famille - Page 2

  • 2 commentaires

    En veilleuse – Matt Sumell

     En veilleuse, Matt Sumell, Plon, livre, roman, blog littéraire, littérature, carnet de lecture, famille, décès, mère, violenceAlby est en colère. En colère contre tout. Il frappe sa sœur et tous ceux qui lui barrent la route, balance des insultes aux enfants et aux vieux qui le ralentissent, et se soûle. Mais c'est avec une infinie délicatesse qu'il prend soin du plus fragile des oiseaux. D'une inaptitude étrangement touchante aux relations humaines, Alby ne se remet pas du décès de sa mère. Ce deuil est si profondément ancré dans sa personnalité qu'il pourrait bien le ronger jusqu'à la moelle. Alors Alby profite et rit de tout pour essayer d'oublier peine et chagrin. Et quand la détresse devient trop forte, il déverse son vitriol sur les hommes, les femmes, les frères et les sœurs, les grille-pain, les poubelles et sur la vie elle-même.

    En veilleuse me laisse une impression mitigée.

    Tout d’abord, parce que je n’ai pas complètement accroché au style narratif. Alby se présente à nous sur le mode de l’association de pensée. Dans un monologue un peu décousu, une idée en entraînant une autre, le lecteur se trouve embarqué dans une histoire fantasque et émaillée de nombreuses digressions. Alors que ce roman fourmille d’idées et de thématiques, j’ai trouvé qu’elles étaient trop peu approfondies, ce qui me laisse une impression générale d’abondance déstructurée.

    Par contre, j’ai trouvé que le personnage d’Alby était bien amené et sa personnalité bien décrite. Bien que le bonhomme paraisse plutôt antipathique de premier abord, on se surprend finalement à l’apprécier. C’est tout le caractère complexe de l’humain que Matt Sumell dévoile. Celui d’un trentenaire ébranlé par la mort de sa mère et qui ne trouve d’autre moyen pour exprimer son désarroi que la violence verbale et physique.

    Il faut bien avouer que je n’ai pas eu « le fou rire page après page » qui était annoncé sur la quatrième de couverture, mais En veilleuse reste un bon roman. Le ton rapide et direct nous emporte dès les premières pages et l'auteur, qui sait véritablement cerner les sentiments et les personnalités complexes, est sans aucun doute à suivre de près.

    Remerciement aux Editions Plon pour cette lecture.

    En veilleuse – Matt Sumell – Editions Plon – 2016

     

  • 0 commentaire

    Ne pars pas sans moi – Gilly Macmillan

    Ne pars pas sans moi, Gilly Macmillan, Editions Les Escales, livre, roman, blog littéraire, littérature, carnet de lecture, policier, thriller, enfant, disparition, familleC’est un dimanche après-midi comme un autre. Rachel et son fils de 8 ans se promènent en forêt. En un instant, ce qui devait être un moment de détente va se transformer en horreur : Benedict disparaît. La police se mobilise pendant plusieurs jours mais l’enfant reste introuvable. Le quotidien de Rachel devient alors un enfer, entre les journalistes qui campent devant sa porte, les inconnus qui l’insultent sur les réseaux sociaux, les accusations muettes de son ex-mari et sa propre culpabilité…

    Tandis que les jours s'égrènent depuis la disparition de Benedict, nous suivons l’avancement de l’enquête sous le regard de Rachel et de l’inspecteur James Clemo. Pour chacun d'eux, c'est aussi l'occasion de se raconter et de parler de l’impact qu’a eu cette affaire sur leur vie.

    Evidemment, dans ce genre d'affaire, toute la famille est suspectée, ce qui donne lieu à des disputes et au dévoilement de secrets jamais avoués. Les personnages ont une personnalité complexe particulièrement bien rendue par l'écriture de Gilly Macmillan, qui distille les informations au compte-goutte, nous laissant découvrir les personnages petit à petit.

    Par contre, je trouve dommage que le père de Benedict ait un rôle secondaire dans cette histoire, n'apparaissant qu'épisodiquement. J'aurais trouvé intéressant d'avoir son point de vue et son ressenti face à la disparition de son fils, sans forcément passer par l'intermédiaire de Rachel.

    Ne pars pas sans moi met aussi en avant les conséquences négatives de la surmédiatisation. On se rend alors compte de l’immense liberté que prennent les internautes, s’exprimant sans filtre, de façon agressive et en portant un jugement sans preuve. Bien ancré dans l’époque qui est la nôtre, ce roman met le doigt sur les dérives des réseaux sociaux en particulier et des médias en général.

    Tout au long du roman, le lecteur ressent la tension qui entoure cette disparition d'enfant. On s'identifie aux parents, à leur détresse et à leur difficulté à faire confiance à la police. Une enquête qui couvre quelques jours mais qui réserve pas mal de surprises et de rebondissements inattendus. Heureusement, les chapitres courts permettent de reprendre une respiration normale et de relâcher la pression.

    Je suis agréablement étonnée car Ne pars pas sans moi est le premier roman de Gilly Macmillan et le moins que l'on puisse dire est qu'elle sait y faire pour maintenir ses lecteurs en haleine. Une auteure à tenir à l'œil.

    Remerciement aux Editions Les Escales pour cette lecture.

    Ne pars pas sans moi – Gilly Macmillan – Editions Les Escales – 2016

    Du même auteur:

    - La fille idéale

  • 4 commentaires

    Duelle – Barbara Abel

    Duelle, Barbara Abel, Editions du Masque, livre, roman, blog littéraire, littérature, carnet de lecture, livre de poche, famille, Belgique, belge, littérature belge, Bruxelles, thriller, émission, télévision, télé-réalitéLucy et son mari Yves vivent dans la région bruxelloise avec leurs deux enfants Max et Léa. Un matin, Lucy voit débarquer chez elle l'équipe de l'émission « Devine qui est là? », qui réunit les personnes que la vie a séparées. Pour Lucy, il n'y a aucun doute, c'est sa mère biologique qui cherche à la retrouver. Mais les questions se bousculent dans sa tête... Le jour du direct, ce qu'elle va découvrir ira au-delà de tout ce qu'elle avait pu imaginer et le rêve va se transformer en cauchemar.

    Sur le thème de la famille, l'auteure belge nous emmène dans une histoire où la jalousie et la rancœur succèdent rapidement aux joies des retrouvailles. Les personnages sont très bien dessinés, cachant sous une façade proprette, des comportements déviants et malsains.

    Si le démarrage est un peu lent, Duelle connait ensuite une accélération qui se poursuit tout au long du roman et nous empêche de le lâcher. Alors que j'ai parfois imaginé par avance les événements qui allaient se produire, Barbara Abel a toujours réussi à m'étonner en allant bien plus loin que tout ce à quoi j'avais pensé. Selon moi, c'est là que se situe le grand talent de l'auteure. Alors que l'on pensait s'installer dans une routine, elle nous surprend par de brusques retournements de situation auxquels on ne s'attend pas et qui vont totalement modifier notre vision des personnages et la suite de l'histoire.

    J'ai été légèrement déçue par le happy end, attendu et manquant d'originalité, mais j’ai vraiment apprécié le fait que Barbara Abel se joue de nous en permanence et nous manipule tout autant que ses personnages.

    Un thriller psychologique à la tension palpable, qui happe le lecteur et rend Duelle addictif.

    Duelle – Barbara Abel – Editions du Masque – 2005

    Duelle, Barbara Abel, Editions du Masque, livre, roman, blog littéraire, littérature, carnet de lecture, livre de poche, famille, Belgique, belge, littérature belge, Bruxelles, thriller, émission, télévision, télé-réalité

  • 0 commentaire

    La Reine du tango – Akli Tadjer

    La reine du tango, Akli Tadjer, JC Lattès, livre, roman, blog littéraire, littérature, carnet de lecture, tango, danse, Argentine, Buenos Aires, famille, mère, tangero, tangueraSuzanne a grandi seule avec sa mère, La Reine du tango, une danseuse magnifique qui a connu tous les succès, toutes les gloires. Disparue trop jeune, elle a laissé à sa fille sa passion de la danse, des souvenirs éblouissants et une peur immense de l’abandon. De cette enfance, Suzanne n’a gardé que le tango qu’elle enseigne sans oser le danser, et un vieil ami de sa mère, qui s’éteint à l’hôpital. Pour vivre pleinement et enfin danser comme la Reine du tango, Suzanne doit retrouver les clés de cette enfance, comprendre qui était sa mère et apaiser ses peurs.

    Ce roman s’articule autour de deux thématiques. La première concerne évidemment le tango, que l’auteur approche de façon originale et actuelle, nous faisant découvrir les codes et particularités de cette danse en la mettant en scène dans le Paris d’aujourd’hui. Le second fil rouge a trait à la question des origines. Toute la vie de Suzanne s’articule autour du secret qui entoure la mort de sa mère ainsi que sur l'identité de son père. De son enfance, elle garde la peur d'être rejetée et de perdre les personnes auxquelles elle tient, ce qui ne l’incite pas à s’investir dans des relations durables. Akli Tadjer nous présente la jeune femme dans toute sa complexité. Forte et fragile à la fois, déterminée et tellement perdue par moments, oscillant sans cesse entre la volonté de trouver le tangero qui partagera sa vie et la peur de s’attacher.

    Evidemment, puisque j'aime beaucoup la danse et le tango en particulier, je suis la lectrice toute désignée pour ce type de roman. Néanmoins, je pense que La Reine du tango pourrait plaire à un grand nombre de lecteur tant l’auteur nous emporte dans l’univers du tango par des mots bien choisis. L’écriture d’Akli Tadjer suit le rythme des pas de danse, à la fois sensuels, vibrants et cadencés. Il réussit à transmettre l'essence de la danse et à faire ressentir le tango-passion. Ne manquait que la musique pour parfaire cette découverte, manquement que j'ai contourné en écoutant Astor Piazzolla pendant ma lecture.

    Remerciement aux Editions JC Lattès pour cette lecture.

    La reine du tango – Akli Tadjer – Editions JC Lattès – 2016

    La reine du tango, Akli Tadjer, JC Lattès, livre, roman, blog littéraire, littérature, carnet de lecture, tango, danse, Argentine, Buenos Aires, famille, mère, tangero, tanguera

  • 4 commentaires

    Le livre des Baltimore – Joël Dicker

    Le livre des Baltimore, Joël Dicker, Audiolib, livre, roman, blog littéraire, littérature, carnet de lecture, livre audio, Etats-Unis, écrivain, famille, Thibault de Montalembert, Goldman, La Vérité sur l’affaire Harry QuebertAu coeur de ce roman, on retrouve Marcus Goldman, le héros de La Vérité sur l’affaire Harry Quebert. Quittant New York et son hiver glacé pour la touffeur tropicale de Boca Raton en Floride, il décide d’écrire sur sa propre famille. Marcus vient des Goldman de Montclair : classe moyenne, maison banale à Montclair, petite ville dans la banlieue de New York. Marcus a grandi dans la fascination pour l’autre branche de la famille, les Goldman de Baltimore. Ces Goldman-là habitent une grande demeure somptueuse dans la banlieue riche de la ville. L’oncle Saul est un avocat de renom. Tante Anita est médecin à l’Hôpital John Hopkins. Il y a aussi Hillel, leur fils, provocateur inspiré, et Woody, fils adopté par le couple, sauvé des gangs et qui rêve d’une carrière dans le football.

    Ayant lu beaucoup de bien sur ce roman, j'ai eu envie de découvrir cet auteur suisse. Et le moins que l'on puisse dire est que je suis étonnée de l'engouement qui s'est créé autour du Livre des Baltimore.

    Dès les premières pages, le lecteur sait qu'un Drame s'est produit dans cette famille. Tout l'enjeu du récit étant de découvrir lequel. Et il faudra attendre la toute fin du roman pour connaitre la teneur de ce Drame qui a bouleversé le narrateur.

    Au départ, j'ai été prise dans le suspense habillement entretenu par l'auteur mais, au bout d'un certain temps, j'ai eu l'impression qu'il nous tenait artificiellement en haleine, avec une accumulation de détails et de descriptions inutiles et, il faut le dire, d'un intérêt très moyen. Pauvre bougre, le lecteur se trouve pris en otage car, après avoir passé tant de temps à écouter l'histoire des Goldman, il ne peut que poursuivre son écoute s'il tient à savoir en quoi consiste ce fameux Drame qui sous-tend tout cette histoire. Joël Dicker a parfois réussi à m'étonner mais ces petits moments se sont finalement noyés dans le magma compact qui constitue ce roman.

    La construction-même du roman est un peu compliquée, l'auteur faisant un aller-retour constant entre le passé et le présent mais sans respecter l'ordre chronologique des événements. Cela est perturbant, surtout quand on écoute un livre audio et que l'on n'a donc pas les dates sous les yeux ni la possibilité de revenir en arrière facilement.

    Le rythme particulièrement lent et l'accumulation de détails peu intéressants ont vraiment rendus mon écoute difficile et c'est avec soulagement que je suis arrivée au bout de cette saga familiale. Heureusement, les quelques notes d'humour ont un peu égayé ma lecture et Thibault de Montalembert a rendu le tout vivant grâce à sa lecture dynamique du roman.

    Je remercie néanmoins Audiolib pour cette écoute et vous invite à vous faire votre propre opinion en écoutant l'extrait audio (MP3).


    podcast

    Le livre des Baltimore – Joël Dicker – Editions Audiolib – 2016