*Mes coups de coeur - Page 3

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    Le chuchoteur – Donato Carrisi

    Cover Le chuchoteur.jpegLes bras de cinq petites filles sont retrouvés enterrés au milieu des bois et identifiés comme appartenant à cinq fillettes disparues récemment. L’unité d’investigation pour les crimes violents est sur le pied de guerre, secondée par une spécialiste des enlèvements d’enfants, Mila Vasquez. Mais le tueur est joueur et, en envoyant les enquêteurs sur de fausses pistes, leur fait perdre un temps précieux ainsi que l’espoir de retrouver les enfants vivantes.

    Le chuchoteur est LE thriller de ce début d’année pour moi ! Ce roman nous invite à nous insinuer dans l’esprit tortueux d’un tueur en série pour en comprendre les motivations et prévoir les futures actions. Avec un rythme soutenu qui laisse à peine le temps de respirer, l’auteur nous plonge dans l’horreur, jouant avec nos nerfs comme le tueur joue avec les enquêteurs.

    Pour un premier roman, Donato Carrisi met la barre très haut. Il est rare qu’un thriller me fasse tant d’effets : nuits blanches passées à lire tant le récit est captivant mais aussi nervosité face à cette enquête qui n’avance pas et aux morts qui se multiplient. C’est avec grand plaisir que je me suis laissée prendre au jeu imaginé par l’auteur.

    Après plusieurs déceptions littéraires, Le chuchoteur est le premier coup de cœur de l’année. Et il va sans dire que je vous reparlerai de cet auteur prochainement Sourire 

    Lecture commune initiée par Mademoisellebreizh sur Livraddict.

     

    Le chuchoteur – Donato Carrisi – Editions Calmann-Lévy – 2010Lire un extrait OK.png

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    Les mots de Maud – Jean Jauniaux

    Cover Les mots de Maud.jpgPendant des années, Jean-Baptiste a exercé les métiers d’écrivain public et de nègre, recueillant les confidences d’hommes politiques ou de clochards, sur la base desquelles il rédigeait discours et romans. Jusqu’au jour où Maud lui demande de l’aider à écrire un livre… Aujourd’hui, de sa retraite à Saint-Idesbald, Jean-Baptiste remet de l’ordre dans tous ces mots éparpillés.

    Dès les premières lignes, l’auteur m’a ferrée par ses phrases simples, fortes et poétiques. J’ai été touchée par la solitude de Jean-Baptiste et par ses souvenirs. Cet homme nostalgique, toujours hanté par la mort de sa mère dont il n’a pas fait le deuil, et seul. Si seul. Alors il se souvient… De son enfance en compagnie de son père muet « l’homme-livre », de son travail d’écriture, de ses errances nocturnes au cœur de Bruxelles mais surtout, il se souvient de Maud...

    Avec l’odeur du café chaud ou du thé infusé en fond olfactif, nous assistons à cette rencontre épistolaire, cet amour de papier que l’imagination nourrit. Est-il possible d’aimer une personne sans avoir jamais entendu le son de sa voix ni même avoir vu son visage ?

    Et si je me suis longtemps demandé quel était l’objectif de ce roman, le dernier tiers m’en a donné la réponse avec émotion. De la lecture des Mots de Maud, on sort chamboulé, les yeux humides, avec l’envie que la magie se poursuive et que le récit ne s’arrête jamais… Un texte comme je les aime.

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    Une très belle découverte que je dois à Mina Clin d'œil et qui va sans doute se poursuivre par d’autres lectures de Jean Jauniaux.

     

     

    Les mots de Maud – Jean Jauniaux – Editions Luce Wilquin – 2008 

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    Geisha – Arthur Golden

    Cover Geisha.jpgGeisha est un roman magnifique.

    Tel un papillon qui s’épanouit, nous assistons à l’éclosion d’une des plus grandes geishas qu’à connu Gion (quartier de Kyoto réputé pour ses maisons de plaisirs). Tout commence par l’apprentissage du métier et de ses subtilités, jusqu’à l’adoption d’un nouveau prénom, qui marque leur entrée dans le monde très fermé des geishas. Considérées comme des artistes, elles ont pour mission de divertir les hommes qui requièrent leur présence et pratiquent les arts traditionnels japonais que sont la danse, la musique, le chant et la cérémonie du thé.

    Nous découvrons un monde sans pitié, marqué par les rivalités entre geishas et les coups bas. L’argent occupe également une place importante. Entre les dettes que la geisha doit rembourser à sa « mère », la pratique du mizuage (mise aux enchères de la chasteté d’une apprentie geisha) et la recherche d’un danna (homme riche qui assurera les dépenses de la geisha), il est sans cesse question de finances.

    Ce roman permet aussi de mieux comprendre la vie quotidienne des geishas, empreinte de traditions séculaires et de superstitions. Pour les amateurs de beaux vêtements, c’est l’occasion de se plonger dans l’art du kimono, où la soie dispute la vedette à toute sorte de tissus somptueux. De la manière de porter cet habit mythique à la signification des couleurs et des modèles, vous saurez tout de ce vêtement magnifique.

    Une des particularités du métier de geisha est qu’elles ne peuvent tomber amoureuse et se consacrer à un seul homme. Tout leur être est au service du divertissement et elles ne peuvent connaitre l’amour tel que nous l’entendons, ce qui sera source d’une grande souffrance pour l’héroïne de ce roman.

    Geisha nous emmène dans le Japon des années 1930 et l’histoire de ce pays nous est contée à travers les épisodes de la vie des personnages. Le quartier de Gion connaitra des périodes fastes marquées par le luxe, mais aussi les restrictions qu’impose la guerre. Et même si les personnalités que côtoient les geishas (artistes, politiciens, militaires) leur obtiennent protection et faveurs (thé, chocolat…), la vie en temps de guerre est difficile pour tout le monde.

    Enfin, ce roman ne serait pas ce qu’il est sans la très belle écriture d’Arthur Golden. L’auteur réussit à recréer l’ambiance de Kyoto, nous emportant sur son passage. Les belles phrases sont légion et m’ont plus d’une fois évoqué les haïkus japonais par leur poésie. Raconté à la première personne, par Sayuri elle-même, on ne peut que s’identifier à cette enfant devenue geisha car elle reste quelqu’un de profondément humain malgré le milieu privilégié dans lequel elle évolue.

    Un livre qui m’a trotté dans la tête longtemps après ma lecture, qui m’a immergé dans le monde mystérieux des geishas, sans détours mais avec beaucoup de poésie. Un vrai coup de cœur !

     

    Logo Livra'deux pour pal'addict.pngGeisha – Arthur Golden – Editions Jean-Claude Lattès - 1999 

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    Le mec de la tombe d'à coté – Katarina Mazetti ♥♥♥♥

    Cover Le mec de la tombe d'à côté.jpgLe mec de la tombe d’à côté, c’est la rencontre de deux êtres que tout oppose. Alors qu’elle se rend sur la tombe de son mari décédé cinq mois plus tôt, Désirée croise Benny, qui vient également fleurir la sépulture de ses parents. Tout d’abord méfiants l’un vis-à-vis de l’autre, ils vont peu à peu apprendre à se connaitre et à s’aimer malgré leurs différences. Mais rien n’est jamais simple dans une histoire d’amour…

    Entre Désirée et Benny, on assiste à un véritable choc culturel. Elle est bibliothécaire, passionnée de littérature et férue de débats et d’art moderne. Citadine invétérée, elle est végétarienne, ne sait pas cuisiner et la tombe de son mari est à l’image de son intérieur, sobre et dépouillé.

    Lui est éleveur de vaches laitières et consacre tout son temps à maintenir l’exploitation familiale à flot. Un peu bourru, il aime les produits du terroir, n’a que peu de loisirs et, depuis la mort de sa mère, n’a pas touché à la décoration, saturée de fioritures et de rideaux brodés au point de croix.

    Elle représente la femme moderne et indépendante pour qui l’homme est davantage un pourvoyeur de câlins qu’un portefeuille ambulant. Alors qu’il est l’image traditionnelle du paysan qui cherche une femme qui soit son troisième bras, lui prépare de bons petits plats et reprise ses chaussettes. On ne pouvait imaginer pire association !

    C’est le premier roman que je lis de Katarina Mazetti et, d’emblée, j’ai été séduite par son ton humoristique et vif. Même s’ils sont parfois un peu caricaturaux, les personnages sont sympathiques et attachants, avec des personnalités complexes mais bien dessinées. Et plus d’une fois, en voyant venir les bourdes de l’un ou de l’autre, j’ai eu envie d’intervenir en disant « Non, ne fais/dis pas ça ! ».

    Ce roman est aussi une vraie déclaration d’amour. On sent que les sentiments qu’ils éprouvent l’un pour l’autre sont teintés d’une grande tendresse mais on perçoit également toute la difficulté qu’ils ont à se comprendre, la peur de mal faire et de ne pas être conforme à l’image que l’autre a d’eux.

    La narration est également intéressante puisque chaque chapitre donne successivement la parole à Désirée et Benny, qui donnent leur avis sur les évènements qui viennent de se dérouler et nous emmènent plus loin dans l’histoire. C’est aussi l’occasion de se rendre compte à quel point un même évènement peut être compris différemment si l’on est un homme ou une femme.

    Sachant qu’il existe une suite à ce roman, Le caveau de famille (encore une histoire de cimetière !), je n’ai qu’une envie : me le procurer et dévorer la suite des aventures de Désirée et Benny.

    Vous l’aurez compris, j’ai a-do-ré ce roman ! 

     

    Le mec de la tombe d’à coté – Katarina Mazetti – Gaïa Editions – 1999 le mec de la tombe d’à coté,katarina mazetti,gaïa editions,babel,critique,carnet de lecture,livre,littérature,blog littéraire,extrait,premier chapitre,amour,choc culturel,cimetière,deuil,sexe

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    La ligne verte – Stephen King ♥♥♥♥

    Cover La ligne verte.jpgMa première rencontre avec La ligne verte s’est produite à travers l’adaptation cinématographique (1999) du roman de Stephen King. J’avais adoré le film et j’ai tout de suite eu envie de lire le roman dont l’histoire était tirée. Ça a été le coup de cœur ! Aujourd’hui, c’est par l’entremise de Stefiebo que je ressors ce roman mythique de ma bibliothèque. Et si la couverture est un peu abimée par les lectures successives et les pages jaunies, qu’importe, je me plonge toujours avec bonheur dans cette histoire.

    En 1932, Paul Edgecombe était gardien-chef du bloc E, le couloir de la mort du pénitencier de Cold Mountain. A cette époque, les candidats à la peine capitale passaient par la chaise électrique, Miss Cent Mille Volt les accueillant au bout de la ligne verte, en référence au lino vert qui recouvrait le couloir du bloc E. Et cette année-là, elle a vu passer quelques cas étranges : le français Delacroix et sa souris apprivoisée, la réincarnation de Billy The Kid et John Caffey, un géant noir condamné pour le viol et le meurtre de deux fillettes. Rien de pire que ce qu’on déjà connu les gardiens du bloc E mais les incidents vont s’enchainer… 1932 sera une année inoubliable pour Paul Edgecombe.

    La ligne verte mêle le réalisme de la vie carcérale au surnaturel qui entoure le personnage de John Caffey. Et c’est là que réside tout le talent de l’écrivain, nous faire vivre des scènes atroces de mort par électrocution, tout en dédramatisant l’évènement par l’ajout de détails humoristiques qui décrispent quelque peu nos petits cœurs sensibles.

    On frissonne face aux monstruosités dont est capable l’insupportable Percy, on s’attendrit devant Mister Jingles qui fait ses tours de cirque, on prend les gardiens et certains détenus en sympathie… mais c’est surtout un roman qui interroge.

    A partir du thème de la peine de mort, Stephen King nous fait réfléchir sur l’être humain dans ce qu’il a de meilleur et de pire, sur les erreurs judiciaires et la discrimination raciale, qui a poussé plus de noirs que de blancs sur la Veuve Courant. Malgré le sujet difficile, l’auteur parvient à rendre presque palpable la profonde humanité qui caractérisait ces hommes chargés d’appliquer une peine, loin d’être les bourreaux avides de sang que l’on nous montre parfois, mais aussi celle de certains détenus.

    Du grand King, je remercie Stefiebo de m’avoir incité à sortir ce chef d’œuvre de ma PAL, ce qui m’a aussi donné envie de (re)découvrir les autres romans de l’auteur.

    La ligne verte – Stephen King – J’ai lu – 1996 

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