Nouvelles - Page 4

  • 2 commentaires

    Bref, ils ont besoin d'un orthophoniste ! – Gaëlle Pingault

    Cover Bref ils ont besoin d'un orthophoniste.jpegSous ce titre étonnant, Gaëlle Pingault partage son expérience d’orthophoniste (pour les belges : traduisez "logopède"). A travers plusieurs petites histoires, elle nous raconte le quotidien de ses patients, ces personnes qui, à un moment de leur vie, ont besoin d’un orthophoniste.

    Un recueil de nouvelles distrayant mais qui permet également de (re)découvrir ce métier pluriel. Si les publics sont variés (enfants, personnes âgées, adultes…), les problèmes à gérer ne le sont pas moins, allant de la dyslexie à l’autisme, en passant par la dysorthographie, le bégaiement ou la surdité.

    Bref, ils ont besoin d’un orthophoniste ! fait passer énormément de choses. En plus des informations qu’il apporte sur le champ d’action de l’orthophoniste, il m’a aussi fortement touché par sa justesse et sa sensibilité. Toute l’empathie de l’auteure pour ses patients transparait dans ses écrits, notamment vis-à-vis des enfants à qui elle donne des petits noms affectueux.

    Avec pudeur, elle donne la parole aux enfants : "Il aimerait bien aimer l’école, mais il y a les dictées. Les sujets, les compléments d’objets directs, et les verbes. Il y a les a-avec-accent et les a-sans-accent. Les f qui s’écrivent f et les f qui s’écrivent ph. Il y a les s qui font s et les s qui font z. « Et » à la fin de paquet alors que c’est « ai » à la fin de balai. Un genre de jungle. D’abord, il n’y comprend rien. Et, quand par hasard il comprend, il ne retient pas. Et quand par miracle il retient, il ne pense jamais à l’utiliser à la dictée. Il a toujours zéro."

    Mais une belle place est aussi consacrée aux inquiétudes des proches et parents : "Ils parlent de leur petite puce. De son avenir. Ils voudraient le meilleur pour elle. Qu’elle se débrouille. Qu’on la respecte. Qu’elle soit heureuse. Bref. Comme tous les parents."

    Avec une petite surprise que l’auteure fait durer tout au long du recueil : l’histoire de Laure qui se déroule en filigrane des autres et dont on ne comprend pas le lien avec le thème. Jusqu’à ce que tout s’éclaire Sourire

    Pour chacune des nouvelles, il a suffit de quelques mots pour que je sois touchée et pour que je m’attache aux personnages. Au point qu’à la fin de chaque nouvelle, j’étais en attente d’une suite. Ce sera ma seule petite frustration.

    Un recueil que je recommande donc, pour le plaisir de lire une auteure de qualité mais aussi pour les informations qu’il nous apporte.

    Retrouvez ces nouvelles et bien d’autres  sur le blog de Gaëlle Pingault

    Merci aux Editions Quadrature pour cette belle découverte.

    Bref, ils ont besoin d’un orthophoniste ! – Gaëlle Pingault – Editions Quadrature – 2012

    Du même auteur :

  • 0 commentaire

    Un matin pour la vie et autres musiques de scène – Françoise Sagan

    Cover Un matin pour la vie.jpgA travers ces 17 nouvelles, Françoise Sagan nous parle de la vie. Il est plusieurs fois question d’amour (amour jamais oublié, relation d’un soir…), mais toujours, de rencontres qui suscitent la réflexion sur notre vie passée et sur l’avenir qui nous attend. Que faire le jour où notre vie bascule ? Quelle décision prendre que l’on ne regrettera pas ? C’est à cette question que sont confrontés les personnages de l’auteure française.

    Avec humour et beaucoup de justesse, Françoise Sagan aborde des thèmes universels (l’amour, l’avenir, la mort…), tout en nous faisant voyager dans le temps et dans les différentes classes sociales. Et elle tombe juste à chaque fois. Nous pourrions être ces personnages ordinaires dont les plans sont chamboulés et, tout naturellement, on se met à leur place, pour encore mieux comprendre leurs souffrances et leurs sentiments parfois contradictoires.

    Et puis, il y a quelques histoires qui sortent du lot, où il est question de Dachau, de tueries, de safari africain qui tourne au massacre… Des histoires qui font froid dans le dos. Mais tellement bien racontées et avec juste ce qu’il faut de suspense pour nous étonner à chaque fois.

    Musiques de scène est déjà paru en 1981. Il s’agit ici d’une réédition de ce recueil, augmenté de 4 nouvelles inédites (Un matin pour la vie, Histoire d’août, Un vrai macho et Menu). Et bien que plus de 30 ans séparent les deux éditions, la plupart des nouvelles sont encore d’actualité et pourraient se dérouler à l’heure actuelle.

    Ce recueil de nouvelles est ma première rencontre avec Françoise Sagan. J’ai été séduite par son écriture simple, qui touche et interpelle, et qui me donne envie de découvrir ses autres livres, à commencer par Bonjour tristesse.

    Remerciement aux Editions Stock pour cette découverte.

    Un matin pour la vie et autres musiques de scène – Françoise Sagan – Editions Stock – 2011

    Du même auteur:

  • 0 commentaire

    Vibrato – Marie Dubosq

    Cover Vibrato.jpgÀ l’image d’un guide touristique, Vibrato nous fait découvrir les différentes lignes du métro parisien en les mettant en scène dans des histoires courtes. Le lecteur accompagne une femme dans ses déplacements souterrains qui sont autant de rencontres. On y croise des touristes, un guerrier, une raie mantra, un corbeau ; on y fait des découvertes étonnantes et on y vit des histoires d’amour éphémères…

    Et il s’en passe des choses dans le métro! Entre les coupures d’électricité, les scènes de ménage, les terroristes, les fous qui s’emparent du poste de conducteur… les navetteurs deviennent des héros des temps modernes, témoins privilégiés de l’évolution des mœurs et de la société. On est loin du métro-boulot-dodo !

    C’est le premier livre que je lis de cette auteure et j’ai été étonnée par la vitesse à laquelle elle arrive à nous plonger dans un autre monde. Quelques mots suffisent à nous immerger dans le quotidien d’une personne, au plus profond de ses pensées. Avec un petit retour historique puisque Vibrato nous fait voyager dans le temps, entre 1943 et 2020, en passant par l’époque actuelle.

    J’ai trouvé que les références à la violence étaient assez nombreuses même si elle prend différentes formes (querelle entre époux, terrorisme, guerre, meurtre…). Ça n’est pas spécialement dérangeant dans la mesure où l’auteure ne tombe pas dans l’excès ni dans le pathos mais cela m’a étonné. Je me suis demandé si cette violence était uniquement issue de l’imagination fertile de l’auteure ou si elle reflétait une certaine réalité.

    Vibrato, c’est aussi une succession d’histoires qui se renvoient la balle - une réflexion entamée dans une nouvelle se termine ou trouve sa réponse dans une autre. La dernière nouvelle faisant référence à des histoires précédentes, nous permettant ainsi de comprendre certains éléments restés flous. On retrouve également un autre fil conducteur : la narratrice, ce personnage qui emprunte ces différentes lignes de métro et qui nous raconte ce qu’il s’y passe. C’est la première fois que je lis un recueil qui présente ce type de structure et j’ai trouvé ces liens vraiment intéressants. Par contre, contrairement à d’autres recueils d’histoires courtes, cela signifie que Vibrato doit être lu dans l’ordre déterminé par l’auteure et non au gré des envies du lecteur, qui risquerait alors de passer à côté de certaines choses.

    Bref, un recueil sympathique, qui ne bouleverse pas le genre, mais qui se laisse lire…le temps d’un trajet en métro !

    Remerciement particulier à Babelio et aux Editions Bruit Blanc pour cette découverte.

    Vibrato – Marie Dubosq – Bruit Blanc – 2011

  • 2 commentaires

    Des nouvelles d’Eros – Collectif

    Cover Des nouvelles d'Eros.jpgEn référence à Eros, dieu grec de l’amour, ce recueil de douze nouvelles met en scène divers fantasmes sexuels. Plusieurs histoires ont un caractère homosexuel même si certaines nouvelles traitent davantage d’hétérosexualité.

    Sous le couvert d’histoires courtes, les thèmes abordés poussent à la réflexion : la découverte de ses préférences sexuelles, l’annonce de son homosexualité à sa famille, la question du mariage homosexuel et de l’accès à la parentalité, le crime passionnel, le choix de ne pas avoir de sexualité, les amours de jeunesse, la diminution du désir avec l’âge… Le tout, en nous faisant voyager dans le temps, du 16e siècle à l’époque contemporaine.

    Le seul reproche que je pourrais faire à ce recueil est lié à son manque d’homogénéité. Étant une œuvre collective, la disparité des styles littéraires est très grande : certains auteurs vont directement à l’essentiel avec une certaine crudité alors que d’autres nous assomment de monologues et de réflexions quasi philosophiques. Dommage.

    Lecture réalisée en partenariat avec ErosOnyx Editions.

    Des nouvelles d’Eros – Collectif – ErosOnyx Editions – 2010

  • 0 commentaire

    Le nez de Rocheteau – Christophe Martin

    Le nez de Rocheteau, Christophe Martin, Editions Saint Martin, foot, métro, nouvelles, recueil, critique, carnet de lecture, livre, littérature, blog littéraire, partenariat, interview, histoires courtesChristophe Martin nous plonge dans des situations que chacun d’entre nous pourrait vivre (ou presque…) et qui sont l’occasion d’une plongée dans le passé, un détail faisant surgir des souvenirs enfuis dans notre mémoire.

    En compagnie de l’auteur, les trajets en métro deviennent l’occasion d’observer la jeunesse d’aujourd’hui. Et de s’étonner de ses comportements de type autistique, de son manque de maturité ou de ses codes qui nous sont inconnus. Le nez de Rocheteau est aussi une immersion dans le monde de l’enfance. On se met alors à hauteur des plus jeunes (surtout des petits garçons…) pour partager leur bonheur de la découverte, de la rencontre et de la nouveauté mais aussi leurs déceptions et peines.

    Ce recueil de nouvelles est frais et original. Il nous permet de revenir à notre propre passé en référence aux souvenirs évoqués par l’auteur.

    Petite originalité de ce recueil : je trouve très intéressante l’idée du K, un concept que je n’avais jamais vu ailleurs. Le K est une personne qui a fait partie de notre vie à un moment donné, que l’on a perdu de vue (et oublié) mais que l’on retrouve au hasard d’une réunion d’anciens, dans un magasin… et qui se rappelle alors à notre bon souvenir. Toujours dans l’idée d’un retour vers le passé, Christophe Martin nous raconte quelques unes de ces rencontres fortuites avec des ex-connus et les souvenirs qu’elles évoquent. Tout cela sans jamais citer le nom de cette personne, qu’il appelle K (parce qu’il a oublié son prénom ?).

    Par contre je trouve dommage que le titre ne reflète pas davantage ce recueil, qui est beaucoup plus riche que ce que le titre évoque, Le nez de Rocheteau étant l’intitulé de la première nouvelle.

    Enfin, la sobriété de la couverture est rehaussée par une calligraphie de l’auteur, qui semble nous dédicacer ce recueil et nous donner la clé pour mieux comprendre ses écrits : Il y a dans toute vie les choses telles qu’on les a vécues, les rencontres telles qu’elles ont eu lieu. Puis il y a la mémoire de ces choses et de ces rencontres, qui intervient après et continue de travailler. Là, une dimension narrative est à l’œuvre. J’essaie de dire ce moment où les différentes strates se rejoignent.

    Découvrez l’interview de Christophe Martin !

    Remerciement aux Editions Saint Martin pour cette lecture.

    Le nez de Rocheteau – Christophe Martin – Editions Saint Martin – 2011