*Mes coups de coeur - Page 4

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    Neige – Maxence Fermine ♥♥♥♥

    Cover Neige.jpg1884, au nord du Japon. Yuko vit avec son père, prêtre shintoïste, sur l’ile d’Hokkaido. Le jeune homme vient d’avoir 17 ans et il est temps pour lui de choisir son futur métier. Lorsqu’il annonce son souhait de devenir poète, d’apprendre à regarder passer le temps, son père ne cache pas sa déception. Pour lui, la poésie n’est pas un métier et Yuko, dans le respect de la tradition familiale,  doit choisir entre devenir prêtre ou guerrier. Mais, fasciné par la neige, Yuko décide d’aller contre la volonté de son père et de n’écrire que pour célébrer la beauté du flocon de neige. Sur le conseil d’un poète de la Cour impériale, il se rendra auprès de Soseki pour y recevoir un enseignement aux couleurs. Pour Yuko, ce voyage sera aussi la découverte de l’amour absolu et du funambulisme.

    Premier roman de Maxence Fermine, c’est aussi le second ouvrage que je lis de cet auteur. Et quel éblouissement ! Je pense pouvoir dire que c’est la première fois que je lis un roman qui dégage autant de grâce, de douceur et de beauté. La poésie du récit associée à la finesse de l’écriture nous transporte littéralement dans le Japon du 19e siècle.

    Neige m’a aussi fait découvrir l’art du haïku, ce petit poème japonais composé de trois vers et de 17 syllabes, et qui fait référence à la nature. Qu’il s’agisse des créations de Yuko ou des poèmes d’introduction, ces petites pépites de beauté, passerelle vers la lumière blanche des anges, m’ont émerveillée.

    Deux petits extraits, juste pour le plaisir :

    "En vérité, le poète, le vrai poète, possède l’art du funambule. Ecrire, c’est avancer mot à mot sur un fil de beauté, le fil d’un poème, d’une œuvre, d’une histoire couchée sur un papier de soie. Ecrire, c’est avancer pas à pas, page après page, sur le chemin du livre. Le plus difficile, ce n’est pas de s’élever du sol et de tenir en équilibre, aidé du balancier de sa plume, sur le fil du langage. […] Non, le plus difficile, pour le poète, c’est de rester continuellement sur le fil qu’est l’écriture, de vivre chaque heure de sa vie à hauteur du rêve, de ne jamais redescendre, ne serait-ce qu’un instant, de la corde de son imaginaire. En vérité, le plus difficile, c’est de devenir un funambule du verbe."

    "Car l'amour est bien le plus difficile des arts. Et écrire, danser, peindre, c'est la même chose qu'aimer. C'est du funambulisme. Le plus difficile, c'est d'avancer sans tomber."

    Véritable coup de cœur pour ce petit roman qui a tout d’un grand. A lire et relire… pour le plaisir des belles phrases, pour la douceur qu’il dégage et la sérénité qu’il procure. Une vraie parenthèse dans nos vies mouvementées.

     

    Neige – Maxence Fermine – Editions Arléa – 1999 

    Du même auteur:

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    Mais qu'est-ce que tu fais là, tout seul ? – Pierre Szalowski ♥♥♥♥

    Cover Mais quest ce que tu fais la tout seul.jpgA la veille de Noël, Martin Ladouceur, joueur de centre de la Ligue nationale de hockey, est transféré aux Canadiens de Montréal. Mais le retour au « bercail » ne se passe pas vraiment comme il l’avait imaginé. Se retrouvant sans ami ni famille et seul client du Palace Saint-Régis, il va passer une nuit de Noël qui va changer son existence. Entre un jeune groom bourré d’acné et rougissant, un enfant fan des Tortues Ninjas, une femme de ménage débordée, un chauffeur de taxi philosophe et un concierge porté sur la bouteille, Ladouceur se souviendra de cette fin d’année pas comme les autres !

    Après la lecture de plusieurs thrillers et romans noirs, Mais qu’est-ce que tu fais là, tout seul ? est un vrai rafraichissement !

    J’ai tout de suite accroché à l’écriture de l’auteur, qui nous emmène dans un récit à la fois réaliste dans le fond et fantastique dans l’approche qui a été choisie.

    Les personnages sont savoureux et les différentes personnalités très bien restituées. Je ne saurais dire lequel m’a le plus touché parce que chacun à sa manière est attachant. La situation exceptionnelle dans laquelle ils se trouvent fait ressortir leurs manies, incohérences et défauts, qui les rendent encore plus humains et émouvants. En suivant Ladouceur dans cette folle nuit de Noël, on découvre petit à petit qui il est vraiment. Un homme autant adulé que détesté, qui joue à la star et à la brute mais qui fond devant un enfant.

    Mais au-delà du caractère humoristique de ce roman, Pierre Szalowski initie aussi une réflexion plus profonde sur le sens que l’on donne à sa vie. Si Ladouceur a toujours suivi la voie toute tracée par d’autres, il se rend compte que ce n’est pas ce qu’il souhaite réellement et que son bonheur est ailleurs. Il n’est jamais trop tard pour prendre sa vie en main…

    Un conte de Noël moderne, bourré d’humour, que je vous conseille. En tout cas, pour moi, c’est un vrai coup de cœur ! Un auteur que je ne connaissais pas mais qui me donne envie d’en lire davantage. Et comme les copines me l’ont conseillé, je pense bien que je vais me laisser tenter par Le froid modifie la trajectoire des poissons, du même auteur…

    « Les longs silences laissent aux regards le soin d’écrire les plus belles pages d’un journal intime qu’on offre à lire aux autres. »

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    Lecture réalisée grâce à Libfly et à son opération « La voie des indés ».

    Mais qu’est-ce que tu fais là, tout seul ? – Pierre Szalowski – Editions Héloïse d’Ormesson – 2012 

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    Les cerfs-volants de Kaboul – Khaled Hosseini ♥♥♥♥

    Cover Les cerfs-volants de Kaboul.jpgKaboul dans les années 1970. Enfants, Amir et Hassan passent leur temps ensemble à jouer, faire des farces aux voisins et s’entrainer pour le combat de cerfs-volants qui a lieu chaque année. Élevés comme des frères, ils sont cependant différents de par leur classe sociale : Amir est le fils d’un homme d’affaires et vit dans un palace tandis qu’Ali, le père d’Hassan, est domestique. Malgré cette inégalité, l’amitié qui lie les deux enfants est très forte. Jusqu’au jour où Hassan se fait agresser sous les yeux d’Amir qui ne fait rien, lui qu’Hassan a défendu tant de fois… Pour Amir, commence alors un chemin de croix qu’il portera seul une grande partie de sa vie. Rongé par la culpabilité et tiraillé entre l’amitié pour Hassan et la reconnaissance de son père, Amir usera de tous les artifices pour soulager sa conscience. Quand l’Afghanistan entre en guerre et que la famille fuit vers les Etats-Unis, l’occasion de laisser le passé en arrière se présente enfin. Mais, quelques années plus tard, celui-ci refait surface sous la forme d’un coup de téléphone. L’associé de son père appelle d’Afghanistan et  exhorte Amir de revenir au pays : quelqu’un a besoin de lui. « Il existe un moyen de te racheter » avait dit Rahim. Ces mots ne quitteront plus Amir…

    Enorme coup de cœur pour ce roman ! L’auteur arrive avec brio à nous mettre dans la peau d’Amir et à nous faire ressentir ses émotions. Au point de me retrouver plus d’une fois la gorge serrée et au bord des larmes. Voilà un roman qui répond vraiment à mes attentes : me faire vivre l’histoire comme si j’y étais et partager le ressenti des protagonistes. Khaled Hosseini réussi admirablement ce pari, pourtant difficile.

    Dans Les cerfs-volants de Kaboul, il nous parle de son pays, auquel il est très attaché. Il nous raconte l’Afghanistan d’avant la guerre, nous dévoile la culture afghane avec ses richesses mais aussi ses faiblesses. Pour nous, occidentaux, qui ne connaissons l’Afghanistan que grâce aux reporters de guerre, ce roman est l’occasion d’en apprendre plus sur l’histoire et les coutumes de ce pays. Même si sa situation actuelle reste inchangée, avec un pays qui reste au sommaire de tous les journaux du monde pour les atrocités commises par les talibans sur la population.

    J’ai découvert ce roman il y a quelques années grâce à une amie et j’ai été d’emblée séduite ! Je le relis actuellement et mes sensations sont identiques : c’est définitivement un coup de cœur !

    Les cerfs-volants de Kaboul a fait l’objet d’une lecture commune avec Chaplum. Découvrez son avis ici.

    Les cerfs-volants de Kaboul – Khaled Hosseini – Belfond – 2005 

    Du même auteur:

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    Cent mille bouches d'ombre – Patrick Dugois ♥♥♥♥

    Cover Cent mille bouches d'ombre.jpgQuel espoir reste-t-il lorsque l’on se retrouve à Auschwitz ? Est-il possible de survivre moralement face à la machinerie allemande dont le but est de nous briser ?

    Cent mille bouches d’ombre nous plonge dans le quotidien du camp de la mort avec deux histoires qui se rejoignent. Tout d’abord, le lecteur se trouve immergé dans une chambre à gaz et assiste aux derniers instants des prisonniers, témoin de leurs ultimes pensées qui se bousculent. D’un autre côté, nous assistons à la rencontre improbable de deux hommes : un jeune polonais de 15 ans et un professeur de littérature parisien. Entre eux, les discussions portent sur la poésie. Et si cela semble incongru dans ce décor de mort, c’est que cet intérêt commun leur permet de s’évader et d’oublier les cris et la faim.

    Cent mille bouches d’ombre est un roman qui ne peut laisser indifférent. Si le fond est évidemment très difficile, il est soutenu par une écriture qui le rend plus fort encore. Les phrases courtes provoquent une sensation d’étouffement, l’impression d’être dans ce camp de concentration. Le texte, d’un seul jet, ne comprend pas de chapitres et donc, n’offre aucun répit au lecteur, aucune trêve, aucune pause lui permettant de reprendre son souffle. Au cours de la lecture, les images vues à la télévision me sont revenues en mémoire et, à plusieurs reprises, j’ai dû fermer le livre pour reprendre mes esprits et mettre de la distance entre moi et ce récit lourd mais terriblement prenant.

    Les nombreux poèmes de Baudelaire qui sont cités accentuent encore un peu plus le contraste entre la douceur de la poésie et la dureté de la vie dans les camps. En fait, ce roman mêle l’espoir, incarné par ces rencontres clandestines autour de la littérature, et le désespoir, que l’on retrouve dans l’évocation de la vie quotidienne des camps.

    Cent mille bouches d’ombre, un roman qui pousse aussi à la réflexion. Si notre génération a échappé à l’horreur, il est important de se souvenir qu’elle persiste dans certaines parties du monde marquées par les génocides. Le nazisme a pris d’autres formes mais est toujours bien présent…

    Bref, un livre court (moins de 100 pages) mais d’une intensité incroyable, qui laissera sans aucun doute des traces dans ma mémoire. Une vraie « expérience lectorielle », pour reprendre les mots de l’auteur. Gros coup de cœur !

     

    Remerciement particulier à Mon petit éditeur pour cette formidable découverte.

    Cent mille bouches d’ombre – Patrick Dugois – Mon petit éditeur – 2012

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    Ne le dis à personne – Harlan Coben ♥♥♥♥

    Cover Ne le dis à personne.jpgDavid Beck est pédiatre. Depuis la mort de sa femme Elizabeth, il avance dans la vie comme un automate. Jusqu’à ce jour où il reçoit un mail montrant sa femme vivante. Pour le docteur Beck, c’est l’incompréhension. Comment Elizabeth, qui a été assassinée 8 ans plus tôt par un tueur en série, pourrait apparaitre sur une vidéo actuelle ? Au même moment et suite à la découverte de deux nouveaux cadavres en lien avec l’affaire, le FBI décide de reprendre toute l’enquête à zéro. David, tout à coup suspecté du meurtre de son épouse, se trouve embarqué dans une histoire qui le dépasse et qui va lui faire croiser la route de personnes peu recommandables. Lui qui a toujours voulu en savoir le moins possible pour garder une image positive d’Elizabeth va devoir se confronter à la réalité et à tout ce qu’elle implique.

    Premier roman d’Harlan Coben traduit en français, Ne le dis à personne a propulsé l’auteur au top des ventes dans les pays européens. Et quoi de plus normal ! Tous les ingrédients d’un bon thriller sont présents : un gentil qui voit sa vie bouleversée par un évènement qui le dépasse, des meurtres, du suspense, des rebondissements, des courses poursuites, des entourloupes destinées à mettre le lecteur sur de fausses pistes… Et toutes les explications qui ne sont livrées que dans les dernières pages ! J’adore !

    Mais Ne le dis à personne, c’est aussi une formidable histoire d’amour. De celles qui commencent dès l’enfance, qui s’épanouissent avec les années et persistent malgré l’absence.

    Gros coup de cœur pour ce roman.

    Adapté au cinéma en 2006 par Guillaume Canet, avec François Cluzet dans le rôle de David Beck. Et si vous regardez bien, Harlan Coben himself apparait dans le film (mais je ne vous dirais pas à quel moment…)!

    Découvrez aussi l’avis de Maia et d'Olnapac sur ce livre !

    Ne le dis à personne - Harlan Coben - Belfond - 2001

     

    Du même auteur: