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    Danser au bord de l'abîme - Grégoire Delacourt

    livre,roman,blog littéraire,littérature,carnet de lecture,avis lecture,danser au bord de l'abime,grégoire delacourt,audiolibEmma, quarante ans, mariée, trois enfants, heureuse, croise le regard d’un homme dans une brasserie. Aussitôt, elle sait.

    J'avais adoré Les quatre saisons de l'été et c'est donc avec enthousiasme que j'ai souhaité écouter Danser au bord de l'abîme. Malheureusement, ce dernier roman n'a pas été à la hauteur de mes espérances.

    J'ai éprouvé beaucoup de difficultés à entrer dans ce roman tant il est descriptif. Emma expose son quotidien, ses sentiments et son désir soudain pour cet inconnu, qu'elle analyse dans un monologue qui m'a semblé sans fin. Le rythme est particulièrement lent, notamment en raison d'une quasi absence de dialogues.

    Emma parle à la première personne, ce qui est censé rapprocher le lecteur du personnage, mais je n'ai absolument pas pu m'identifier à elle malgré tous les détails intimes qu'elle partage avec nous. Emmanuelle est plutôt antipathique, elle qui s'apitoie sans cesse sur son sort, qui quitte un mari malade et ses trois enfants sur un coup de tête et sans un regard en arrière. 

    Danser au bord de l'abîme comporte de nombreuses références à la littérature, à l'opéra, à la musique classique ou encore au monde du vin, qui m'étaient totalement inconnues, ce qui a aussi introduit une distance vis-à-vis d'Emma. 

    Et si la fin de la première partie a réussi à m'étonner, le soufflé est malheureusement bien vite retombé.

     

    "La vie, c'est danser au bord de l’abîme, ce n'est pas tricoter à longueur de journée"

     

    Remerciement à Audiolib pour cette lecture.

    Danser au bord de l'abîme - Grégoire Delacourt - Audiolib - 2017

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    Chaman - Maxence Fermine

    livre, roman, blog littéraire, littérature, carnet de lecture, avis lecture, Chaman, Maxence Fermine, Opium, Noces de sel, Michel Lafon, SiouxCharpentier sur les immenses tours d’acier de Duluth, dans le nord des États-Unis, Richard Adam n’a jamais oublié le sang indien qui coule dans ses veines. Mais le retour sur sa terre natale pour enterrer sa mère va le plonger dans un monde dont il n’aurait jamais soupçonné l’existence.

    Maxence Fermine est un auteur que j'aime beaucoup et que je lis toujours avec plaisir. Chacun de ses romans nous plonge dans un environnement complètement différent mais je remarque que l'accent se porte souvent sur les coutumes et traditions des peuples rencontrés.

    Cette fois, l'auteur emmène le lecteur sur les traces de Richard Adam, au cœur des réserves indiennes fédérales américaines. En même temps que Richard, nous découvrons l'histoire des Sioux et leur entrée en conflit avec les américains blancs, ce qui a complètement modifié leur mode de vie ancestral. Sédentarisation forcée, perte de libertés, interdiction de pratiquer leurs cultes et cérémonies, les indiens Lakotas restent encore aujourd'hui opposés aux Etats-Unis. 

    C'est dans ce contexte que Richard débarque dans la réserve, l'urne funéraire de sa mère sur le siège arrière, pour réaliser sa dernière volonté. Pour lui, il s'agira d'une sorte de voyage initiatique à la rencontre d'une histoire et d'un passé qu'il ne connait pas. Les rencontres qu'il va y faire vont lui permettre de rattacher ses impressions et ressentis à une réalité qui lui avait échappé jusque-là.

    Un beau roman qui véhicule des valeurs fortes d'amitié, d'amour, d'entraide face à l'adversité, avec une petite touche de fantastique et une fin qui nous laisse dans l'expectative. Chaman n'est pas mon roman préféré de Maxence Fermine mais j'ai apprécié de découvrir l'histoire et la vie actuelle des Sioux.

     

    Remerciement aux Editions Michel Lafon pour cette lecture.

    Chaman - Maxence Fermine - Editions Michel Lafon - 2017

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    Le jour est aussi une colère blanche - Eric Brucher

    livre,roman,blog littéraire,littérature,carnet de lecture,avis lecture,eric brucher,le jour est aussi une colère blanche,wilquin,rentrée littéraire 2017Il y a des tagueurs, des apprentis djihadistes, des skateurs, des slameurs (une slameuse), des clameurs (une clameuse), des potagistes, des prophètes (un prophète), des calligraphes, des taulards (un), des laveurs de vitres (un aussi). Tous à leur manière des révoltés, porteurs d'énergie pour vivre et sortir des enfermements.

     

    Je connaissais Eric Brucher, dont j'avais lu l'excellent Colombe. Je n'ai donc pas réfléchi bien longtemps avant de lire sa dernière publication.

    Le jour est aussi une colère blanche est un recueil de nouvelles qui a la particularité de reprendre des personnages issus d'un précédent roman La blancheur des étoiles, personnages qui sont également présents dans plusieurs nouvelles et se font ainsi écho.

    Eric Brucher a une capacité inégalée pour parler des sentiments, du mal-être et de la révolte qui habitent certains. Ce recueil nous fait voir la jeunesse d'aujourd'hui sous un angle différent de ce que les médias laissent entendre. Le lecteur fait la connaissance de jeunes perdus, en perte de repères, qui cherchent du sens et ne voient pas d'avenir possible. Des jeunes qui ont des rêves, qu'ils souhaiteraient pouvoir accomplir. Et c'est leur révolte face à la société actuelle qui est mise à l'honneur dans ce recueil, cette énergie positive qui fait bouger les choses.

    Les premières nouvelles sont mes préférées car le style est direct, les phrases sont courtes et percutantes, elles se martèlent et la douleur exprimée se propage jusqu'au lecteur. Dès les premières pages, quelque chose de fort se passe, ce qui est plutôt rare en littérature. La faute aux mots précis, bien choisis et au rythme du texte, qui sonne comme du slam avec rimes et jeux de mots.

    Les thématiques développées sont particulièrement d'actualité. Il y a Redouane que le désenchantement pousse vers le Djiad et la Syrie, Fatima qui est obligée de porter le hijab alors qu'elle voudrait s'habiller à l'occidentale mais aussi des adultes qui veulent changer le monde dans lequel ils vivent en initiant des potagers partagés au cœur de la ville. Tous rêvent à leur manière d'un autre monde mais doivent faire face à des adversaires de taille. 

    Un recueil fort et qui pousse à la réflexion.

    Et puisque vous vous êtes probablement demandés d'où vient ce titre énigmatique, sachez qu'il fait référence à un graffiti anonyme apposé sur un mur bruxellois. Que le premier qui le trouve n'hésite pas à m'envoyer une petite photo!

     

    Remerciement aux Editions Luce Wilquin pour cette lecture.

    Le jour est aussi une colère blanche - Eric Brucher - Editions Luce Wilquin - 2017

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    Le liseur du 6h27 - Jean-Paul Didierlaurent

    livre,roman,blog littéraire,littérature,carnet de lecture,avis lecture,le liseur du 6h27,jean-paul didierlaurent,au diable vauvert,folio"Pour tous les voyageurs présents dans la rame, il était le liseur, ce type étrange qui, tous les jours de la semaine, parcourait à haute et intelligible voix les quelques pages tirées de sa serviette."

    Guylain Vignolles a 36 ans. Il est opérateur en chef dans une usine de recyclage, aux commandes d'une machine infernale qui pilonne les livres invendus pour en faire une mélasse épaisse. Chaque jour, il sauve quelques pages du pilon, qu'il lit ensuite aux passagers du RER. Cette activité va l'amener à faire des rencontres étonnantes, improbables et totalement inattendues.

    Premier roman de Jean-Paul Didierlaurent, Le liseur du 6h27 est plutôt déroutant. Et s'il a été encensé par la critique à sa sortie, personnellement, je n'ai pas particulièrement accroché à ce roman.

    Le personnage principal n'est pas vraiment sympathique, mal dans sa peau et manquant de confiance en lui, il a une vie monotone et sans saveur. L'auteur nous détaille pourtant par le menu ses journées de travail et toutes les caractéristiques de la machine infernale sur laquelle Guylain travaille. 

    La lecture des quelques feuillets qu'il sauve va lui permettre de se sentir plus vivant, de s'ouvrir aux autres et, avec un petit coup de pouce, d'oser aller à la rencontre d'une personne qui va probablement changer sa vie.

    Le liseur du 6h27 est un roman que je voulais lire depuis longtemps. Sorti de ma PAL à l'occasion de quelques jours de congés, il me laisse cependant sur ma faim tant l'histoire est prévisible et le style inexistant. Je ne comprends pas pourquoi un tel ramdam a été fait autour de ce livre, qui a agréablement accompagné une journée ensoleillée mais qui est loin du chef d'oeuvre. 

     

    Le liseur du 6h27 - Jean-Paul Didierlaurent - Editions Au diable vauvert - 2014

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    La vie sauvage - Thomas Gunzig

    livre,roman,blog littéraire,littérature,carnet de lecture,avis lecture,littérature belge,thomas gunzig,la vie sauvage,rentrée littéraire 2017,au diable vauvertBébé rescapé d’un accident d’avion, Charles grandit dans la jungle africaine. Retrouvé par hasard le jour de ses seize ans et ramené à sa famille, il va découvrir la civilisation dans une petite ville du nord de l’Europe. La rage au ventre, il mettra tout en oeuvre pour retourner d’où il vient et où l’attend l’amour de sa vie. 

    Charles est le narrateur de ce roman où il raconte son arrivée dans un monde aux mœurs qu'il ne connait pas. Il pose un regard extérieur sur nos vies en métropoles et nous donne à voir notre quotidien sous un angle différent. Le monde qu'il découvre est gris, terne et exempt de nature. Mais, il est surtout frappé par la violence et la brutalité gratuites qui fait notre quotidien.

    L'auteur ancre réellement son personnage dans la vie actuelle puisque le jeune homme a été découvert grâce à Google Maps et qu'il va très vite comprendre les rouages des réseaux sociaux et d'internet, les utilisant même contre son entourage.

    La personnalité de Charles est particulièrement énigmatique et son comportement manipulateur rend toute forme d'attachement difficile. Alors qu'il a grandi en pleine jungle africaine, il a un niveau de vocabulaire et une culture littéraire impressionnants, citant Baudelaire, Verlaine ou Apollinaire tout à fait naturellement. En tant que lecteur, ces références sont intéressantes mais difficiles à imaginer dans la bouche d'un adolescent, qui a grandi dans la forêt qui plus est.

    J'ai été un peu déçue par cette lecture. Je trouve que le fond n'apporte rien d'original à une thématique déjà mille fois abordée et je déplore le recours à certaines facilités peu convaincantes.

    Un roman sombre et très critique envers notre société.

     

    Remerciement aux Editions Au diable vauvert pour cette lecture.livre,roman,blog littéraire,littérature,carnet de lecture,avis lecture,littérature belge,thomas gunzig,la vie sauvage,rentrée littéraire 2017,au diable vauvert

    La vie sauvage - Thomas Gunzig - Au diable vauvert - 2017

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