Livres graphiques/BD - Page 4

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    L'enfant qui venait d'un livre – Didier Van Cauwelaert

    l'enfant qui venait d'un livre, didier van cauwelaert, carnet de lecture, livreAlors qu'elle travaille comme hôtesse d'accueil au Salon de la littérature jeunesse, Louise se trouve confrontée à un enfant perdu. Resté seul tandis que le salon ferme ses portes, la jeune femme va remuer ciel et terre pour retrouver ses parents, découvrant par là un monde inconnu, entre réalité et fiction.

    En ouvrant ce livre, ma première réaction a été l'étonnement. Car le livre que je tiens entre les mains n'est pas ordinaire. A mi-chemin entre l'objet littéraire et le roman, il a été baptisé «  romanga  ». Concrètement, une fois la couverture ouverte, on découvre un roman sur la gauche tandis que la partie droite comporte un manga dont la lecture s'effectue de droite à gauche. Les deux supports, dont les histoires se complètent, peuvent se lire séparément ou en parallèle, bien que la manipulation de l'objet ne soit pas vraiment pratique.

    Didier Van Cauwelaert aime mettre ses personnages dans des situations invraisemblables. Ce roman ne déroge pas à la règle puisqu'il nous plonge dans un monde où l'imaginaire prend vie par l'entremise d'un enfant qui se prend pour un personnage de manga. Un roman qui pourra s'adresser tant aux adultes qu'aux plus jeunes, qui y trouveront une histoire fantastique fondée sur des éléments réels.

    Le texte est enrichi des peintures de l'artiste Soÿ et du dessinateur Patrice Serres, qui illustrent parfaitement l'histoire et nous immergent dans ce monde magique, où les vœux se réalisent.

    L'enfant qui venait d'un livre est une histoire pleine d'espoir mais également un moyen original de récolte de fonds pour l'aide aux enfants atteints de dystonie musculaire déformante. Cette maladie, qui empêche les enfants de marcher et de parler, provoque de fortes douleurs en raison des messages aberrants que le cerveau envoie aux muscles, qui s'agitent de façon désordonnée. L'opération qui permet de sauver ces enfants étant très onéreuse, les fruits de la vente de ce livre permettront d'aider financièrement les familles pour qui l'intervention n'était pas envisageable.

    Un projet original et une alliance parfaite de plusieurs talents pour soutenir une bonne cause.

     

    L'enfant qui venait d'un livre – Didier Van Cauwelaert – Editions Prisma – 2011

    L'enfant qui venait d'un livre.JPG 

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    Le carnet rouge – Benjamin Lacombe & Agata Kawa

    Cover Le carnet rouge.pngWilliam Morris est l’initiateur du renouveau dans les arts décoratifs au 19e siècle. Considéré comme le fondateur du design moderne, il a notamment inspiré l’art nouveau en Europe. Le carnet rouge de Benjamin Lacombe nous narre l’histoire romancée de l’enfance de ce grand homme. Alors qu’il a 13 ans, le jeune William entre au Marlborough College pour devenir prêtre, selon la volonté de ses parents. Mais il s’y découvre une passion pour les formes, les couleurs et la littérature.

    Les thèmes de prédilection de Benjamin Lacombe se retrouvent dans ce livre : l’enfance, la mélancolie, le sentiment d’être différent… Le personnage de William Morris est admirablement décrit, enfant solitaire, il aime passer ses temps libres dans le luxuriant jardin de l’école, à observer la nature environnante et à dessiner.

    Les pages sont très fournies, remplies de fleurs, de plantes et d’animaux, comme un fil conducteur tout au long de l’histoire. Les illustrations, d’Agata Kawa, reflètent d’ailleurs très bien ce que seront les futurs textiles imprimés et tapisseries du designer britannique. Dans un univers proche de celui de Mathias Malzieu et de Tim Burton, les dessins sont imposants, un peu fantastiques et plutôt sombres.

    Outre l’attrait pour le dessin et la nature, le jeune William se découvre également une passion pour la littérature et la poésie en particulier, nous offrant quelques jolies rimes réparties sur tout le livre.

    Un très beau livre, une invitation à la rêverie et à l’observation de la nature.

    Le carnet rouge – Benjamin Lacombe & Agata Kawa – Editions du Seuil – 2010

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    L’herbier des fées – Benjamin Lacombe & Sébastien Perez

    Cover L'herbier des fées.jpgL’herbier des fées est le journal de bord d’Aleksandr Bogdanovich, un grand scientifique russe du siècle dernier. Chargé par Raspoutine de créer un élixir d’immortalité, il se rend dans la forêt de Brocéliande pour y étudier les plantes médicinales et percer les mystères de cette forêt légendaire.

    Ce précieux carnet comprend les notes quotidiennes du scientifique, ce qui permet au lecteur de suivre l’avancement de ses recherches et de connaître le résultat de ses expériences. Agrémenté de nombreuses illustrations et croquis, l’auteur nous immerge au cœur de la forêt de Brocéliande, à la rencontre des plantes inconnues qu’Aleksandr découvre.

    Je trouve que le titre est vraiment bien choisi car ce livre constitue réellement un herbier, avec ses plantes séchées et collées, ses dessins en coupe sur papier calque, ses fiches classées par familles de plantes, etc. La seule différence avec l’herbier de notre enfance étant que les découvertes botaniques d’Aleksandr recèlent de nombreux secrets, dont celui d’abriter de minuscules petites fées, qui se cachent ci et là derrière de très jolis découpages en forme de feuillages.

    Outre son coté féerique, ce livre s’ancre également dans la réalité du moment (1914), que nous découvrons par le biais de la correspondance qu’entretien le scientifique avec son épouse restée en Russie pendant la guerre.

    L’herbier des fées est donc un livre étonnant à plus d’un titre. Le texte (de Benjamin Lacombe et Sébastien Pérez) fait voyager le lecteur en réveillant son âme d’aventurier et les très belles illustrations de Benjamin Lacombe terminent de nous plonger dans le monde merveilleux de la botanique et des légendes séculaires. Un livre graphique qui sort des sentiers battus et qui plaira autant aux enfants qu’aux adultes, aux premiers pour son histoire fantastique et aux seconds qui seront charmés par le soin donné à la réalisation de ce très bel objet.

    L’herbier des fées – Benjamin Lacombe et Sébastien Perez – Editions Albin Michel – 2011

    Du même auteur:

     

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    Extrait L'herbier des fées 2.jpg

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    Maus – Art Spiegelman

    Cover Maus.jpgConsidéré comme LA référence en matière de bande dessinée et de témoignage sur la Shoah, Maus est un récit autobiographique qui traite de la persécution des juifs entre 1930 et 1940. Composée de deux tomes, cette bande dessinée a valu le Prix Pulitzer à son auteur en 1992.

    Maus est une bande dessinée est originale à plus d’un titre.

    Les dessins sont en noir et blanc. Sans être particulièrement beau, le trait a toutefois le mérite de nous plonger dans le quotidien des camps de concentration nazis en nous faisant vivre l’expérience de l’intérieur.

    L’aspect autobiographique permet au lecteur de s’identifier aux personnages principaux, une famille ordinaire dont l’existence va basculer en très peu de temps. Art Spiegelman se met lui-même en scène dans ses discussions avec son père, l’interrogeant sur la vie dans les ghettos polonais et expliquant le processus de création artistique.

    Oscillant en permanence entre passé et présent, entre espoir et découragement, le lecteur assiste aux déportations successives et aux persécutions des juifs. Il partage le quotidien des protagonistes, la hantise de se faire prendre, le manque de nourriture et d’hygiène, le froid, les kapos qu’il faut payer pour obtenir une protection…

    Une des particularités de cette bande dessinée réside dans le fait que tous les personnages humains sont représentés par des animaux. Ainsi, les juifs sont figurés par des souris (maus en allemand), tandis que les allemands sont symbolisés par des chats (qui chassent les souris). Le choix des animaux est loin d’être anodin et fait référence aux stéréotypes circulant sur les différentes nationalités (« les français sont des mangeurs de grenouilles ») ou le comportement d’un peuple donné vis-à-vis des juifs (les polonais sont dessinés en cochons). Si les livres illustrés pour enfants attribuent fréquemment des caractéristiques animales aux objets, c’est la première fois que je lis une bande dessinée pour adultes qui se base sur le zoomorphisme. Et si cela peut étonner le lecteur, ce type de dessins n’entrave en rien la compréhension de l’histoire et l’empathie que l’on ressent vis-à-vis des protagonistes.

    Une bande dessinée culte, étonnante et interpellante. A lire.

     

    Maus-L’intégrale – Art Spiegelman – Editions Flammarion – 1992

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    Workaholic – Morgan Magnin & Rosalys

    Cover Workaholic.jpgAmina est une jeune cadre dans une société informatique. En évoluant dans l’entreprise, les responsabilités et la pression sont de plus en plus importantes et la jeune femme ne compte plus ses heures supplémentaires. Jusqu’au jour où d'étranges évènements surviennent.

    Avec Workaholic, le scénariste aborde la productivité à outrance, provoquant surmenage, stress et burn out.

    Ma première réflexion, en lisant cette bande dessinée, a été de m’étonner du tout petit nombre de pages qui la constitue. Je me suis sentie un peu frustrée de ne pouvoir en lire davantage. D’autant que le thème abordé aurait mérité un approfondissement en raison de son actualité et de son importance. Le burn out étant aussi un sujet à connotation émotionnelle, j’aurai aimé que cet aspect soit davantage exploité, montrant l’évolution de la situation d’Amina.

    Mais, évidemment, quand on connait la genèse de Workaholic, on comprend mieux pourquoi l’auteur s’est contenté de 22 pages. Elle a en effet été réalisée lors d’un marathon dessiné qui imposait un thème et un nombre de pages limité, le tout créé en 23 heures consécutives.

    J’ai aimé les très jolis dessins de Rosalys, l’inspiration japonaise est bien visible et vraiment agréable.

     

    Logo Challenge été 2014.jpgWorkaholic – Morgan Magnin & Rosalys – Univers Partagés Editions – 2012

    workaholic-page1.jpgworkaholic-page2.jpgworkaholic-page3.jpg