Du roman au cinéma - Page 3

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    Le mec de la tombe d'à coté – Katarina Mazetti ♥♥♥♥

    Cover Le mec de la tombe d'à côté.jpgLe mec de la tombe d’à côté, c’est la rencontre de deux êtres que tout oppose. Alors qu’elle se rend sur la tombe de son mari décédé cinq mois plus tôt, Désirée croise Benny, qui vient également fleurir la sépulture de ses parents. Tout d’abord méfiants l’un vis-à-vis de l’autre, ils vont peu à peu apprendre à se connaitre et à s’aimer malgré leurs différences. Mais rien n’est jamais simple dans une histoire d’amour…

    Entre Désirée et Benny, on assiste à un véritable choc culturel. Elle est bibliothécaire, passionnée de littérature et férue de débats et d’art moderne. Citadine invétérée, elle est végétarienne, ne sait pas cuisiner et la tombe de son mari est à l’image de son intérieur, sobre et dépouillé.

    Lui est éleveur de vaches laitières et consacre tout son temps à maintenir l’exploitation familiale à flot. Un peu bourru, il aime les produits du terroir, n’a que peu de loisirs et, depuis la mort de sa mère, n’a pas touché à la décoration, saturée de fioritures et de rideaux brodés au point de croix.

    Elle représente la femme moderne et indépendante pour qui l’homme est davantage un pourvoyeur de câlins qu’un portefeuille ambulant. Alors qu’il est l’image traditionnelle du paysan qui cherche une femme qui soit son troisième bras, lui prépare de bons petits plats et reprise ses chaussettes. On ne pouvait imaginer pire association !

    C’est le premier roman que je lis de Katarina Mazetti et, d’emblée, j’ai été séduite par son ton humoristique et vif. Même s’ils sont parfois un peu caricaturaux, les personnages sont sympathiques et attachants, avec des personnalités complexes mais bien dessinées. Et plus d’une fois, en voyant venir les bourdes de l’un ou de l’autre, j’ai eu envie d’intervenir en disant « Non, ne fais/dis pas ça ! ».

    Ce roman est aussi une vraie déclaration d’amour. On sent que les sentiments qu’ils éprouvent l’un pour l’autre sont teintés d’une grande tendresse mais on perçoit également toute la difficulté qu’ils ont à se comprendre, la peur de mal faire et de ne pas être conforme à l’image que l’autre a d’eux.

    La narration est également intéressante puisque chaque chapitre donne successivement la parole à Désirée et Benny, qui donnent leur avis sur les évènements qui viennent de se dérouler et nous emmènent plus loin dans l’histoire. C’est aussi l’occasion de se rendre compte à quel point un même évènement peut être compris différemment si l’on est un homme ou une femme.

    Sachant qu’il existe une suite à ce roman, Le caveau de famille (encore une histoire de cimetière !), je n’ai qu’une envie : me le procurer et dévorer la suite des aventures de Désirée et Benny.

    Vous l’aurez compris, j’ai a-do-ré ce roman ! 

     

    Le mec de la tombe d’à coté – Katarina Mazetti – Gaïa Editions – 1999 le mec de la tombe d’à coté,katarina mazetti,gaïa editions,babel,critique,carnet de lecture,livre,littérature,blog littéraire,extrait,premier chapitre,amour,choc culturel,cimetière,deuil,sexe

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    Miséricorde – Jussi Adler Olsen

    Cover Miséricorde.jpgCap sur le Danemark avec ce roman policier qui vous tiendra éveillés jusque tard dans la nuit !

    A peine rentré de congé maladie suite à une agression, Carl Morck est affecté au Département V, un nouveau service chargé de résoudre des affaires non élucidées. Rapidement, il s’intéresse au cas de Merete Lynggaard, vice-présidente du parti démocratique disparue sans laisser de trace alors qu’elle effectuait une traversée en mer avec son jeune frère muet. Et c’est avec son fidèle assistant Assad qu’il se lance à la recherche de Merete.

    Le roman démarre doucement mais, sans m’en rendre compte, j’ai été prise par l’histoire au point de ne plus voir les heures passer (comme en témoignent mes réveils difficiles pendant la lecture de ce policier Clin d'œil). Jusqu’au bout, la tension dans laquelle nous plonge Miséricorde est énorme et on ne s’en rend réellement compte que lorsque l’on referme le livre, lorsque le corps reprend conscience du monde qui l’entoure et que la pression retombe.

    Les chapitres portant sur l’enquête menée par Carl et Assad alternent avec ceux qui nous plongent dans le vécu quotidien de Merete dans sa geôle. Et si le sujet et la structure de Miséricorde rappellent la série télévisée Cold Case, le lien est très ténu et surtout réducteur. En effet, l’histoire est ici beaucoup plus complexe et explore davantage la psychologie des personnages dans tout ce qu’elle a de subtil.

    Jusqu’au dernier moment, nous ne saurons pas pourquoi Merete est tenue prisonnière ni ce que veulent ses ravisseurs. Mais la découverte de la vérité va mettre à jour une machination minutieuse motivée par la vengeance. Ce jeu pervers auquel s’adonne le ravisseur donne froid dans le dos mais l’auteur arrive, malgré la tension qu’il distille tout au long du roman, à y insérer quelques pointes d’humour.

    On s’attache à ces personnages maltraités par la vie, tant à Carl qui a pourtant un sale caractère, qu’à Assad, son assistant dévoué au passé trouble, ainsi qu’à Oluf, le frère muet de Merete.

    Jussi Adler Olsen a sorti deux autres romans mettant en scène Carl et le Département V, Profanation et Délivrance, ce qui augure d’autres nuits blanches…

     

    Prix des Lecteurs du Livre de poche 2013 - Catégorie Polar

      

    Miséricorde – Jussi Adler Olsen – Editions Albin Michel – 2011 

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    La ligne verte – Stephen King ♥♥♥♥

    Cover La ligne verte.jpgMa première rencontre avec La ligne verte s’est produite à travers l’adaptation cinématographique (1999) du roman de Stephen King. J’avais adoré le film et j’ai tout de suite eu envie de lire le roman dont l’histoire était tirée. Ça a été le coup de cœur ! Aujourd’hui, c’est par l’entremise de Stefiebo que je ressors ce roman mythique de ma bibliothèque. Et si la couverture est un peu abimée par les lectures successives et les pages jaunies, qu’importe, je me plonge toujours avec bonheur dans cette histoire.

    En 1932, Paul Edgecombe était gardien-chef du bloc E, le couloir de la mort du pénitencier de Cold Mountain. A cette époque, les candidats à la peine capitale passaient par la chaise électrique, Miss Cent Mille Volt les accueillant au bout de la ligne verte, en référence au lino vert qui recouvrait le couloir du bloc E. Et cette année-là, elle a vu passer quelques cas étranges : le français Delacroix et sa souris apprivoisée, la réincarnation de Billy The Kid et John Caffey, un géant noir condamné pour le viol et le meurtre de deux fillettes. Rien de pire que ce qu’on déjà connu les gardiens du bloc E mais les incidents vont s’enchainer… 1932 sera une année inoubliable pour Paul Edgecombe.

    La ligne verte mêle le réalisme de la vie carcérale au surnaturel qui entoure le personnage de John Caffey. Et c’est là que réside tout le talent de l’écrivain, nous faire vivre des scènes atroces de mort par électrocution, tout en dédramatisant l’évènement par l’ajout de détails humoristiques qui décrispent quelque peu nos petits cœurs sensibles.

    On frissonne face aux monstruosités dont est capable l’insupportable Percy, on s’attendrit devant Mister Jingles qui fait ses tours de cirque, on prend les gardiens et certains détenus en sympathie… mais c’est surtout un roman qui interroge.

    A partir du thème de la peine de mort, Stephen King nous fait réfléchir sur l’être humain dans ce qu’il a de meilleur et de pire, sur les erreurs judiciaires et la discrimination raciale, qui a poussé plus de noirs que de blancs sur la Veuve Courant. Malgré le sujet difficile, l’auteur parvient à rendre presque palpable la profonde humanité qui caractérisait ces hommes chargés d’appliquer une peine, loin d’être les bourreaux avides de sang que l’on nous montre parfois, mais aussi celle de certains détenus.

    Du grand King, je remercie Stefiebo de m’avoir incité à sortir ce chef d’œuvre de ma PAL, ce qui m’a aussi donné envie de (re)découvrir les autres romans de l’auteur.

     

    La ligne verte – Stephen King – J’ai lu – 1996 

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    Avant d'aller dormir – Steve J. Watson

    Cover Avant daller dormir.jpgChristine avait 29 ans lorsqu’un accident lui a fait perdre la mémoire. Elle a maintenant 47 ans et elle n’a aucun souvenir de son passé proche et lointain. Chaque matin, à son réveil, elle a oublié qui elle était, son âge, sa situation familiale et chaque matin, c’est son mari, Ben, qui lui retrace les grandes lignes de sa vie. Jusqu’au jour où elle décide de se faire suivre par un neuropsychologue. Le Dr Nash, spécialiste de l’amnésie, lui propose d’écrire ce qu’elle vit au quotidien dans un cahier. Elle y note ses activités, ses pensées mais surtout ses recherches pour comprendre qui elle est. Et, petit à petit, les souvenirs reviennent. Mais Christine se rend alors compte que son entourage lui ment, que les récits sont contradictoires… C’est la panique ! Comment se reconstruire si les seules personnes qui nous entourent ne nous disent pas la vérité ?

    Pour ce premier roman de Steve Watson, il n’y a qu’une seule narratrice : Christine. Le récit oscille entre la lecture de son journal et sa vie présente qu’elle tente de rattacher à ses souvenirs. Et, prise dans les émotions qui l’assaillent à la découverte de ce qu’elle est, elle nous emmène avec elle dans ses pensées et nous aspire dans son enfer quodidien.

    Un roman qui « se vit » réellement, auquel je pensais entre deux lectures, qui ne m’a pas laché avant la fin. Très rapidement, je me suis identifiée à Christine, essayant de démêler avec elle l’écheveau d’indices, de secrets et de mensonges. Et, bizarrement, alors qu’elle semble faire confiance à Ben et au Dr Nash, j’étais par contre très méfiante et suspicieuse, cherchant les incohérences dans leurs propos. Mais malgré cette attention aux détails, j’ai été bluffée par la chute, que je n’imaginais même pas !

    Pour un premier roman Steve Watson fait fort ! Il nous livre un roman psychologique très bien construit, sur le thème de l’amnésie et de la manipulation qui, s’il est un peu long par moments, compense par ses nombreuses qualités.  Un auteur à garder à l’œil… 

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    Edit 30/06/15 : l'adaptation cinématographique de ce livre est sortie en septembre 2014 sous le titre Before I go to sleep avec Nicole Kidman et Colin Firth. Très bon film que je vous conseille.

     

    Lecture commune avec Licorne, Mon petit chapitreKyradieuseValérie, DelKayleigh et Salsera15. Découvrez leur avis sur ce roman !

     

    Avant d’aller dormir – Steve J. Watson – Sonatine – 2011 

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    Ne le dis à personne – Harlan Coben ♥♥♥♥

    Cover Ne le dis à personne.jpgDavid Beck est pédiatre. Depuis la mort de sa femme Elizabeth, il avance dans la vie comme un automate. Jusqu’à ce jour où il reçoit un mail montrant sa femme vivante. Pour le docteur Beck, c’est l’incompréhension. Comment Elizabeth, qui a été assassinée 8 ans plus tôt par un tueur en série, pourrait apparaitre sur une vidéo actuelle ? Au même moment et suite à la découverte de deux nouveaux cadavres en lien avec l’affaire, le FBI décide de reprendre toute l’enquête à zéro. David, tout à coup suspecté du meurtre de son épouse, se trouve embarqué dans une histoire qui le dépasse et qui va lui faire croiser la route de personnes peu recommandables. Lui qui a toujours voulu en savoir le moins possible pour garder une image positive d’Elizabeth va devoir se confronter à la réalité et à tout ce qu’elle implique.

    Premier roman d’Harlan Coben traduit en français, Ne le dis à personne a propulsé l’auteur au top des ventes dans les pays européens. Et quoi de plus normal ! Tous les ingrédients d’un bon thriller sont présents : un gentil qui voit sa vie bouleversée par un évènement qui le dépasse, des meurtres, du suspense, des rebondissements, des courses poursuites, des entourloupes destinées à mettre le lecteur sur de fausses pistes… Et toutes les explications qui ne sont livrées que dans les dernières pages ! J’adore !

    Mais Ne le dis à personne, c’est aussi une formidable histoire d’amour. De celles qui commencent dès l’enfance, qui s’épanouissent avec les années et persistent malgré l’absence.

    Gros coup de cœur pour ce roman.

    Adapté au cinéma en 2006 par Guillaume Canet, avec François Cluzet dans le rôle de David Beck. Et si vous regardez bien, Harlan Coben himself apparait dans le film (mais je ne vous dirais pas à quel moment…)!

    Découvrez aussi l’avis de Maia et d'Olnapac sur ce livre !

     

    Ne le dis à personne - Harlan Coben - Belfond - 2001

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