans Oscar et la dame rose (où il s’exprime comme un enfant de dix ans) et il le confirme dans Le poison d’amour. Le langage est frais et direct, propre aux adolescents d’aujourd’hui, mais sans vulgarité ni mièvrerie. J’ai aimé le ton et l’intelligence de ces jeunes filles qui s’interrogent sur le sentiment amoureux. L’amour prive-t-il de liberté ? Est-ce un poison qui peut détruire ?

    Le poison d’amour constitue le second volet d'un diptyque sur la passion, dont le premier tome est L’élixir d’amour. Dans les deux cas, cette exploration du sentiment amoureux s’effectue par l’intermédiaire de l’écrit (le courrier électronique dans le premier tome, les journaux intimes dans ce cas-ci) ; on retrouve également une couverture identique même si la couleur et l’orientation graphique diffère un peu.

    J’ai trouvé Le poison d’amour plus abordable, moins philosophique et j’ai pris beaucoup plus de plaisir à le lire, d’autant que les personnages sont réellement attachants. Le parallèle entre la vie des quatre adolescentes et la célèbre pièce Roméo et Juliette de Shakespeare est vraiment intéressant et, si on ne voit pas le lien au premier abord, il prend tout son sens à la fin du livre. Le final est d’ailleurs étonnant, presque choquant, tellement on s’y attend peu mais c’est là aussi tout le talent de l’auteur que de nous faire passer de la légèreté au drame en quelques pages.

    Un roman vraiment plaisant à lire, que j’ai préféré au premier tome, où Eric-Emmanuel Schmitt renoue avec le théâtre à travers de nombreuses références et citations issues des grandes œuvres classiques.

    Je remercie Gilles Paris pour cette lecture. 

    Le poison d’amour – Eric-Emmanuel Schmitt – Editions Albin Michel – 2014

    Du même auteur :