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    Nos folies ordinaires – Eva Giraud

    Nos folies ordinaires, Eva Giraud, LiLys Editions, livre, roman, blog littéraire, littérature, carnet de lecture, travail, littérature francophone, remise en questionDouze minutes pour prendre sa douche, vingt-trois pour prendre son petit déjeuner, être prêt pour prendre le tram et se rendre au travail pour affronter les dossiers. L’avenir de Jean, avocat au sein du prestigieux cabinet Montesquieu, était réglé comme du papier à musique. Jusqu’au jour où le décès de son père et une sombre affaire d’infanticide eurent raison de sa routine quasiment militaire, laissant les marginaux de son immeuble l’envelopper de leur monde et l’embarquer dans une vie où l’ennui n’existe pas.

    Nos folies ordinaires
    nous convie à la mutation d'un homme. Enfermé depuis l’enfance dans des règles strictes, Jean s'est forgé sur la base de ce que les autres attendaient de lui. Peu à peu, il va se découvrir un intérêt pour la fantaisie et la folie douce.

    Alors que son métier d’avocat était ce qui le définissait, il va chercher son bonheur ailleurs que dans le travail. Au contact de ses nouveaux amis, il va complètement remettre en question son système de valeur, quitte à choquer son entourage familial.

    Jean est le narrateur et nous implique totalement dans son quotidien et ses questionnements, permettant au lecteur d’observer la métamorphose de la chrysalide en papillon. Les personnages secondaires sont aussi intéressants, tant ils nous font voir leurs fragilités et leur cheminement personnel.

    Si certains passages semblent un peu irréalistes, ce petit roman de 120 pages nous emporte par son écriture dynamique et son positivisme. Et si je craignais un certain ennui, j’ai finalement été séduite par ce récit intéressant sur le changement et la remise en question.

    Remerciement à LiLys Editions pour cette lecture.

    Nos folies ordinaires – Eva Giraud – LiLys Editions - 2016 

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    La fille du train – Paula Hawkins

    La fille du train, Paula Hawkins, Sonatine, livre, roman, blog littéraire, littérature, carnet de lecture, policier, thriller, train, disparition, amour, couple, alcoolisme, film, Emily Blunt, Tate Taylor, cinémaChaque jour, Rachel prend le train qui la conduit de son domicile à Londres et vice-versa. Chaque jour, elle est assise à la même place et observe une jolie maison, dont elle imagine la vie des occupants, allant jusqu’à leur inventer des prénoms. Lorsque la jeune femme qui y vit disparait mystérieusement, Rachel se lance à sa recherche.

    Dès les premières pages, j’ai été interpellée par la situation personnelle de Rachel. Depuis son divorce avec Tom, qui l’a quittée pour une autre, elle passe son temps à ressasser le passé. Isolée, Rachel noie sa solitude dans l’alcoolisme, ce qui a des conséquences terribles : perte d’emploi, comportement violent et absence de tout souvenir de ce qu’elle a fait en étant ivre. Au-delà du thriller, La fille du train interroge donc sur les ravages de l’abus d’alcool et la situation de détresse des personnes qui la vivent.

    Comme dans un journal intime, les jours se succèdent et le lecteur découvre le quotidien de Rachel mais aussi des autres personnages féminins de cette histoire. La parole est ainsi donnée aux femmes, qui racontent comment elles ont vécu ces moments précis qui ont fait basculer leur vie dans l’horreur. Davantage un thriller psychologique qu’un roman policier, La fille du train nous plonge dans l’esprit troublé de Rachel, entretenant la confusion entre rêve et réalité.

    L’écriture de Paula Hawkins est efficace et sans temps mort puisque quasiment chaque page comporte son lot d’action et d’événements inattendus. La fille du train se lit vite, les pages se tournent sans que l’on s’en rende compte et la fin devrait en étonner plus d’un.

    Un premier roman à l’écriture bien maîtrisée qui nous démontre, si cela était encore nécessaire, que l’on ne connait jamais tout à fait ceux qui nous entourent.

    La fille du train a été adapté pour le cinéma, avec Tate Taylor à la réalisation et Emily Blunt dans le rôle de Rachel. La sortie est prévue pour octobre 2016. Voyez la bande-annonce pour vous faire une idée...

    La fille du train – Paula Hawkins – Sonatine Editions – 2016

     

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    Tout n’est pas perdu – Wendy Walker

    tout n’est pas perdu,wendy walker,sonatine editions,livre,roman,blog littéraire,littérature,carnet de lecture,viol,famille,enquête,policier,polar,psychiatreAlan Forrester est thérapeute dans la petite ville de Fairview. Il reçoit en consultation une jeune fille, Jenny Kramer, quinze ans, qui présente des troubles inquiétants. Celle-ci a reçu un traitement post-traumatique afin d'effacer le souvenir d'une abominable agression dont elle a été victime quelques mois plus tôt. Mais si son esprit l'a oubliée, sa mémoire émotionnelle est bel et bien marquée. Bientôt tous les acteurs de ce drame se succèdent dans le cabinet d'Alan, et lui confient leurs pensées les plus intimes, laissant tomber leur masque pour faire apparaître les fissures et les secrets de cette petite ville aux apparences si tranquilles.

    Grande découverte que la plume de Wendy Walker !

    L’histoire est complexe, les personnages nombreux et les pistes invraisemblables. Pourtant, l’auteure imbrique ces éléments de façon parfaite. L’accent est essentiellement mis sur la psychologie des personnages, chacun cachant des secrets et des failles qui expliquent leur comportement. J’ai d’ailleurs trouvé intéressant que l’auteure arrive à nous faire ressentir de l’empathie pour ses personnages alors même qu’ils ont un comportement abject et contraire à toute morale. Malgré les manipulations et mensonges, le lecteur en arrive à comprendre leurs motivations profondes et la raison de leurs réactions.

    J’ai aimé le fait que l’auteure se joue du lecteur en le laissant dans l’expectative et en s’adressant directement à lui à travers le psychiatre. Le suspense est habillement maitrisé et la tension créée par cette histoire étreint jusqu’au lecteur qui reste scotché au livre. Les informations fournies sur la mémoire, le fonctionnement du cerveau adolescent ainsi que sur le processus thérapeutique mit en place par le psychiatre démontrent également une grande recherche documentaire, ce qui donne encore plus de poids à Tout n’est pas perdu.

    Un roman fort en émotions, difficile à lâcher et une lecture dont je suis sortie vidée.

    Remerciement à Sonatine Editions pour cette lecture.

    Tout n’est pas perdu – Wendy Walker – Sonatine Editions – 2016

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    Non exclusif – Catherine Charrier

    Non exclusif, Catherine Charrier, Editions Kero, livre, roman, blog littéraire, littérature, carnet de lecture, amour, fidélité, couple, amant, mort, Paris, VendéeLe weekend du 1er mai se profile et Laure se prépare à passer quelques jours en Vendée. La veille de son départ, elle accepte de prendre un verre avec deux amis de passage. Alors qu’elle ne s’y attend pas du tout, elle apprend par inadvertance que son homme, Vincent, est déjà en couple avec une autre. Complètement bouleversée, Laure ne pourra pourtant pas parler à Vincent avant 15 jours. 15 jours d'intense réflexion mais aussi d'évènements qui vont changer le cours de sa vie.

    Laure est une femme de son temps. Quadragénaire fraîchement divorcée et directrice de communication dans le quartier de la Défense, elle est dynamique et pleine d'énergie. D’emblée, c’est un personnage auquel on s’attache et dont on peut se sentir proche, d’autant que les événements auxquels elle est confrontée pourraient arriver à chacun d’entre nous.

    Pendant quinze jours, le lecteur suit le quotidien de Laure et partage ses questionnements sur la vie, l'amour et la fidélité. Alors que cette clause d'exclusivité n’avait jamais réellement été discutée tant elle lui semblait aller de soi, sa remise en question provoque des sentiments variés allant de la jalousie à la curiosité pour « l’autre ». Laure se confie au lecteur, prend conseil auprès de sa vieille voisine Hélène et nous pousse à nous interroger sur notre propre rapport à la fidélité.

    Entre son amoureux adultère et des bouleversements professionnels inattendus, la vie de Laure bascule en l'espace de quelques jours, provoquant un émoi sans précédent. J’ai apprécié la façon dont Catherine Charrier explore la complexité du sentiment amoureux et des émotions par lesquelles passe Laure. L’héroïne passe des larmes à l’analyse objective de la situation, du sentiment d’abandon à la sensation de maîtriser les événements, mais ses actes auront des conséquences qu’elle n’imaginait pas un seul instant…

    Les derniers chapitres ont été un véritable choc pour moi, je ne m’attendais absolument pas à ce que Non exclusif se termine de cette manière. L’accélération soudaine des événements a provoqué une montée d’émotions fortes totalement inattendue. Parce que dans les histoires comme dans la vraie vie, tout ne se termine pas forcément bien, j’apprécie finalement cette chute étonnante mais réaliste.

    Remerciement aux Editions Kero pour cette belle lecture.

    Non exclusif – Catherine Charrier – Editions Kero – 2016

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    En veilleuse – Matt Sumell

     En veilleuse, Matt Sumell, Plon, livre, roman, blog littéraire, littérature, carnet de lecture, famille, décès, mère, violenceAlby est en colère. En colère contre tout. Il frappe sa sœur et tous ceux qui lui barrent la route, balance des insultes aux enfants et aux vieux qui le ralentissent, et se soûle. Mais c'est avec une infinie délicatesse qu'il prend soin du plus fragile des oiseaux. D'une inaptitude étrangement touchante aux relations humaines, Alby ne se remet pas du décès de sa mère. Ce deuil est si profondément ancré dans sa personnalité qu'il pourrait bien le ronger jusqu'à la moelle. Alors Alby profite et rit de tout pour essayer d'oublier peine et chagrin. Et quand la détresse devient trop forte, il déverse son vitriol sur les hommes, les femmes, les frères et les sœurs, les grille-pain, les poubelles et sur la vie elle-même.

    En veilleuse me laisse une impression mitigée.

    Tout d’abord, parce que je n’ai pas complètement accroché au style narratif. Alby se présente à nous sur le mode de l’association de pensée. Dans un monologue un peu décousu, une idée en entraînant une autre, le lecteur se trouve embarqué dans une histoire fantasque et émaillée de nombreuses digressions. Alors que ce roman fourmille d’idées et de thématiques, j’ai trouvé qu’elles étaient trop peu approfondies, ce qui me laisse une impression générale d’abondance déstructurée.

    Par contre, j’ai trouvé que le personnage d’Alby était bien amené et sa personnalité bien décrite. Bien que le bonhomme paraisse plutôt antipathique de premier abord, on se surprend finalement à l’apprécier. C’est tout le caractère complexe de l’humain que Matt Sumell dévoile. Celui d’un trentenaire ébranlé par la mort de sa mère et qui ne trouve d’autre moyen pour exprimer son désarroi que la violence verbale et physique.

    Il faut bien avouer que je n’ai pas eu « le fou rire page après page » qui était annoncé sur la quatrième de couverture, mais En veilleuse reste un bon roman. Le ton rapide et direct nous emporte dès les premières pages et l'auteur, qui sait véritablement cerner les sentiments et les personnalités complexes, est sans aucun doute à suivre de près.

    Remerciement aux Editions Plon pour cette lecture.

    En veilleuse – Matt Sumell – Editions Plon – 2016