*Mes coups de coeur - Page 3

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    Et te voici permise à tout homme – Eliette Abécassis

    Cover Et te voici permise à tout homme.jpgAlors qu’elle est civilement divorcée de Simon depuis plusieurs années, Anna se voit malgré tout encore liée à lui par le mariage religieux. Selon le judaïsme, Anna est "agouna", c’est-à-dire enchainée à son mari tant qu’il ne lui accorde pas le guet, qui lui permettrait de s’affranchir définitivement. En conséquence, Anna ne peut espérer se remarier et avoir un enfant reconnu par la communauté.

    Et te voici permise à tout homme est le combat d’une femme pour la reconquête de sa liberté. À travers son regard, nous découvrons des aspects peu connus du judaïsme. J’ai été étonnée de constater à quel point la Torah préconise le respect mutuel dans la vie conjugale tout en plaçant dans un même temps la femme sous l’emprise totale de son mari.

    En tant que femme, je me suis sentie révoltée par la situation d’Anna dont le seul tort a été d’épouser un homme qui n’avait aucun sentiment pour elle. Le fait que toute la narration repose sur ses émotions ajoute à ce sentiment identification car, en tant que lecteur, on partage sa colère, son impuissance et son incompréhension face au chantage de son ex-mari et au manque de soutien des autorités religieuses.

    Un livre fort, émouvant, poignant mais triste, qui se lit d’une traite. Hymne à la vie et à l’amour, il pose aussi question et nous pousse à nous interroger sur la domination qu’exerce le monde religieux sur les individus. Car Anna, pratiquante depuis son enfance, n’envisage pas un seul instant de tourner le dos au judaïsme pour vivre pleinement son amour.

    Malheureusement, ce n’est pas un roman qui se termine bien, l’auteur laissant une porte grande ouverte, permettant à Anna de recommencer une nouvelle vie sans nous en dire davantage. Pour moi, cette chute a été une surprise et on reconnait bien là le talent d’un grand auteur, qui arrive à nous étonner jusqu’à la dernière ligne.

    Très bien écrit, Et te voici permise à tout homme est le premier roman que je lis d’Eliette Abecassis. Véritable coup de cœur malgré le sujet difficile, il sera sans aucun doute suivi d’autres romans de l’auteure.

     

    Et te voici permise à tout homme – Eliette Abecassis – Editions Albin Michel – 2011

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    Le chuchoteur – Donato Carrisi

    Cover Le chuchoteur.jpegLes bras de cinq petites filles sont retrouvés enterrés au milieu des bois et identifiés comme appartenant à cinq fillettes disparues récemment. L’unité d’investigation pour les crimes violents est sur le pied de guerre, secondée par une spécialiste des enlèvements d’enfants, Mila Vasquez. Mais le tueur est joueur et, en envoyant les enquêteurs sur de fausses pistes, leur fait perdre un temps précieux ainsi que l’espoir de retrouver les enfants vivantes.

    Le chuchoteur est LE thriller de ce début d’année pour moi ! Ce roman nous invite à nous insinuer dans l’esprit tortueux d’un tueur en série pour en comprendre les motivations et prévoir les futures actions. Avec un rythme soutenu qui laisse à peine le temps de respirer, l’auteur nous plonge dans l’horreur, jouant avec nos nerfs comme le tueur joue avec les enquêteurs.

    Pour un premier roman, Donato Carrisi met la barre très haut. Il est rare qu’un thriller me fasse tant d’effets : nuits blanches passées à lire tant le récit est captivant mais aussi nervosité face à cette enquête qui n’avance pas et aux morts qui se multiplient. C’est avec grand plaisir que je me suis laissée prendre au jeu imaginé par l’auteur.

    Après plusieurs déceptions littéraires, Le chuchoteur est le premier coup de cœur de l’année. Et il va sans dire que je vous reparlerai de cet auteur prochainement Sourire 

    Lecture commune initiée par Mademoisellebreizh sur Livraddict.

     

    Le chuchoteur – Donato Carrisi – Editions Calmann-Lévy – 2010Lire un extrait OK.png

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    Les mots de Maud – Jean Jauniaux

    Cover Les mots de Maud.jpgPendant des années, Jean-Baptiste a exercé les métiers d’écrivain public et de nègre, recueillant les confidences d’hommes politiques ou de clochards, sur la base desquelles il rédigeait discours et romans. Jusqu’au jour où Maud lui demande de l’aider à écrire un livre… Aujourd’hui, de sa retraite à Saint-Idesbald, Jean-Baptiste remet de l’ordre dans tous ces mots éparpillés.

    Dès les premières lignes, l’auteur m’a ferrée par ses phrases simples, fortes et poétiques. J’ai été touchée par la solitude de Jean-Baptiste et par ses souvenirs. Cet homme nostalgique, toujours hanté par la mort de sa mère dont il n’a pas fait le deuil, et seul. Si seul. Alors il se souvient… De son enfance en compagnie de son père muet « l’homme-livre », de son travail d’écriture, de ses errances nocturnes au cœur de Bruxelles mais surtout, il se souvient de Maud...

    Avec l’odeur du café chaud ou du thé infusé en fond olfactif, nous assistons à cette rencontre épistolaire, cet amour de papier que l’imagination nourrit. Est-il possible d’aimer une personne sans avoir jamais entendu le son de sa voix ni même avoir vu son visage ?

    Et si je me suis longtemps demandé quel était l’objectif de ce roman, le dernier tiers m’en a donné la réponse avec émotion. De la lecture des Mots de Maud, on sort chamboulé, les yeux humides, avec l’envie que la magie se poursuive et que le récit ne s’arrête jamais… Un texte comme je les aime.

    Les mots de Maud, Jean Jauniaux, Editions Luce Wilquin, critique, carnet de lecture, livre, littérature, blog littéraire, écriture, écrivain, nègre, lettres, maladie, mer, saint-idesbald

     

    Une très belle découverte que je dois à Mina Clin d'œil et qui va sans doute se poursuivre par d’autres lectures de Jean Jauniaux.

     

     

    Les mots de Maud – Jean Jauniaux – Editions Luce Wilquin – 2008 

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    Geisha – Arthur Golden

    Cover Geisha.jpgGeisha est un roman magnifique.

    Tel un papillon qui s’épanouit, nous assistons à l’éclosion d’une des plus grandes geishas qu’à connu Gion (quartier de Kyoto réputé pour ses maisons de plaisirs). Tout commence par l’apprentissage du métier et de ses subtilités, jusqu’à l’adoption d’un nouveau prénom, qui marque leur entrée dans le monde très fermé des geishas. Considérées comme des artistes, elles ont pour mission de divertir les hommes qui requièrent leur présence et pratiquent les arts traditionnels japonais que sont la danse, la musique, le chant et la cérémonie du thé.

    Nous découvrons un monde sans pitié, marqué par les rivalités entre geishas et les coups bas. L’argent occupe également une place importante. Entre les dettes que la geisha doit rembourser à sa « mère », la pratique du mizuage (mise aux enchères de la chasteté d’une apprentie geisha) et la recherche d’un danna (homme riche qui assurera les dépenses de la geisha), il est sans cesse question de finances.

    Ce roman permet aussi de mieux comprendre la vie quotidienne des geishas, empreinte de traditions séculaires et de superstitions. Pour les amateurs de beaux vêtements, c’est l’occasion de se plonger dans l’art du kimono, où la soie dispute la vedette à toute sorte de tissus somptueux. De la manière de porter cet habit mythique à la signification des couleurs et des modèles, vous saurez tout de ce vêtement magnifique.

    Une des particularités du métier de geisha est qu’elles ne peuvent tomber amoureuse et se consacrer à un seul homme. Tout leur être est au service du divertissement et elles ne peuvent connaitre l’amour tel que nous l’entendons, ce qui sera source d’une grande souffrance pour l’héroïne de ce roman.

    Geisha nous emmène dans le Japon des années 1930 et l’histoire de ce pays nous est contée à travers les épisodes de la vie des personnages. Le quartier de Gion connaitra des périodes fastes marquées par le luxe, mais aussi les restrictions qu’impose la guerre. Et même si les personnalités que côtoient les geishas (artistes, politiciens, militaires) leur obtiennent protection et faveurs (thé, chocolat…), la vie en temps de guerre est difficile pour tout le monde.

    Enfin, ce roman ne serait pas ce qu’il est sans la très belle écriture d’Arthur Golden. L’auteur réussit à recréer l’ambiance de Kyoto, nous emportant sur son passage. Les belles phrases sont légion et m’ont plus d’une fois évoqué les haïkus japonais par leur poésie. Raconté à la première personne, par Sayuri elle-même, on ne peut que s’identifier à cette enfant devenue geisha car elle reste quelqu’un de profondément humain malgré le milieu privilégié dans lequel elle évolue.

    Un livre qui m’a trotté dans la tête longtemps après ma lecture, qui m’a immergé dans le monde mystérieux des geishas, sans détours mais avec beaucoup de poésie. Un vrai coup de cœur !

     

    Geisha – Arthur Golden – Editions Jean-Claude Lattès - 1999 

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    Le mec de la tombe d'à coté – Katarina Mazetti ♥♥♥♥

    Cover Le mec de la tombe d'à côté.jpgLe mec de la tombe d’à côté, c’est la rencontre de deux êtres que tout oppose. Alors qu’elle se rend sur la tombe de son mari décédé cinq mois plus tôt, Désirée croise Benny, qui vient également fleurir la sépulture de ses parents. Tout d’abord méfiants l’un vis-à-vis de l’autre, ils vont peu à peu apprendre à se connaitre et à s’aimer malgré leurs différences. Mais rien n’est jamais simple dans une histoire d’amour…

    Entre Désirée et Benny, on assiste à un véritable choc culturel. Elle est bibliothécaire, passionnée de littérature et férue de débats et d’art moderne. Citadine invétérée, elle est végétarienne, ne sait pas cuisiner et la tombe de son mari est à l’image de son intérieur, sobre et dépouillé.

    Lui est éleveur de vaches laitières et consacre tout son temps à maintenir l’exploitation familiale à flot. Un peu bourru, il aime les produits du terroir, n’a que peu de loisirs et, depuis la mort de sa mère, n’a pas touché à la décoration, saturée de fioritures et de rideaux brodés au point de croix.

    Elle représente la femme moderne et indépendante pour qui l’homme est davantage un pourvoyeur de câlins qu’un portefeuille ambulant. Alors qu’il est l’image traditionnelle du paysan qui cherche une femme qui soit son troisième bras, lui prépare de bons petits plats et reprise ses chaussettes. On ne pouvait imaginer pire association !

    C’est le premier roman que je lis de Katarina Mazetti et, d’emblée, j’ai été séduite par son ton humoristique et vif. Même s’ils sont parfois un peu caricaturaux, les personnages sont sympathiques et attachants, avec des personnalités complexes mais bien dessinées. Et plus d’une fois, en voyant venir les bourdes de l’un ou de l’autre, j’ai eu envie d’intervenir en disant « Non, ne fais/dis pas ça ! ».

    Ce roman est aussi une vraie déclaration d’amour. On sent que les sentiments qu’ils éprouvent l’un pour l’autre sont teintés d’une grande tendresse mais on perçoit également toute la difficulté qu’ils ont à se comprendre, la peur de mal faire et de ne pas être conforme à l’image que l’autre a d’eux.

    La narration est également intéressante puisque chaque chapitre donne successivement la parole à Désirée et Benny, qui donnent leur avis sur les évènements qui viennent de se dérouler et nous emmènent plus loin dans l’histoire. C’est aussi l’occasion de se rendre compte à quel point un même évènement peut être compris différemment si l’on est un homme ou une femme.

    Sachant qu’il existe une suite à ce roman, Le caveau de famille (encore une histoire de cimetière !), je n’ai qu’une envie : me le procurer et dévorer la suite des aventures de Désirée et Benny.

    Vous l’aurez compris, j’ai a-do-ré ce roman ! 

     

    Le mec de la tombe d’à coté – Katarina Mazetti – Gaïa Editions – 1999 le mec de la tombe d’à coté,katarina mazetti,gaïa editions,babel,critique,carnet de lecture,livre,littérature,blog littéraire,extrait,premier chapitre,amour,choc culturel,cimetière,deuil,sexe

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