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    Le soleil des Scorta – Laurent Gaudé

    Le soleil des Scorta, Laurent Gaudé, Babel, livre, roman, blog littéraire, littérature, carnet de lecture, Italie, soleil, chaleur, famille, village, travail, amour, amitié, Goncourt, #romansété, étéL'origine de leur lignée condamne les Scorta à l'opprobe. A Montepuccio, leur village d'Italie du Sud, ils vivent pauvrement, et ne mourront pas riche. Mais ils ont fait voeu de se transmettre de génération en génération, le peu que la vie leur laisserait en héritage. Et en dehors du modeste bureau de tabac familial, leur richesse est aussi immatérielle qu'une expérience, un souvenir, une parcelle de sagesse, une étincelle de joie. Ou encore un secret. Comme celui que la vieille Carmela confie au curé de Montepuccio, par crainte que les mots ne viennent très vite à lui manquer.

    Laurent Gaudé réussi avec brio à immerger le lecteur dans la vie de ce petit village imaginaire du sud de l'Italie, situé entre mer et montagnes. À la lecture de ce roman, on a l'impression de faire partie intégrante du lieu et de partager les repas gargantuesques des Scorta, les fêtes traditionnelles, mais aussi de ressentir la chaleur qui brule la végétation.

    Chacun à sa manière, tous les personnages de ce roman ont une personnalité forte, sans pour autant être caricaturale. Le lecteur ne peut que s'attacher à ces personnages entiers et vrais qui tentent de transmettre leurs valeurs, à la fois importantes et élémentaires, aux générations futures. Leur comportement inspire le respect car ils ont réussis, à force de volonté et de travail, à construire la vie dont ils rêvaient malgré un départ difficile dans la vie et plusieurs expériences malheureuses.

    Un récit fort sur l'importance de la famille et de l'amitié mais aussi sur les valeurs de travail, de respect des anciens et d'honneur. Une histoire familiale faite de passion et d'attachement fraternel très fort racontée avec des mots qui touchent et qui m'ont laissée plus d'une fois avec les larmes aux yeux.

    Il est rare que j'apprécie un roman ayant reçu un prestigieux prix littéraire mais celui-ci est une exception. Je l'ai lu d'une traite, avec beaucoup de plaisir, et les images que l'auteur a suscitées  continuent de revenir régulièrement tant les valeurs qu'il défend me semblent essentielles. Une très belle expérience de lecture.

    Prix Goncourt 2004

    Le soleil des Scorta – Laurent Gaudé – Editions Babel – 2004

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    Sukkwan Island – David Vann

    Sukkwan Island, David Vann, Gallmeister, livre, roman, blog littéraire, littérature, carnet de lecture, #romansété, ile, Alaska, froid, hiver, père, fils, enfant, suicide, famille, folieUne île sauvage du Sud de l’Alaska, accessible uniquement par bateau ou par hydravion, tout en forêts humides et montagnes escarpées. C’est dans ce décor que Jim décide d’emmener son fils de treize ans pour y vivre dans une cabane isolée, une année durant. Après une succession d’échecs personnels, il voit là l’occasion de prendre un nouveau départ et de renouer avec ce garçon qu’il connaît si mal. La rigueur de cette vie et les défaillances du père ne tardent pas à transformer ce séjour en cauchemar et la situation devient vite incontrôlable. Jusqu’au drame violent et imprévisible qui scellera leur destin.

    D'aucuns reprochent à ce roman son style de narration. Et il faut bien avouer que les descriptions de paysages constituent la plus grande part de ce roman, laissant peu de place aux dialogues. Il faut réellement attendre la moitié du livre pour sortir de la monotonie du récit et ressentir le choc de l'évènement qui a lieu, laissant le lecteur totalement surpris.

    Tout le talent d'écriture de David Vann se manifeste dans la construction de ses personnages. Le père au bout du rouleau suite à un énième divorce, habité par des obsessions incontrolables et complètement désespéré. La vision de Roy sur la situation de son père, étonnament éclairée malgré son jeune age, lui qui ne voulait pas se trouver là mais qui, par loyauté envers son père, décide de rester pour, peut-être, le sauver.

    Le lecteur est pris en otage de ce huis clos et ne peut qu'assister, impuissant, à la relation étrange qui se met en place entre Roy et son père, inversant les rôles et rendant encore plus inquiétant le comportement du père. Et, malgré les grands espaces dans lesquels évoluent les personnages, c'est la sensation d'enfermement et de solitude qui domine le roman.

    Sukkwan Island est fortement inspiré de la propre vie de David Vann. Ce roman puise d'ailleurs sa source dans la proposition que lui a faite de son père losqu'il était adolescent mais,contrairement à Roy, le jeune David d'alors refuse. Quinze jours plus tard, son père se suicidera, seul sur son ile. Ce roman est donc pour l'auteur une façon de réinterpréter son histoire personnelle en imaginant ce qui a pu se passer sur l'ile.

    Sukkwan Island – David Vann – Editions Gallmeister – 2010

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    Excursion – Steinar Bragi

    Excursion, Steinar Bragi, Métailié, livre, roman, blog littéraire, littérature, carnet de lecture,  #romansété, Islande, ami, vacances, visite, maison, thrillerQuoi de plus efficace pour échapper au stress de la vie citadine qu’une virée en 4x4 sur les hauts plateaux désertiques de l’est de l’Islande avec un coffre rempli d’alcool et d’herbe ? Les deux couples qui s’y risquent ne sont pas au bout de leurs surprises. Perdus dans le brouillard et la neige, ils entrent en collision avec une maison qui abrite d’étranges habitants. Commence alors une folle équipée pour tenter d’échapper à ce lieu terrifiant.

    Tout au long de ma lecture, je n’ai pu me défaire d’un profond sentiment de malaise, que Steinar Bragi entretient habilement en faisant évoluer ses personnages dans un environnement de plus en plus hostile. Confrontés au froid polaire et à un brouillard persistant qui réduit la visibilité à néant, ils se retrouvent isolés du monde, confrontés à des phénomènes étranges et à une nature menaçante avec, pour seul repère, une maison dressée au milieu de nulle part et un couple de personnes âgées pas franchement avenant. D’autant que toutes leurs tentatives pour retrouver la civilisation se soldent par un échec.

    Imperceptiblement, le comportement des aventuriers change. L’excursion bon enfant d’une bande de copains dégénère, laissant apparaitre les animosités et mettant au jour rancœurs et jalousies, ce qui ajoute à l’ambiance malsaine du roman. Les personnages sont bien dessinés même si je n’ai pu m’identifier à aucun d’entre eux, mais je trouve dommage que l’auteur ait choisi de les présenter de façon aussi descriptive, rendant ces parties longues et rébarbatives.

    Tous ces éléments placent le lecteur en position d’attente, espérant qu’un événement majeur ait lieu et introduise un peu d’action dans cette histoire. Malheureusement, le roman reste plat et il faut attendre les trente dernières pages pour que des événements majeurs se produisent réellement, donnant un coup d’accélérateur inespéré au récit. L’absence d’action et d’énergie est, à mon sens, le grand point noir d’Excursion. On est sans cesse dans le registre des sensations et des impressions étranges sans qu’il ne se passe quoi que ce soit de concret. Ajouté au fait que l’on se perd par moments dans des considérations qui ne font pas avancer l'histoire ou de longues descriptions soporifiques et vous comprendrez que le peu de suspense présent se dissipe.

    Ce roman me laisse avec un vrai sentiment de malaise et beaucoup de questions, d’autant plus que je n’ai pas compris où voulait en venir l’auteur, la fin restant incompréhensible pour moi.

    En refermant ce livre, je n’ai qu’une envie, me plonger rapidement dans une lecture légère et plaisante pour oublier cette étrange expérience de lecture !

    Excursion, Steinar Bragi, Métailié, livre, roman, blog littéraire, littérature, carnet de lecture,  #romansété, Islande, ami, vacances, visite, maison, thrillerExcursion – Steinar Bragi – Editions Métailié – 2013

     

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    Cet été-là – Véronique Olmi

    Cet été-là, Véronique Olmi, Grasset, livre, roman, blog littéraire, littérature, carnet de lecture, été, vacances, mer, plage, France, fête nationale, amis, famille, #romansété, premier amour, livre de pocheComme chaque année, Delphine et Denis accueillent deux couples d'amis pour le weekend du 14 juillet dans leur maison en bord de mer. Mais ce qui s'annonçait comme un agréable moment de détente va tourner au vinaigre suite à l'arrivée d'une personne inattendue, qui va bouleverser un équilibre déjà précaire.

    Ces retrouvailles sont l'occasion d'évoquer des souvenirs de jeunesse mais aussi, pour certains, de remises en question et de grandes décisions. L'auteur évoque sans complaisance ces quadras pas très bien dans leur peau qui s'interrogent sur leur futur et font le bilan de leur vie passée. Un test de maturité en quelque sorte. Une prise de conscience que la vie qu'ils ont menée n'a pas été à la hauteur de leurs espérances, qu'ils se sont fourvoyés et ont poursuivis les mauvais objectifs.

    Comme dans Le premier amour, Véronique Olmi met l'accent sur l'ambiance, les relations entre les protagonistes et leurs sentiments plutôt que sur les dialogues, peu nombreux. La tension est palpable, ce qui provoque un certain malaise chez le lecteur.

    Malheureusement, ce roman très linéaire manque de vie, comme si la chaleur accablante de cet été-là avait anesthésié jusqu’à l’auteure. J'ai longtemps attendu quelque chose qui n'est jamais arrivé et, alors que j'avais beaucoup aimé Le premier amour, je suis déçue de ce récit qui retombe comme un soufflé.

    Cet été-là – Véronique Olmi – Editions Grasset – 2011

    Du même auteur: 

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    Les vacances d'Hercule Poirot – Agatha Christie

    Les vacances d'Hercule Poirot, Agatha Christie, Livre de poche, livre, roman, blog littéraire, littérature, carnet de lecture, enquête, Hercule Poirot, détective, meurtre, vacances, été, #romansété, plage, îleEn vacances sur l'Ile des Contrebandiers, Hercule Poirot n'en oublie pas pour autant son métier de détective et c'est avec attention qu'il observe et écoute les touristes qui l'entourent. Lorsque Mme Marshall, une ex-actrice et très belle femme, est retrouvée étranglée, c'est avec sa maestria habituelle qu'Hercule Poirot enquêtera avec l'aide de la police locale.

    Dans ce roman, Agatha Christie prend son temps pour installer son histoire. La raison en est que les personnages sont nombreux et qu'un certains temps est nécessaire pour apprendre à les connaitre et à définir leur personnalité. Malheureusement, une fois le cadre posé, le suspense est peu présent et les surprises plutôt rares.

    L'histoire s'accélère réellement en fin de roman, lorsque des pistes insoupçonnées apparaissent et que l'auteure tire son épingle du jeu avec une chute inattendue, même si certains éléments restent inexploités.

    Une lecture-détente, purement estivale par le cadre enchanteur dans laquelle elle nous plonge, mais qui n'est pas le meilleur roman d'Agatha Christie.

    Les vacances d'Hercule Poirot – Agatha Christie – Editions Livre de poche – 1941

    Du même auteur: