Nouvelles - Page 2

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    Contes et récits – Roger Hadjadj

    Cover Contes et récits - Présence D.jpgCe recueil regroupe 22 nouvelles, qui sont en fait des contes issus de la tradition juive. J’ai toujours été intéressée par ce type de récits qui mêlent magie et moralité mais, autant l’avouer d’emblée, ce recueil m’a profondément déplu.

    Je m’attendais à des contes traditionnels, peut-être revisités. Mais je me suis trouvée confrontée à des histoires très simplistes où des personnes se trouvent confrontées à un problème quelconque (argent, maladie, inondation…) et demandent à Dieu de leur venir en aide, ce que celui-ci fait bien évidemment. 

    Cet aspect rudimentaire est conforté par le manque de détails, qui rend impossible tout positionnement des nouvelles dans le temps ou dans l’espace. En effet, l’auteur ne fournit aucune indication sur les lieux et l’époque où se déroulent les événements. De la même façon, ni personnalité ni le physique des protagonistes ne sont mentionnés, leur pauvreté étant tout ce qui les caractérise.

    De façon générale, ma lecture a été quelque peu gâchée par une mise en page qui laisse à désirer (tirets de dialogues placés aux mauvais endroits, nombreuses coquilles) ainsi que par un manque d’explications par rapport aux sujets traités (fêtes, vocabulaire spécifique), ce qui laisse penser que ce recueil est destiné à un public déjà au fait des coutumes juives.

    En bref, un recueil de nouvelles qui distille les éternelles recommandations sur les vertus de la modestie, de la bienveillance et de l’honnêteté mais qui n’a pas d’intérêt littéraire.

    Je remercie cependant les Editions Publibook pour cette lecture.

     

    Contes et récits-Présence D – Roger Hadjadj – Editions Publibook – 2011

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    Couleurs – Coline Mauret

    Cover Couleurs.jpgDans un style incisif et rythmé, Coline Mauret met en scène des personnages qui se croisent, se dévoilent, se caressent et s’envoient en l’air. Rien de pervers ni de déviant mais une palette haute en couleurs de désirs et de plaisirs partagés.

    Loin des clichés érotiques et thèmes habituellement abordés dans ce genre de textes, l’auteure sort des sentiers battus avec efficacité et offre un autre regard sur la sexualité. Les personnages sont, pêlemêle, une dame âgée un peu polissonne, une jeune veuve surprise par des fantasmes le jour de l’enterrement de son mari, un mourant que l’on tente de ramener à la vie de façon originale, un couple qui aime les bonbons, un entremetteur un peu particulier, etc.

    Coline Mauret ne cesse de nous étonner dans ce recueil de neuf nouvelles érotiques, qui portent chacune le nom d’une couleur, teintant ainsi la courte histoire d’une aura particulière. L’écriture est rythmée et sensuelle même si les gestes et les mots peuvent par moments paraitre crus, dans ces histoires sans pudibonderie mais qui ne manquent pas d’humour.

    Seul petit bémol, les nouvelles sont vraiment courtes, ce qui nous laisse à peine le temps de nous immerger dans le contexte que l’on passe déjà à une autre histoire. Quelques préliminaires auraient été appréciés…

    Un recueil qui se lit très vite, pour une soirée solitaire (ou pas) et une nuit haute en couleurs ! Découvrez le premier chapitre.

    Logo mois belge.jpgRemerciement à Onlit Books pour cette lecture.

     

    Couleurs – Coline Mauret – Onlit Books Editions – 2013

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    Court, noir, sans sucre – Emmanuelle Urien

    Cover Court noir sans sucre.gifDès le titre, Emmanuel Urien prend le pli de brouiller les pistes. Alors que l’on s’attend à des textes tournant autour du fameux breuvage caféiné, le lecteur découvre des nouvelles plutôt sombres et livrées en vrac, sans édulcorant pour les adoucir.

    Et l’ensemble de ce recueil est dans cette veine. L’auteure présente rarement les choses de façon directe, préférant la suggestion, et laissant au lecteur le soin d’imaginer l’horreur qui se cache sous les gestes quotidiens. Ainsi, si j’avais deviné juste au sujet du Jardin secret, les nouvelles intitulées Assistance technique et Femme d’intérieur m’ont étonnée et presque choquée.

    Car la violence est quasiment permanente dans ce recueil mais distillée en si petites touches qu’elle en devient presque invisible. Tout comme ces personnes oubliées et abandonnées qui disparaissent sans que personne ne s’en rende compte.

    Ouvrir Court, noir, sans sucre, c’est accepter d’entrer dans le monde que l’auteure a créé pour nous, d’entrer dans son jeu, elle qui aime manifestement manier les mots et les expressions, dont elle détourne le sens pour nous faire réfléchir sur la société dans laquelle nous vivons.

    Une lecture vraiment agréable grâce à des histoires variées et étonnantes et une auteure qui renouvelle le genre de façon intéressante. A découvrir.

     

    Logo Challenge Quadrature.jpgCourt, noir, sans sucre – Emmanuelle Urien – Editions Quadrature (2e édition) – 2010

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    Passage de l'amour – Pascale Roze

    Cover Passage de l'amour.jpgQuand Pascale Roze écrit sur l’amour, ce n’est pas en passant par la facilité des bons sentiments mais bien en allant chercher le sens profond de cet élan du cœur.

    La nouvelle qui donne son titre au recueil, Passage de l’amour, est une des plus courtes mais c’est probablement ma préférée, avec Une enfant. Car l’amour peut aussi bien prendre la forme d’un coup de foudre qu’être inscrit dans nos gênes lorsqu’il s’agit d’aimer son enfant.

    A travers ce recueil, le lecteur (re)découvre l’amour dans toute sa beauté, sa tendresse et son romantisme, mais aussi dans sa laideur, la monotonie du temps qui passe et la rancœur qui s’accumule à force de non-dits. Et si ces histoires sont plutôt tristes, l’ensemble du recueil nous laisse malgré tout une impression générale positive, celle d’un amour qui traverse les années et les difficultés pour en sortir plus fort.

    En 18 nouvelles qui explorent les différents aspects que peut prendre le sentiment amoureux, Pascale Roze nous montre que l’amour, même s’il est face à des obstacles, trouve toujours un chemin vers l’autre.

    Remerciement aux Editions Stock pour cette lecture.

    Passage de l’amour – Pascale Roze – Editions Stock – 2014

     

    Du même auteur:

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    Un monde idéal où c'est la fin – J. Heska

    Cover Un monde ideal où cest la fin.jpgBienvenue dans le monde idéal ! Un monde idéal où la civilisation telle que nous la connaissons n’existe plus. […] Découvrez 100 histoires drôles, émouvantes, tragiques ou absurdes qui mènent à notre perte !

    Ce recueil nous présente donc cent nouvelles sur le thème du monde idéal. Mais ce n’est pas vraiment le monde tel que l’on aimerait le voir dans l’avenir. Dans le monde idéal de J. Heska, les chats ont envahis tous les espaces, les zombies ont pris le contrôle de la ville, le soleil tue la vie sur terre par sa chaleur trop forte, les humains subissent une perte de mémoire collective, sont considérés comme du bétail pour les vampires ou ont complètement disparus (à vous de choisir)… Rien que du positif ! Si le ton se veut humoristique, j’ai éprouvé beaucoup de difficultés à prendre ces histoires au second degré. L’auteur nous propose plusieurs avenirs possibles, tous plus surréalistes et apocalyptiques les uns que les autres. Tout cela ne m’a pas fait rire et m’a plutôt dérangé…

    Pour la petite histoire, ces nouvelles ont tout d’abord été publiées sur Internet sous la forme de billets humoristiques. Et si je comprends l’engouement des internautes pour ces petites histoires de fin du monde qui peuvent faire sourire, je m’interroge sur l’intérêt d’une telle compilation en un recueil. Le très grand nombre de nouvelles et leur mini format nous embrouille rapidement et ne nous permet plus de les distinguer les unes des autres.

    Le sens de lecture est libre puisque l’on peut aussi bien découvrir ces cent nouvelles dans l’ordre choisi par l’auteur ou les picorer au gré de nos envies puisque les nouvelles n’ont que peu de liens les unes avec les autres, mis à part quelques personnages que l’on retrouve dans plusieurs histoires.

    J’ai apprécié la capacité de J. Heska à cultiver l’art de la chute qui nous désarçonne à tous les coups mais la structure trop répétitive des nouvelles a eu raison de moi. Et malheureusement, les thèmes abordés (réchauffement climatique, pollution de l’eau, manipulation de masse…) ne sont pas suffisamment approfondis pour susciter une véritable réflexion.

    Voici donc un recueil de nouvelles qui n’a pas su remporter mon suffrage, malgré une idée de base intéressante, proche de ce que d’autres auteurs ont pu écrire (je pense notamment à Bernard Werber et son Arbre des possibles qui vise à imaginer les futurs possibles de l’humanité).

    Au moins, l’auteur est clair sur ses intentions puisque la quatrième de couverture annonce « Un livre parfait pur un petit moment de détente égoïste, dans le bus, à la pause déjeuner, le soir avant de se coucher ou à la plage ! » Une lecture-détente idéale donc pour qui aime les ambiances de fin du monde…

    Remerciement aux Editions Seconde Chance pour m’avoir permis de donner un avis personnel sur cette lecture.

    Un monde idéal où c’est la fin – J. Heska – Editions Seconde Chance – 2013