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    Un hiver avec Baudelaire – Harold Cobert

    Un hiver avec Baudelaire, Harold Cobert, Héloïse d'Ormesson, livre, roman, blog littéraire, littérature, carnet de lecture, Lignes brisées, sdf, sans abri, pauvreté, emploi, famille, chien, BaudelairePhilippe a 27 ans lorsque sa vie bascule. Un divorce difficile, un contrat de travail qui n'est pas renouvelé et le voila contraint de vivre à l'hôtel en attendant de trouver un appartement et un autre emploi. Mais les difficultés ne font que s'accumuler, obligeant Philippe à vivre dans la rue. Un hiver avec Baudelaire est son histoire, celle d'une descente aux enfers qui va heureusement connaitre quelques moments de bonheur grâce à la présence de Baudelaire.

    L'écriture délicate et sensible d'Harold Cobert s'accorde parfaitement à ce récit. Le lecteur s'attache au personnage de Philippe qui essaie de s'en sortir et de rester digne dans un monde dont il ne connait pas les règles. L'auteur nous plonge dans le quotidien d'un sans domicile fixe, confronté au regard fuyant des passants, obligé de faire la manche dans le métro, dans une lutte permanente pour survivre et dormir malgré le froid. En empathie avec Philippe, le lecteur comprend le sentiment de honte qui l'habite, l'isolant de sa famille et de ses amis et l'éloignant de sa petite fille Claire, dont il a été séparé et qu'il lui tarde de retrouver.

    Un hiver avec Baudelaire rappelle qu'il est toujours possible de passer entre les mailles du filet « Sécurité sociale » et, surtout, qu’il suffit d’un rien pour que tout bascule. Ce roman a le mérite d’interpeller le lecteur, parce que l’on se rend compte que les efforts de Philippe ne sont pas suffisants pour lui permettre de se sortir de la précarité. Finalement, le seul salut provient des associations qui aident les plus démunis en fournissant nourriture, vêtements, abris et conseils. Pour Philippe, cela passera aussi par des rencontres déterminantes avec une jeune fille dans un square ou un couple de commerçants. Sans oublier Baudelaire, le compagnon de galère, grâce à qui le quotidien sera moins difficile à vivre.

    Un récit touchant et juste, qui rappelle l’équilibre précaire de nos vies et la nécessité de s’entraider. 

     

    Un hiver avec Baudelaire – Harold Cobert – Editions Héloïse d'Ormesson – 2009un hiver avec baudelaire,harold cobert,héloïse d'ormesson,livre,roman,blog littéraire,littérature,carnet de lecture,lignes brisées,sdf,sans abri,pauvreté,emploi,famille,chien,baudelaire

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    Les cerisiers fleurissent malgré tout – Keiko Ichiguchi

     Les cerisiers fleurissent malgré tout, Keiko Ichiguchi, Dargaud, livre, roman, blog littéraire, littérature, carnet de lecture, Italie, Japon, Fukushima, tsunami, famille, mangaMars 2011. Un tsunami exceptionnel touche le Japon et entraine l'explosion de la centrale de Fukushima, avec les conséquences que l'on connait. La peur gagne les japonais vivant à l'étranger qui sont sans nouvelles de leur famille, d'autant que les médias et le gouvernement diffusent de fausses informations pour éviter les mouvements de panique. A travers ce livre graphique, nous suivons Itsuko qui vit en Italie et qui va tenter par tous les moyens d'aider et de rejoindre son pays où vivent sa famille et son ancienne maitresse d'école, auxquels elle est très attachée.

    Les dessins en noir et blanc, inspirés du graphisme manga, sont très beaux et nous immergent totalement dans l'univers de l'auteure. Cette mangaka japonaise, qui vit elle-même en Italie, a sciemment choisi de casser les codes du manga et de la bande dessinée en mêlant les techniques. La lecture se fait à l'occidentale, de gauche à droite, et, plutôt que d'accumuler les petites cases, elle a choisi de réaliser de grands dessins ainsi que des tableaux sur plusieurs cases. Un très bel ouvrage qui, sans être autobiographique, reflète les craintes de Keiko Ichiguchi lors des événements de 2011, qui se sont déroulés pendant la création de ce livre graphique et qui ont modifié sa trame initiale.

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    Un livre poignant et sensible qui m'a donné envie de partager avec vous la magnifique estampe de Hokusai, intitulée Dans le creux d'une vague au large de Kanagawa (1830-1834), et qui représente un tsunami.

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    Pour terminer sur une note positive: une photo des cerisiers japonais, qui fleurissent chaque année malgré toutes les douleurs que peuvent vivre les hommes.

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    Les cerisiers fleurissent malgré tout, Keiko Ichiguchi, Dargaud, livre, roman, blog littéraire, littérature, carnet de lecture, Italie, Japon, Fukushima, tsunami, famille, mangaLes cerisiers fleurissent malgré tout – Keiko Ichiguchi – Editions Dargaud – 2013

     

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    Le soleil des Scorta – Laurent Gaudé

    Le soleil des Scorta, Laurent Gaudé, Babel, livre, roman, blog littéraire, littérature, carnet de lecture, Italie, soleil, chaleur, famille, village, travail, amour, amitié, Goncourt, #romansété, étéL'origine de leur lignée condamne les Scorta à l'opprobe. A Montepuccio, leur village d'Italie du Sud, ils vivent pauvrement, et ne mourront pas riche. Mais ils ont fait voeu de se transmettre de génération en génération, le peu que la vie leur laisserait en héritage. Et en dehors du modeste bureau de tabac familial, leur richesse est aussi immatérielle qu'une expérience, un souvenir, une parcelle de sagesse, une étincelle de joie. Ou encore un secret. Comme celui que la vieille Carmela confie au curé de Montepuccio, par crainte que les mots ne viennent très vite à lui manquer.

    Laurent Gaudé réussi avec brio à immerger le lecteur dans la vie de ce petit village imaginaire du sud de l'Italie, situé entre mer et montagnes. À la lecture de ce roman, on a l'impression de faire partie intégrante du lieu et de partager les repas gargantuesques des Scorta, les fêtes traditionnelles, mais aussi de ressentir la chaleur qui brule la végétation.

    Chacun à sa manière, tous les personnages de ce roman ont une personnalité forte, sans pour autant être caricaturale. Le lecteur ne peut que s'attacher à ces personnages entiers et vrais qui tentent de transmettre leurs valeurs, à la fois importantes et élémentaires, aux générations futures. Leur comportement inspire le respect car ils ont réussis, à force de volonté et de travail, à construire la vie dont ils rêvaient malgré un départ difficile dans la vie et plusieurs expériences malheureuses.

    Un récit fort sur l'importance de la famille et de l'amitié mais aussi sur les valeurs de travail, de respect des anciens et d'honneur. Une histoire familiale faite de passion et d'attachement fraternel très fort racontée avec des mots qui touchent et qui m'ont laissée plus d'une fois avec les larmes aux yeux.

    Il est rare que j'apprécie un roman ayant reçu un prestigieux prix littéraire mais celui-ci est une exception. Je l'ai lu d'une traite, avec beaucoup de plaisir, et les images que l'auteur a suscitées  continuent de revenir régulièrement tant les valeurs qu'il défend me semblent essentielles. Une très belle expérience de lecture.

    Prix Goncourt 2004

    Le soleil des Scorta – Laurent Gaudé – Editions Babel – 2004

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    Sukkwan Island – David Vann

    Sukkwan Island, David Vann, Gallmeister, livre, roman, blog littéraire, littérature, carnet de lecture, #romansété, ile, Alaska, froid, hiver, père, fils, enfant, suicide, famille, folieUne île sauvage du Sud de l’Alaska, accessible uniquement par bateau ou par hydravion, tout en forêts humides et montagnes escarpées. C’est dans ce décor que Jim décide d’emmener son fils de treize ans pour y vivre dans une cabane isolée, une année durant. Après une succession d’échecs personnels, il voit là l’occasion de prendre un nouveau départ et de renouer avec ce garçon qu’il connaît si mal. La rigueur de cette vie et les défaillances du père ne tardent pas à transformer ce séjour en cauchemar et la situation devient vite incontrôlable. Jusqu’au drame violent et imprévisible qui scellera leur destin.

    D'aucuns reprochent à ce roman son style de narration. Et il faut bien avouer que les descriptions de paysages constituent la plus grande part de ce roman, laissant peu de place aux dialogues. Il faut réellement attendre la moitié du livre pour sortir de la monotonie du récit et ressentir le choc de l'évènement qui a lieu, laissant le lecteur totalement surpris.

    Tout le talent d'écriture de David Vann se manifeste dans la construction de ses personnages. Le père au bout du rouleau suite à un énième divorce, habité par des obsessions incontrolables et complètement désespéré. La vision de Roy sur la situation de son père, étonnament éclairée malgré son jeune age, lui qui ne voulait pas se trouver là mais qui, par loyauté envers son père, décide de rester pour, peut-être, le sauver.

    Le lecteur est pris en otage de ce huis clos et ne peut qu'assister, impuissant, à la relation étrange qui se met en place entre Roy et son père, inversant les rôles et rendant encore plus inquiétant le comportement du père. Et, malgré les grands espaces dans lesquels évoluent les personnages, c'est la sensation d'enfermement et de solitude qui domine le roman.

    Sukkwan Island est fortement inspiré de la propre vie de David Vann. Ce roman puise d'ailleurs sa source dans la proposition que lui a faite de son père losqu'il était adolescent mais,contrairement à Roy, le jeune David d'alors refuse. Quinze jours plus tard, son père se suicidera, seul sur son ile. Ce roman est donc pour l'auteur une façon de réinterpréter son histoire personnelle en imaginant ce qui a pu se passer sur l'ile.

    Sukkwan Island – David Vann – Editions Gallmeister – 2010

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    Cet été-là – Véronique Olmi

    Cet été-là, Véronique Olmi, Grasset, livre, roman, blog littéraire, littérature, carnet de lecture, été, vacances, mer, plage, France, fête nationale, amis, famille, #romansété, premier amour, livre de pocheComme chaque année, Delphine et Denis accueillent deux couples d'amis pour le weekend du 14 juillet dans leur maison en bord de mer. Mais ce qui s'annonçait comme un agréable moment de détente va tourner au vinaigre suite à l'arrivée d'une personne inattendue, qui va bouleverser un équilibre déjà précaire.

    Ces retrouvailles sont l'occasion d'évoquer des souvenirs de jeunesse mais aussi, pour certains, de remises en question et de grandes décisions. L'auteur évoque sans complaisance ces quadras pas très bien dans leur peau qui s'interrogent sur leur futur et font le bilan de leur vie passée. Un test de maturité en quelque sorte. Une prise de conscience que la vie qu'ils ont menée n'a pas été à la hauteur de leurs espérances, qu'ils se sont fourvoyés et ont poursuivis les mauvais objectifs.

    Comme dans Le premier amour, Véronique Olmi met l'accent sur l'ambiance, les relations entre les protagonistes et leurs sentiments plutôt que sur les dialogues, peu nombreux. La tension est palpable, ce qui provoque un certain malaise chez le lecteur.

    Malheureusement, ce roman très linéaire manque de vie, comme si la chaleur accablante de cet été-là avait anesthésié jusqu’à l’auteure. J'ai longtemps attendu quelque chose qui n'est jamais arrivé et, alors que j'avais beaucoup aimé Le premier amour, je suis déçue de ce récit qui retombe comme un soufflé.

    Cet été-là – Véronique Olmi – Editions Grasset – 2011

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