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    Tout ce qu’on ne s’est jamais dit – Celeste Ng

     Tout ce qu’on ne s’est jamais dit, Celeste Ng, Sonatine, livre, roman, blog littéraire, littérature, carnet de lecture, Etats-Unis, suicide, famille, psychologie, adolescenceLe 3 mai 1977, Lydia, âgée de 16 ans, disparaît de la maison familiale. Elle sera retrouvée quelques jours plus tard, noyée dans un lac des environs. A partir de cet événement tragique, la famille se délite complètement.

    Dans ce roman psychologique, l’auteure déroule l’histoire des Lee et nous permet ainsi de mieux comprendre ce qui a pu mener à la mort de la jeune Lydia. C'est à travers le regard de ses parents et de sa fratrie que la personnalité de l'adolescente va émerger aux yeux du lecteur.

    Je souligne particulièrement le travail de Celeste Ng sur ses personnages. Chacun d'entre eux a une personnalité fouillée et complexe qui les rend humains et réalistes. En tant que lecteur, on ressent très fort le ressenti de la famille (la crispation des parents, l'unité de la fratrie, la souffrance des enfants). Le père James pousse ses enfants à s’intégrer, tant lui-même a souffert de son origine chinoise au sein d’une société américaine raciste. La mère Marilyn, qui a abandonné son rêve de devenir médecin à la naissance de Lydia et qui vit dans cette frustration permanente.

    Les enfants sont particulièrement touchants et j'ai ressenti une grande empathie à leur égard. Sans que l'on s'en rende compte, la trop grande pression que subit Lydia et le désintérêt dont sont victimes son frère et sa soeur, associés au comportement des parents, vont fissurer la belle façade et mener à la catastrophe.

    Un livre coup de poing qui met à jour une souffrance qui peut rester longtemps invisible pour qui ne sait pas où regarder. Le titre est parfaitement bien choisi tant les secrets sont nombreux dans cette famille et mèneront à un cataclysme qui va toucher chacun de ses membres.

    Remerciement aux Editions Sonatine pour cette lecture.

    Tout ce qu’on ne s’est jamais dit Celeste NgEditions Sonatine – 2016

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    Parmi les dix milliers de choses – Julia Pierpont

    Parmi les dix milliers de choses, Julia Pierpont, Editions Stock, livre, roman, blog littéraire, littérature, carnet de lecture, Etats-Unis, extrait, premier chapitre, famille, adultère, artiste, la cosmopoliteJack, charmeur impénitent, est un artiste reconnu ; Deb a renoncé quant à elle à une carrière de danseuse de ballet pour élever leurs deux enfants. Un appartement à Manhattan, une famille presque heureuse tant Deb s’applique à fermer les yeux sur les infidélités de son mari. Jusqu’au jour où un paquet anonyme ébranle le foyer : une simple boîte en carton, remplie d’emails chroniquant sans pudeur la vie secrète de Jack. Le paquet, adressé à Deb, tombe malencontreusement entre les mains des enfants. Rien ne sera plus comme avant…

    S’il débute par une histoire couramment rencontrée dans la littérature (la découverte d’une infidélité dans un couple), ce roman aborde la situation sous l’angle psychologique.

    Pour les enfants, c’est la confrontation brutale avec la réalité du monde des adultes où règne le mensonge et les conséquences se manifesteront de façon indirecte par de la violence ou des écrits interpellants. Alors qu’ils rejettent entièrement leur père, leur mère Déborah va plutôt tenter de minimiser la situation, ne sachant comment réagir ni comment extérioriser toute la colère qu’elle garde en elle depuis si longtemps.

    Ce roman est l’histoire d’un couple qui paraissait heureux mais qui s’est bâti sur des non-dits et dont la surface lisse se craquelle brusquement à la découverte de l’adultère du père par les enfants. Impuissant, le lecteur assiste à la déliquescence de ce couple et à l’écroulement de la vie de chacun de ses membres.

    Alors que le pitch m’avait donné envie de découvrir le premier roman de Julia Pierpont, la magie n’a malheureusement pas opéré. J’ai eu beaucoup de mal à entrer dans ce livre qui commence par une première partie très lente pour ensuite alterner avec des passages ultra rapides où l’on traverse plusieurs années en quelques pages. Le fait que le narrateur changeait à chaque chapitre, donnant la parole à chaque membre de la famille, a nécessité un travail d’adaptation constant qui a plus d’une fois cassé mon rythme de lecture.

    Je vous invite néanmoins à vous faire votre propre opinion en lisant un extrait.

    Remerciement aux Editions Stock pour cette lecture.

    Parmi les dix milliers de choses – Julia Pierpont – Editions Stock – 2016

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    La rêveuse d’Ostende – Eric-Emmanuel Schmitt

    La rêveuse d’Ostende, Eric-Emmanuel Schmitt, Albin Michel, livre, roman, blog littéraire, littérature, carnet de lecture, livre de poche, plage, Mer du Nord, nouvelles, amour, le crime parfait, les mauvaises lectures, Concerto à la mémoire d'un ange, L'élixir d'amour, Le poison d'amour, Le sumo qui ne pouvait pas grossir, Quand je pense que Beethoven est mort alors que tant de crétins vivent, Ostende, BelgiquePour guérir d'une rupture sentimentale, un homme se réfugie à Ostende. Sa logeuse, une vieille dame solitaire et mystérieuse, se confie peu à peu à lui et finit par lui avouer son grand secret : une étrange et incroyable passion amoureuse.

    En formidable portraitiste, Eric-Emmanuel Schmitt décrit ses personnages tout en finesse, nous enjoignant à aller au-delà de notre première impression pour découvrir ce qui se cache sous la surface visible. C’est le cas pour la première nouvelle, dont est tiré le titre du recueil. La logeuse est une vieille dame solitaire et peu agréable de prime abord mais qui a connu une grande histoire d’amour, qu’elle dissimule pour ne pas trahir le secret de son amoureux royal. A travers cette histoire, l’auteur aborde la question des sentiments avec délicatesse, sans jamais tomber dans l’excès ou la mièvrerie. Cette première nouvelle m’a d’ailleurs fortement étonnée, tant Eric-Emmanuel Schmitt ne nous a pas habitués à un tel degré de sensualité dans ses écrits.

    Le sentiment amoureux est le point commun de ces petites histoires, les personnages connaissant un très grand amour qui a transformé et embelli leur vie tout en leur rendant confiance en eux. J’ai été particulièrement émue par la seconde nouvelle intitulée Le crime parfait, qui témoigne d’un grand amour incompris et mal interprété.

    Hormis dans la première nouvelle, il est finalement peu question d’Ostende dans ce recueil mais il reste un beau moment de lecture.

    La rêveuse d’Ostende – Eric-Emmanuel Schmitt – Editions Albin Michel – 2007

    Du même auteur :

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    La vie en Rosalie – Nicolas Barreau

    La vie en Rosalie, Nicolas Barreau, Héloïse d’Ormesson, livre, roman, blog littéraire, littérature, carnet de lecture, France, Paris, papeterie, cartes postales, amour, tour Eiffel, livre jeunesse, dessin, illustrationRosalie est propriétaire d’une papeterie à Paris et passe ses journées à peindre les vœux des autres sur des cartes postales en attendant que les siens se réalisent. Jusqu’au jour où Max Marchais, le célèbre auteur jeunesse, débarque dans sa boutique pour lui proposer d’illustrer son nouvel album. Rosalie est comblée ! Mais c’était sans compter sur l’irruption d’un professeur de littérature américain qui assure que ce conte lui appartient. Commence alors une enquête haletante pour démêler le mystère qui entoure le manuscrit.

    La vie en Rosalie est le premier roman que je lis de Nicolas Barreau, que je ne connaissais que de nom et dont les livres précédents avaient titillés ma curiosité. Je dois bien avouer que j’ai été déçue de découvrir une bleuette sous ce titre. L’auteur met peu de fantaisie dans cette histoire, relativement identique à tout ce que l’on a déjà lu ou vu sur ce thème : deux personnes se rencontrent sur un malentendu et ne s’apprécient guère. Elles sont pourtant obligées de faire équipe pour trouver une solution à un problème et tombent éperdument amoureuses l’une de l’autre, leurs conjoints respectifs s’éclipsant au moment opportun. Heureusement, quelques péripéties pimentent le tout, ce qui éloigne tout ennui. Les personnages sont attachants, et en particulier Rosalie Laurent, une jeune trentenaire bonne vivante, à la personnalité positive et créative, rêveuse et romantique, mais aussi entêtée.

    Evidemment, Paris, ville des amoureux par excellence, est le cadre idéal pour cette histoire, le roman étant aussi l’occasion d’une visite de la Ville Lumière.

    Et même si je ne suis pas une grande amatrice de comédies romantiques, il faut bien avouer que je me suis laissé emporter par cette histoire sensible et l’écriture agréable de Nicolas Barreau.

    Faites-vous une idée en lisant ce petit extrait (pdf).

    Remerciement aux Editions Héloïse d’Ormesson pour cette lecture.

    La vie en Rosalie – Nicolas Barreau – Editions Héloïse d’Ormesson – 2016

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    Quand le diable sortit de la salle de bain – Sophie Divry

    Quand le diable sortit de la salle de bain, Sophie Divry, Noir sur Blanc, livre, roman, blog littéraire, littérature, carnet de lecture, rentrée littéraire, la condition pavillonnaire, chômage, faim, argent, rentrée littéraire 2015Dans un petit studio mal chauffé de Lyon, Sophie, une jeune chômeuse, est empêtrée dans l’écriture de son roman. Elle survit entre petites combines et grosses faims. Certaines personnes vont avec bonté l’aider, tandis que son ami Hector, obsédé sexuel, et Lorchus, son démon personnel, vont lui rendre la vie plus compliquée encore. Difficile de ne pas céder à la folie quand s’enchaînent les péripéties les plus folles.

    Sans pathos excessif, Sophie Divry nous invite dans le quotidien d’une chômeuse longue durée. Les mots justement choisis nous montrent une réalité crue : le manque d’argent, la faim, les procédures administratives complexes, les petits boulots où l’on est exploité. Ce roman oscille en permanence entre une approche terre-à-terre du chômage et des moments complètement hors du temps tant la narratrice croit en son projet d’écriture, qui lui permet de tenir lorsque la faim la tenaille.

    La narratrice se prénomme Sophie, elle est écrivain et vit à Lyon. Evidemment, la perche est tendue pour que le lecteur s’interroge sur le caractère autobiographique de ce roman. L’auteur, elle, a pris ce roman comme un jeu, celui d’inventer un personnage de fiction qui pourrait lui ressembler sans être tout à fait elle, histoire de brouiller intentionnellement les pistes. D’ailleurs, tout le roman est construit comme un jeu, avec ses caractères typographiques différents, ses litanies qui expriment le brouhaha des réunions de famille, ses dessins, etc.

    Alors qu’un grand nombre de romans se ressemblent, Quand le diable sortit de la salle de bain est une véritable bulle d’oxygène. J'ai aimé le ton direct, humoristique et un brin impertinent de Sophie Divry. L’écriture à la première personne et le maniement du second degré apportent fraîcheur et légèreté à un discours peu réjouissant de prime abord.

    Un roman improvisé, interruptif et pas sérieux, que j’ai pris beaucoup de plaisir à lire et que je vous invite à découvrir grâce à cet extrait (pdf).

    Quand le diable sortit de la salle de bain – Sophie Divry – Editions Noir sur Blanc – 2015