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    Le coeur entre les pages – Shelly King

    Le coeur entre les pages, Shelly King, Préludes, livre, roman, blog littéraire, littérature, carnet de lecture, librairie, lecture, amour, correspondance, romance, lecture communeLicenciée de l’entreprise dans laquelle elle travaillait, Maggie se réfugie dans sa librairie préférée, le Dragonfly Used Books, et dévore des romans d’amour. Lorsque son meilleur ami lui propose de participer à un club de lecture, elle décide naturellement de se procurer l’Amant de lady Chatterley au Dragonfly. Mais son ancienne édition révèle une correspondance amoureuse secrète, dont Maggie va tenter de retrouver les auteurs.

    Le monde de la littérature connait de nombreuses modes mais il en est une qui ne faiblit pas : les romans sur la thématique des livres, des librairies et autres bibliothèques. C’est ce qui m’a fait ouvrir ce livre. Et il faut bien dire que la librairie qui est au cœur de ce roman, le Dragonfly, donne envie de s’y perdre malgré le désordre ambiant et d’y découvrir une perle.

    Je n’ai pas vraiment accroché au personnage de Maggie, que j'ai trouvée hors de la réalité. Alors qu'elle se lance à la recherche des auteurs des messages, elle établit un parallèle entre sa vie et la correspondance d'Henry et Catherine. Rêvant d'un prince charmant qui prononcerait les mots d'amour d'Henry, elle perd pied avec la réalité. Ce sont ses amis et la librairie qui vont lui permettre de reprendre sa vie en main en se fixant des objectifs concrets.

    Pour ce premier roman de Shelly King, j'ai trouvé que l'histoire mettait un peu trop de temps à démarrer. Sans être d'une grande originalité, ce roman qui mêle amour, passion pour les livres et univers geek reste agréable à lire mais ne fera pas partie de mes coups de coeur. Les romances m'intéressent peu en général et Le coeur entre les pages n'a pas fait exception.

    Lecture commune avec Miss Fox and Mr Bird.

    Le coeur entre les pages Shelly KingEditions Préludes – 2015

     

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    Les fauves – Ingrid Desjours

    Les fauves, Ingrid Desjours, Robert Laffont, livre, roman, blog littéraire, littérature, carnet de lecture, attentat, Paris, Bruxelles, Etat Islamique, radicalisationA la tête d’une association luttant contre le recrutement de jeunes par l’État Islamique, l’ambitieuse Haiko est devenue la cible d’une terrible fatwa. Lorsqu’elle engage Lars comme garde du corps, l’ancien militaire a un mauvais pressentiment. Sa cliente lui a-t-elle dit toute la vérité sur ses activités ? Et pourra-t-il vraiment la protéger contre des tueurs fanatiques, quand lui-même porte les séquelles d’une détention qui l’a traumatisé ? Dans cet univers où règnent paranoïa et faux-semblants, Haiko et Lars se fascinent et se défient tels deux fauves prêts à se sauter à la gorge, sans jamais baisser leur garde.

    Les fauves est un roman qui sort de l’ordinaire tant la thématique, tristement d’actualité, est parfaitement abordée par Ingrid Desjours. Si l’on devine l’importante recherche documentaire que ce livre a nécessitée, l’auteure a réussi à nous transmettre ces informations de façon tout à fait naturelle. L’écriture est fluide et directe, la justesse des mots ajoutant au réalisme qui se dégage de ce roman.

    Parce que Les fauves ne m’a pas laissée indemne. Intense et violent, ce roman addictif prend réellement aux tripes et m’a trotté dans la tête longtemps après ma lecture. J’ai aussi particulièrement apprécié le travail qui a été réalisé sur les personnages principaux et la vraisemblance de leur comportement et pensées. Lars et Haiko ont une personnalité complexe, qui ne se livre qu’au compte-goutte, laissant le lecteur dans l’interrogation quant à leurs motivations.

    Un roman noir qui nous fait découvrir deux mondes que tout oppose mais bien liés. Nous passons alternativement de Paris à la Syrie, des plateaux de télévision aux terrains minés où de jeunes shootés au Captagon se livrent une bataille qui les dépasse.

    Un roman qui fait réfléchir et donne envie de se battre pour cette jeunesse désorientée, en recherche de repères et qui se fourvoie dans des chemins de traverse.

    Un coup de cœur et une auteure que je relirai sans aucun doute.

     

    Remerciement aux Editions Robert Laffont pour cette lecture.

    Les fauves – Ingrid Desjours – Editions Robert Laffont – 2016

    Du même auteur:

     

     

     

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    Le contrat Salinger – Adam Langer

     Le contrat Salinger, Adam Langer, Super 8 Editions, livre, roman, blog littéraire, littérature, carnet de lecture, lecteur, bibliothèque, contrat, auteur, romancier, éditionJournaliste au chômage, Adam Langer s’ennuie. Sa vie va un peu s'animer lorsque Conner Joyce, un auteur de thrillers qui assure péniblement la promotion de son dernier roman, se confie sur le contrat qu'il vient de signer. Un richissime homme d’affaires lui propose d’écrire un roman que lui seul pourra lire, moyennant une rétribution considérable et la signature d'un contrat d'exclusivité.

    En entamant ma lecture de ce roman, j'avais un peu oublié son résumé. Je me suis donc laissée porter par l'histoire. Très rapidement, on sent que quelque chose va se passer, que ce contrat douteux, s'il résout les problèmes d'argent de Conner, aura des conséquences. Tout l'enjeu sera de découvrir lesquelles.

    Si les personnages ne m'ont pas parus particulièrement sympathiques, l'originalité de l'histoire m'a tenu en haleine et m'a donné envie de découvrir la suite de ce récit étonnant. Sans parler de l'écriture fluide qui nous fait avaler les pages sans que l'on s'en rendre compte.

    Le contrat Salinger n'est pas un thriller au sens strict du terme. Construit comme ces poupées matriochkas qui cachent d'autres poupées en leur sein, l'auteur décline son idée originale sous différents aspects et nous propose des retournements de situation que l'on n'imagine pas un seul instant.

    Ce roman est aussi l'occasion de montrer un visage peu glamour de l'industrie du livre. Les maisons d'édition qui misent sur les romanciers bankables au détriment des jeunes auteurs, la course aux ventes, les secrets d'édition, la frustration bien légitime des auteurs, etc.

    Adam Langer, qui se met lui-même en scène dans ce roman, cite de nombreux auteurs célèbres tels que Harper Lee ou Salinger, nous donnant envie de les lire tous. Bon, il n'hésite pas à discréditer certaines auteurs connus au passage, mais Le contrat Salinger reste un roman intéressant, qui sort de l'ordinaire et apporte au lecteur une expérience de lecture originale.

    Remerciement aux Editions Super 8 pour cette découverte.

    Le contrat Salinger – Adam Langer – Super 8 Editions – 2015

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    Ta façon d’être au monde – Camille Anseaume

    Ta façon d’être au monde, Camille Anseaume, Kero, livre, roman, blog littéraire, littérature, carnet de lecture, amitié, amour, deuil, un tout petit rien, extrait, premier chapitreElles sont amies d’enfance. L’une est inquiète, rêveuse, introvertie ; l’autre est souriante, joyeuse, lumineuse. Ensemble, elles grandissent, découvrent la vie, l’amour. Jusqu’à ce qu’un drame bouleverse le monde qu’elles se sont bâti...

    J’avais lu tant de bien sur le premier roman de Camille Anseaume, Un tout petit rien, que j’ai sauté sur ce second livre, emballée par le pitch.

    Ta façon d’être au monde est l’histoire d’une amitié entre deux jeunes filles que tout oppose et dont le lecteur suit l’évolution. De l’enfance à la vie adulte au cœur de Paris, la découverte de l’indépendance, les soirées entre amis et les premiers amours jusqu’à la première véritable expérience du deuil.

    Dès le départ, j’ai été frappée par la narration très particulière. Choisissant de ne citer les prénoms des principales protagonistes qu’à la toute fin du roman, l’auteure les désigne continuellement par des pronoms (« elle », « tu », « je »). Ce procédé singulier nécessite une grande concentration pour continuellement savoir qui s’exprime et, à mon sens, complique la compréhension du roman. Outre le fait que je ne saisis pas l’intérêt de ce choix narratif, j’ai trouvé qu’il instaurait une certaine distance entre les personnages et le lecteur, qui se sent automatiquement un peu étranger à l’histoire.

    La première partie, qui se déroule dans une certaine lenteur, m’a parue longuette. Et je dois bien avouer que j’ai eu quelques difficultés à m’intéresser au quotidien somme toute banal de ces jeunes gens. Par contre, la seconde partie m’a davantage intéressée car elle suppose un secret, que l’on démasque rapidement, mais qui provoque une émotion et l’attente de sa révélation.

    L’accent est clairement mis sur les deux héroïnes, les personnages secondaires étant nettement moins développés au niveau de la psychologie. Personnellement, j’ai trouvé qu’il manquait des informations qui me paraissent importantes pour situer un personnage. Ces gens vivent et s’activent, on traverse toutes les périodes de leur jeune vie sans que l’on sache quelles études ils ont réalisés ni quel métier ils exercent. J’ai trouvé ça étrange et hors de la réalité tout comme l’amitié qui lie ce groupe inséparable depuis l’enfance, qui m’a semblé idéalisée.

    Mon bilan est donc plutôt mitigé pour Ta façon d’être au monde. Si l’accent est mis sur les émotions et les sentiments, ils n’arrivent pas forcément jusqu’au lecteur, notamment en raison du choix narratif.

    Remerciement aux Editions Kero pour cette lecture.

    Ta façon d’être au monde – Camille Anseaume – Editions Kero – 2016

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    Vivement ce soir... – Liliane Schraûwen

    Vivement ce soir, Liliane Schraûwen, Luce Wilquin, livre, roman, blog littéraire, littérature, carnet de lecture, littérature belge, psychologue, couple, famille, récit de viePourquoi devient-on psy ? Thomas se pose la question, même si.... Un lundi comme les autres. La première journée de la semaine, la plus longue. Neuf patients à rencontrer, à écouter, à tenter d'aider. Thomas, par moments, perd le contact. Il pense à Alexia, son amour, qu'il se plaît à imaginer face à ses élèves, en classe de maths. La journée s'écoule, lentement. Il attend le soir, il attend le retour d'Alexia. Mais la vie, parfois, organise d'autres rendez-vous.

    Vivement ce soir… donne alternativement la parole à Thomas et à ses patients du lundi. Le fait que l’on s’arrête sur l’histoire de chacun d’eux m’a donné l’impression d’une succession de nouvelles et je me suis prise à vouloir connaitre la suite de leur parcours respectifs.

    Ce roman nous plonge au cœur de l’âme humaine et de ses tourments. Le discours est souvent difficile à lire tant les patients de Thomas mettent leurs souffrances à nu, s’exprimant sans honte et sans avoir à cacher leur nature profonde. Face aux situations bouleversantes que connaissent certains patients, on ne peut qu’entrer en empathie avec eux. J’ai particulièrement apprécié la narration de l’auteur, qui nous emporte par ses mots bien choisis et les personnalités complexes qu’elle met en scène. Elle raconte ces multiples histoires sans porter de jugement, incitant même le lecteur à porter un regard bienveillant sur ces êtres qui s’exposent.

    Et puis, il y a le personnage de Thomas et le couple amoureux qu’il forme avec Alexia. On découvre un thérapeute pas si neutre que ça, qui peut s’agacer de certains patients et être particulièrement touché par d’autres. Loin de l’image lisse que l’on montre habituellement du psychologue mais bien plus proche de la réalité. Je me suis sentie proche de « Monsieur Quarante Euros » et vraiment intéressée par son ressenti et ses réflexions.

    Si l’on en sait peu sur Alexia, il émane beaucoup d’amour et de tendresse de la relation qu’elle entretient avec Thomas.

    Un très beau roman qui ne manque pas de provoquer des émotions variées, jusqu’au choc des dernières lignes et la photo de couverture qui prend tout son sens.

    Remerciement à Babelio et aux Editions Luce Wilquin pour cette lecture.

    Vivement ce soir... – Liliane Schraûwen – Editions Luce Wilquin – 2016