Littérature étrangère - Page 3

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    Je m'appelle Léon - Kit de Waal

    livre,roman,blog littéraire,littérature,carnet de lecture,avis lecture,je m'appelle léon,kit de waal,kero,enfanceLeon, 9 ans, est un garçon courageux. Quand un jour sa mère n’arrive plus à se lever le matin, il s’occupe de son demi-frère Jake. Quand l’assistante sociale emmène les deux garçons chez Maureen, c’est lui qui sait de quoi le bébé a besoin. Mais quand on lui enlève son frère et qu’on lui dit que chez ses nouveaux parents il n’y a pas de place pour un grand garçon à la peau sombre, c’en est trop. Heureusement Leon rencontre Tufty, qui est grand et fort, qui fait du vélo comme lui et qui, dans son jardin, lui apprend comment prendre soin d’une petite plante fragile. Mais Leon n’oublie pas sa promesse de retrouver Jake et de réunir les siens comme avant. 

    Quel beau livre que ce roman de Kit de Waal!

    Léon est un petit garçon attachant et intelligent. Et sa tristesse n'a d'égale que la distance qui le sépare de son petit frère adoré et de sa maman. Livré à lui-même, ballotté entre plusieurs foyers, il tente d'appréhender le monde qui l'entoure avec sa compréhension d'enfant. Et le regard qu'il porte sur le monde des adultes est sans appel. Il n'a connu que des adultes insensibles, menteurs, prêts à inventer n'importe quoi pour le rendre docile et qui l'ont tous abandonné. Pourtant, l'enfant n'a pas un mauvais fond et s'efforce de respecter les règles, mais il se sent seul et mal aimé. Il n'aura évidemment qu'une envie, celle de s'enfuir, de retrouver son frère et sa mère pour former à nouveau une vraie famille.

    Je m'appelle Léon est un roman tendre et émouvant qui m'a profondément touchée. Il témoigne de la grandeur de l'attachement qui unit un enfant à ses parents et à sa fratrie mais aussi de son propre besoin d'affection et d'attention. Ce roman souligne également le travail formidable des familles d'accueil, qui n'ont pas toujours la vie facile mais qui donnent tout leur amour et leur temps pour aider ces enfants déracinés à grandir. Pour Léon, la base solide d'amour sur laquelle il pourra se reposer s'appelle Maureen.

    Un très beau roman. 

    Remerciement aux Editions Kero pour cette belle découverte.

    Je m'appelle Léon - Kit de Waal - Editions Kero - 2016

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    Plume fantôme - Isabel Wolff

    livre, roman, blog littéraire, littérature, carnet de lecture, avis lecture, Isabel Wolff, plume fantôme, famille, guerreNègre littéraire, Jenni écrit les autobiographies de ses clients, satisfaite par ce travail de l'ombre qui l'empêche de se confronter à ses propres blessures. Lorsqu'elle rencontre Klara, survivante d'un camp d'internement à Java durant la Seconde Guerre mondiale, l'écriture de ses mémoires prend l'allure d'un échange, et les deux femmes s'aident mutuellement à trouver l'apaisement.

    Je suis tombée sur ce roman totalement par hasard, en parcourant les allées de ma bibliothèque préférée à la recherche d'une perle. Et quelle surprise!

    On y découvre l'histoire de Klara Tregear, 79 ans, qui désire écrire ses mémoires à l'attention de ses enfants. Elle raconte son enfance heureuse dans les Indes néerlandaises, où travaillaient ses parents, jusqu'à l'invasion japonaise et les déportations dans des camps de prisonniers. Très rapidement, on s'identifie à la petite fille qu'elle était et on est touché par ce qu'elle vit. Car Isabel Wolff ne nous épargne aucun détail : la faim, la soif, la maladie, les privations, les coups, le travail forcé et les massacres des japonais. Klara raconte aussi le choix difficile qui fut le sien et qui a mené à la mort de son petit frère, quelque jour avant la libération des camps.

    Au fil des confidences de Klara, le personnage de Jenni se dévoile également, laissant apparaître une importante fêlure. L'histoire de l'une faisant écho à celle de l'autre, elles se rejoignent dans la peine qui les habite au quotidien.

    J'ai été touchée par cette histoire poignante et particulièrement émouvante, servie par une très belle écriture. Isabel Wolff nous permet aussi de découvrir un aspect peu connu de la Seconde Guerre mondiale, ce qui est un plus non négligeable. Une très bonne expérience de lecture. 

    Plume fantôme - Isabel Wolff - Editions JC Lattès - 2015

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    L'échappée belle du bibliobus – David Whitehouse

     L'échappée belle du bibliobus, David Whitehouse, Presses de la Cité, livre, roman, blog littéraire, littérature, carnet de lecture, avis lecture, bibliobus, aventure, enfant, lire, lecture, familleÀ douze ans, Bobby passe ses nuits à répertorier cheveux, vêtements et autres traces de la vie de sa mère en attendant son retour... qui ne viendra pas. Cette dernière est morte brutalement, et le jeune garçon n'est pas prêt à l'accepter. Battu par son père, Bobby se croit seul au monde jusqu'au jour où il rencontre Valérie et sa fille handicapée, Rosa. Tous trois nouent des liens très forts et passent un été magique parmi les livres du bibliobus où Val est femme de ménage. Mais, bientôt, une rumeur sur la nature de la relation entre la mère célibataire et l'adolescent se propage dans la ville. Contraints de s'enfuir à bord de la bibliothèque ambulante, ces êtres égratignés par la vie vont s'embarquer dans une aventure pleine de rebondissements, digne des « classiques » qu'ils ont pris l'habitude de dévorer...

    Je me suis rapidement attachée à Bobby, ce petit bout d'homme que la vie n'épargne pas. Livré à lui-même depuis le décès de sa mère, il est le souffre-douleur de sa classe et n'a qu'un seul ami. Rêveur et ingénieux, il vit dans un monde imaginaire, peuplé de cyborgs et d'autres créatures fantastiques. La rencontre avec Valérie et Rosa va lui permettre de découvrir le monde merveilleux des livres et des histoires qu'ils renferment. Loin des coups de son père alcoolique et des remarques cinglantes de sa belle-mère, Bobby va se trouver une nouvelle famille aimante.

    Par contre, j'ai eu plus de mal avec le personnage de Valérie. D'une part en raison de son comportement peu responsable mais aussi parce qu'elle noue une relation étrange avec Bobby, qui m'a dérangée.

    En dehors de cet aspect, David Whitehouse a une écriture tellement fluide qu'il nous emporte sans difficulté dans cette expédition à bord d'un semi-remorque rempli de bouquins. L'échappée belle du bibliobus est une lecture agréable et divertissante, idéale pour l'été. Les livres y occupent une grande place et nourrissent l'imagination de Bobby, que cette grande aventure fera gagner en maturité.

    Remerciement aux Presses de la Cité pour cette lecture.

    L'échappée belle du bibliobus – David Whitehouse – Editions Presses de la Cité – 2016

     

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    Voici venir les rêveurs – Imbolo Mbue

     Voici venir les rêveurs, Imbolo Mbue, Editions Belfond, livre, roman, blog littéraire, littérature, carnet de lecture, avis lecture, rentrée littéraire 2016, coup de coeur, Etats-Unis, Amérique, économie, immigrationNous sommes à l’automne 2007 à New York et Jende Jonga, un immigrant illégal d’origine camerounaise, est en passe de réaliser son rêve : il vient de décrocher un emploi de chauffeur pour Clark Edwards, riche banquier à la Lehman Brothers. Pour Jende, tout est désormais possible : il va enfin pouvoir offrir à Neni, son amoureuse, les études de pharmacienne dont elle rêve. Et surtout, pour les Jonga, le Graal est en vue : obtenir leur carte verte et devenir enfin des Américains. Mais rien n’est simple au pays de l’American Dream et malgré la complicité qui unit Jende et son patron Clark, l’épée de Damoclès de l’expulsion pèse sur la famille Jonga.

    Les personnages de Jende et de sa femme Neni sont particulièrement attachants. Ce sont des gens simples, sensibles, serviables, ouverts et fidèles. Débarqués aux Etats-Unis, ils découvrent avec une naïveté touchante le monde de l'entreprise et de Wall Street en particulier. Venus d'un village pauvre du Cameroun, ils espèrent avoir une petite part du rêve américain. Non pas pour faire fortune mais, simplement, pour pouvoir vivre dignement et donner un meilleur avenir à leur jeune fils.

    Mais dans cette Amérique de tous les possibles, il y a peu de place pour Jende et sa famille. Entre la discrimination raciale, les emplois précaires et la lutte acharnée pour obtenir la Green Card qui donnera le statut de résident permanent, la vie quotidienne est bien difficile. La famille vit dans le stress et la peur permanente d'être expulsée sans préavis.

    À travers le regard de Jende, le lecteur assiste en direct à l'effondrement de Lehman Brothers, à la faillite et aux pertes d'emplois qui s'ensuivront. J'ai trouvé qu'il s'agissait d'une façon originale de revenir sur ces événements qui ont touchés l'économie mondiale, tout en leur donnant un visage humain à travers le personnage de Clarck Edwards. En abordant les choses de cette façon, Imbolo Mbue nous invite à porter un regard différent sur notre société et à s'interroger sur les valeurs qu'elle véhicule.

    Voici venir les rêveurs est un roman profondément humain et qui met en scène des personnages touchants et bouleversants. Il traite à la fois des traditions (les valeurs familiales, du travail, de l'honneur) et de l'actualité, en nous montrant deux univers qui tentent de se rapprocher mais qui ne font que se croiser.

    L'écriture est agréable et nous place au plus près de ce que vivent les personnages. Malgré une réalité crue et difficile, ça reste un roman positif et rempli d'espoir. Un très beau roman à lire absolument !

    Remerciement aux Editions Belfond pour cette lecture coup de cœur.

    Voici venir les rêveurs – Imbolo Mbue – Editions Belfond – 2016

     

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    A l'ombre des cerisiers – Dörte Hansen

     A l'ombre des cerisiers, Dörte Hansen, Editions Kero, livre, roman, blog littéraire, littérature, carnet de lecture, avis lecture, littérature étrangère, Allemagne, cerisier, familleC'est au printemps 1945 que la petite Vera voit pour la première fois la vieille ferme perdue au cœur d'un immense verger. Sa mère et elles viennent de traverser à pied une Allemagne en ruines. Soixante-dix ans plus tard, Vera, qui occupe toujours la maison, voit débarquer à son tour sa nièce, Anne, en pleine rupture amoureuse, et son jeune fils Leon. Les deux femmes, fortes têtes et solitaires, vont affronter ensemble une histoire familiale traversée de secrets et de non-dits. Sauront-elles redonner vie à ces murs hantés par les chimères du passé? Pour cela, il faudra d'abord apprivoiser les habitants du village qui ne manquent ni de caractère ni d'originalité...

    Premier roman de l’auteure allemande Dörte Hansen, A l'ombre des cerisiers immerge le lecteur dans la rudesse de la vie à la campagne.

    Ce n’est pas un roman à intrigue, où il faudrait trouver une solution à un problème. Il s’agit plutôt de suivre le quotidien de plusieurs générations de femmes au sein d’une même famille. Les dialogues ne sont pas nombreux et tout passe par le ressenti des personnages.

    En donnant la parole à ces personnages tourmentés, l'auteure nous permet de comprendre les circonstances dans lesquelles certaines décisions ont été prises, qui pourraient paraitre étranges vu de l’extérieur. En levant le voile sur ces femmes et leur histoire, on s’y attache et on entre en empathie avec elles.

    Le petit village d’agriculteurs où tout le monde se connait, s’épie et colporte des ragots rend l’ambiance générale du roman légèrement oppressante. Pourtant, à l'abri de leur ferme délabrée, Vera et Anne vont apprendre à se connaitre, à s'apprécier et vont construire un nouveau pan de l'histoire familiale.

    Remerciement aux Editions Kero pour ce beau roman, humain et sensible.

    A l'ombre des cerisiers – Dörte Hansen – Editions Kero – 2016