Littérature étrangère - Page 5

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    Sanchez  : Un conte de Noël – Anonyme

    Un conte de Noël, Anonyme, Sonatine, livre, roman, blog littéraire, littérature, carnet de lecture, Noël, conte, numérique, ebook, Bourbon KidPour un Noël pas comme les autres, rejoignez Sanchez et retrouvez l'univers déjanté de la saga du Livre sans nom. Quand une Dame Mystique décide d'apprendre les bonnes manières à notre Sanchez préféré, les conséquences sont terribles... Entre un dîner de noël d'entreprise, une relation amoureuse qui bat de l'aile et une attaque de terroristes assoiffés de sang, notre anti-héros finit par se retrouver pris dans un véritable piège... de cristal ! Sa lâcheté et son mauvais esprit seront-ils des armes suffisantes pour lui permettre de se tirer d'affaire ? 

    J'avais lu beaucoup d'avis positifs sur cet auteur au nom inconnu qui a publié la série des Bourbon Kid chez Sonatine. En découvrant cette nouvelle de Noël sur une boutique de livres numériques, je me suis dit que c'était l'occasion de me faire ma propre opinion.

    Le ton est donné dès les premières pages avec ce personnage de Sanchez Garcia, l'anti-héros par excellence! Egoïste, mal élevé, lourd, vulgaire et fainéant, il est à l'origine de gaffes dont il ne se rend même pas compte. Le style est très visuel, rapide et direct, ce qui m'a permis d'accrocher rapidement à l'histoire. En fait, j'ai eu l'impression de regarder un de ces films gags où le personnage principal multiplie les bourdes et arrive, bien malgré lui, à sauver le monde.

    Par contre, je n'ai pas vraiment adhéré au personnage de Sanchez ni à son humour vulgaire, qui manque de raffinement à mon gout. Pour cette raison, je trouve que le format de la nouvelle est idéal dans le sens où il permet d'éviter l'overdose. Et si les références aux précédents romans de l'auteur sont nombreuses, elles n'empêchent pas la bonne compréhension de celui-ci.

    Un conte de Noël complètement déjanté à réserver à un public adulte.

    Sanchez  : Un conte de Noël – Anonyme – Editions Sonatine – 2015

     

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    Les oreilles de Buster – Maria Ernestam

    les oreilles de buster,maria ernestam,gaïa editions,livre,roman,blog littéraire,littérature,carnet de lecture,suède,journal intime,souvenir,famille,enfants,rose,fleur« J'avais sept ans quand j'ai décidé de tuer ma mère. Et dix-sept ans quand j'ai finalement mis mon projet à exécution. » C'est ainsi que commence le journal intime d'Eva, qui mène une vie bien réglée entre Sven, quelques amies, des enfants et petits-enfants, une vieille dame acariâtre dont elle s'occupe, et ses rosiers qu'elle choie.

    Tout commence par un récit gentillet sur le quotidien d’une vieille dame et on se demande où l’auteure suédoise nous emmène. Mais, petit à petit, le lecteur découvre qu’Eva fut une fillette machiavélique, qui se venge méthodiquement de tous ceux qui l’ont un jour humiliée. J’ai d'ailleurs été étonnée par l’alternance entre les moments très calmes, voire banals, que nous décrit Maria Ernestam et les soudaines accélérations, allant toujours plus loin dans l’horreur.

    Maria Ernestam réussit par sa belle écriture et son style original à nous faire apprécier son personnage principal, pour lequel j’ai pu ressentir une certaine empathie mais qui avait aussi tendance à me crisper par ses agissements extrêmes. Je pense que si le but de l'auteure était de mettre le lecteur mal à l'aise, l'objectif est largement atteint.

    Mes seuls reproches concernent les quelques longueurs et nombreuses tergiversations inutiles qui émaillent Les oreilles de Buster et qui m’ont ennuyées.

    Au final, je dirais que l’histoire ne m’a que très moyennement plu tant elle me laisse une impression dérangeante de malaise. Mais le style de Maria Ernestam et les surprises disséminées dans le récit en font un roman étonnant et marquant. Je vous invite à découvrir les premières pages (pdf).

    Les oreilles de Buster – Maria Ernestam – Gaïa Editions - 2011

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    Sukkwan Island – David Vann

    Sukkwan Island, David Vann, Gallmeister, livre, roman, blog littéraire, littérature, carnet de lecture, #romansété, ile, Alaska, froid, hiver, père, fils, enfant, suicide, famille, folieUne île sauvage du Sud de l’Alaska, accessible uniquement par bateau ou par hydravion, tout en forêts humides et montagnes escarpées. C’est dans ce décor que Jim décide d’emmener son fils de treize ans pour y vivre dans une cabane isolée, une année durant. Après une succession d’échecs personnels, il voit là l’occasion de prendre un nouveau départ et de renouer avec ce garçon qu’il connaît si mal. La rigueur de cette vie et les défaillances du père ne tardent pas à transformer ce séjour en cauchemar et la situation devient vite incontrôlable. Jusqu’au drame violent et imprévisible qui scellera leur destin.

    D'aucuns reprochent à ce roman son style de narration. Et il faut bien avouer que les descriptions de paysages constituent la plus grande part de ce roman, laissant peu de place aux dialogues. Il faut réellement attendre la moitié du livre pour sortir de la monotonie du récit et ressentir le choc de l'évènement qui a lieu, laissant le lecteur totalement surpris.

    Tout le talent d'écriture de David Vann se manifeste dans la construction de ses personnages. Le père au bout du rouleau suite à un énième divorce, habité par des obsessions incontrolables et complètement désespéré. La vision de Roy sur la situation de son père, étonnament éclairée malgré son jeune age, lui qui ne voulait pas se trouver là mais qui, par loyauté envers son père, décide de rester pour, peut-être, le sauver.

    Le lecteur est pris en otage de ce huis clos et ne peut qu'assister, impuissant, à la relation étrange qui se met en place entre Roy et son père, inversant les rôles et rendant encore plus inquiétant le comportement du père. Et, malgré les grands espaces dans lesquels évoluent les personnages, c'est la sensation d'enfermement et de solitude qui domine le roman.

    Sukkwan Island est fortement inspiré de la propre vie de David Vann. Ce roman puise d'ailleurs sa source dans la proposition que lui a faite de son père losqu'il était adolescent mais,contrairement à Roy, le jeune David d'alors refuse. Quinze jours plus tard, son père se suicidera, seul sur son ile. Ce roman est donc pour l'auteur une façon de réinterpréter son histoire personnelle en imaginant ce qui a pu se passer sur l'ile.

    Sukkwan Island – David Vann – Editions Gallmeister – 2010

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    Mirage – Douglas Kennedy

    Mirage, Douglas Kennedy, Belfond, livre, roman, blog littéraire, littérature, carnet de lecture, couple, Maroc, argent, famille, enfant, manipulation, vacances, été #romansétéRobyn le sait, son mari Paul est loin d'être parfait. Artiste fantasque, insouciant, dépensier, ce jouisseur invétéré a du mal avec les limites du quotidien. Le couple s'aime encore mais la crise couve et l’enfant tant espéré tarde à arriver. Pourquoi pas un voyage au Maroc ? Changer d'air, prendre le temps de vivre, se redécouvrir et faire enfin ce bébé qui leur manque tant. Sur place, la magie opère : Paul se remet à peindre et Robyn à espérer. C'est alors qu'une nouvelle tombe, un secret révélé, si lourd, si explosif qu'il dévaste tout. Et Paul disparaît. Commence alors une course folle pour le retrouver car, malgré les mensonges et la trahison, elle l’aime toujours.

    L’histoire commence lentement, nous suivons l’arrivée banale de touristes au Maroc mais, dès lors que Robyn apprend la terrible nouvelle que Paul lui a cachée, l'histoire prend une brusque accélération. C'est à cet instant que Douglas Kennedy ferre le lecteur. Pris dans l'histoire, nous n'arrivons plus à nous détacher du sort de Robyn, qui recherche inlasablement un Paul qui a fuit ses responsabilités. J'ai été étonnée de constater à quel point l'auteur est arrivé à se glisser dans la peau de la narratrice, partageant ses tourments de façon très réaliste. Associé à un rythme rapide, je n'ai pas vu le temps passer.

    L'auteur met en scène des personnages dont la vie ordinaire bascule et les place dans une situation inédite qui les pousse à se dépasser. Il interroge le couple d'aujourd'hui, les sentiments, le désir d'enfant mais aussi les mensonges et secrets qui peuvent amener un couple à se déliter. Je ne connaissais Douglas Kennedy que de nom mais j'ai été touchée par la justesse des propos, ce qui me donne envie de lire ses précédents romans.

    Douglas Kennedy nous offre ici un avant-goût des vacances. Le soleil, la chaleur écrasante et les magnifiques paysages sahariens pourraient être le cadre idéal pour un moment de détente hors du temps, si seulement ces vacances n'avaient pas tourné au cauchemar. Une première lecture estivale haute en couleurs!

     

    Remerciement à Babelio et aux Editions Belfond pour cette lecture.

    Mirage – Douglas Kennedy – Editions Belfond – 2015

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    Le poids du papillon – Erri de Luca

    Le poids du papillon, Erri de Luca, Gallimard, livre, roman, blog littéraire, littérature, carnet de lecture, chronique littéraire, chasse, chasseur, chamois, montagne, village, fusil, papillon, alpesQuelque part dans les Alpes italiennes, un chamois domine sa harde depuis des années. D’une taille et d’une puissance exceptionnelles, l’animal pressent pourtant que sa dernière saison en tant que roi est arrivée, sa suprématie est désormais menacée par les plus jeunes. En face de lui, un braconnier revenu vivre en haute montagne sait lui aussi que le temps joue contre lui. À soixante ans passés, sa dernière ambition de chasseur sera d’abattre le seul animal qui lui ait toujours échappé malgré son extrême agilité d’alpiniste, ce chamois à l’allure majestueuse.

    Erri de Luca nous convie à un duel silencieux entre l’homme et l’animal. Et si les descriptions sont nombreuses, leur caractère poétique nous permet de les apprécier, nous faisant vivre au plus près la rudesse de la vie dans les montagnes italiennes tant pour les animaux que pour les hommes. Ce roman nous fait partager le mode de vie de ces animaux majestueux et nous en apprend beaucoup sur leur comportement ou les règles qui régissent la harde.

    Peu à peu, à travers leurs pensées et souvenirs, les protagonistes se dévoilent et nous découvrons des êtres d'une grande sensibilité, heurtés par la vie et qui ont choisi de suivre leurs propres règles. La justesse de leur regard sur le monde et sur leur propre vie nous les rend proches tant leurs préoccupations sont universelles.

    Un beau roman dont je vous invite à lire les premières pages.

    Le poids du papillon – Erri de Luca – Editions Gallimard – 2011