Du roman au cinéma

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    La fille dans le brouillard - Donato Carrisi

    livre,roman,blog littéraire,littérature,carnet de lecture,avis lecture,la fille dans le brouillard,donato carrisi,thriller,médiasAvechot, un petit village dans les Alpes. Le Commandant Vogel est chargé de l'enquête sur la disparition de la jeune Anna Lou. Mais les choses ne vont pas se passer comme il le pensait.

    Ah, Donato Carrisi! Inconnu il y a encore quelques années, cet italien a réussi à se hisser tout en haut de la liste des meilleurs auteurs de thrillers en quelques romans bien pensés. Et La fille dans le brouillard ne fait pas exception.

    L'atmosphère du roman est mystérieuse et lourde. Donato Carrisi nous immerge dans le quotidien d'une petite communauté qui vit recluse au cœur de la vallée. Soumis à l'influence d'une confrérie religieuse très rétrograde, les habitants ont développé des idées très arrêtées sur l'homosexualité, l'avortement ou l'alcool. Dans cet environnement où tout le monde de connait depuis l'enfance, et suite à la disparition d'Anna Lou, les langues vont se délier et certains secrets vont être exposés au grand jour. Les conditions climatiques accentuent d'ailleurs cette impression d'enfermement tant le froid et la neige sont omniprésents. 

    Le personnage de Vogel est particulièrement intéressant. En difficulté professionnelle suite à une affaire qui a mal tourné, il espère rétablir son image auprès des médias grâce à cette disparition. Car la médiatisation est au cœur de la technique d'enquête du Commandant Vogel. Le lecteur assiste donc, stupéfait, à ses manœuvres pour attirer les médias et les mettre sur de fausses pistes. 

    Dans La fille dans le brouillard, Donato Carrisi met en évidence le rôle et l'influence des médias lors d'enquêtes de grande envergure. En effet, une enquête relayée par les grands médias obtient rapidement plus de moyens financiers et humains, ce qu'a bien compris Vogel, qui espère jouer sur ce tableau pour résoudre l'énigme de la disparition de la jeune fille. L'auteur italien met ainsi en avant un aspect auquel on pense rarement lorsque l'on suit l'actualité : tous ces faits divers que le public suit avidement constituent un marché extrêmement juteux pour les médias en termes de publicités mais aussi pour les communes concernées qui enregistrent d'immenses retombées économiques grâce au tourisme macabre. 

    La fille dans le brouillard est un très bon roman, dont la tension qui ne fait que monter au fil des pages. J'étais tellement prise par l'histoire que je n'ai pas vu le temps passer. Et, franchement, je ne serais pas étonnée qu'une adaptation au cinéma soit envisagée car l'histoire s'y prête particulièrement bien. 

    La fille dans le brouillard a été adapté pour le cinéma par Donato Carrisi lui-même. La sortie italienne est prévue pour le mois d'octobre 2017. A suivre!

     

    La fille dans le brouillard - Donato Carrisi - Editions Calmann-Levy - 2016livre,roman,blog littéraire,littérature,carnet de lecture,avis lecture,la fille dans le brouillard,donato carrisi,thriller,médias

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    Boomerang – Tatiana de Rosnay

    Boomerang, Tatiana de Rosnay, Editions Héloïse d’Ormesson, livre, roman, blog littéraire, littérature, carnet de lecture, Le cœur d’une autre, Le voisin, Rose, Son carnet rouge, livre de poche, cinéma, film, souvenir, enfance, accident, mémoire, étéPour les 40 ans de Mélanie, Antoine Rey emmène sa sœur à Noirmoustier, une station balnéaire où ils ont passé le dernier été de leur mère Clarisse, en 1972. Au retour, alors que Mélanie s’apprêtait à lui révéler un secret familial, c’est l’accident de voiture. Mélanie a perdu la mémoire et ne se souvient plus de ce qu’elle voulait dire de si important à son frère.

    Le moment privilégié que Mélanie et Antoine vont passer ensemble va faire surgir des souvenirs de vacances en famille. Le regard adulte qu’ils posent sur leur enfance leur fait prendre conscience d’éléments qu’ils n’avaient pas vus étant enfants et surtout de non-dits et de secrets qui dégradent les relations familiales.

    L’écriture de Tatiana de Rosnay est fluide, claire et les pages se tournent facilement. Malheureusement, si on a envie de connaitre le secret que Mélanie s’apprêtait à révéler, l’intérêt s’émousse au fil du roman. Je pense que la raison vient de l’accumulation d’informations qui ne font pas avancer l’histoire ainsi que du quotidien banal à mourir d’Antoine, que l’auteure nous détaille pourtant par le menu. Alors qu’Antoine se lance dans une « enquête » pour découvrir les secrets de famille et mieux comprendre qui était sa mère, le lecteur ne ressent aucun suspense. Tatiana de Rosnay ne semble pas ressentir le besoin d’entretenir le mystère chez ses lecteurs et nous livre donc un roman linéaire et sans accroc.

    Une lecture qui fait passer le temps, pour qui ne veut pas se prendre la tête mais qui reste plutôt décevante dans l’ensemble. Dommage parce que le pitch donnait envie…

    Boomerang a été adapté au cinéma en 2015 par François Favrat, avec Laurent Lafitte et Mélanie Laurent.

     

    Boomerang Tatiana de Rosnay – Editions Héloïse d’Ormesson – 2009

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    La fille du train – Paula Hawkins

    La fille du train, Paula Hawkins, Sonatine, livre, roman, blog littéraire, littérature, carnet de lecture, policier, thriller, train, disparition, amour, couple, alcoolisme, film, Emily Blunt, Tate Taylor, cinémaChaque jour, Rachel prend le train qui la conduit de son domicile à Londres et vice-versa. Chaque jour, elle est assise à la même place et observe une jolie maison, dont elle imagine la vie des occupants, allant jusqu’à leur inventer des prénoms. Lorsque la jeune femme qui y vit disparait mystérieusement, Rachel se lance à sa recherche.

    Dès les premières pages, j’ai été interpellée par la situation personnelle de Rachel. Depuis son divorce avec Tom, qui l’a quittée pour une autre, elle passe son temps à ressasser le passé. Isolée, Rachel noie sa solitude dans l’alcoolisme, ce qui a des conséquences terribles : perte d’emploi, comportement violent et absence de tout souvenir de ce qu’elle a fait en étant ivre. Au-delà du thriller, La fille du train interroge donc sur les ravages de l’abus d’alcool et la situation de détresse des personnes qui la vivent.

    Comme dans un journal intime, les jours se succèdent et le lecteur découvre le quotidien de Rachel mais aussi des autres personnages féminins de cette histoire. La parole est ainsi donnée aux femmes, qui racontent comment elles ont vécu ces moments précis qui ont fait basculer leur vie dans l’horreur. Davantage un thriller psychologique qu’un roman policier, La fille du train nous plonge dans l’esprit troublé de Rachel, entretenant la confusion entre rêve et réalité.

    L’écriture de Paula Hawkins est efficace et sans temps mort puisque quasiment chaque page comporte son lot d’action et d’événements inattendus. La fille du train se lit vite, les pages se tournent sans que l’on s’en rende compte et la fin devrait en étonner plus d’un.

    Un premier roman à l’écriture bien maîtrisée qui nous démontre, si cela était encore nécessaire, que l’on ne connait jamais tout à fait ceux qui nous entourent.

    La fille du train a été adapté pour le cinéma, avec Tate Taylor à la réalisation et Emily Blunt dans le rôle de Rachel. La sortie est prévue pour octobre 2016. Voyez la bande-annonce pour vous faire une idée...

    La fille du train – Paula Hawkins – Sonatine Editions – 2016

     

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    Profanation – Jussi Adler Olsen

    Profanation, Jussi Adler Olsen, Audiolib, livre, roman, blog littéraire, littérature, carnet de lecture, miséricorde, Département V, film, cinéma, danemark, chasse, meurtre, crime, enquêteSur le bureau de l'inspecteur Carl Morck, chef du département V, le dossier d'un double meurtre commis en 1987 et impliquant une bande de fils de bonnes familles, innocentée par les aveux "spontanés" d'un des leurs. Morck s'aperçoit que l'affaire a été hâtivement bouclée et décide de reprendre l'enquête avec l'aide d'Assad, son fidèle assistant, et d'une nouvelle recrue, Rose.

    Le premier tome de cette série, Miséricorde, débordait de suspense et m'avait complètement happée dans son sillage. Profanation s'en distingue par le fait que l'on connait dès le départ qui sont les responsables de la mort des deux adolescents et tout l'enjeu consiste à savoir comment l'équipe du Département V va arriver à confondre les coupables, des personnalités influentes de la société danoise. Cette approche de l'enquête, même si elle est ponctuée de nombreuses péripéties et situations hasardeuses, m'a semblé moins intéressante et addictive que dans le premier roman et j'ai pris moins de plaisir à la découvrir car davantage tirée en longueur à mon gout.

    La personnalité des "méchants" est particulièrement soignée, l'auteur réussissant à faire naître en moi un véritable sentiment de répulsion pour ces personnages, au point de ne pas avoir envie de lire les passages qui les concernaient. Leurs secrets inavoués, la violence gratuite dont ils font preuve et les loisirs auxquels ils s'adonnent font froid dans le dos.

    S'agissant d'un livre audio, j'ai particulièrement apprécié la lecture qu'en fait Julien Chatelet, comédien et chanteur, qui donne réellement vie aux personnages et nous plonge dans l'ambiance malsaine imaginée par Jussi Adler Olsen.

    Profanation a fait l’objet d’une adaptation cinématographique et est sorti dans les salles en 2015.

     

    Profanation – Jussi Adler Olsen – Editions Audiolib – 2014

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    Réparer les vivants – Maylis de Kerangal

    Cover Réparer les vivants.jpgPassionnés de surf, trois jeunes effectuent une virée matinale pour une session de glisse. Au retour, un manque d’attention provoque l’accident et Simon, qui n’était pas attaché, tombe dans un profond coma. Commence alors l’attente interminable, les multiples examens et la terrible annonce qui tombe, anéantissant les parents mais laissant l’espoir d’une autre vie pour d’autres personnes, grâce au prélèvement d’organes.

    J’ai eu envie de lire Réparer les vivants en raison des nombreuses critiques positives parues sur les blogs à la sortie du livre, mais je ressors de cette lecture avec un avis plutôt mitigé.

    Le texte se présente comme une succession de blocs de descriptions dans lesquels les dialogues sont intégrés, sans la mise en exergue habituelle, ce qui donne une impression de lourdeur. Suivant le fil des pensées et des souvenirs des protagonistes, le texte se perd régulièrement dans des considérations très éloignées de l’histoire, n’apportant aucune information intéressante.

    Je n’ai pas réussi à m’adapter au style de l’auteure, à ces phrases à rallonge qui nous éloignent du sujet et tuent le suspense. Alors que le thème aurait pu être à l’origine d’une histoire bouleversante, la douleur des parents et les difficultés du métier de médecin ne passent pas la frontière du papier et n’ont pas réussis à m’atteindre. J’ai vraiment trouvé dommage que l’écriture supplante à ce point l’histoire, faisant disparaitre toute émotion.

    Un roman soporifique, que j’ai eu beaucoup de difficultés à terminer. Une déception tant en ce qui concerne le contenu que la forme.

     

    Réparer les vivants – Maylis de Kerangal – Editions Gallimard – 2014