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    Les oreilles de Buster – Maria Ernestam

    les oreilles de buster,maria ernestam,gaïa editions,livre,roman,blog littéraire,littérature,carnet de lecture,suède,journal intime,souvenir,famille,enfants,rose,fleur« J'avais sept ans quand j'ai décidé de tuer ma mère. Et dix-sept ans quand j'ai finalement mis mon projet à exécution. » C'est ainsi que commence le journal intime d'Eva, qui mène une vie bien réglée entre Sven, quelques amies, des enfants et petits-enfants, une vieille dame acariâtre dont elle s'occupe, et ses rosiers qu'elle choie.

    Tout commence par un récit gentillet sur le quotidien d’une vieille dame et on se demande où l’auteure suédoise nous emmène. Mais, petit à petit, le lecteur découvre qu’Eva fut une fillette machiavélique, qui se venge méthodiquement de tous ceux qui l’ont un jour humiliée. J’ai d'ailleurs été étonnée par l’alternance entre les moments très calmes, voire banals, que nous décrit Maria Ernestam et les soudaines accélérations, allant toujours plus loin dans l’horreur.

    Maria Ernestam réussit par sa belle écriture et son style original à nous faire apprécier son personnage principal, pour lequel j’ai pu ressentir une certaine empathie mais qui avait aussi tendance à me crisper par ses agissements extrêmes. Je pense que si le but de l'auteure était de mettre le lecteur mal à l'aise, l'objectif est largement atteint.

    Mes seuls reproches concernent les quelques longueurs et nombreuses tergiversations inutiles qui émaillent Les oreilles de Buster et qui m’ont ennuyées.

    Au final, je dirais que l’histoire ne m’a que très moyennement plu tant elle me laisse une impression dérangeante de malaise. Mais le style de Maria Ernestam et les surprises disséminées dans le récit en font un roman étonnant et marquant. Je vous invite à découvrir les premières pages (pdf).

    Les oreilles de Buster – Maria Ernestam – Gaïa Editions - 2011

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    Un hiver avec Baudelaire – Harold Cobert

    Un hiver avec Baudelaire, Harold Cobert, Héloïse d'Ormesson, livre, roman, blog littéraire, littérature, carnet de lecture, Lignes brisées, sdf, sans abri, pauvreté, emploi, famille, chien, BaudelairePhilippe a 27 ans lorsque sa vie bascule. Un divorce difficile, un contrat de travail qui n'est pas renouvelé et le voila contraint de vivre à l'hôtel en attendant de trouver un appartement et un autre emploi. Mais les difficultés ne font que s'accumuler, obligeant Philippe à vivre dans la rue. Un hiver avec Baudelaire est son histoire, celle d'une descente aux enfers qui va heureusement connaitre quelques moments de bonheur grâce à la présence de Baudelaire.

    L'écriture délicate et sensible d'Harold Cobert s'accorde parfaitement à ce récit. Le lecteur s'attache au personnage de Philippe qui essaie de s'en sortir et de rester digne dans un monde dont il ne connait pas les règles. L'auteur nous plonge dans le quotidien d'un sans domicile fixe, confronté au regard fuyant des passants, obligé de faire la manche dans le métro, dans une lutte permanente pour survivre et dormir malgré le froid. En empathie avec Philippe, le lecteur comprend le sentiment de honte qui l'habite, l'isolant de sa famille et de ses amis et l'éloignant de sa petite fille Claire, dont il a été séparé et qu'il lui tarde de retrouver.

    Un hiver avec Baudelaire rappelle qu'il est toujours possible de passer entre les mailles du filet « Sécurité sociale » et, surtout, qu’il suffit d’un rien pour que tout bascule. Ce roman a le mérite d’interpeller le lecteur, parce que l’on se rend compte que les efforts de Philippe ne sont pas suffisants pour lui permettre de se sortir de la précarité. Finalement, le seul salut provient des associations qui aident les plus démunis en fournissant nourriture, vêtements, abris et conseils. Pour Philippe, cela passera aussi par des rencontres déterminantes avec une jeune fille dans un square ou un couple de commerçants. Sans oublier Baudelaire, le compagnon de galère, grâce à qui le quotidien sera moins difficile à vivre.

    Un récit touchant et juste, qui rappelle l’équilibre précaire de nos vies et la nécessité de s’entraider. Un très beau roman dont je vous invite à découvrir les premières pages.

    Un hiver avec Baudelaire – Harold Cobert – Editions Héloïse d'Ormesson – 2009

    Du même auteur:

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    Les eaux troubles du mojito et autres belles raisons d'habiter sur terre – Philippe Delerm

    Les eaux troubles du mojito et autres belles raisons d'habiter sur terre, Philippe Delerm, Seuil, livre, roman, blog littéraire, littérature, carnet de lecture, été, rentrée littéraire, RL2015, nouvellesElles sont nombreuses, les belles raisons d’habiter sur terre. On les connaît, on sait qu’elles existent. Mais elles n’apparaissent jamais aussi fortes et claires que lorsque Philippe Delerm nous les donne à lire.

    C'est la première fois que je lis Philippe Delerm et je découvre un auteur au sens de l'observation particulièrement aiguisé, attentif aux moindres détails et un conteur d'histoires hors pair. Sous sa plume, même une grêve de la SNCF devient un moment convivial où les passagers pris en otage s'entraident et échangent sur tout et rien. Ces nouvelles ont cette particularité qu'elles placent les protagonistes dans des situations qui ouvrent le dialogue entre parfaits inconnus, comme dans Averse qui voit plusieurs personnes trempées par la pluie se réfugier sous un abri et échanger quelques mots.

    J'ai particulièrement été touchée par Ses lèvres bougent à peine où un jeune enfant est plongé dans un livre dont il décrypte l'histoire en remuant les lèvres, La mémoire de l'oubli où l'auteur évoque avec tendresse cette vieille dame qui souffre de la maladie d’Alzheimer et qui a oublié jusqu'à l'existence de son mari ou encore La deuxième étoile qui nous fait partager un dimanche en famille à la plage, moment que l'on voudrait ne jamais voir s'arrêter tant on est bien avec ceux que l'on aime.

    40 nouvelles comme autant de petits plaisirs à partager. Un petit extrait ici.

    Les eaux troubles du mojito et autres belles raisons d'habiter sur terre – Philippe Delerm – Editions Seuil – 2015

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    Dernier tango à Kaboul – Patrick Florès

    Dernier tango à Kaboul, Patrick Florès, Mon Petit Editeur, livre, roman, blog littéraire, littérature, carnet de lecture, enquête, Afghanistan, Kaboul, Mexique, médecin, avocat, armée, policier, thriller, on achève bien les hérosUne avocate dépêchée au Mexique pour organiser la défense d'un photographe et un médecin français mobilisé auprès des Moudjahidins, ces deux-là n'avaient pas de raison de se rencontrer. Pourtant, la vie va les placer sur la même route, dans une enquête à hauts risques aux implications inattendues.

    Alors que les premiers chapitres posent le décor et présentent les différents personnages, des secrets de famille apparaissent au grand jour, donnant une nouvelle dimension à l'intervention de l'avocate à Mexico... et donnant le coup d'envoi d'une série de coups de théâtre qui déstabiliseront le lecteur.

    Comme dans son roman On achève bien les héros, Patrick Florès réussit l'exploit de nous intéresser à la thématique militaire grâce à une enquête de haut vol et un suspense maintenu tout au long du roman. Le lecteur n'a pas le temps de s'ennuyer tant les vies de Léa et Christian sont mouvementées, entre problèmes personnels et énigmes à résoudre. Plongés au cœur de secrets militaires et d’un scandale médical à grande échelle, ils se trouvent embarqués dans une aventure aux multiples conséquences, qui les poussera à dépasser leurs limites.

    Des personnages attachants et à la personnalité bien dessinée, une histoire qui nous tient en haleine jusqu'au final, tout ce que l’on attend d’un bon roman policier !

    Dernier tango à Kaboul, Patrick Florès, Mon Petit Editeur, livre, roman, blog littéraire, littérature, carnet de lecture, enquête, Afghanistan, Kaboul, Mexique, médecin, avocat, armée, policier, thriller, on achève bien les hérosRemerciement à Mon Petit Editeur pour cette lecture.

    Découvrez le premier chapitre!

    Dernier tango à Kaboul – Patrick Florès – Mon Petit Editeur– 2014

     

     Du même auteur:

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    Le poids du papillon – Erri de Luca

    Le poids du papillon, Erri de Luca, Gallimard, livre, roman, blog littéraire, littérature, carnet de lecture, chronique littéraire, chasse, chasseur, chamois, montagne, village, fusil, papillon, alpesQuelque part dans les Alpes italiennes, un chamois domine sa harde depuis des années. D’une taille et d’une puissance exceptionnelles, l’animal pressent pourtant que sa dernière saison en tant que roi est arrivée, sa suprématie est désormais menacée par les plus jeunes. En face de lui, un braconnier revenu vivre en haute montagne sait lui aussi que le temps joue contre lui. À soixante ans passés, sa dernière ambition de chasseur sera d’abattre le seul animal qui lui ait toujours échappé malgré son extrême agilité d’alpiniste, ce chamois à l’allure majestueuse.

    Erri de Luca nous convie à un duel silencieux entre l’homme et l’animal. Et si les descriptions sont nombreuses, leur caractère poétique nous permet de les apprécier, nous faisant vivre au plus près la rudesse de la vie dans les montagnes italiennes tant pour les animaux que pour les hommes. Ce roman nous fait partager le mode de vie de ces animaux majestueux et nous en apprend beaucoup sur leur comportement ou les règles qui régissent la harde.

    Peu à peu, à travers leurs pensées et souvenirs, les protagonistes se dévoilent et nous découvrons des êtres d'une grande sensibilité, heurtés par la vie et qui ont choisi de suivre leurs propres règles. La justesse de leur regard sur le monde et sur leur propre vie nous les rend proches tant leurs préoccupations sont universelles.

    Un beau roman dont je vous invite à lire les premières pages.

    Le poids du papillon – Erri de Luca – Editions Gallimard – 2011