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    Frappe-toi le cœur - Amélie Nothomb

    livre,roman,blog littéraire,littérature,carnet de lecture,avis lecture,frappe-toi le coeur,amélie nothomb,audiolib,albin michel,rentrée littéraire 2017Fidèle au rendez-vous littéraire qu'elle fixe à ses lecteurs à cette période de l'année, Amélie Nothomb aborde, dans son dernier roman, une thématique qui dérange. Celle de la jalousie maladive d'une mère envers sa fille Diane.

    J'ai été très étonnée par ce roman, qui explore les personnalités narcissiques et jalouses et se penche en particulier sur les sentiments d'amour-haine qui peuvent exister entre une mère et sa fille. 

    On y retrouve sans conteste la patte de l'auteure belge, qui introduit également une sorte de suspense qui nous tient en haleine, impatients de connaitre l'avenir de Diane.

    Dans une grande partie du roman, c'est Diane qui occupe le rôle de narratrice. De son enfance à l'âge adulte, elle nous fait part de son ressenti et de son analyse du comportement de sa mère. Et, plus d'une fois, j'ai été dérangée par les propos qu'Amélie Nothomb place dans la bouche de l'enfant. Elle lui prête des capacités d'abstraction, de réflexion et de mise à distance qui sont impressionnantes pour une petite fille de cet âge, ce qui manque de réalisme à mon goût.

    Une histoire sadique, dans la lignée de certains romans précédents d'Amélie Nothomb, pour un roman particulièrement bon.

      

    "Frappe-toi le cœur, c'est là qu'est le génie"

    Alfred de Musset

     

    Remerciement à Audiolib pour cette belle découverte.

    Frappe-toi le cœur - Amélie Nothomb - Audiolib - 2017

    Du même auteur:

     

     

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    Le carnet de lecture de… Eliette Abecassis

    Les carnets de lecture de... propose à un auteur de nous parler de sa bibliothèque, des livres qui l'ont marqué et de son rapport à la lecture et à l’écriture.

    philothérapie,eliette abécassis,editions flammarion,livre,roman,blog littéraire,littérature,carnet de lecture,avis lecture,philosophie,thérapie,amour,relations,couple,sites de rencontres,mariage,maternité, interview Eliette AbecassisAujourd'hui, découvrez le carnet de lecture d'Eliette Abecassis, l'auteure de plusieurs romans engagés tels que La répudiée, Et te voici permise à tout homme ou Philothérapie.

     

    Combien de livres compte votre bibliothèque ?

    Des milliers, j’ai des bibliothèques dans toutes les pièces, même dans ma salle de bains...

     

    Quel est votre livre de chevet actuel ?

    Près d’elle, de François Jullien, un livre extraordinaire sur la relation à l’autre.

     

    Quels sont vos livres préférés ?

    • Totalité et infini, Emmanuel Lévinas
    • Belle du Seigneur, d’Albert Cohen.
    • L’amant, de Marguerite Duras

     

    Avez-vous un lieu de lecture préféré ?

    Mon lit.


    À l’heure où les liseuses et les bibliothèques se côtoient, que représente le livre numérique pour vous ?

    Formidable en vacances, mais je préfère la sensualité du papier.

     

    Qu’est-ce qui vous a amené à écrire et à laisser vous-même une trace dans la bibliothèque des autres?

    La passion de la lecture.

     

    Avez-vous des rituels d'écriture? Des moments ou des lieux qui vous sont plus favorables?

    J’écris beaucoup dans mon lit. C’est le lieu de tous les rêves.

     

    Que représente l'écriture pour vous?

    Une nécessité, une urgence, un processus vital, un bonheur.

     

    Dans vos romans, vous abordez des thématiques fortes telles que la montée de l'antisémitisme en France (Alyah) ou l'absence de liberté de la femme juive (Et te voici permise à tout homme). Ce sont des sujets qui vous touchent particulièrement?

    Oui, je pense qu’il faut aller du singulier et de l’intime à l’universel, c’est toute la difficulté d’écrire. Plonger dans soi pour mieux en sortir.


    Parlez-nous de votre dernier roman Philothérapie. Comment est-il né? Où avez-vous puisé votre inspiration?

    Il est né du désir de parler de l’amour aujourd’hui, au moment où un grand désarroi touche tout le monde, avec une perte du sentiment. L’amour est devenu un marché. J’ai voulu raconter une histoire contemporaine et mener une enquête philosophique sur ce que l’on appelle l’amour, pour retrouver son essence, dans cette perte de sens.

     

    Dans ce roman, l'héroïne commande un bébé sur Internet et sélectionne les hommes qu'elle rencontre comme on fait ses courses en ligne. Même l'amour devient un bien de consommation?

    L’amour devient une appli. On commande, on note, on passe à autre chose. On est en pleine mutation du sentiment amoureux, de l’amour-passion à l’amour-produit. C’est la même chose pour les enfants et l’achat de bébé par internet pour 20 000 euros. Où est l’homme et l’humain? Qui ne peut s’empêcher de penser que sans l’amour la vie n’a pas de sens….

     

    Avez-vous d’autres projets d’écriture ?

    J’ai un livre jeunesse qui sort en octobre, « l’ombre du Golem ».

     

    Sur quels médias peut-on vous suivre ?

    J’ai une page Facebook, un site, je suis sur Instagram et Twitter.

     

    Un petit mot pour les lecteurs du blog Carnet de lecture?

    Lire, pour rendre la vie plus intense, parce que les choses n’existent que par les mots.

     

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    Le carnet de lecture de... Frédéric Ernotte

    Les carnets de lecture de... propose à un auteur de nous parler de sa bibliothèque, des livres qui l'ont marqué et de son rapport à la lecture et à l’écriture.

    FRed Ernotte.jpgAujourd'hui, découvrez le carnet de lecture de Frédéric Ernotte, l'auteur du roman policier C'est dans la boite.

     

    Combien de livres compte votre bibliothèque ?

    Pas la moindre idée. Beaucoup. Vraiment beaucoup…

     

    Quels sont vos livres préférés ? Pourquoi ?

    Ceux qui gagnent le combat contre ma fatigue. Comment faire ? Un rythme soutenu, de l’humour, des personnages qui marquent, un scénario cohérent, un dénouement mémorable. Et me surprendre. J’aime être surpris quand j’ouvre un livre…

     

    Quel est votre livre de chevet actuel ?

    Maudit karma de David Safier et Kind of Black de Samuel Sutra.

     

    Comment choisissez-vous les livres que vous lisez ? Consultez-vous parfois les blogs littéraires ?

    J’adore me promener en librairie et choisir à l’instinct. J’écoute aussi attentivement les conseils de mes ami(e)s, des lecteurs et des libraires. La sortie de C’est dans la boîte m’a permis de découvrir de nombreux blogs gérés par des passionnés avec lesquels j’adore discuter. Je suis régulièrement sur leurs pages et je profite de l’occasion pour signaler que mon compte en banque les déteste profondément !

     

    À l’heure où les liseuses et les bibliothèques se côtoient, que représente le livre numérique pour vous ?

    En tant que lecteur : une source de découvertes compatible avec une bibliothèque classique. La possibilité de lire des livres pour lesquels j’hésiterais à mettre 20 euros. Le numérique permet aussi de transporter facilement de nombreux romans et de les lire dans la pénombre (oui, c’est très pratique !)

    En tant qu’auteur : une chance de faire découvrir mon travail à d’autres lecteurs. Et ça fonctionne puisque la version numérique de C’est dans la boîte se trouve parmi les meilleures ventes « polar » sur Amazon. Ça donne des ailes…

     

    Qu’est-ce qui vous a amené à écrire et à laisser vous-même une trace dans la bibliothèque des autres ?

    Tout est possible devant une page blanche et c’est grisant. Il y a tellement d’histoires dans ma tête que j’en écris certaines pour éviter l’explosion.

    Je dois aussi cette envie d’écrire à des auteurs. Dans mon adolescence, j’ai poussé une porte derrière laquelle se trouvaient Stephen King, Agatha Christie... Avec Dix petits nègres entre les mains (pour n’en citer qu’un), j’ai compris que lire pouvait être amusant. Je me suis dit qu’être celui qui offre de tels moments à des lecteurs devait être jouissif. Ça se vérifie et on y prend vite goût malgré les difficultés. En plus, les personnes qui me suivent m’encouragent à continuer alors je fais mon possible pour ne pas les décevoir.

     

    Vous avez une activité professionnelle régulière, quelle place occupe donc l’écriture dans votre vie ?

    Une petite place, malheureusement. Je travaille 7jours/7 avec d’autres casquettes. Ce mode de vie me laisse peu de temps pour écrire. Je bloque parfois des soirées. Il m’arrive aussi d’écrire la nuit. En fait, j’écris par à-coups.

    Vivre de sa plume est très (très) (très) compliqué. Mais vu que je suis quelqu’un d’optimiste, je pense qu’il y a quand même une once d’espoir. Une fois un livre publié, ce sont les lecteurs qui ont les cartes en mains. À eux de décider si un auteur peut consacrer ou non son temps à les faire voyager.

     

    Parlez-nous de votre premier roman policier C’est dans la boite… Comment est-il né ? Où avez-vous puisé votre inspiration ?

    L’idée de ces boîtes m’est venue lors d’un déménagement. En préparant les caisses, je suis tombé nez à nez avec un trésor de ma jeunesse : une boîte à chaussures contenant divers souvenirs. Des tranches de vie. Face à ces objets insolites, je me suis demandé si quelqu’un d’autre que moi pourrait comprendre le sens de ce colis. À combien de kilomètres de la vérité tomberait une personne qui ouvrirait cette boîte ?

    Quelques jours plus tard, devant un épisode Halloween des Simpsons, j’ai imaginé une nuit durant laquelle des personnages se lanceraient dans une ronde d’histoires. C’est dans la boîte était né !

     

    Lorsque vous entamez l’écriture d’un roman, savez-vous toujours comment il se terminera ?

    Pour C’est dans la boîte, l’histoire était balisée mais je n’avais pas encore tranché concernant la fin. Il m’a fallu approximativement deux ans et demi pour la rédaction du roman. J’avais imaginé plusieurs manières de le terminer. Le jour J, j’ai opté instinctivement pour une direction en écrasant l’accélérateur. C’est un choix inexplicable…

     

    En 2013, vous avez obtenu le Prix du Balai de la Découverte, qui récompense un premier roman. Pouvez-vous nous en dire quelques mots ?

    Les Balais d’Or viennent de l’imagination de Richard Contin (alias le Concierge masqué), un lecteur français passionné de littérature noire. Partant de son blog, il a réuni à sa table des blogueurs, des libraires, des bibliothécaires et des lecteurs pour  promouvoir la littérature policière dans son ensemble. Chaque mois, des romans sont ajoutés à une longue liste de coups de cœur. Puis vient le temps de la délibération pour choisir les lauréats qui recevront les Balais.

    La remise de ce Prix du Balai de la Découverte à Paris en 2013 est un moment inoubliable pour moi ! Je suis vraiment fier d’avoir ramené ce trophée en Belgique et c’est une belle récompense pour les personnes qui m’ont fait confiance.

     

    C’est dans la boite a été publié aux Éditions Avant-Propos (Belgique).  Avez-vous rencontré des difficultés pour trouver une maison d’édition qui vous soutienne ?

    J’étais conscient qu’il est pratiquement impossible d’intégrer une grosse cylindrée de l’édition en France quand on est un illustre inconnu avec un premier roman. Dès lors, tout s’est bien passé pour moi. Avant-Propos a rapidement placé mon manuscrit dans sa colonne « coup de cœur » et j’ai décidé de faire confiance à cet éditeur.

     

    Avez-vous d’autres projets d’écriture ?

    Un autre livre intitulé L’Altruiste. Avec ce nouveau roman, j’ai décidé de surprendre en quittant le terrain du roman policier. J’ai utilisé le style incisif qui me caractérise pour plonger mon personnage principal dans des questionnements contemporains sur la solidarité, le vivre-ensemble, l’argent… D’un quiproquo va naître une succession de situations plus périlleuses les unes que les autres avec une question en toile de fond : est-ce forcément mal de ne pas faire le bien ?

    Pas encore de sortie prévue. Que sera sera… Whatever will be, will be…

     

    Où peut-on vous retrouver ?

    Sur mon blog

    Sur la page Facebook « Frédéric Ernotte – Écrivain » 

    Et dans la vraie vie… ici ou là.

     

    Un petit mot pour les lecteurs du blog Carnet de lecture ?

     

    Peu importe ce qu’on fait et où se rend, quand les personnes qui nous accompagnent nous donnent le sourire, on a déjà tout gagné. Et, surtout, continuez de lire. La curiosité est une très belle qualité.

    crédit photo: "Les Pictographistes"

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    Le carnet de lecture de... Karine Lambert

    Les carnets de lecture de... propose à un auteur de nous parler de sa bibliothèque, des livres qui l'ont marqué et de son rapport à la lecture et à l’écriture.

    Photo Karine Lambert (no copyright).jpgAujourd'hui, découvrez le carnet de lecture de Karine Lambert, l'auteure du roman L'immeuble des femmes qui ont renoncé aux hommes.

     

    Combien de livres compte votre bibliothèque  ?

    Hauteur: trois mètres, largeur: cinq mètres, une pile au pied de mon lit, une dans l'escalier, quelques uns chez mes amis.

     

    Quels sont vos livres préférés ?

    Ceux qui me font oublier que je suis en train de lire.Quelques titres me reviennent à l'esprit : L'art de la joie de Goliarda Sapienza, La dormition des amants de Jacqueline Harpman, Les cerfs-volants de Romain Gary, Soie de Alessandro Baricco, La nuit des temps de René Barjavel, Luz ou le temps sauvage de Elsa Osorio, Le soleil des Scorta de Laurent Gaudé, L'écume des jours de Boris Vian, En vieillissant les hommes pleurent de Jean-Luc Seigle.....la liste reste ouverte.

     

    Quel est votre livre de chevet actuel  ?

    Souffle en mon coeur un vent de Patagonie de Nacho Carranza.

     

    Avez-vous un lieu de lecture préféré ?

    Une fois par an dans un coin perdu de Bretagne, le reste du temps dans mon lit.

     

    À l’heure où les liseuses et les bibliothèques se côtoient, que représente le livre numérique pour vous  ?

    Ah! Le velouté de la couverture, le bruissement de la page qu'on tourne, le regard du libraire qui s'illumine quand il me parle de sa dernière trouvaille... inégalable!

     

    Qu’est-ce qui vous a amené à écrire et à laisser vous-même une trace dans la bibliothèque des autres  ?

    Je voulais rendre un peu de tout ce qui m'a été offert dans mes lectures. Chaque livre que j'ai aimé m'a donné envie de susciter un jour de cette manière, une émotion, un moment de plaisir, quelques heures d'évasion.

     

    Vous êtes photographe de profession. Quelle place occupe l’écriture dans votre vie  ?

    Les mots et les images racontent des histoires.

     

    Parlez-nous de votre premier roman L'immeuble des femmes qui ont renoncé aux hommes. Comment est-il né  ? Où avez-vous puisé votre inspiration  ?

    J'ai rencontré une femme qui m'a raconté qu''elle avait renoncé aux hommes depuis vingt cinq ans". Je n'avais jamais entendu ça. Encore plus fou, elle était rayonnante et pour rien au monde ne serait revenue sur son choix. Ca m'a tellement interpellée que j'en ai écrit un roman.

     

    Ce premier roman a été publié par les Editions Michel Lafon, avez-vous rencontré des difficultés à trouver un éditeur  ?

    5 mois, 150 allers-retours à la boîte aux lettres, 3 mails d'encouragement, 2 lettres de refus, 10 lettre types, 1 OUI.

     

    Avez-vous d’autres projets d’écriture  ?

    Tout le temps. Je termine l'écriture de mon deuxième roman et je pense déjà au suivant. Un personnage sommeille à la lisière de mon inconscient et de ma conscience.Il attend que je trouve les mots qui le feront exister.

     

    Où peut-on vous retrouver ?

    Dans les librairies.

     

    Un petit mot pour les lecteurs du blog  Carnet de lecture?

     

    "Quand tout le reste a échoué, laissez tomber et allez à la bibliothèque " Stephen King.

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    Le carnet de lecture de… John Henry

    Les carnets de lecture de... propose à un auteur de nous parler de sa bibliothèque, des livres qui l'ont marqué et de son rapport à la lecture et à l’écriture.

    DSC_0348.JPGAujourd'hui, découvrez le carnet de lecture de John Henry, auteur de Quand les ânes de la colline sont devenus barbus.

    Combien de livres compte votre bibliothèque ?

     Une cinquantaine. Mais comme l’espace est limité, ça m’arrive d’en déposer dans des boites à livres. Je les “libère”.

     

    Quels sont vos livres préférés ? Pourquoi ?

    Il y a notamment deux livres qui m’ont beaucoup marqué. Ce que le jour doit à la nuit de Yasmina Kadhra. Ce bouquin m’a retourné, j’avais le cerveau à l’envers pendant plusieurs jours. C’était très puissant.

    Et puis j’ai découvert Hemingway. L’adieu aux armes et Le vieil homme et la mer. J’ai découvert une autre manière d’écrire, un rythme extrêmement précis sous une apparente facilité, pas d’adjectifs, pas d’adverbes, il ne plonge pas dans la psychologie des personnages, tout se passe dans les dialogues.

     

    Que lisez-vous pour le moment ?

    Je lis L’amour aux temps du choléra de Gabriel Garcia Marquez et pendant cette lecture j’ai lu Derrière la haine de Barbara Abel. C’était facile parce que ce sont deux écritures opposées. Barbara Abel c’est l’efficacité, l’addiction du thriller et Marquez c’est une écriture baroque, colorée, ça part dans tous les sens et c’est plein de soleil.

     

    Comment choisissez-vous les livres que vous lisez ? Consultez-vous parfois les blogs littéraires ?

    J’ai très peu lu jusqu’il y a 4 ou 5 ans (en fait si je lisais, mais uniquement des BD) donc j’essaie de rattraper mon retard en lisant les classiques. Je me suis dit que je commencerais par les prix Nobel, pour découvrir des univers très différents. Du coup je suis moins l’actualité littéraire mais il m’arrive souvent de consulter les blogs après avoir lu un roman pour confronter mon avis à celui d’un autre lecteur. C’est toujours agréable de discuter d’une lecture mais c’est rare de connaitre quelqu’un qui lise exactement le même livre que moi en même temps. Donc je discute tout seul en lisant les chroniques des blogs littéraires.

     

    À l’heure où les liseuses et les bibliothèques se côtoient, que représente le livre numérique pour vous ?

    Pas grand chose. Je ne pense pas que ça amène de nouveaux lecteurs, simplement que certains lecteurs, pour des raisons de facilité, ont délaissé le papier pour le numérique.

     

    Parlez-nous de votre roman Quand les ânes de la colline sont devenus barbus… Comment est-il né ? Où avez-vous puisé votre inspiration ?

     Je prends souvent des notes que je garde dans un carnet. J’avais de nombreuses notes sur les sans-papiers à Bruxelles, sur leur “travail”, leur mode de vie; j’étais vraiment intéressé par leur destin, celui de tout quitter, de partir de son pays pour commencer une nouvelle vie mais sans être personne, sans papier, sans perspective. Et puis avec Jack nous nous sommes “rencontrés”. Enfin, c’est surtout moi qui l’ai rencontré, je l’ai vu dans un documentaire sur les basha posh. Et Jack est devenu le personnage principal de l’histoire. Tout s’est goupillé, j’avais tous les ingrédients, il “suffisait” de se mettre au fourneau.

     

    Ce roman a été écrit dans des circonstances particulières, pouvez-vous nous en parler ?

    C’est vraiment dans la continuité de la question précédente. J’ai reçu une bourse pour partir en résidence d’auteur à l’Academia Belgica à Rome. Un mois, en juin 2013. Et pour rentabiliser au maximum le temps sur place, j’ai réfléchi dans les semaines avant juin à la structure du récit et à l’ossature de l’histoire. Quand je suis arrivé à Rome, j’écrivais dans ma chambre et je n’avais rien d’autre à faire qu’à écrire, je n’ai pas relu une seule fois mon récit, pas réfléchi une seule fois au déroulement de l’histoire, je suivais la structure programmée et j’ai passé un mois à écrire, sans arrêt, plongé dans l’univers du roman. De 3 à 8 pages par jour. Et deux jours avant la fin de la résidence d’auteur, le manuscrit était terminé mais c’était la première version, encore très brute. Mais j’avais profité du temps passé à Rome, à l’arrière du parc de la Villa Borghese. J’écrivais 4 ou 5 heures par jour et le reste du temps je le passais à me perdre dans les rues romaines ou avec les résidents, on était en permanence une quinzaine, la plupart des doctorants qui étudiaient un sujet en lien avec Rome, la Rome antique, le latin, l’architecture, etc. Une expérience incroyable. Vraiment incroyable. Ce roman doit beaucoup à Rome et à l’Academia Belgica (même si je n’avais pas reçu la bourse pour ce manuscrit là mais le manuscrit en question je l’avais terminé juste avant de partir :)

     

    Ce roman décrit de façon très précise les décors montagneux d’Afghanistan. Vous êtes-vous rendu sur place pour effectuer des recherches ?

    Quand j’ai su que le personnage était Jack, j’étais obligé d’écrire le début de l’histoire en Afghanistan parce que son histoire est très ancrée culturellement. J’aurais aimé partir là-bas, je me serais sans doute senti comme les jumeaux quand ils sortent du taxi.

    "Chaque pas les éloignait de cette voiture où ils s'étaient sentis chez eux, et chaque pas les enfonçait davantage dans le bruit et la poussière, les noyait parmi la foule et ils se sentaient de plus en plus seuls et étrangement eux-mêmes : une corde, quelque part, venait de se rompre, cette corde qui les reliait au confort de leur vie et les y maintenait. Jamais plus ils n'allaient ressentir aussi fort cette violente sensation de vie."

    Mais j’ai réussi à trouver des capsules très courtes sur internet qui parlaient simplement du quotidien de l’Afghanistan. Honnêtement, je pense que je ne décris pas très précisément l’Afghanistan, j’avais beaucoup trop peur d’écrire n’importe quoi mais la force d’évocation des odeurs, des couleurs ou de la textures des paysages donne cette impression.

     

    Quand les ânes de la colline sont devenus barbus a été publié dans une toute jeune maison d’édition belge, les Editions Diagonale. Qu’est-ce qui vous a attiré dans cette maison ?

    C’est une maison d’édition qui ne publie que des premiers romans. Je les ai rencontrés en mars 2014 à la Foire du Livre, alors qu’ils n’avaient encore rien publié. Je leur ai envoyé le manuscrit et elles ont directement accepté de le publier. C’était un bon début, une jeune maison d’édition, un premier roman et un jeune auteur jeune (deux fois :))

     

    Avez-vous d’autres projets d’écriture ?

    J’ai écrit énormément jusqu’à la fin de l'écriture des ânes barbus. Depuis je me focalise davantage sur la recherche d’un emploi stable. Mais dès que je me replonge dans l’écriture, je me sens réellement à ma place, comme quand on a l’impression d’être au bon endroit, au bon moment, à faire la bonne activité. Je réfléchis à l’histoire et à sa structure en espérant que je pourrai profiter de conditions aussi exceptionnelles pour écrire que celles rencontrées à Rome.

     

    Où peut-on vous retrouver (site, page Facebook, blog…) ?

     

    Un petit mot pour les lecteurs du blog Carnet de lecture?

    Je pense que vous êtes en de bonnes mains littéraires.

     

    Je voulais juste ajouter une dernière chose : je pense qu’en général on ne vit de grandes choses que si on accepte de s’abandonner, totalement. C’est la même chose avec un roman. Moi aussi parfois j’ai du mal, j’ai un esprit trop critique. Je me bats pas mal pour tenter de m’abandonner et de me perdre, de faire confiance à un livre. J’espère que vous y parviendrez.