*Premiers chapitres - Page 5

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    Lignes brisées – Harold Cobert

    Cover Lignes brisées Harold Cobert.jpegGabriel vient de recevoir un prix pour son nouveau roman. Sa promotion le conduit à Bruxelles où il espère revoir son amour de jeunesse, Salomé, désormais parlementaire européenne. Depuis leur rupture, Gabriel n'a de cesse de vouloir la reconquérir, son roman racontant d'ailleurs leur histoire passionnée et avortée, depuis le lycée jusqu'à l'inéluctable rupture.

    Le nom d’Harold Cobert ne m’est pas inconnu puisque j’ai déjà repéré plusieurs de ses romans, aux titres intriguants, dont Un hiver avec Baudelaire qui me tente beaucoup. C’est finalement avec ce roman d’amour que je le découvre réellement. Et on peut dire que la rencontre a eu lieu.

    L’auteur évoque les rendez-vous manqués et les rencontres avortées, le poids des silences et des non-dits. Un amour trop longtemps tu qui laisse un goût d’inachevé à Gabriel et Salomé, jusqu’à leur rencontre dans un parc bruxellois et les carapaces qui se fissurent.

    Passant constamment du passé au présent et du roman écrit par Gabriel à son vécu actuel, l'auteur nous offre un livre triste mais rempli d'espoir, avec des personnages attachants et quelques clins d’œil à ses précédents romans.

    Une histoire vieille comme le monde, qui nous réserve peu de surprises, mais que l’écriture délicate d’Harold Cobert, sans effets inutiles, rend plus belle et touchante. Les sentiments des personnages sont tellement bien rendus que l’on sort de cette lecture avec le cœur gros et la larme à l’œil.

    Remerciement aux Editions Héloïse d’Ormesson pour cette très agréable lecture. Découvrez le premier chapitre.

     Lignes brisées – Harold Cobert – Editions Héloïse d’Ormesson – 2015

    Du même auteur:

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    Charlotte – David Foenkinos

    Cover Charlotte.jpgDans ce texte, David Foenkinos nous convie à un voyage personnel puisqu'il partage sa passion pour l'artiste-peintre allemande Charlotte Salomon, tuée dans un camp de concentration à l'âge de 26 ans.

    Entre le document et la fiction, ce texte retrace la vie de Charlotte Salomon, de ses origines à sa mort tragique. Sur le ton de la confidence, l'auteur évoque pour nous son obsession pour cette artiste, qui l'a fait voyager sur les lieux qu'elle a fréquentés, à la recherche du plus petit élément lui permettant de se rapprocher d'elle. C'est donc un aspect méconnu de l'auteur que nous découvrons ici même si le procédé évoque par moments Lennon, qui romançait également la vie du mythique chanteur des Beatles.

    Exilée en France et sentant la fin proche, Charlotte réalise dans l'urgence sa plus grande œuvre, Vie? Ou Théâtre?, retraçant son histoire personnelle. Ce sont ces dessins qui ont marqués David Foenkinos au point de le pousser à écrire sur l'artiste-peintre. Il revient d'ailleurs sur la difficulté d'écrire un tel livre et sur la façon d'aborder cette histoire.

    David Foenkinos est un auteur que j'apprécie. Et on retrouve, dans Charlotte, ce qui caractérise son écriture, fluide, claire, au mot toujours juste pour exprimer les émotions et les sentiments. Ce qui m'a dérangé, c'est que je ne m'attendais pas à une biographie. Si j'avais connu le sujet du livre avant d'entamer ma lecture et sans le tapage médiatique qui a entouré sa sortie, je ne l'aurais probablement jamais ouvert. C'est dire mon intérêt...

    Charlotte a reçu le Prix Renaudot ainsi que le Goncourt des lycéens et a fait couler beaucoup d'encre, entre ceux qui crient au chef d’œuvre et ceux qui le descendent en flèche. Ne vous reste plus qu'à vous faire votre propre opinion. Voyez déjà l'extrait...

    Charlotte – David Foenkinos – Editions Gallimard – 2014

    Du même auteur:

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    Quelque chose dans la nuit – Mikaël Ollivier

    Cover Quelque chose dans la nuit.gifTrois accords en boucle, un riff de guitare, un refrain… Something In The Night.
    Ils sont des dizaines de milliers à avoir entendu cette chanson. Six d’entre eux en mourront. Quatre hommes et deux femmes dont le seul lien est leur passion déraisonnable pour une star, Bruce Springsteen, le Boss. Six fans traqués par la mort de concert en concert, de Madrid à Hambourg, à Londres, Paris et Anvers. Suicides ? Accidents ? Une loi des séries à laquelle Damien, gendarme passionné de musique, ne peut croire.

    Immersion dans le monde des fans, qui suivent leur groupe ou chanteur favori dans ses tournées à travers le monde. Les personnages que nous décrit Mikaël Ollivier sont de véritables passionnés (ils fréquentent les forums dédiés au chanteur, organisent leurs vacances en fonction des dates de concert de la star, s’endettent pour pouvoir le suivre…), leur vie quotidienne n’étant plus qu’une sorte d’intermède obligatoire entre deux concerts. Ce sont les personnages de Guillaume Le Guen et de  son frère Damien, tous deux policiers, qui m’ont le plus touchés par leur sensibilité et leur esprit aiguisé.

    Quelque chose dans la nuit nous fait partager les moments d’effervescence que connaissent les fans lorsqu’ils partent en concert mais aussi les doutes et les peurs qui s’éveillent au fil des meurtres qui se succèdent. En parallèle à l’histoire principale, le récit horrible et poignant d’une jeune fille agressée par un groupe de garçons prend aux tripes, sans que l’on comprenne tout de suite la signification de ces digressions. Malheureusement, ce roman comporte aussi quelques longueurs lorsque l’auteur développe la vie quotidienne de chacun des personnages, faisant retomber la tension et nous coupant ainsi dans notre élan. Les dernières pages laissent, quant à elles, une impression positive, marquée par une accélération de l’histoire, jusqu’au final où l’auteur nous livre le fin mot de cette tournée meutrière.

    Ce roman policier, certes un peu inégal au niveau du rythme, a par ailleurs le mérite de nous plonger dans un monde peu connu, celui des travellers fans. Mikaël Ollivier, lui-même passionné par Bruce Springsteen (il a d’ailleurs écrit une biographie du chanteur), arrive à nous transmettre son intérêt pour la musique rock. Les informations sont complètes et font référence à des événements réels, le Magic Tour s’étant effectivement arrêté dans plusieurs villes européennes entre 2007 et 2008.

    A lire avec Bruce Springsteen en fond sonore évidemment ! Le premier chapitre à lire pour vous faire votre opinion.

    Logo Challenge Thrillers et polars.jpgQuelque chose dans la nuit – Mikaël Ollivier – Editions Le Passage – 2011

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    Ohan – Chiyo Uno

    Cover Ohan.jpegOhan est la confession d’un bon à rien, d’un homme qui a le diable au corps, prisonnier de ses attachements, hors d’état de choisir entre son amour pour sa femme et sa passion pour une geisha. Un homme au cœur indéchiffrable, qui s’abandonne à ses désirs comme si sa vie n’avait pas plus de consistance qu’un rêve. 

    Sur le thème du triangle amoureux, Chiyo Uno nous conte l’histoire d’un homme dont le cœur balance sans cesse entre son épouse légitime et sa maitresse geisha. Mais le talent de l’auteure japonaise tient davantage dans l’écriture de ce texte empli de gravité et de poésie que dans l’histoire en elle-même. En effet, la simplicité du récit met en exergue la complexité des tourments qui habitent le narrateur. En quelques mots et comme seuls les auteurs japonais savent le faire, Chiyo Uno nous plonge dans le cœur de Kanô que l’on a tantôt envie de plaindre tantôt envie de secouer tant il peut nous irriter par son manque de courage et son indécision.

    Ohan est le récit à la première personne de Kanô, qui nous raconte les évènements qui ont bouleversé sa vie, n’hésitant pas à interpeler directement le lecteur « Oui, vous pouvez vous moquer de moi, ne vous gênez pas ! » et à le prendre à témoin de son embarras. Se justifiant sans cesse de sa lâcheté et de son manque de courage, cet homme se laisse porter par les décisions d’autres personnes et nous prouve, si cela était encore nécessaire, son égoïsme à travers ce monologue.

    Peu d’informations nous permettent de situer le récit dans le temps et dans l’espace bien que l’on y fasse référence au quartier des geishas, Gion, déjà découvert dans le roman d’Arthur Golden. L’histoire se déroule sur une année et c’est au rythme des fêtes traditionnelles japonaises que les saisons se déploient devant nos yeux.

     

    Je souligne également le travail des traducteurs qui ont réussi le pari de nous transmettre toutes les subtilités du texte original et qui nous permettent de lire ce très beau texte, considéré comme le chef d’œuvre de Chiyo Uno et initialement paru en 1957, après dix longues années d’écriture. Découvrez en les premières pages.

    Ohan – Chiyo Uno – Editions Philippe Picquier – 2014

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    La fille de Debussy – Damien Luce

    Cover La fille de Debussy.jpgUn trentenaire présente le journal intime de Claude-Emma Debussy, dite Chouchou, qu’il avait trouvé lorsqu’il était enfant. Tout commence en mars 1918, à la mort du célèbre compositeur Claude Debussy, alors que Chouchou a 12 ans. Dans ses notes, la jeune fille raconte la vie quotidienne dans cette famille d’artistes, entourée des plus grands musiciens de l’époque.

    La fille de Debussy immerge le lecteur dans la vie intime du grand compositeur mais permet également (re)découvrir son répertoire, ce qui donne envie de se plonger davantage dans ces compositions pour piano. Chaque morceau joué par Chouchou étant l’occasion de parler du compositeur et d’évoquer ses souvenirs avec lui.

    Si Internet nous permet de trouver des traces de l’existence des personnes citées dans ce récit, les nombreuses zones d’ombre laissent place à l’imagination et, en tant que lecteur, on s’interroge sur la part de vérité et de fiction de ce qui nous est raconté. Mais, au fond, peu importe car Damien Luce nous transporte sans effort dans le monde de Chouchou. Le style est fluide et l’auteur a réussi à trouver le ton juste pour exprimer les préoccupations de l’adolescente, ni trop enfantin ni trop adulte, ce qui est tout à son honneur quand on connait la difficulté de l’exercice.

    Ce roman m’a fait voir un Debussy triste, amoureux de la nature et profondément attaché à sa famille bien que discret dans l’expression de ses sentiments. Un grand compositeur qui était surtout un papa comme les autres pour sa petite fille.

    Le seul bémol, selon moi, est l’absence de musique pour accompagner la lecture. J’aurais aimé, un peu comme Eric-Emmanuel Schmitt l’avait fait pour Quand je pense que Beethoven est mort…, que le livre soit fourni avec un CD d’extraits musicaux, ce qui aurait permis de se plonger réellement dans l’univers du compositeur.

    Remerciement aux Editions Héloïse d’Ormesson pour cette découverte musicale, dont vous pouvez lire le premier chapitre ici.

    La fille de Debussy – Damien Luce – Editions Héloïse d’Ormesson – 2014