Littérature étrangère - Page 5

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    Mirage – Douglas Kennedy

    Mirage, Douglas Kennedy, Belfond, livre, roman, blog littéraire, littérature, carnet de lecture, couple, Maroc, argent, famille, enfant, manipulation, vacances, été #romansétéRobyn le sait, son mari Paul est loin d'être parfait. Artiste fantasque, insouciant, dépensier, ce jouisseur invétéré a du mal avec les limites du quotidien. Le couple s'aime encore mais la crise couve et l’enfant tant espéré tarde à arriver. Pourquoi pas un voyage au Maroc ? Changer d'air, prendre le temps de vivre, se redécouvrir et faire enfin ce bébé qui leur manque tant. Sur place, la magie opère : Paul se remet à peindre et Robyn à espérer. C'est alors qu'une nouvelle tombe, un secret révélé, si lourd, si explosif qu'il dévaste tout. Et Paul disparaît. Commence alors une course folle pour le retrouver car, malgré les mensonges et la trahison, elle l’aime toujours.

    L’histoire commence lentement, nous suivons l’arrivée banale de touristes au Maroc mais, dès lors que Robyn apprend la terrible nouvelle que Paul lui a cachée, l'histoire prend une brusque accélération. C'est à cet instant que Douglas Kennedy ferre le lecteur. Pris dans l'histoire, nous n'arrivons plus à nous détacher du sort de Robyn, qui recherche inlasablement un Paul qui a fuit ses responsabilités. J'ai été étonnée de constater à quel point l'auteur est arrivé à se glisser dans la peau de la narratrice, partageant ses tourments de façon très réaliste. Associé à un rythme rapide, je n'ai pas vu le temps passer.

    L'auteur met en scène des personnages dont la vie ordinaire bascule et les place dans une situation inédite qui les pousse à se dépasser. Il interroge le couple d'aujourd'hui, les sentiments, le désir d'enfant mais aussi les mensonges et secrets qui peuvent amener un couple à se déliter. Je ne connaissais Douglas Kennedy que de nom mais j'ai été touchée par la justesse des propos, ce qui me donne envie de lire ses précédents romans.

    Douglas Kennedy nous offre ici un avant-goût des vacances. Le soleil, la chaleur écrasante et les magnifiques paysages sahariens pourraient être le cadre idéal pour un moment de détente hors du temps, si seulement ces vacances n'avaient pas tourné au cauchemar. Une première lecture estivale haute en couleurs!

     

    Remerciement à Babelio et aux Editions Belfond pour cette lecture.

    Mirage – Douglas Kennedy – Editions Belfond – 2015

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    Le poids du papillon – Erri de Luca

    Le poids du papillon, Erri de Luca, Gallimard, livre, roman, blog littéraire, littérature, carnet de lecture, chronique littéraire, chasse, chasseur, chamois, montagne, village, fusil, papillon, alpesQuelque part dans les Alpes italiennes, un chamois domine sa harde depuis des années. D’une taille et d’une puissance exceptionnelles, l’animal pressent pourtant que sa dernière saison en tant que roi est arrivée, sa suprématie est désormais menacée par les plus jeunes. En face de lui, un braconnier revenu vivre en haute montagne sait lui aussi que le temps joue contre lui. À soixante ans passés, sa dernière ambition de chasseur sera d’abattre le seul animal qui lui ait toujours échappé malgré son extrême agilité d’alpiniste, ce chamois à l’allure majestueuse.

    Erri de Luca nous convie à un duel silencieux entre l’homme et l’animal. Et si les descriptions sont nombreuses, leur caractère poétique nous permet de les apprécier, nous faisant vivre au plus près la rudesse de la vie dans les montagnes italiennes tant pour les animaux que pour les hommes. Ce roman nous fait partager le mode de vie de ces animaux majestueux et nous en apprend beaucoup sur leur comportement ou les règles qui régissent la harde.

    Peu à peu, à travers leurs pensées et souvenirs, les protagonistes se dévoilent et nous découvrons des êtres d'une grande sensibilité, heurtés par la vie et qui ont choisi de suivre leurs propres règles. La justesse de leur regard sur le monde et sur leur propre vie nous les rend proches tant leurs préoccupations sont universelles.

    Un beau roman dont je vous invite à lire les premières pages.

    Le poids du papillon – Erri de Luca – Editions Gallimard – 2011

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    Prière d'achever – John Connolly

    Prière d’achever, John Connolly, Flammarion, critique, carnet de lecture, livre, littérature, blog littéraire, interview, bibliothèque, enquête, personnage, écriture, réécriture, suicide, Anna Karénine, TolstoïM. Berger est un homme tranquille et solitaire. A 35 ans, il quitte son emploi de fonctionnaire et se retire à la campagne pour écrire un roman. Un jour qu’il se promène le long de la voie ferrée, il est témoin de la chute d'une femme sous un train. Quelques jours plus tard, la même personne se jette à nouveau sur les rails. Déstabilisé, il décide de la suivre jusqu’à une étrange bibliothèque.

    Tout comme M. Berger, les passionnés de livres et d’histoires vont adorer ce roman qui immerge le lecteur dans un monde fantastique où les romans sont considérés comme des objets précieux et dont l’histoire peut encore évoluer. Nous faisons la connaissance d'une Anna Karénine plus vraie que nature ainsi que d’autres personnages emblématiques de la littérature.

    John Connolly fait de nombreuses références à de grands auteurs de la littérature classique et contemporaine et c’est toute sa passion des livres qu’il nous transmet à travers ce roman. Un livre sur les livres donc, mais aussi sur les lecteurs, dont on découvre l’importance capitale au sein de la chaine du livre (même si ce n’est pas celle que l’on imagine au premier abord).

    Prière d’achever, très court livre qui se lit en quelques heures, m’a permis de sortir d’une sorte de panne de lecture qui a duré un peu plus d’une semaine et pendant laquelle il m’était impossible d’ouvrir un livre. Je remercie donc l’auteur qui a réveillé mon plaisir de lecture. Son interview, en fin de roman, permet d’ailleurs de mieux connaitre John Connolly, son rapport aux livres et la genèse de ce roman.

     

    Prière d’achever – John Connolly – Editions Flammarion – 2014

    Du même auteur:

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    Ohan – Chiyo Uno

    Cover Ohan.jpegOhan est la confession d’un bon à rien, d’un homme qui a le diable au corps, prisonnier de ses attachements, hors d’état de choisir entre son amour pour sa femme et sa passion pour une geisha. Un homme au cœur indéchiffrable, qui s’abandonne à ses désirs comme si sa vie n’avait pas plus de consistance qu’un rêve. 

    Sur le thème du triangle amoureux, Chiyo Uno nous conte l’histoire d’un homme dont le cœur balance sans cesse entre son épouse légitime et sa maitresse geisha. Mais le talent de l’auteure japonaise tient davantage dans l’écriture de ce texte empli de gravité et de poésie que dans l’histoire en elle-même. En effet, la simplicité du récit met en exergue la complexité des tourments qui habitent le narrateur. En quelques mots et comme seuls les auteurs japonais savent le faire, Chiyo Uno nous plonge dans le cœur de Kanô que l’on a tantôt envie de plaindre tantôt envie de secouer tant il peut nous irriter par son manque de courage et son indécision.

    Ohan est le récit à la première personne de Kanô, qui nous raconte les évènements qui ont bouleversé sa vie, n’hésitant pas à interpeler directement le lecteur « Oui, vous pouvez vous moquer de moi, ne vous gênez pas ! » et à le prendre à témoin de son embarras. Se justifiant sans cesse de sa lâcheté et de son manque de courage, cet homme se laisse porter par les décisions d’autres personnes et nous prouve, si cela était encore nécessaire, son égoïsme à travers ce monologue.

    Peu d’informations nous permettent de situer le récit dans le temps et dans l’espace bien que l’on y fasse référence au quartier des geishas, Gion, déjà découvert dans le roman d’Arthur Golden. L’histoire se déroule sur une année et c’est au rythme des fêtes traditionnelles japonaises que les saisons se déploient devant nos yeux.

     

    Je souligne également le travail des traducteurs qui ont réussi le pari de nous transmettre toutes les subtilités du texte original et qui nous permettent de lire ce très beau texte, considéré comme le chef d’œuvre de Chiyo Uno et initialement paru en 1957, après dix longues années d’écriture. Découvrez en les premières pages.

    Ohan – Chiyo Uno – Editions Philippe Picquier – 2014

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    La reine des lectrices – Alan Bennett

    Cover la-reine-des-lectrices-allan-bennett.jpgLa Reine d’Angleterre découvre qu’un bibliobus s’arrête chaque semaine près du palais et décide d’emprunter un livre. Elle qui n’était pas une grande lectrice, va se prendre au jeu et se découvrir une véritable passion pour la lecture. Mais ce nouvel intérêt royal en irrite plus d’un à Buckingham Palace…

    J’ai adoré la première partie de ce roman qui fait écho à ma propre passion pour la lecture. Car, comme tous les grands lecteurs, la Reine développe des petites manies, emporte son livre partout avec elle, prétexte de se sentir mal pour pouvoir lire tranquillement dans son lit… et la voilà qui se crée une liste de lecture !

    On se délecte du remue-ménage que provoque cette nouvelle passion dans l’entourage de la Reine : tandis que l’un prend un malin plaisir à détourner les caisses de livres que son Altesse se fait livrer, l’autre, récemment promu conseiller littéraire, l’inonde de livres aux thèmes douteux. La Reine expérimente aussi une sensation que de nombreux lecteurs ressentent, celle de n’avoir pas suffisamment de temps à consacrer à la lecture. Elle ne trouve plus d’intérêt aux obligations liées à sa fonction (inaugurations, visites), leur préférant la compagnie des livres et des grands auteurs.

    J’ai par contre moins apprécié les moments où Alan Bennet s’étend sur le quotidien de la Reine, le protocole très strict qui l’entoure ou ses rencontres avec le Premier Ministre britannique… Ces passages m’ont parus plus ennuyants.

    Une histoire légère, à l’humour british, qui fait passer un bon moment de lecture.

     

    Logo LDPA.pngLa reine des lectrices – Alan Bennett – Editions Denoël – 2009