Littérature étrangère

  • 0 commentaire

    Vera - Karl Geary

    livre, roman, blog littéraire, littérature, carnet de lecture, avis lecture, Vera, Karl Geary, Dublin, #MRL17, rentrée littéraire 2017Sonny est un jeune Irlandais de 16 ans, qui rêve d’ailleurs. Lorsqu’il croise le regard de Vera, sa beauté lui donne le vertige. Il oublie tout et ne pense plus qu'à elle. Vera et Sonny vont vivre une histoire dont on sait immédiatement qu'elle ne pourra durer.

    Dans ce premier roman d'une grande maturité, Karl Geary nous emmène dans la ville de Dublin des années 80, celle de son enfance.

     

    Deux personnages font toute l'histoire. Sonny, un adolescent mal dans sa peau, solitaire et timide, naïf et fondamentalement gentil mais sans réel objectif de vie. Issu d'un milieu plutôt défavorisé, il vit dans une famille aux relations tendues. Et puis, il y a Vera. De vingt ans son aînée, noyée dans un chagrin dont on ignorera longtemps l'origine. D'une classe sociale plus élevée, Vera est belle, élégante et cultivée. Autant je me suis attachée à Sonny, autant j'ai éprouvé des difficultés à cerner le personnage de Vera et ses motivations.

    Evidemment, la relation qui va s'établir entre Sonny et Vera est improbable et d'ailleurs très mal vue par l'entourage du garçon. Mais cette rencontre va changer sa vie et lui ouvrir l'esprit sur le monde des livres, de l'art et de la culture, tant de choses considérées comme inutiles dans son milieu social.

    Outre ces deux personnages, le système social irlandais constitue presque un personnage à part entière tant il est présent dans ce roman. On se trouve dans une opposition constante entre la grandeur et la pureté des sentiments de Sonny pour Vera et le monde étriqué qui est le sien.

    L'écriture à la deuxième personne est originale bien que légèrement déstabilisante au départ, mais ce détail est vite oublié au profit de l'histoire. 

    Un roman d'une grande humanité, qui traite des classes sociales et de la difficulté de sortir de son milieu, entre loyauté vis-à-vis des parents et rêves d'ailleurs.

     

    Lu dans le cadre des Matchs de la Rentrée Littéraire #MRL17

    Vera - Karl Geary - Editions Payot & Rivages - 2017

  • 0 commentaire

    By the rivers of Babylon - Kei Miller

    livre,roman,blog littéraire,littérature,carnet de lecture,avis lecture,by the rivers of babylon,kei miller,jamaïque,zulma,rentrée littéraire 2017Augustown, quartier pauvre de Kingston, Jamaïque. En cet après-midi d’avril 1982, assise sur sa véranda, Ma Taffy sent dans l’air une pesanteur très particulière. Kaia, son petit-fils, rentre de l’école. Ma Taffy n’y voit plus mais elle sait reconnaître entre toutes l’odeur entêtante de la calamité qui se prépare. Car aujourd’hui, à l’école, Monsieur Saint-Josephs a commis l’irréparable : il a coupé les dreadlocks de Kaia – sacrilège absolu chez les rastafaris.

    En choisissant By the rivers of Babylon, j'avais envie de lire un roman différent de mes lectures habituelles, de sortir de ma zone de confort et d'être étonnée. La Jamaïque m'est apparue comme une destination intéressante, assez éloignée de mes standards.

    Mais malheureusement, ma lecture fut fastidieuse. Je dois être une des rares personnes à ne pas avoir aimé ce roman.

    L'histoire des dreads de Kaia se mêle à l'histoire, plus large, de la région, qui est particulièrement marquée par la religion et les événements mystiques qui s'y sont déroulés. Une bonne partie du roman tourne autour de Ma Taffy, vieille femme imperturbable, assise dans sa véranda quel que soit le temps et véritable mémoire du village. Elle nous raconte ces histoires qui constituent l'identité du village et qui se transmettent de générations en générations.

    Ce qui est dommage, c'est que je n'ai pas été touchée par les personnages, leur vécu, leurs préoccupations et je n'ai absolument pas pu m'y identifier. La culture décrite par Kei Miller m'est totalement étrangère et j'ai éprouvé des difficultés à me plonger dans ces traditions et modes de vie. 

    Au final, je n'ai pas accroché à ce roman que j'ai trouvé long et lent et j'ai vraiment l'impression d'être passée à coté de quelque chose. 

    La question de l'identité est pourtant intéressante et la fin touchante mais cela ne sauve malheureusement pas l'ensemble. 

     

    Remerciement aux Editions Zulma pour cette lecture.livre,roman,blog littéraire,littérature,carnet de lecture,avis lecture,by the rivers of babylon,kei miller,jamaïque,zulma,rentrée littéraire 2017

    By the rivers of Babylon - Kei Miller - Editions Zulma - 2017

     

  • 0 commentaire

    Le pianiste blessé - Maria Ernestam

    livre, roman, blog littéraire, littérature, carnet de lecture, avis lecture, Le pianiste blessé, Maria Ernestam, Gaïa, Les oreilles de BusterVeronica et Marieke sont amies depuis l'enfance. L'une est charismatique, l'autre dans l'ombre, les deux fascinées par tante Klara et sa liberté. Elles partent sur les traces de celle-ci, de la Malaisie à San Francisco. Lorsqu'elles rencontrent James, un énigmatique pianiste de bar, les équilibres vacillent.

    Le lecteur fait la connaissance de Marieke en 2014, alors qu'elle n'a plus vu Veronica depuis 10 ans, depuis ce fameux voyage sur les traces de tante Klara. Et c'est à travers le regard de la première que nous découvrons le passé commun de ces deux femmes qui se connaissent depuis l'enfance.

    Pourtant, la tension entre elles deux est palpable, des zones d'ombre et des non-dits se révèlent petit à petit, dévoilant une amitié pas aussi honnête que l'on pourrait l'imaginer.

    Une grande partie du roman met l'accent sur Marieke et sur son passé. Et si celle-ci est attachante, Veronica est au contraire totalement insupportable tant elle est envahissante et égocentrique.

    Le pianiste blessé est un roman particulièrement descriptif, l'auteur nous détaillant le passé des protagonistes et leurs ressentis sans pour autant que ces émotions passent au-delà du texte pour atteindre le lecteur. J'ai longtemps attendu que quelque chose de probant se passe et même si la chute est intéressante, elle m'a semblé noyée dans un flot de descriptions et de détails assommants.

    En bref, une fois le livre refermé, je ne peux pas dire que c'est un fol enthousiasme qui m'anime. La faute aux trop nombreuses longueurs inutiles et à un rythme proche de zéro.

      

    Remerciement aux Editions Gaïa et à Babelio pour cette lecture.livre,roman,blog littéraire,littérature,carnet de lecture,avis lecture,le pianiste blessé,maria ernestam,gaïa,les oreilles de buster,rentrée littéraire 2017

    Le pianiste blessé - Maria Ernestam - Editions Gaïa - 2017

    Du même auteur:

  • 0 commentaire

    Otages - Sherko Fatah

    livre,roman,blog littéraire,littérature,carnet de lecture,avis lecture,otages,métailié,sherko fatah,rentrée littéraire 2017Deux otages dans le désert irakien. Ballottés d’un lieu à un autre, d’un groupe crapuleux à une bande de fanatiques, transportés dans des camionnettes brûlantes, le visage couvert d’une cagoule, jetés dans des réduits, des caves, cachés ou exhibés, menacés, molestés, ils ne savent pas où ils sont ni avec qui. La poussière est asphyxiante, la peur aussi, l’attente les consume lentement.

    La captivité rassemble Albert, archéologue allemand, et Osama, son interprète. Entre eux, un rapport d'amour-haine se met en place car ils ont besoin l'un de l'autre pour espérer s'échapper mais ils ne se comprennent absolument pas. L'auteur met ainsi en avant les différences entre l'Orient et l'Occident, à l'origine de nombreuses incompréhensions.

    Le lecteur suit leurs pérégrinations à travers le pays, au gré des geôliers qui se succèdent, entre interrogatoires et tortures diverses. Mais au-delà des coups, la solitude et le désespoir ressentis par ces détenus est particulièrement touchante. 

    J'ai éprouvé beaucoup de difficultés à entrer dans ce roman et à poursuivre ma lecture. La faute à la lenteur du récit et à l'inertie qui s'en dégage. Parce, concrètement, il ne se passe rien de probant et que j'ai eu tendance à m'ennuyer. Malheureusement, ce n'est pas le "suspense" de savoir si les captifs vont réussir à s'échapper ou non qui m'a tenu en haleine...

    Au terme de ma lecture, je reste avec une interrogation: pourquoi ce roman? Personnellement, je n'ai rien appris et je n'ai pas ressenti les émotions des personnages, qui n'ont pas réussis à me toucher.

    Qu'il s'agisse du style ou du fond, j'ai l'impression d'être passée à coté de ce roman. 

     

    Remerciement aux Editions Métailié pour cette lecture.

    Otages - Sherko Fatah - Editions Métailié - 2017

     

  • 0 commentaire

    Norma - Sofi Oksanen

    livre,roman,blog littéraire,littérature,carnet de lecture,avis lecture,sofi oksanen,purge,les vaches de staline,norma,stockLe corps d’Anita Ross vient d’être retrouvé dans le métro de Helsinki. Les témoins sont unanimes : elle s’est jetée sur les rails. Mais Norma, sa fille unique, refuse d’y croire. Anita ne l’aurait jamais laissée seule avec son secret : ses cheveux sont vivants et poussent si vite qu’elle est obligée de les couper plusieurs fois par jour. Prête à tout pour connaître la vérité, Norma décide de retracer les derniers jours de sa mère mais ses découvertes attirent l’attention d’un puissant clan de la mafia locale…

    Sofi Oksanen a l'art d'aborder des thèmes qui sortent de l'ordinaire. Jamais je n'aurais cru lire un roman sur les extensions capillaires et pourtant! Avec Norma, l'auteure finlandaise plonge le lecteur dans l'industrie peu connue du cheveu. On y découvre un business très lucratif, les filières du trafic de cheveux destinés aux extensions capillaires, qui font l'objet de guerres entre clans mafieux.

    En parlant de cheveux, le personnage de Norma est plutôt particulier. Atteinte d'une hypertrichose héréditaire qui fait pousser ses cheveux d'un mètre par jour, elle doit cacher sa particularité tout en tentant de maîtriser les mouvements désordonnés de sa chevelure qui réagit aux émotions.

    Norma est un roman difficile à classer. L'enquête de la jeune femme sur la mort de sa mère nous rapproche un peu du policier mais le soupçon de magie et de surnaturel qu'il contient brouille les pistes. C'est aussi un roman engagé, qualifié de féministe par certains, tant Sofi Oksanen défend la cause des femmes, notamment par son propos sur le trafic de mères porteuses. Finalement, ce que l'on pourrait reprocher à ce roman, c'est d'approcher plusieurs thématiques sans les approfondir suffisamment.

    Mais le talent de l'auteure reste intact. L'ambiance et le ton sont donnés dès les premières pages, que l'on va retrouver tout au long du roman, avec une tension et un suspense particulièrement bien maîtrisés.

    Un roman très différent de ce que l'auteure a publié précédemment mais qui fait son petit effet. A ne pas rater!

     

    Remerciement aux Editions Stock pour cette lecture.

    Norma - Sofi Oksanen - Editions Stock - 2017

    Du même auteur: